Comment je suis devenu un sale Juif français

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Benoit Rayski est historien, écrivain et journaliste. Son nouvel ouvrage, « Comment je suis devenu un sale Français ?
Est une réflexion sur l'avenir du vivre ensemble dans la France d'aujourd'hui. L'auteur, juif et français, retrace l'évolution des représentations communautaires à travers sa propre expérience.

Extrait de "Comment je suis devenu un sale Français", de Benoît Rayski, publié aux Editions Du Rocher, 2015 :

(….) des milliers de manifestants, je les ai entendus place de la Bastille, criaient « mort aux Juifs ! » dans les rues de Paris. J'ai réalisé alors que j'étais aussi un "sale Français", en plus d'être un "sale Juif". Extrait de "Comment je suis devenu un sale Français", de Benoît Rayski, publié aux Editions Du Rocher (1/2).

(….) Le hasard vint à ma rencontre le 24 janvier 2014. Il s’appelait « Jour de colère » et n’avait rien, vraiment rien à voir avec les Dies irae des églises. Une manifestation assez hétéroclite dont certains participants avaient été mis en colère par les Juifs. Quelques centaines d’entre eux, encapuchonnés et encagoulés, s’élancèrent sur le pavé en criant :

– Juif, la France n’est pas à toi !

Du jamais-vu depuis les années trente…

Dieudonné et Soral avaient raclé les fonds de poubelles des banlieues et avaient trouvé leurs SA. « Juif, la France n’est pas à toi ! »… cela pouvait donc se crier(...)  Nombre de Juifs en souffrirent. Et certains d’entre eux envisagèrent de faire leurs valises. « Juif, la France n’est pas à toi ! » Non, elle n’était pas à moi. Mais c’était moi qui l’avais décrété. Et moi seul avais le droit de me le dire(…)

Jamais je ne m’étais senti autant insulté. Quoi, c’était « ça » qui allait décider ce à quoi j’avais droit ou pas ? C’était « ça » qui allait finir par croire que la France était à eux ? La France aux Français ? Non, la France aux crapules.

J’en tremblais. Pas de peur. De rage. Le 13 juillet, donc pas très longtemps après, marqua le jour de mon basculement. J’étais une poupée russe. La plus grande était juive. Elle en comptait une autre plus petite, peinte en rouge. Et à l’intérieur de cette dernière, une toute petite estampillée « France ». La toute petite se mit à grossir, à grossir. La juive et la rouge prirent place dans son ventre.

SOURCES http://www.atlantico.fr/ Adapté par Nathalie ZADOK

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