Vie chère en Israël : 70 % des électeurs jugent le gouvernement défaillant à six jours des législatives

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Vie chère en Israël : 70 % des électeurs jugent le gouvernement défaillant à six jours des législatives

Vie chère en Israël : 70 % des électeurs jugent le gouvernement défaillant à six jours des législatives

Par Claudine Douillet

Le coût de la vie s'impose comme l'un des enjeux décisifs des élections israéliennes. À six jours du scrutin, un sondage de l'ONG Latet révèle que 69,9 % des Israéliens estiment que le gouvernement sortant a échoué face à la pauvreté, aux inégalités et à la vie chère. Près d'un électeur sur deux se dit prêt à changer de bulletin sur ce seul critère.

Vie chère en Israël : un bilan social sévère pour le gouvernement sortant

Le verdict est sans appel. Selon l'enquête du département de recherche de Latet, publiée mercredi 21 octobre et relayée par le site Walla News, sept Israéliens sur dix considèrent que la coalition au pouvoir n'a pas apporté de réponse suffisante à la pauvreté, aux écarts sociaux et au coût de la vie.

Le sondage repose sur 495 personnes représentatives de la mosaïque sociale et religieuse du pays, avec une représentation des populations arabe et druze et un large éventail d'orientations politiques. L'échantillon est équilibré entre hommes et femmes et ventilé selon la situation familiale et la parentalité, afin de mesurer l'effet concret de la vie chère sur les foyers.

Pauvreté en Israël : des inégalités qui se creusent depuis 2022

Pour 64,6 % des personnes interrogées, les écarts socio-économiques se sont aggravés pendant la législature. Le ressenti est aussi personnel : 42 % affirment que la situation économique de leur famille s'est nettement dégradée par rapport à la période qui précédait les élections de 2022.

Ce constat intervient après trois années marquées par la guerre ouverte le 7 octobre 2023, les longues périodes de mobilisation des réservistes et la hausse des prix de l'alimentation et du logement. Autant de facteurs qui ont fragilisé les classes moyennes et les familles déjà en difficulté.

La lutte contre la pauvreté reléguée au bas des priorités

La critique vise surtout la place accordée au sujet dans l'action gouvernementale. 81,8 % des sondés jugent que la lutte contre la pauvreté occupe un rang très faible dans les priorités de l'exécutif, voire qu'elle n'y figure pas du tout. Ils sont 69,5 % à considérer que la présence de millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté en Israël constitue un échec de l'État.

Législatives 2026 : le pouvoir d'achat peut faire basculer des voix

Traditionnellement dominées par la sécurité et les questions identitaires, les élections israéliennes pourraient cette fois se jouer aussi sur le pouvoir d'achat. 47,7 % des répondants affirment que les engagements sociaux des partis pèseront beaucoup, ou énormément, dans leur choix. Surtout, 44,4 % se disent prêts à voter pour une autre formation que celle qu'ils avaient choisie si celle-ci ne présente pas de plan économique clair contre la pauvreté et la vie chère.

Le chiffre est loin d'être anecdotique dans un système où quelques sièges suffisent à faire ou défaire une coalition. Le scrutin du 27 octobre 2026 clôt une Knesset qui est la première depuis 1988 à avoir mené son mandat jusqu'à son terme, et la campagne officielle à la télévision et à la radio n'a démarré que le 13 octobre. Les partis disposent donc de quelques jours seulement pour convaincre sur ce terrain.

Ce que Latet exige de la prochaine coalition

Les attentes envers le futur gouvernement sont précises. 67,9 % des sondés souhaitent qu'un budget dédié soit attribué à l'Autorité nationale de lutte contre la pauvreté pour lui permettre d'exercer réellement ses missions. Une proportion presque identique, 67,5 %, veut que le prochain exécutif fixe un objectif national défini de réduction de la pauvreté et des inégalités.

Eran Weintraub, directeur général de Latet, et Gilles Darmon, son président et fondateur, appellent l'ensemble des partis, de tous les bords, à inscrire dans leurs programmes, dans les accords de coalition et dans les lignes directrices du prochain gouvernement des mesures concrètes capables de modifier l'ordre des priorités nationales. Selon eux, après des décennies durant lesquelles la société civile a soutenu des centaines de milliers de familles, la lutte contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire doit passer « d'une réponse à la détresse à une politique nationale ». Ils insistent : le traitement des questions sociales ne relève pas d'une idéologie partisane et doit faire consensus.

Latet, première ONG israélienne contre l'insécurité alimentaire

Fondée par Gilles Darmon, Latet, qui signifie « donner » en hébreu, coordonne un vaste réseau d'associations locales de distribution alimentaire à travers le pays et publie chaque année un rapport alternatif sur la pauvreté, devenu une référence dans le débat public israélien. En publiant ce sondage à quelques jours du vote, l'organisation place la vie chère au centre de la dernière ligne droite de la campagne.

Reste à savoir si les partis répondront par des engagements chiffrés ou par de simples slogans. Le 27 octobre, une partie importante de l'électorat israélien votera aussi avec son panier de courses en tête.

Source : Walla News

 

Sondage Latet : 69,9 % des Israéliens jugent que le gouvernement a échoué contre la vie chère. 44 % prêts à changer de vote le 27 octobre.

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Sources :
Walla News, sondage Latet
i24NEWS, calendrier des élections

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