Colombie : le FBI traque les prédateurs sexuels venus en touristes à Medellín, un israélien arrêté

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Colombie : le FBI traque les prédateurs sexuels venus en touristes à Medellín, un israélien arrêté

Medellín ne tolère plus rien. La ville colombienne, longtemps gangrenée par le tourisme sexuel impliquant des mineurs, vient de livrer des chiffres qui claquent : plus de 1 000 % d'arrestations supplémentaires d'étrangers soupçonnés d'agressions sexuelles sur enfants, une coopération directe avec le FBI et le HSI américain, et des condamnations à perpétuité qui tombent déjà.

Une explosion des arrestations

Depuis l'arrivée du maire Federico Gutiérrez, l'étau s'est resserré autour des prédateurs sexuels étrangers. Trente-cinq touristes soupçonnés d'agressions sur mineurs ont été arrêtés et traduits en justice, contre seulement sept suspects sur les trois années précédentes. La progression est vertigineuse : plus de 1 000 %.
Parmi les personnes interpellées figurent vingt-huit Américains, trois Mexicains, ainsi que des ressortissants français, islandais, néerlandais et israélien.

L'opération mobilise les autorités locales, les services d'immigration colombiens et des agences fédérales américaines, FBI et Homeland Security Investigations en tête. Perquisitions dans les maisons d'hôtes, contrôles dans les commerces servant de façade, la traque ne laisse plus de zone grise.

Déjà en février de cette année, un citoyen israélien de 28 ans, identifié comme Abramov Itzik, a été arrêté à El Poblado (Medellín) après avoir été surpris par la police dans un appartement de location courte durée avec deux mineures. Il les avait contactées via les réseaux sociaux dans le but de les exploiter sexuellement. L'affaire a éclaté grâce à l'alerte d'un voisin, et le maire Federico Gutiérrez a dû réagir publiquement alors qu'il était en vacances.

L'incident qui a tout déclenché

Le tournant remonte au début 2024. Un touriste américain avait été filmé entrant dans un hôtel du quartier huppé d'El Poblado en compagnie de mineurs. Des failles administratives lui avaient permis de fuir le pays avant d'être inquiété. L'affaire a révélé l'existence de réseaux criminels locaux, capables de mettre en relation touristes et enfants via les réseaux sociaux et les applications de rencontre.

En réaction, l'aéroport international José María Córdoba a lancé la campagne « Ni lo intentes, es un delito », soit « N'essaie pas, c'est un crime ». Medellín est passée d'une posture défensive à une prévention active sur le terrain, directement au point d'entrée du pays.

Des peines de prison à vie

La coopération judiciaire internationale porte déjà ses fruits. Sur les trente-cinq étrangers arrêtés, douze ont été jugés et condamnés. Aux États-Unis, la justice a prononcé la prison à vie contre Stefan Andres Correa, Américano-Équatorien interpellé à Miami avec plus de cent vidéos d'exploitation de mineurs, et contre Manuel Pouseiro, ressortissant portugais.

D'autres peines lourdes ont suivi. Michael Jamie Inofuentes, Américain, a écopé de dix-huit ans et quatre mois de prison après avoir reconnu l'exploitation d'un mineur de quinze ans. Hamza Anaswa, Américano-Jordanien, a été condamné à vingt et un ans de prison après son arrestation à Miami alors qu'il s'apprêtait à se rendre à Medellín en possession de documents pédopornographiques.

Des centaines de touristes refoulés

Le verrouillage ne s'arrête pas aux tribunaux. Les contrôles aux frontières se sont durcis de manière spectaculaire. Selon l'Autorité colombienne de l'immigration, les refus d'entrée à l'aéroport ont bondi de 460 % entre 2021 et 2023. Deux cent vingt-neuf étrangers ont été refoulés du territoire colombien en trois ans, dont cent dix-huit rien qu'en 2026, un record absolu pour la ville.

Fermetures d'hôtels et d'auberges

Le ministère municipal du Tourisme et des Loisirs a lui aussi durci le ton. Entre janvier et juillet, cinquante-sept opérations conjointes et cent soixante et une inspections surprises ont visé les zones touristiques les plus fréquentées : El Poblado, Provenza, Parque Yarras, Carrera 70, Plaza Botero et San Javier. Objectif affiché : vérifier licences d'exploitation et respect des procédures de prévention de l'exploitation sexuelle des enfants et des adolescents.

Résultat, trente locations de courte durée et appartements d'hôtes non conformes ont été fermés administrativement, et vingt-trois autres établissements, hôtels, auberges et pubs compris, ont subi une fermeture temporaire. Pour les autorités municipales, réguler l'hébergement touristique est devenu une condition non négociable pour assécher ces réseaux criminels.

Le tourisme se recompose

Cette répression change aussi le visage du tourisme à Medellín. Le Système d'information touristique local observe une diversification des visiteurs, avec une hausse des arrivées néerlandaises, équatoriennes et chiliennes. En parallèle, les taux d'occupation reculent légèrement, à 59 % pour les hôtels et 50,5 % pour les appartements. Le nombre d'entreprises inscrites au Registre national du tourisme a chuté de 3,1 %, un signe direct du durcissement des critères d'agrément et de l'exclusion des structures hors la loi.

Medellín tourne ainsi la page d'une réputation qui lui collait à la peau depuis des années, celle d'une plaque tournante du tourisme sexuel. La ville colombienne mise désormais sur la coopération internationale et la fermeté judiciaire pour prouver que les prédateurs, quelle que soit leur nationalité, n'y trouveront plus de refuge.

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