Une pépite israélienne de la défense s'apprête à conquérir Wall Street

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Une pépite israélienne de la défense s'apprête à conquérir Wall Street

Une pépite israélienne de la défense s'apprête à conquérir Wall Street

De la manette de jeu vidéo au champ de bataille, XTEND boucle une trajectoire fulgurante. La société israélienne de robotique fera son entrée à la Bourse de New York ce vendredi 4 septembre, sous le symbole XTND, avec une valorisation qui donne le vertige : 1,5 milliard de dollars.

Une fusion qui ouvre les portes de Wall Street

L'opération se joue par le biais d'une fusion inversée avec JFB Construction Holdings, une société holding déjà cotée au NASDAQ. Le mécanisme, moins spectaculaire qu'une introduction en bourse classique, produit pourtant le même résultat : XTEND accède directement aux marchés financiers américains sans passer par le parcours long et coûteux d'un IPO traditionnel. La cérémonie d'ouverture de la bourse, prévue le 8 septembre, réunira les dirigeants de l'entreprise sous les projecteurs new-yorkais.

Pour une société fondée il y a moins de dix ans dans un garage israélien, l'étape a des allures de consécration. Aviv Shapira, cofondateur et PDG, ne cache pas sa fierté : l'entrée en bourse marque, selon lui, une étape décisive dans une aventure entamée récemment, qui doit désormais permettre d'accélérer la croissance, de repousser les limites technologiques et de rendre les systèmes de l'entreprise accessibles à un nombre croissant d'acteurs à travers le monde.

Des jeux vidéo aux ballons incendiaires de Gaza

L'histoire de XTEND commence loin des champs de bataille. Fondée en 2018 par les frères Aviv et Matteo Shapiro, aux côtés de Ruby Liani et Adir Tobi, la société développait au départ des technologies de drones appliquées au divertissement et au jeu vidéo. Les frères Shapiro n'étaient pas des novices : ils avaient déjà fondé Replay Technologies, rachetée par Intel après avoir mis au point une technologie vidéo saluée par un Emmy Award.

Le tournant s'est produit lorsque des ballons incendiaires lancés depuis Gaza ont commencé à menacer les localités israéliennes et les terres agricoles environnantes. Face à cette nouvelle réalité sécuritaire, l'entreprise a réorienté son savoir-faire technologique vers la défense, transformant une expertise ludique en outil de protection du territoire.

XOS, le système nerveux de l'IA physique

XTEND se présente aujourd'hui comme une société spécialisée dans l'intelligence artificielle physique. Son produit phare, le système d'exploitation XOS, connecte humains, intelligence artificielle, plateformes robotiques, charges utiles et applications tierces, dans les airs, sur terre comme en mer. L'objectif affiché est de permettre la conduite de missions en environnements dangereux tout en conservant une supervision humaine sur les opérations.

Les chiffres donnent la mesure du déploiement : plus de 12 500 systèmes fabriqués et déployés dans plus de trente pays, dont cinq zones de combat actives à travers le monde. L'entreprise emploie 260 personnes, dont environ 160 en Israël, les autres étant réparties entre les États-Unis, Singapour, l'Angleterre et la Lettonie. Une infrastructure de production a été mise en place dans ces cinq pays, consolidant une présence industrielle résolument internationale.

Des contrats qui pèsent lourd sur la scène de la défense

Les récents contrats de XTEND témoignent d'une montée en puissance sur les marchés militaires occidentaux. L'entreprise a signé un accord-cadre pluriannuel pouvant atteindre 15 millions de dollars avec le ministère de la Défense d'un pays membre de l'OTAN. Elle collabore également avec le département de la Défense des États-Unis et cumule des commandes militaires dépassant les 12 millions de dollars.

Aviv Shapira résume la philosophie de l'entreprise en une formule limpide : l'autonomie ne vise pas à remplacer les humains, mais à accroître leurs capacités opérationnelles tout en réduisant leur exposition au danger. Tal Horesh, directeur financier, complète ce propos en soulignant que la demande de solutions d'IA physique quitte désormais la phase expérimentale pour entrer dans celle du déploiement à grande échelle, un virage que le système XOS aurait été conçu pour accompagner.

Eric Trump parmi les investisseurs de la première heure

Le tour de table de XTEND rassemble des noms qui ne manqueront pas d'attirer l'attention. Parmi les investisseurs et partenaires stratégiques figurent Chartered Group, Protego Ventures, TAU Ventures, Surround Ventures, Secret Chord Ventures, American Ventures, la société américaine de drones cotée en bourse Unusual Machines, et Eric Trump, fils du président des États-Unis.

Little Leshem, fondateur et associé gérant de Protego Ventures, insiste sur le caractère précurseur de la technologie développée par XTEND.
Selon lui, au moment du premier investissement, le niveau de sophistication de l'autonomie guidée par l'humain que proposait l'entreprise n'existait tout simplement pas ailleurs.
Le marché aurait depuis considérablement réduit l'écart, mais le système XOS resterait la preuve tangible de l'avance prise par l'équipe israélienne.

Eyal Agmoni, président de Chartered Group et investisseur de longue date, voit dans cette entrée en bourse une suite naturelle du parcours de la société, portée par sa capacité à répondre à un besoin réel, celui de sauver des vies humaines dans les situations les plus dangereuses et complexes.

Des incertitudes qui accompagnent toute opération boursière

L'annonce de XTEND comporte, comme il est d'usage, une clause de prudence sur les risques entourant l'opération. La réalisation du regroupement d'entreprises, son calendrier et la cotation effective des titres sous le symbole XTND demeurent soumis à plusieurs aléas : le risque que la fusion ne soit pas finalisée dans les délais prévus, les conditions de réalisation de la transaction, la stabilité des commandes gouvernementales et militaires, les régimes de contrôle des exportations et de réglementation commerciale dans le secteur de la défense, ainsi que les conditions géopolitiques dans les régions où l'entreprise opère.

Reste que l'entrée de XTEND à Wall Street illustre une dynamique plus large : celle d'une industrie technologique israélienne née de l'innovation civile et forgée par les nécessités sécuritaires du pays, aujourd'hui courtisée par les capitaux les plus influents de la planète.

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