Israël sous les missiles : casinos clandestins, drogue et prostitution en pleine explosion

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Israël sous les missiles : casinos clandestins, drogue et prostitution en pleine explosion

Pendant les missiles, le vice : comment la guerre a servi de tremplin aux mafias israéliennes

À l’ombre des alertes, les casinos clandestins et maisons closes ne ferment jamais

Tandis que les sirènes d’alerte retentissaient dans les villes israéliennes et que les familles se précipitaient vers les abris, un tout autre monde s’animait dans les sous-sols de Haïfa, de Hadera ou de la plaine de Sharon. Un monde de tables de jeu, de drogues et de prostitution, en pleine expansion sous le vacarme des missiles.

Dans une ruelle de la rue Histadrout à Haïfa, plusieurs appartements banals ont été transformés en véritables casinos clandestins.
Derrière des portes en acier et des dispositifs de vidéosurveillance dernier cri, des centaines de joueurs s’y rassemblaient chaque nuit, bravant les alarmes et les explosions.

L’un des organisateurs, un ancien criminel du quartier, témoigne avec un certain cynisme :
« Nous avons mené une expérience pour voir si les gens viendraient malgré la situation. Nous avons été stupéfaits de voir des centaines de joueurs venir miser à la roulette, aux machines à sous et au blackjack. » Et il ajoute, sans détour :
« En une nuit, nous avons gagné plus d’un demi-million de shekels. »

Ce n’est pas seulement l’appât du gain qui attire. Selon lui, le chaos ambiant pousse même des mères de famille à délaisser leurs enfants pour venir jouer :
« Même des mères d’enfants accros aux jeux d’argent les laissaient chez leurs grands-mères et venaient. Elles disaient que rester dans des refuges les rendait folles. La pression, les alarmes, la tension à la maison – tout les amenait à nous. »

Yoni, pseudonyme d’un habitué, évoque sans fard la violence psychologique de cette guerre qui le pousse à chercher l’oubli dans le jeu :
« Après deux jours à la maison avec ma femme et mes enfants, j’ai pété les plombs. Impossible de prendre l’avion pour Bourgas, en Roumanie ou en Géorgie ; alors, chaque soir, je vais au casino souterrain pour quelques heures. »

Il raconte ce moment surréaliste où, lorsqu’une alarme retentit, tous se ruent vers la cage d’escalier, attendent la fin de l’explosion, puis retournent jouer comme si de rien n’était.

Une aubaine pour les réseaux : “La police est débordée, c’est le moment de frapper”

Selon une source sécuritaire, depuis le début du conflit, au moins une vingtaine de lieux de jeux illégaux ont fleuri dans tout le pays, incluant des clubs de paris sportifs.
Et pour cause :
« Comme la police est occupée par les sites d’atterrissage de missiles et moins par les atteintes aux biens, c’est une occasion en or pour les criminels. »

Mais la police refuse de baisser les bras. Un agent du district côtier rapporte :
« L’autre jour, nous avons perquisitionné un casino à Haïfa où se trouvaient plusieurs dizaines de joueurs. Nous avons confisqué des dizaines de milliers de shekels, fermé l’appartement et le maintiendrons sous scellés pendant les prochaines semaines. »
Et de rappeler que
« depuis le début de l’année, nous avons fermé une cinquantaine de maisons de jeu, 20 points de vente de drogue et 15 maisons closes dans la région. Même en temps de guerre, nous ne baisserons pas les bras. »

La drogue en libre-service et les bordels en effervescence

Pendant que les citoyens s’enferment chez eux ou dans les abris, les trafiquants de drogue, eux, redoublent d’activité. V., propriétaire d’une station-service à Tel-Aviv, décrit l’essor fulgurant de ses ventes :
« Les coursiers ont peur de travailler à cause des alarmes, alors les gens viennent chez moi. Certains clients achètent 200 ou 300 grammes de cannabis au lieu de 50. Ils ne veulent pas sortir. » Il établit un parallèle avec le confinement :
« Cela me rappelle la période du coronavirus : tout le monde fait de gros achats pour ne pas être à court. » Les produits les plus demandés ?
« L’herbe, les dosas, les psychédéliques et les hallucinogènes. »

L’industrie du sexe connaît, elle aussi, une recrudescence dramatique.
Depuis le début des combats, au moins dix nouvelles maisons closes auraient vu le jour, selon la police, notamment dans les zones de Haïfa, Krayot et Sharon. À Hadera, plusieurs nouveaux appartements en activité ont été découverts en seulement quelques jours.

Un combat sur deux fronts pour les autorités

Malgré la guerre, la police israélienne affirme maintenir la pression : « Nous continuerons à agir contre les responsables de la criminalité, même lorsque les missiles tombent tout autour. » C’est un bras de fer que le pays mène désormais sur deux fronts : celui des ennemis extérieurs, et celui, plus insidieux, des criminels de l’intérieur qui, dans chaque chaos, flairent une opportunité.

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