Fonds du Qatar : Netanyahu retire sa plainte contre Walla après un accord

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Fonds du Qatar : Netanyahu retire sa plainte contre Walla après un accord

Par Claudine Douillet

Pas de procès, pas de condamnation, mais une phrase soigneusement pesée. L’affaire qui opposait Benjamin Netanyahu au site Walla s’est close samedi sur un compromis qui en dit long sur la sensibilité du dossier qatari.

Ce que dit l’accord

Le tribunal de première instance de Jérusalem a homologué un accord entre le Premier ministre et le site d’information. La plainte est retirée et aucune des parties ne paie les frais de justice de l’autre. En contrepartie, Walla publie une clarification : le site n’a jamais affirmé, et n’affirme pas, que Netanyahu a reçu de l’argent du Qatar. Netanyahu obtient la mise au point qu’il réclamait, Walla évite un procès et ne se rétracte sur aucun fait rapporté.

À l’origine, un rapport du MEMRI

La plainte visait un article de Walla qui reprenait un rapport du MEMRI, l’institut de recherche sur les médias du Moyen-Orient. Ce rapport s’appuyait sur des documents issus de fuites liées au « Projet Raven », un programme de surveillance des Émirats arabes unis visant des gouvernements, des organisations et des militants. Selon ces documents, également publiés par le Jerusalem Post, des fonds qataris auraient été destinés au Likoud par l’intermédiaire du Premier ministre : environ 15 millions de dollars en 2012 et 50 millions en 2018.

Le MEMRI avait pris soin de préciser que ces documents ne prouvaient pas que l’argent avait été versé, ni que Netanyahu l’avait reçu. Le Likoud avait, de son côté, dénoncé une affaire montée de toutes pièces et une propagande hostile à Israël en temps de guerre.

Un dossier qui ne se referme pas

Le compromis ne règle pas la question de fond. Les liens entre l’entourage du Premier ministre et Doha restent au cœur de plusieurs enquêtes et polémiques en Israël, regroupées sous le nom de « Qatargate ». Netanyahu a engagé d’autres poursuites en diffamation contre des responsables politiques qui l’accusaient sur ce terrain. Le moment rend l’affaire plus sensible encore : le Qatar est aujourd’hui l’un des principaux médiateurs entre Washington et Téhéran.

Pour la presse israélienne, l’issue est aussi un signal. Une plainte d’un chef de gouvernement contre un média se termine ici sans sanction, sur une simple précision de vocabulaire, au moment même où Netanyahu se bat pour garder le pouvoir.

(Walla) https://www.walla.co.il/news/law/383960451

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