L'Europe dans l'oeil de l'Iran vise l'Allemagne et l'Italie de ses missiles

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L'Iran tirera des missiles sur l'Europe si les États-Unis utilisent leurs bases en Italie et en Allemagne pour l'attaquer. L'avertissement vient d'Ahmad Bakhshayesh Ardestani, membre de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, qui menace aussi les dirigeants arabes, les câbles Internet et Israël, et juge la reprise de la guerre plus probable que son évitement.

Par Claudine Douillet

Une menace directe contre Berlin et Rome

Téhéran franchit un nouveau seuil dans l'escalade verbale. Dans un entretien accordé mardi à Euronews en persan, puis repris par le site israélien Walla, le député Ahmad Bakhshayesh Ardestani a affirmé que l'Iran lancerait ses missiles contre l'Europe si les États-Unis se servaient de leurs installations militaires sur le continent pour frapper la République islamique. Il a nommé explicitement l'Italie et l'Allemagne.

Le choix de ces deux pays n'est pas anodin. L'Allemagne abrite la base aérienne de Ramstein, principal hub logistique de l'armée américaine en Europe, tandis que l'Italie accueille notamment les bases d'Aviano et de Sigonella. Pour Téhéran, tout pays qui prête son territoire à une opération américaine devient un belligérant et donc une cible légitime.

Les dirigeants arabes dans le viseur

Le parlementaire ne s'est pas arrêté à l'Europe. Si le Guide suprême ou d'autres hauts responsables du régime étaient visés par des frappes aériennes, l'Iran pourrait selon lui s'en prendre aux palais et aux chefs d'État des pays arabes. Les États qui mettent des bases à la disposition de l'armée américaine paieraient, dit-il, un prix direct, jusqu'à leurs propres dirigeants.

Le message s'adresse en priorité aux monarchies du Golfe, qui accueillent des milliers de soldats américains. Il rappelle que le régime iranien raisonne désormais en termes de survie : toucher ses dirigeants reviendrait, dans sa logique, à autoriser des représailles contre les dirigeants voisins.

Infrastructures civiles et câbles Internet

Ardestani élargit encore le champ des cibles possibles. Il évoque des frappes contre des infrastructures civiles dans les pays arabes ainsi que contre les câbles Internet, ces liaisons sous-marines qui traversent le Golfe, la mer Rouge et la Méditerranée et dont dépendent les communications et les flux financiers d'une partie du monde. Une telle attaque toucherait bien au-delà du Moyen-Orient.

« Nous frapperons Israël plus fort qu'avant »

Concernant Israël, le député promet que l'Iran frappera l'État hébreu avec plus de puissance que lors des précédentes confrontations. Il estime que la probabilité d'une reprise de la guerre est plus élevée que celle de l'éviter. Il reconnaît toutefois que de nouvelles frappes aériennes américaines ne suffiraient pas, selon lui, à faire tomber le régime sans une opération terrestre.

Ces propos interviennent dans un climat de forte tension. Le 23 octobre, le président américain Donald Trump avait déclaré que les États-Unis pourraient lancer une nouvelle opération militaire contre l'Iran.

Rohani, la succession et le Guide caché

L'entretien comporte aussi des affirmations sur l'avenir du pouvoir à Téhéran. Ardestani soutient que l'administration Trump chercherait à confier le pouvoir à l'ancien président Hassan Rohani, et que le Guide suprême se cacherait pour déjouer toute tentative de le remplacer. Walla précise qu'aucune preuve n'a été apportée à l'appui de ces allégations.

Rhétorique ou décision opérationnelle ?

Reste la question essentielle : ces menaces reflètent-elles une décision de l'état-major iranien ou une surenchère politique ? Walla souligne qu'on ignore si ces déclarations traduisent une décision opérationnelle de la direction iranienne. Un député de la commission de sécurité n'est pas le commandement des Gardiens de la révolution.

Mais le signal est clair. En désignant l'Europe et les capitales arabes, Téhéran cherche à dissuader les alliés de Washington de s'associer à une nouvelle offensive, en leur faisant porter le risque directement sur leur sol. Pour Israël, qui a déjà subi des salves de missiles iraniens, l'avertissement confirme que le régime prépare l'opinion à une confrontation plus large et plus brutale.

Source : Walla, article d'Amit Avitan du 4 novembre 2026, https://www.walla.co.il/news/world/383960076

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