Synagogue profanée dans le 19eme: les Juifs de France menacés en direct pendant les émeutes

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Synagogue profanée à Paris : les Juifs de France menacés en direct pendant les émeutes

Une synagogue du 19e arrondissement de Paris a été forcée et saccagée dans la nuit de samedi à dimanche, en pleine vague d’émeutes. Selon le Combat Antisemitism Movement, qui a diffusé les images reprises par la presse israélienne, les rouleaux de la Torah et le mobilier ont été jetés et dégradés. Aucun blessé, aucune arrestation. Les autorités n’ont pas révélé le nom du lieu de culte.

Par Claudine Douillet

Ils ont brûlé une mairie, pillé des boutiques, attaqué des commissariats. Puis ils sont entrés dans une synagogue. Dans la nuit de samedi à dimanche, un lieu de prière juif du 19e arrondissement de Paris a été forcé et profané, les rouleaux de la Torah jetés au milieu des meubles renversés. Le chaos a trouvé sa cible éternelle.

La nuit où l'émeute est entrée dans la synagogue

Les faits sont accablants. Une synagogue du 19e arrondissement de Paris a été saccagée dans le cadre de la vague de violences visant les bâtiments publics, les commerces et les postes de police. Les intrus ont forcé l'entrée pendant la nuit et s'en sont pris aux rouleaux de la Torah et au mobilier. Par miracle, personne n'a été blessé et le bâtiment n'a pas subi de dégâts structurels. Aucun suspect n'a été arrêté.

Les autorités n'ont pas communiqué le nom du lieu, mais des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent les rouleaux sacrés maltraités et le mobilier dévasté. C'est le Combat Antisemitism Movement qui a révélé l'affaire, en résumant la nuit en une phrase glaçante : des synagogues dans le viseur, des bâtiments publics incendiés, des commissariats attaqués, des magasins pillés.

Le rouleau de la Torah, cible symbolique

Qu'on ne vienne pas parler de dégât collatéral. On ne pille pas une synagogue pour y voler un téléphone ou une paire de baskets. Il n'y a rien à revendre dans un rouleau de la Torah. Il n'y a qu'un message à envoyer. S'en prendre au texte sacré du peuple juif, c'est s'en prendre à ce qu'il est. C'est le geste des pogroms, celui qu'on croyait relégué aux livres d'histoire.

Le commentateur Jérémy Benhaïm a posé la seule question qui vaille ce dimanche, en substance : comment un Français juif peut-il encore imaginer son avenir en France ? Cette question, des milliers de familles se la posent ce matin, de Sarcelles à Créteil, de Marseille à Strasbourg.

Un pays en flammes, une communauté en première ligne

Cette profanation ne tombe pas du ciel. Elle survient au terme d'une journée où la France a basculé. Plus de 1 800 interpellations, plus de 500 policiers, gendarmes et pompiers blessés. La mairie de Limoges réduite en cendres, l'office de tourisme de Lyon incendié, les hôtels de ville de Marseille et de Lille envahis.

Dans les cortèges, des drapeaux palestiniens se mêlaient aux gilets jaunes. Lors d'une intrusion dans un bâtiment public, certains assaillants les arboraient pendant qu'un buste de Marianne était jeté au sol et un symbole anarchiste tagué au mur. Une manifestation contre la vie chère n'a rien à voir avec Gaza. Sauf pour ceux qui ont fait de la haine d'Israël, et donc des Juifs, le carburant de toutes leurs colères.

La liste qui ne cesse de s'allonger

Il faut rappeler la chronologie, car la mémoire est la première arme. En mai 2024, un homme armé d'un couteau et d'une barre de fer met le feu à la synagogue de Rouen. En août 2024, la synagogue de La Grande-Motte est incendiée alors que le rabbin et quatre fidèles se trouvent à l'intérieur. En mai 2025, le Mémorial de la Shoah, la synagogue des Tournelles, celle d'Agoudas Hakehilos et celle de Belleville sont souillés de peinture dans la même nuit. Aujourd'hui, une synagogue est profanée en pleine émeute.

À chaque fois, les mêmes condamnations, les mêmes promesses, les mêmes gardes statiques renforcées pour quelques semaines. Et à chaque fois, l'étape suivante est plus grave.

Ceux qui ont armé les esprits

Cette violence a des parrains idéologiques. Depuis le 7 octobre 2023, La France insoumise a fait de la haine d'Israël un fonds de commerce électoral. Ses adversaires l'accusent d'attiser l'antisémitisme, ce que Jean-Luc Mélenchon conteste. Mais les faits sont têtus : quand un mouvement politique passe des années à désigner Israël comme l'incarnation du mal, à relativiser l'antisémitisme et à flatter les foules qui hurlent leur haine, il ne peut pas s'étonner que la haine trouve son chemin jusqu'aux portes des synagogues.

Pendant que la synagogue du 19e était saccagée, le chef insoumis accusait la police d'avoir organisé le désordre. Pas un mot, à cette heure, pour les fidèles qui découvraient leurs rouleaux sacrés à terre.

L'État doit protéger, maintenant

Le ministère de l'Intérieur sait faire. Il l'a prouvé en déployant des dizaines de milliers d'hommes pour d'autres priorités. Les Juifs de France n'ont pas besoin de nouveaux communiqués de compassion. Ils ont besoin que chaque synagogue, chaque école, chaque commerce casher soit protégé pendant toute la durée de cette crise. Ils ont besoin que les profanateurs soient retrouvés, jugés et condamnés, et que l'enquête dise publiquement qui ils sont.

Un pays qui laisse profaner une synagogue en pleine nuit d'émeutes a déjà commencé à perdre son âme. Les Juifs de France ont été les premiers à le dire depuis vingt ans. Ce dimanche matin, ils ne sont plus les seuls à le voir.

Sources : Israel Hayom ; Channel 13 ; JDN ; i24NEWS ; CAM, mai 2025 ; France 24, La Grande-Motte ; CRIF

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