USA : Menaces contre les synagogues et les femmes juives, libérable dans 9 mois

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Par Claudine Douillet

Massachusetts : drapeau nazi et Glock fantôme chez lui, Matthew Scoras pourrait être libre dans neuf mois

Un drapeau nazi, un pistolet sans numéro de série, des chargeurs de grande capacité et plus de 70 000 dollars en liquide. C'est ce que la police a saisi chez Matthew Scoras, 36 ans, soupçonné d'avoir appelé à tirer devant des synagogues. Condamné pour 19 infractions liées aux armes, il pourra demander sa libération conditionnelle dans environ neuf mois. À Beverly, la communauté juive ne cache pas sa colère.

Des menaces de viol et des appels à tirer devant les synagogues

L'affaire commence en janvier 2025. Le FBI alerte la police de Beverly, ville située au nord de Boston, sur des publications en ligne d'une violence extrême : menaces de viol visant des femmes juives et appels à ouvrir le feu sur les fidèles à la sortie des synagogues. Les enquêteurs remontent jusqu'à Matthew Scoras et perquisitionnent sa chambre.

Ils y découvrent un drapeau nazi, un pistolet Glock de 9 millimètres sans numéro de série, ce que les Américains appellent une « ghost gun », une arme fantôme impossible à tracer. S'y ajoutent six boîtes de munitions, trois chargeurs de fusil à grande capacité, des pièces détachées d'armes et plus de 70 000 dollars en espèces.

Une adresse IP à l'étranger fait tomber les accusations de menaces

Les poursuites pour menaces n'ont pourtant pas abouti. Lors d'une réunion avec la communauté juive organisée après le jugement, le procureur du comté d'Essex, Paul Tucker, a expliqué que l'adresse IP utilisée pour ces publications se trouvait dans un pays étranger. Les autorités n'ont pas pu obtenir du fournisseur d'accès les preuves indispensables pour établir l'identité de l'auteur. Le parquet a donc dû abandonner ces chefs d'accusation.

Le procureur l'a reconnu sans détour : une condamnation pour ces menaces aurait entraîné une peine nettement plus lourde. L'affaire illustre une faille bien connue des enquêteurs. Les auteurs de discours de haine qui passent par des serveurs étrangers échappent souvent aux poursuites, faute de coopération rapide entre États.

Une peine de deux ans et demi à cinq ans, mais une sortie possible très vite

Matthew Scoras a plaidé coupable le 2 octobre 2026 de 19 infractions : quinze pour détention de chargeurs de grande capacité, trois pour détention d'armes sans permis et une pour détention de munitions sans permis. La juge l'a condamné à une peine de deux ans et demi à cinq ans de prison, dont sera déduite sa détention provisoire.

Or il a déjà passé environ 641 jours derrière les barreaux. Selon Paul Tucker, il sera donc éligible à la libération conditionnelle dans neuf mois environ et pourra rentrer chez lui, à Beverly.

Interdit d'approcher les synagogues du Massachusetts

À sa sortie, il sera placé sous surveillance pendant deux ans. Durant cette période, il devra se tenir à l'écart de toutes les synagogues de l'État. Le tribunal lui impose aussi des restrictions sur son activité en ligne et l'obligation de suivre un cours en ligne sur l'antisémitisme.

Ces mesures ne rassurent guère les familles juives du secteur. Pour elles, une seule question compte : quand l'homme chez qui on a trouvé un arsenal reviendra-t-il vivre à quelques rues de chez elles ?

Une communauté juive américaine sous pression

Cette colère s'inscrit dans un climat lourd. Depuis le 7 octobre 2023, les actes antisémites se sont multipliés aux États-Unis et les synagogues ont renforcé leur sécurité, avec gardes armés, caméras et contrôles d'accès. Le souvenir de la tuerie de la synagogue Tree of Life à Pittsburgh, où onze fidèles avaient été assassinés en 2018, reste dans toutes les mémoires.

Dans ce contexte, voir un homme soupçonné d'avoir appelé à tirer sur des Juifs ressortir libre au bout de quelques mois, pour de simples délits d'armes, est vécu comme un signal dangereux. L'affaire Scoras pose une question que la justice américaine n'a pas encore résolue : comment sanctionner la haine en ligne quand son auteur se cache derrière une frontière numérique.

Source : Walla News, https://www.walla.co.il/news/world/383959596

Drapeau nazi, Glock sans numéro et 70 000 $ saisis chez Matthew Scoras, soupçonné de menaces contre les synagogues. Libérable dans 9 mois, la communauté juive s'indigne.

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