Tsahal lance une amnistie sur les armes détournées : 12 jours pour tout rendre sans poursuites

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Tsahal lance une amnistie sur les armes détournées : 12 jours pour tout rendre sans poursuites

 

Du 1er au 12 novembre, Tsahal ouvre 65 points de collecte pour récupérer armes et équipements sortis des bases, sans identité ni poursuites.

Tsahal donne douze jours à ses soldats et réservistes pour restituer les armes et le matériel militaire sortis illégalement des bases. Du 1er au 12 novembre 2026, environ 65 points de collecte ouvriront dans tout Israël, sans contrôle d'identité ni poursuites pénales. L'objectif est clair : empêcher que ces armes ne finissent entre les mains de criminels ou de terroristes.

Par Claudine Douillet

Douze jours pour rendre les armes sans poursuites

L'armée israélienne a annoncé mercredi 28 octobre le lancement d'une vaste opération de restitution des armes et équipements militaires sortis de ses bases sans autorisation. Pendant douze jours, du 1er au 12 novembre, tout soldat d'active ou réserviste ayant emporté du matériel au cours de son service pourra le rapporter sans avoir à décliner son identité et sans risquer de poursuites pour sortie, détention ou transport illégal de matériel militaire.

Selon le porte-parole de Tsahal, l'opération est pilotée par la Direction de la technologie et de la logistique, l'organe chargé de l'équipement et de l'approvisionnement de l'armée. Environ 65 stations et points de collecte seront installés dans des bases réparties sur l'ensemble du territoire, afin de permettre à chacun de restituer le matériel au plus près de chez lui.

Fusils, gilets pare-balles et lunettes de vision nocturne

La liste du matériel concerné est large. L'armée accepte les armes, les équipements de vision nocturne, le matériel de communication et de transmission, les uniformes, les équipements de protection comme les gilets à plaques céramiques, les casques et les vestes tactiques, mais aussi le matériel médical et tout autre équipement militaire. Autrement dit, Tsahal ne cherche pas seulement à récupérer des fusils d'assaut. Elle veut remettre la main sur l'ensemble des équipements sensibles qui ont quitté ses entrepôts sans être enregistrés.

L'anonymat garanti, aucune procédure engagée

C'est le cœur du dispositif. Les militaires qui rapporteront du matériel n'auront pas à présenter de pièce d'identité, et l'armée s'engage à n'ouvrir ni procédure disciplinaire ni procédure pénale pour le seul fait d'avoir détenu ce matériel illégalement, rapporte Israel Hayom. Cette garantie vise à lever le principal frein : la peur d'être sanctionné. Sans elle, nombre de soldats préféreraient garder chez eux un gilet ou un fusil plutôt que de s'exposer à une enquête.

La crainte d'une fuite d'armes vers le crime et le terrorisme

L'armée justifie l'opération par la sécurité publique. Elle veut s'assurer que les armes restent exclusivement entre les mains de personnes habilitées et éviter qu'elles ne parviennent à des éléments hostiles. Le risque est réel. Le vol et la revente d'armes provenant de bases militaires alimentent depuis des années les organisations criminelles en Israël, en particulier dans un contexte de violence record au sein de la société arabe israélienne, et peuvent aussi profiter aux réseaux terroristes.

Tsahal pointe également un danger plus discret : celui des armes et munitions stockées dans des appartements privés, dans des conditions qui ne respectent aucune règle de sécurité. Un fusil rangé dans un placard ou des munitions oubliées dans un garage représentent une menace pour les familles elles-mêmes, et une cible facile pour les cambrioleurs.

Trois ans de guerre, des équipements dispersés dans tout le pays

L'ampleur du problème s'explique par le contexte. Depuis le 7 octobre 2023, Israël a mobilisé des centaines de milliers de réservistes, souvent dans l'urgence, pour des rotations répétées à Gaza, au Liban et en Judée-Samarie. Dans le chaos des premières semaines, les soldats ont reçu, acheté ou récupéré du matériel par tous les moyens, y compris grâce aux dons massifs de particuliers et d'associations qui ont fourni gilets pare-balles et casques aux unités sous-équipées.

Entre deux périodes de rappel, une partie de ce matériel est restée au domicile des réservistes. Au fil des mois, la traçabilité s'est perdue. Trois ans plus tard, la quantité d'équipements sortis des bases est devenue une préoccupation sécuritaire à part entière, que l'armée entend désormais traiter de front.

Une économie pour le budget de la défense

L'opération a aussi une dimension budgétaire. Le matériel restitué en bon état pourra être remis en service, notamment les équipements de protection, ce qui permettra selon l'armée de rationaliser les achats et d'éviter des acquisitions inutiles. Dans un contexte où le coût de la guerre pèse lourdement sur les finances publiques israéliennes, chaque gilet ou casque récupéré représente une dépense évitée pour le ministère de la Défense.

Un numéro dédié pour toutes les questions

Pour accompagner l'opération, Tsahal a mis en place une ligne téléphonique spéciale, joignable au *6008, afin de répondre aux questions des soldats et des réservistes sur les modalités de restitution et l'emplacement des points de collecte.

Reste à savoir combien de militaires saisiront cette main tendue. Le succès de l'opération dépendra de la confiance accordée à la promesse d'anonymat, et de la prise de conscience qu'une arme oubliée dans un placard n'est jamais sans danger.

Sources

Maariv, Avi Ashkenazi : https://www.maariv.co.il/breaking-news/article-1382350

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