Fraude électorale en Israël : le Likoud prépare ses plaintes contre les bureaux de vote arabes avant le scrutin

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Fraude électorale en Israël : le Likoud prépare ses plaintes contre les bureaux de vote arabes avant le scrutin

 

Par Claudine Douillet

Le Likoud prépare des plaintes pour fraude visant les bureaux de vote arabes avant même l'ouverture du scrutin du 27 octobre. Selon une révélation de la journaliste Dafna Liel sur Aroutz 12, le parti de Benjamin Netanyahou passe en revue plusieurs situations susceptibles de fonder des recours, alors que le règlement électoral répond déjà à chacune d'elles.

Une révélation absente de la presse francophone

À deux jours des élections législatives israéliennes, la question de la sincérité du scrutin s'est installée au cœur de la campagne. La presse francophone a largement relayé l'annonce de l'envoi par le Likoud et le parti HaTzionout HaDatit de Bezalel Smotrich de près de 2 000 militants dans des centaines de bureaux de vote situés dans des localités arabes. Les deux formations justifient ce déploiement par des fraudes qui auraient entaché les campagnes précédentes et affirment avoir établi une cartographie des bureaux à risque.

Elle est en revanche passée à côté de l'information publiée par Dafna Liel, journaliste politique d'Aroutz 12, reprise samedi par le site Kikar HaShabbat. Selon cette révélation, le Likoud ne se contente pas de surveiller le vote arabe. Il préparerait dès maintenant le terrain pour une vague de plaintes, avant même que la moindre irrégularité ait été constatée.

Trois scénarios examinés par le Likoud

D'après Aroutz 12, le parti étudie plusieurs situations qui pourraient servir de base à des réclamations. La première concerne l'identification des électrices portant un voile couvrant intégralement le visage, le Likoud envisageant de soutenir qu'il serait impossible de vérifier avec certitude leur identité.

La deuxième vise certains bureaux implantés dans les localités bédouines, où hommes et femmes se rendraient aux urnes à des horaires totalement distincts. La troisième porte sur le jeune âge des superviseurs électoraux affectés à ces bureaux.

Ce que prévoit déjà le règlement électoral

Chacun de ces arguments se heurte aux procédures de la Commission électorale centrale. Ses consignes imposent une identification complète de chaque électeur et obligent l'électrice voilée à découvrir son visage pour que son identité soit vérifiée avant qu'elle ne glisse son bulletin dans l'enveloppe.

Sur la séparation des horaires, aucune disposition légale n'interdit à une communauté de s'organiser volontairement pour que les femmes et les hommes viennent voter à des moments différents, tant que le bureau reste ouvert à tous les électeurs pendant toute la durée du scrutin. Quant aux superviseurs, la règle est identique sur l'ensemble du territoire : ils doivent obligatoirement avoir plus de 21 ans.

Des bureaux déjà sous haute surveillance

Les bureaux de vote arabes ne seront pas laissés sans contrôle mardi. Chacun d'eux comptera un représentant du bloc Netanyahou ainsi que des observateurs extérieurs. Les 2 000 militants annoncés s'ajouteront par ailleurs aux observateurs officiels que chaque liste est autorisée à dépêcher dans les bureaux, et ils auront été formés pour intervenir en cas de manquement aux procédures de vote ou d'anomalie lors du dépouillement.

Ce dispositif rappelle un précédent. En 2019, le Likoud avait installé des caméras dans des bureaux de vote de localités arabes, une initiative que ses opposants avaient dénoncée comme une manœuvre d'intimidation destinée à faire baisser la participation.

Contester une défaite ou mobiliser la droite

Le reportage d'Aroutz 12 rappelle les propos de Shlomo Filber, ancien directeur général du ministère des Communications devenu témoin de l'État dans les procédures visant Benjamin Netanyahou, qui avait affirmé par le passé qu'il était en pratique impossible de falsifier des élections en Israël.

Plusieurs responsables politiques prêtent néanmoins au Likoud un double objectif. En cas de défaite, ces plaintes pourraient servir à jeter le doute sur la légitimité des résultats. Avant le scrutin, elles permettraient de mobiliser l'électorat de droite en entretenant le sentiment que le bloc de gauche et les partis arabes chercheraient à « voler l'élection ».

Un scrutin serré où le vote arabe pèse lourd

L'enjeu est considérable. Les derniers sondages publiés avant le scrutin donnent un léger avantage au bloc du changement sur celui de Benjamin Netanyahou, sans qu'aucun camp n'atteigne la majorité. Les partis arabes sont crédités de 14 à 16 sièges, un volume capable de peser directement sur la formation de la future coalition.

La participation arabe sera donc scrutée de près. Lors des élections de novembre 2022, environ 53 % des électeurs arabes s'étaient déplacés, contre près de 70 % pour l'ensemble du corps électoral. Le Likoud avait déjà tenté en amont de peser sur ce vote, en annonçant des requêtes pour faire exclure la Liste unie et Ra'am du scrutin.

Environ 7,3 millions d'Israéliens sont appelés aux urnes mardi 27 octobre. Reste à savoir si ces plaintes préparées à l'avance entameront la confiance du public dans un processus électoral dont la solidité n'a, jusqu'ici, jamais été sérieusement prise en défaut.

Sources : Kikar HaShabbat, d'après Aroutz 12 ; Times of Israel ; i24NEWS

Le Likoud préparerait des plaintes pour fraude contre les bureaux de vote arabes avant le scrutin du 27 octobre, selon Aroutz 12. Ce que dit vraiment la loi.

Sources :
Kikar HaShabbat
Times of Israel (français)

 

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