Exode israélien : les Bouzaglo quittent Israël pour le Portugal et l’Alyah française explose

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Exode israélien : les Bouzaglo quittent Israël pour le Portugal, net l’Alyah française explose

En 2024, Israël a connu un exode record : plus de 82 000 départs nets. Le cas médiatique de Yaakov et Hani Bouzaglo, partis au Portugal, illustre un phénomène plus vaste qui redessine l’avenir d’Israël et des communautés juives en Europe.

« Difficile à digérer » : les Bouzaglo quittent Israël, miroir d’un exode qui s’accélère

Un départ intime aux résonances nationales

La scène aurait pu rester dans le cercle de l’intime. À l’aéroport Ben Gourion, Yaakov et Hani Bouzaglo, figures connues du public israélien grâce à la série documentaire « Les Bouzaglo », ont pris un vol sans retour pour le Portugal. Le patriarche, célèbre pour avoir accompagné de près la carrière de ses quatre fils footballeurs — Maor, Almog, Assi et Ohad — s’envole avec son épouse vers ce qu’ils appellent « une nouvelle étape de vie ».

Pour leurs enfants restés en Israël, le choc est rude. Almog, le benjamin, a partagé sur Instagram la douleur des adieux :

« Nous sommes arrivés à l’aéroport avec eux et neuf énormes valises. Là, nous avons compris que ce n’était pas une simple blague. Mes enfants l’ont mal pris. »

Les clichés publiés en ligne montrent un petit-fils, Tommy, en pleurs dans les bras de sa grand-mère Hani. Dans une légende émue, Almog écrivait : « C’est difficile à digérer. Nous espérons qu’ils reviendront vite, mais ils sont déterminés à commencer un long voyage vers une nouvelle vie. »

Un phénomène qui dépasse le cas Bouzaglo

L’émigration de cette famille médiatique s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus vaste : en 2024, plus de 82 700 Israéliens ont quitté le pays, tandis que seulement 23 800 sont revenus. Le solde migratoire négatif atteint un niveau inédit depuis des décennies.

Derrière les chiffres se cache une réalité complexe. Une partie de cette hausse provient d’un changement de méthodologie de l’Office central des statistiques (CBS), qui considère désormais qu’un Israélien est « parti » après 275 jours hors du pays, contre 365 auparavant. Cette nuance gonfle artificiellement les statistiques d’environ 20 000 personnes.

Mais la statistique ne suffit pas à masquer une tendance profonde : de jeunes familles instruites, médecins, ingénieurs et entrepreneurs high-tech quittent Israël pour chercher ailleurs stabilité, sécurité et perspectives économiques.

Une douleur collective : la fuite des talents

Le phénomène inquiète autant qu’il divise. Pour le prix Nobel israélien Aaron Ciechanover, cette fuite pourrait se transformer en véritable « brain drain », amputant Israël de ses forces vives dans les secteurs stratégiques.

La presse israélienne souligne que, si de nombreux départs concernent des immigrants récents venus d’Ukraine et de Russie repartis rapidement, le départ de familles profondément enracinées dans le pays — comme les Bouzaglo — résonne comme un signal d’alarme.

Un exode qui revitalise… l’Europe

Ironie du sort, cette émigration ne vide pas seulement Israël : elle revitalise certaines communautés juives en Europe.

À Berlin, à Oslo, à Helsinki, les chercheurs notent que l’arrivée d’Israéliens jeunes et dynamiques redonne vie à des synagogues menacées de disparition et insuffle un souffle culturel nouveau.

Le Guardian relevait récemment que la capitale allemande est devenue un pôle d’attraction pour cette nouvelle diaspora israélienne, réinventant le visage du judaïsme européen.

Entre larmes et espoirs

Pour Yaakov et Hani Bouzaglo, le départ est décrit comme une quête personnelle, un rêve longtemps différé. Pour leurs enfants, il est synonyme de vide affectif et d’incertitude.

« Prenez soin de vous, mes beautés », écrivait Almog à ses parents, concluant son message d’adieu par un mélange de douleur et d’espérance.

Ainsi, derrière les valises et les larmes d’un clan médiatique, se dessine le portrait d’un Israël traversé par un paradoxe : une terre convoitée, aimée, mais que certains choisissent de quitter.

Alyah 2024 : des chiffres contrastés, une exception française notable

En 2024, l’immigration juive vers Israël — l’Alyah — affiche une chute marquée au plan mondial, avec environ 32 000 nouveaux immigrants, soit une baisse de 31 % par rapport à l’année précédente  .
Pourtant, la France fait figure d’exception : les olim français sont plus de 2 000 à avoir déjà immigré en Israël depuis le début de l’année, soit une augmentation de près de 100 % par rapport à 2023  .
L’agence ICEJ a même parrainé 654 vols d’Aliyah pour des Français au cours des deux dernières années, dont 154 en 2025, soulignant une hausse de 55 % en 2025 par rapport à 2024  .
Par ailleurs, l’augmentation des dossiers d’Aliyah ouverts en France a atteint 500 % sur un an — signe d’un intérêt croissant qui ne se limite plus à l’immigration réalisée, mais touche un public plus large

 

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