Téhéran prépare ouvertement la prochaine guerre.

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Iran : les Gardiens de la révolution enterrent leurs usines de missiles et menacent Israël d'une riposte « sans limite géographique »

Par Claudine Douillet

Téhéran prépare ouvertement la prochaine guerre. Le 7 novembre 2026, le porte-parole des Gardiens de la révolution a annoncé que l'Iran déplaçait sous terre la production de ses missiles et de ses drones, que la portée de ses missiles n'était plus limitée, et que des armes inédites étaient réservées à une « troisième vague de confrontation » avec Israël et les États-Unis.

L'avertissement a été lancé à Téhéran lors d'une conférence de presse organisée pour la Semaine de la Force aérospatiale des Gardiens de la révolution. Le général de brigade Hossein Mohebbi, porte-parole du Corps des Gardiens de la révolution islamique, y a détaillé la nouvelle doctrine militaire iranienne. Al Jazeera et le quotidien officiel Tehran Times ont rapporté ses déclarations.

Des « villes de missiles » enterrées pour résister aux bombardements

Selon Hossein Mohebbi, les Gardiens de la révolution construisent des complexes militaires souterrains capables de produire et de stocker des armes sous des bombardements massifs. Il affirme que la Force aérospatiale a déjà transféré rapidement ses chaînes de fabrication de missiles et de drones de la surface vers ces installations profondes. Il les appelle des « villes de production de missiles ».

L'objectif est clair : empêcher Israël et les États-Unis de détruire l'outil industriel iranien comme ils l'ont tenté pendant la guerre déclenchée le 28 février 2026. Le porte-parole a déclaré que l'Iran ne laisserait pas l'ennemi arrêter sa production d'armement « même un instant ». L'agence semi-officielle Tasnim annonce qu'une nouvelle « ville souterraine de missiles » sera bientôt dévoilée.

Ce message répond directement aux analyses occidentales selon lesquelles les stocks iraniens s'épuisaient après des mois de combats. Téhéran veut faire savoir qu'il continue de produire.

La portée des missiles n'est plus bridée

C'est l'annonce la plus grave pour Israël. Hossein Mohebbi a indiqué que les restrictions de portée imposées jusqu'ici aux missiles iraniens avaient été levées. Cette décision applique une consigne du Guide suprême Mojtaba Khamenei : en cas de nouvelle attaque américaine ou israélienne, la riposte de l'Iran n'aura « aucune limite géographique ».

Concrètement, Téhéran signifie qu'aucune cible n'est désormais hors d'atteinte, ni en Israël, ni dans les bases américaines du Moyen-Orient, ni au-delà. Le porte-parole a également cité parmi les cibles possibles les infrastructures militaires et stratégiques adverses, y compris les centres d'intelligence artificielle et de traitement de données.

Des armes gardées en réserve pour la « troisième vague »

Le Tehran Times rapporte que la Force aérospatiale a mis au point de nouvelles capacités qui ne seront dévoilées et déployées que si une « troisième vague de confrontation » éclate. Certaines pourraient être présentées plus tôt si les circonstances le permettent.

L'expression n'est pas anodine. Le régime iranien désigne la guerre de 2026 comme la « troisième défense sacrée », qu'il appelle aussi « guerre du Ramadan ». Parler d'une troisième vague, c'est considérer que le conflit n'est pas terminé et que sa prochaine phase est déjà planifiée.

Des bilans invérifiables présentés comme des victoires

Hossein Mohebbi a aussi dressé un bilan de la guerre à la gloire des Gardiens. Il affirme que leurs défenses ont intercepté ou détruit plus de 260 aéronefs et engins aériens ennemis, que les systèmes antimissiles américains THAAD et Patriot ont connu des défaillances, et que sept drones de reconnaissance américains MQM-180 ont été abattus ou capturés ces deux dernières semaines. Ces chiffres ne sont pas vérifiés de façon indépendante.

Il soutient également que toutes les armes de la Force aérospatiale sont fabriquées avec un savoir-faire national, sans copie de matériel ennemi récupéré. Il cite le drone Shahed-136, le missile Arman et le système de défense aérienne Khordad-3. Il vante enfin une furtivité améliorée qui aurait permis aux missiles et drones iraniens de percer les défenses adverses lors des précédents affrontements.

Une guerre suspendue mais pas terminée

Ces menaces interviennent dans un contexte de tension extrême. Depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, Téhéran a fermé le détroit d'Ormuz, provoquant une crise énergétique mondiale. Washington a répondu par de nouvelles sanctions et par un blocus naval visant à empêcher les exportations de pétrole iranien.

La veille de la conférence de presse, le 6 novembre, le président Donald Trump a annoncé des frappes américaines limitées sur l'île de Qeshm, dans le golfe Persique, tout en affirmant que les discussions avec l'Iran progressaient beaucoup. Le 7 novembre, le Commandement central américain (CENTCOM) a créé une nouvelle force opérationnelle chargée d'empêcher l'Iran d'acheminer par voie terrestre des armes et des matériaux avancés.

Selon des informations du Wall Street Journal citées par Al Jazeera, l'Iran a causé pour des milliards de dollars de dégâts aux bases américaines de la région. Reuters rapporte que des infrastructures des pays du Golfe ont été visées au moins 135 fois. Téhéran menace de frapper à nouveau les installations énergétiques du Golfe si les combats reprennent, tandis que les monarchies de la région multiplient les médiations pour obtenir la fin de la guerre.

Ce que cela signifie pour Israël

Le message des Gardiens de la révolution est sans ambiguïté : l'Iran reconstitue son arsenal à l'abri des frappes, supprime toute limite à la portée de ses missiles et garde des armes nouvelles pour le prochain round. Pour Israël, cela signifie qu'une nouvelle offensive contre l'Iran se heurterait à des sites de production plus difficiles à atteindre et à une riposte que Téhéran annonce plus large qu'en 2026. Derrière les négociations évoquées à Washington, Téhéran se prépare à reprendre les hostilités.

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