Mont du Temple : 600 000 vestiges archéologiques, 2600 ans de présence juive

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Mont du Temple : 600 000 vestiges archéologiques, 2600 ans de présence juive

De nouvelles reconstitutions numériques en 3D du Mont du Temple viennent d'être dévoilées par le Temple Mount Sifting Project, restituant pour la première fois l'ampleur et le faste des cours pavées où se pressaient les pèlerins du Second Temple il y a deux mille ans.

Comment voir ces reconstitutions

Les images et vidéos sont publiées sur le site officiel du Temple Mount Sifting Project, tmsifting.org, dans la rubrique consacrée aux actualités du projet, ainsi que sur ses pages Facebook et YouTube où l'équipe partage régulièrement ses avancées.
Le projet, dirigé par les archéologues Gabriel Barkay et Zachi Dvira sous l'égide de l'université Bar-Ilan, met aussi à disposition des articles scientifiques détaillant la méthode de reconstitution, pour les lecteurs souhaitant aller plus loin que les seules images.

Plus de six cent mille objets exhumés, sept motifs de sol royal reconstitués pièce par pièce, des scellés hébraïques vieux de deux mille six cents ans : le Mont du Temple ne cesse, fouille après fouille, d'apporter la preuve matérielle d'une présence juive que beaucoup  persistent à nier.

Un chantier né d'un sabotage archéologique

Tout commence par un scandale. En 1999, le Waqf islamique fait creuser sans autorisation ni supervision archéologique une immense fosse sous l'esplanade, pour y aménager une nouvelle entrée à la mosquée souterraine dite « écuries de Salomon ».

Neuf mille tonnes de terre, chargées de vestiges appartenant à toutes les périodes de l'histoire de Jérusalem, sont alors évacuées et déversées sans ménagement dans la vallée du Cédron.
C'est pour sauver ce qui pouvait encore l'être que les archéologues Gabriel Barkay et Zachi Dvira lancent en 2004 le Temple Mount Sifting Project.
Depuis, des dizaines de milliers de volontaires ont tamisé cette terre, millimètre par millimètre, et le projet revendique aujourd'hui plus de six cent mille objets répertoriés, parmi lesquels des milliers de pièces de monnaie antiques, des sceaux d'argile, des fragments de fresques et des centaines de plaques d'opus sectile.

Sept motifs qui restituent la splendeur du Second Temple

Parmi ces découvertes, les fragments d'opus sectile occupent une place à part. Cette technique de pavement en pierres polychromes taillées avec une précision millimétrique, réservée dans le monde romain aux résidences les plus prestigieuses, avait été repérée dès 2007 par l'archéologue Assaf Avraham, alors qu'il travaillait sur les déblais du Mont du Temple.

Son hypothèse a ensuite été confirmée et développée par la chercheuse Frankie Snyder, spécialiste des mathématiques et des études judaïques, qui a réussi à reconstituer sept motifs complets à partir de plus d'une centaine de plaques retrouvées.

Les dimensions de ces pierres, calquées sur le pied romain, et leur agencement en triangles et carrés contrastés correspondent aux techniques utilisées dans les palais d'Hérode à Jéricho, Massada, Hérodion ou Césarée. Les nouvelles reconstitutions numériques en 3D, qui intègrent une décennie de recherches supplémentaires depuis les premières restitutions de 2016, permettent pour la première fois de visualiser l'ensemble des cours pavées telles qu'elles se présentaient aux pèlerins juifs venus de tout l'Empire.

Une splendeur que seul le Temple pouvait financer

Flavius Josèphe, témoin direct de la Jérusalem hérodienne, décrivait déjà des cours du Temple entièrement recouvertes de pierres précieuses de toutes origines. Les archéologues estiment aujourd'hui que le Mont du Temple représentait la plus vaste surface pavée en opus sectile connue dans tout l'Empire romain, devant les palais impériaux eux-mêmes.
Une telle débauche de moyens ne s'explique que par un mécanisme économique propre au judaïsme du Second Temple : les dîmes, la demi-sicle annuelle et les offrandes des communautés juives de toute la diaspora convergeaient vers un unique sanctuaire à Jérusalem. Ce flux ininterrompu de ressources, canalisé vers un seul lieu de culte, a permis de financer un ensemble architectural que même les palais royaux voisins ne pouvaient égaler.

Des couches ininterrompues de présence juive

L'opus sectile n'est qu'une pièce d'un dossier archéologique bien plus vaste.
Le tamisage a également livré des scellés d'argile datant de la période du Premier Temple, dont l'un porte une inscription en hébreu paléo associée à un fonctionnaire de l'époque du roi Josias, présenté lors du cinquantième Congrès archéologique d'Israël en juin dernier.
Des tuiles estampillées de la dixième légion romaine, des tessons ornés d'une menorah gravée, et une monnaie de l'empereur Antonin le Pieux retrouvée en 2024 complètent une stratigraphie continue qui va de l'époque du Premier Temple jusqu'à la période byzantine. Cette continuité matérielle, retrouvée précisément à l'endroit où se dressait le sanctuaire selon la tradition juive et selon Josèphe, ne relève d'aucune interprétation religieuse mais d'un constat archéologique froid et vérifiable.

Le projet du tamisage du Mont du Temple cliquez-ici 

Une preuve que la pierre impose au discours

Face à ce faisceau de preuves, convergent trois types de sources indépendantes les unes des autres : les textes antiques de Flavius Josèphe, les vestiges matériels tamisés depuis vingt ans sur le site même, et les comparaisons architecturales avec les palais hérodiens dont la datation ne fait l'objet d'aucune contestation scientifique. Nier le lien entre le peuple juif et le Mont du Temple revient désormais à nier un dossier archéologique publié, documenté et soumis à la communauté scientifique internationale. Les sols d'opus sectile ne sont pas un symbole ni une revendication : ce sont des pierres retrouvées dans le sol, taillées selon des techniques et des dimensions datables, et dont la position géographique correspond exactement au récit historique le plus ancien qui existe sur ce lieu.

 

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