Rwanda: , Pierre Péan accusé de négationnisme

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PARIS,le 25/09/08  - L'écrivain-enquêteur français Pierre Péan, poursuivi en justice pour son livre sur le génocide rwandais, a fondu en larmes, mercredi, au deuxième jour de son procès, après qu'un des témoins l'eut comparé à un négationniste.

C'est l'intervention de l'ancien président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Benjamin Abtan, qui a déstabilisé le prévenu qui depuis mardi répond devant le tribunal de Paris de diffamation et d'incitation à la haine raciale pour son ouvrage sur le Rwanda "Noires fureurs, blancs menteurs", publié en novembre 2005 chez Fayard.

Evoquant des rescapés du génocide rwandais qu'il a rencontrés, M. Abtan a affirmé qu'ils "étaient saisis de peur à l'évocation" du nom de Pierre Péan, "une émotion qui dans les références qui sont les miennes ne peuvent que me rappeler l'effet du nom Faurisson sur les rescapés de la Shoah".

Condamné à de nombreuses reprises par la justice française, le négationniste Robert Faurisson conteste depuis plus de 30 ans la réalité de l'Holocauste.

Ayant tenté de remplacer le mot "tutsi" par "juif" dans l'ouvrage de Pierre Péan, l'ancien président de l'UEJF a avoué mercredi n'avoir pu s'empêcher de faire le lien avec Mein Kampf d'Hitler.

Tout en dénonçant "un amalgame intolérable", Pierre Péan a alors fondu en larmes, tandis que le président Philippe Jean-Draeher a suspendu les débats.

Après la suspension de séance, le défilé des témoins a repris. Après l'ancien ministre de la Coopération, Bernard Debré, c'est l'ancien ministre socialiste des Affaires étrangères Hubert Védrine qui est venu soutenir Pierre Péan.

"Je ne vois pas ce que vous lui reprochez", a déclaré M. Védrine, stigmatisant "le mauvais procès" fait à l'écrivain. Ces propos sont peut-être "un peu simplistes", mais ne constituent pas "un scandale horrible".

La publication de cet ouvrage de Pierre Péan consacré au génocide rwandais --qui en 1994 a fait selon l'ONU 800.000 morts, essentiellement issus de la minorité tutsie-- avait entraîné en octobre 2006 le dépôt d'une plainte de l'association SOS Racisme.

L'association et le ministère public reprochent à l'écrivain d'affirmer que les Tutsis recourent systématiquement au "mensonge" et à la "dissimulation".

Le procès doit s'achever jeudi soir et la décision être mise en délibéré.

Vos réactions

  1. edgardpeluche@voila.fr'edgard peluche

    Je pense que sur la question du Rwanda, les associations juives se font manipuler. Certains exploitent leur « obligation de réaction » face au mot « génocide » pour obtenir leur caution et s’approprier le statut de victime intégrale. C’est ce que fait le FPR. Attention, on vit dans un monde de manipulation à partir de « bonnes causes ».

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  2. sylvia.josiane@orange.fr'Lectrice parisienne

    Pierre Péan est un nom pour moi garanti « de sources sûres » qui a déjà publié nombre d’enquêtes saluées par ses paires. Le commentaire précédent sur la manipulation n’est peut-être pas dépourvu de bon sens? et pour un mot, on fait le procès d’un homme de conviction? quelle époque !!

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  3. sylvia.josiane@orange.fr'Lectrice parisienne

    Après lecture d’un article ancien sur les arguments suscités par cette polémique, je conviens que l’auteur de cet ouvrage aitpu se laisser abuser par certaines amitiés? le procès nous éclairera. Mais oui, pourquoi y a-t-il toujours un juif de service pour aller se fourrer dans ce genre de galère. Serins-nous devnus les spécialistes dues génocides ? Pourquoi n’appelle-t-on pas aussi les Vietnamiens de France ? Leur conflit portait aussi sur un génocide interne au pays où il a eu lieu.

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