1993 : Un Week-End et Puis Dehors - Quand la Jordanie a Testé le Rêve de Trump pour Gaza

Actualités, Alyah Story, Antisémitisme/Racisme, Contre la désinformation, International, Israël - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
1993 : Un Week-End et Puis Dehors - Quand la Jordanie a Testé le Rêve de Trump pour Gaza

La Jordanie et les Palestiniens : Une Expérience Avortée Qui En Dit Long sur le Futur de Gaza

Quand la Jordanie a Dit "Non" aux Palestiniens : Un Précédent Historique Ignoré

L’idée de déplacer des Gazaouis vers d’autres pays refait surface avec la récente proposition choc de Donald Trump. Mais cette vision d’une relocalisation massive avait déjà été testée dans les années 1990... et s’est soldée par un échec retentissant.
Retour sur une expérience oubliée, mais cruciale pour comprendre pourquoi aucun pays arabe ne veut "adopter" Gaza.

Un week-end en Jordanie : L’expérience qui a tout changé

Après la signature des Accords d’Oslo en 1993, les dirigeants palestiniens et les acteurs internationaux cherchent une solution pragmatique pour résoudre l’impasse de Gaza. Une expérience pilote est alors mise en place :

  • Des milliers de Gazaouis sont autorisés à passer un week-end en Jordanie.
  • L’objectif : évaluer la possibilité d’un accueil et d’une intégration progressive des Palestiniens dans le royaume hachémite.

Mais dès la fin du week-end, la réponse de la Jordanie est sans appel : "Nous ne voulons plus d’eux ici", aurait déclaré un haut responsable jordanien au chef du Shin Bet israélien.

La Jordanie, pourtant un pays arabe frontalier et déjà fortement imprégnée de la culture palestinienne, refuse catégoriquement d’absorber cette nouvelle population.

Pourquoi la Jordanie a refusé les Palestiniens ?

Une histoire marquée par des tensions avec les Palestiniens

Depuis la création d’Israël en 1948, la Jordanie a accueilli des centaines de milliers de réfugiés palestiniens. En 1967, après la Guerre des Six Jours, le nombre de Palestiniens en Jordanie explose, au point que le pays devient majoritairement palestinien.

En 1970, "Septembre Noir" éclate. Le roi Hussein se sent menacé par la montée en puissance des milices palestiniennes, qui défient son autorité. Une guerre civile éclate entre l'armée jordanienne et les factions palestiniennes de l’OLP. Résultat : des milliers de morts, l’OLP est expulsée de Jordanie et la méfiance vis-à-vis des Palestiniens s’installe durablement.

Une peur de déstabilisation interne

Aujourd’hui, près de 70 % de la population jordanienne est d’origine palestinienne. Le régime hachémite craint que l’arrivée de nouveaux réfugiés ne crée un déséquilibre démographique qui remettrait en cause la monarchie. Accueillir les Gazaouis, c’est risquer une explosion sociale et une révolte politique.

Un refus des pays arabes d’être une "solution de rechange"

Les États arabes ont toujours évité d’accueillir massivement des réfugiés palestiniens.
Pourquoi ?

  • Ne pas légitimer l'exode forcé des Palestiniens et maintenir la pression sur Israël.
  • Ne pas absorber un conflit externe qui diviserait leur propre population.
  • Éviter les tensions entre Palestiniens et citoyens locaux, comme cela a été le cas en Jordanie ou au Liban.

Pourquoi cet échec jordanien est un avertissement pour le plan Trump ?

Si même la Jordanie – pays historiquement lié aux Palestiniens – a refusé d’intégrer un afflux de Gazaouis, qui accepterait aujourd’hui de les accueillir sous la pression américaine ?

  • L’Égypte a déjà refusé toute annexion du Sinaï aux Palestiniens.
  • Les États du Golfe, bien qu’immensément riches, n’ont jamais offert la citoyenneté aux réfugiés palestiniens.
  • Le Liban, qui héberge déjà 300 000 Palestiniens, ne leur accorde toujours pas de droits civiques.

Les leçons de l’histoire sont claires :

  • Aucun État arabe ne veut des Palestiniens.
  • L’idée de déplacer la population de Gaza vers un autre pays est une impasse diplomatique.
  • Si la Jordanie n’a pas voulu d’eux en 1993, pourquoi un autre pays l’accepterait aujourd’hui ?

Gaza restera-t-elle une poudrière sans issue ?

L’expérience de la Jordanie en 1993 démontre que l’idée d’une réinstallation des Palestiniens dans d’autres pays est une illusion. Le projet de Trump, aussi spectaculaire soit-il, se heurtera aux mêmes blocages.

L’histoire l’a déjà prouvé : les États arabes ne veulent pas être la solution au problème palestinien. Si même la Jordanie, qui partage une identité avec les Palestiniens, les refuse, quelle nation prendra le relais ?

Peut-être est-il temps d’admettre que Gaza doit trouver une solution de l’intérieur… plutôt que d’attendre un miracle extérieur.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi