Flydubai : Israël était prêt à abattre l'avion du copilote Hamam al-Hamami

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Flydubai : Israël était prêt à abattre l'avion du copilote Hamam al-Hamami

Israël s'est préparé à abattre un avion de ligne rempli de ses propres citoyens. Le 30 septembre, pendant que le copilote omanais Hamam al-Hamami tentait de précipiter le vol Flydubai FZ1073 sur Ben Gourion ou les tours Azrieli, Tsahal déployait chasseurs, avions de transport et forces spéciales pour faire face au pire.

Flydubai : Israël était prêt à abattre l'avion du copilote Hamam al-Hamami

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre 2026

Il y a eu, le mercredi 30 septembre, quelques minutes où l'État d'Israël a envisagé l'impensable : abattre un Boeing transportant 174 passagers, presque tous israéliens. Une semaine après la tentative d'attentat du vol Flydubai FZ1073, les révélations de la presse israélienne dévoilent à la fois les coulisses de la riposte militaire et le parcours d'un terroriste qui a mis des années à préparer son crime.

Un signal de détresse, et la machine s'emballe

Tout part d'un seul signal de détresse émis depuis le cockpit, qui suffit à plonger l'appareil sécuritaire israélien dans l'une de ses opérations les plus tendues de ces dernières années. Les systèmes de suivi enregistrent d'abord le code 7700, l'urgence générale, puis le code 7500, qui signale un détournement ou une intervention illicite.

À bord, la situation est terrifiante. L'appareil compte 174 passagers, dont 27 enfants. Dans le cockpit, Hamam al-Hamami vient de blesser à coup de hache de secours, le commandant de bord. Pendant la lutte, le Boeing chute de près de 4 267 mètres en moins de 30 secondes.

Trois scénarios catastrophe sur la table

À Jérusalem, l'état-major ignore tout de ce qui se passe réellement à bord. Selon Ynet, qui s'appuie sur des responsables de la sécurité, Tsahal se prépare alors à trois catastrophes : un crash en plusieurs endroits possibles, la nécessité d'abattre l'appareil, ou une prise d'otages des passagers.

Le premier scénario est le plus redouté : un crash sur le sol israélien. Des chasseurs de l'armée de l'air décollent aussitôt vers la Jordanie, avec une consigne claire : si nécessaire, abattre l'avion pour empêcher un attentat de type 11 septembre. Deux appareils capables de répondre à n'importe quel scénario aérien sont retenus à l'issue des consultations de sécurité.

Hercules, Shaldag et négociateurs en alerte

Le dispositif va bien au-delà des chasseurs. Les unités du Commandement du front intérieur sont mises en alerte, et les équipes de négociation de l'état-major placées en disponibilité totale en cas d'atterrissage en Israël. Trois Hercules de l'armée de l'air sont prêts à décoller immédiatement dans le cadre des procédures de sauvetage d'otages.

L'unité d'élite Shaldag est aussi mobilisée. Selon des sources étrangères, cette unité de l'armée de l'air aurait opéré en avril 2026 lors du sauvetage de deux aviateurs américains après le crash de leur F-15E en Iran.

Le demi-tour qui change tout

Puis le Boeing effectue un brusque demi-tour, s'éloigne des frontières israéliennes et repart vers l'Arabie saoudite. Le scénario du tir s'éloigne avec lui. L'ambassadeur d'Israël en Inde, Reuven Azar, l'a confirmé : les chasseurs étaient en vol mais n'ont jamais eu à intervenir contre l'appareil.

Car à bord, le drame a tourné court. Grièvement blessé, le commandant indien Smit Machchhar parvient à déverrouiller la porte du cockpit, permettant aux passagers de maîtriser l'agresseur. Un équipage de réserve reprend les commandes et pose l'appareil à Tabuk. Selon Israël, un agent de sécurité infiltré parmi les passagers a participé à la neutralisation du pilote.

Une carrière bâtie pour frapper Israël

Le parcours de Hamam al-Hamami, 29 ans, révèle une préméditation glaçante. La police néo-zélandaise a confirmé ce mardi, selon Channel 14, qu'il avait séjourné en Nouvelle-Zélande de novembre 2018 à mai 2019 avec un visa étudiant, pour y compléter sa formation de pilote au service d'une société britannique.

Une fois breveté, il a démarché toutes les compagnies aériennes possibles en vérifiant lesquelles desservaient Tel-Aviv. C'est pour cette seule raison qu'il a choisi Flydubai, après avoir planifié son attaque avant même son embauche. Il s'était rendu en Israël quelques mois plus tôt, et également une semaine plus tôt, vraisemblablement pour du repérage. Un premier passage à l'acte, prévu en juillet, aurait été annulé à cause de sa proximité avec un membre de l'équipage.

Ses cibles ne laissent aucun doute. « Le rêve était de s'écraser à Ben Gourion », a-t-il déclaré aux enquêteurs. Il avait aussi étudié un crash sur les tours Azrieli, à une vitesse suffisante pour empêcher l'aviation israélienne d'intercepter l'appareil. Précisément le scénario auquel Tsahal se préparait.

La piste Al-Qaïda

L'enquête a révélé, selon la chaîne N12, que le copilote avait suivi un processus d'endoctrinement, apparemment à l'idéologie d'Al-Qaïda. Les services de sécurité israéliens mènent leurs investigations comme si l'avion s'était réellement écrasé.

Plus troublant encore : selon des sources citées par CNN, Hamam al-Hamami avait été écarté l'an dernier de la compagnie nationale Oman Air en raison de ses positions extrémistes. Cela ne l'a pas empêché d'être recruté par Flydubai et affecté à la ligne de Tel-Aviv. Les enquêteurs estiment pour l'heure qu'il a agi seul, sans ordre direct d'une organisation terroriste.

Six jours de suspension et un accord violé

La riposte politique a été immédiate. Israël a suspendu les vols Flydubai pendant six jours, sur décision du bureau du Premier ministre, en coordination avec le président émirati Mohammed ben Zayed. La ministre des Transports Miri Regev accusait la compagnie de ne pas avoir respecté un accord prévoyant que seuls des pilotes ressortissants de pays entretenant des relations diplomatiques avec Israël soient affectés aux vols vers l'État hébreu.

Une question reste entière : comment un pilote banni pour radicalisme par son propre pays a-t-il pu se retrouver aux commandes d'un avion rempli d'Israéliens, jusqu'à forcer Tsahal à envisager de l'abattre ?

Sources : Ynet News (scénarios)

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