L'Arche d'Alliance enfouie sous la mosquée la plus surveillée du monde ?

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L'Arche d'Alliance enfouie sous la mosquée islamique la plus surveillée du monde ?

L'Arche d'Alliance — Analyse complète : origines de la disparition, toutes les hypothèses, probabilités

 LA DISPARITION : REMONTER À L'ORIGINE

La dernière mention certaine dans les textes

La dernière mention de l'emplacement de l'Arche dans les Écritures remonte au règne du roi Josias, qui ordonna aux Lévites de la remettre dans le Temple. C'est donc autour de 609 av. J.-C. que l'on perd sa trace textuelle.

Le Temple sera détruit par les Babyloniens de Nabuchodonosor en 586 av. J.-C.
Le second livre des Rois donne la liste des objets emportés par les Chaldéens, mais il n'y a pas de trace de l'Arche.
Lorsque le Temple fut rebâti en 515 av. J.-C., le Saint des Saints resta vide.
Ni le Grec Antiochos en 143 av. J.-C., qui emporta tout ce qui était or ou argent, ni Pompée en 63 av. J.-C., qui profana le Temple, n'ont mentionné l'Arche. Pompée s'étonna même du vide qui régnait dans le sanctuaire.

Ce silence est le premier indice majeur : l'Arche n'était déjà plus là quand Nabuchodonosor frappa. Elle avait donc soit été cachée, soit disparue avant 586 av. J.-C.

Flavius Josèphe, historien juif et témoin oculaire de la destruction du Second Temple en 70 ap. J.-C. par les Romains, décrit en détail les trésors emportés lors du défilé triomphal à Rome la table en or, le chandelier, la Loi mais ne mentionne nulle part l'Arche, qui avait déjà disparu des siècles auparavant.

La question Josias : a-t-il volontairement caché l'Arche ?

Un texte très énigmatique dans les Chroniques (2 Ch 35,3) montre que, sous le règne de Josias, le roi ordonne aux Lévites de cesser de porter l'Arche pour la placer dans le Temple de Salomon. Cela serait impossible si Salomon l'y avait déjà installée des siècles plus tôt. Le professeur Thomas Römer propose que Josias ait récupéré l'Arche à Qiryath-Yearim, dans le territoire de Benjamin, pour la faire venir à Jérusalem.

Les talmudistes prétendent que l'Arche fut cachée par Josias dans un lieu souterrain que Salomon avait fait préparer dans ce but, par suite de révélation divine. Cette thèse a une logique implacable : Josias, voyant venir la menace babylonienne, aurait organisé la mise en sécurité de l'Arche sous le Temple même.

 II. TOUTES LES HYPOTHÈSES — CLASSÉES PAR PROBABILITÉ

HYPOTHÈSE 1 — Sous le Mont du Temple à Jérusalem

Probabilité historique : HAUTE

C'est la théorie la plus sérieusement défendue par les chercheurs académiques.

L'architecte archéologique néerlandais Leen Ritmeyer a publié en 1996 une étude proposant que le Saint des Saints du Premier Temple se situe sous le Dôme du Rocher*, et que l'Arche pourrait encore se trouver à l'intérieur.
Il identifie une dépression rectangulaire taillée dans le roc dont les dimensions correspondraient exactement aux mesures bibliques de l'Arche. Le Saint des Saints n'était accessible qu'une fois par an au Grand Prêtre, ce qui expliquerait l'absence de toute mention ultérieure dans la littérature juive.

Les rabbins Shlomo Goren et Yehuda Getz affirment que l'Arche est cachée sous le Mont du Temple, où elle aurait été enfouie avant que Nabucadnetsar ne puisse la prendre. Le Mont du Temple est aujourd'hui occupé par le Dôme du Rocher, un lieu saint islamique, et la communauté musulmane locale refuse d'y laisser faire des fouilles.

L'absence de l'Arche dans les listes de pillage babylonien, la logique de la cacher sous l'édifice même, et les indices architecturaux de Ritmeyer convergent vers ce scénario. L'impossibilité de fouiller demeure le seul mais absolu obstacle à toute vérification.

HYPOTHÈSE 2 Le Mont Nébo, en Jordanie (selon 2 Maccabées)

Probabilité historique : MOYENNE

Le second livre des Macchabées rapporte que l'Arche fut retirée du Temple par le prophète Jérémie et mise en sécurité dans une caverne dissimulée sous une montagne : averti par une révélation, le prophète fit emporter avec lui le Tabernacle et l'Arche, lorsqu'il se rendit à la montagne où Moïse était monté et avait contemplé l'héritage de Dieu.
À son arrivée, Jérémie trouva une chambre en forme de caverne, il y transporta l'Arche, le Tabernacle et l'autel des parfums, et en obstrua l'entrée. Cette montagne ne peut être que le mont Nébo, en Jordanie actuelle.

Certains érudits croient que le Rouleau de Cuivre des manuscrits de la Mer Morte une étrange carte au trésor recensant des objets précieux retirés du Temple avant l'arrivée des Babyloniens pourrait correspondre au récit de 2 Maccabées décrivant la cachette de Jérémie.

Il s'agit d'une source textuelle ancienne datant du IIe siècle av. J.-C., cohérente chronologiquement. Sa principale limite est que 2 Maccabées n'est pas un livre canonique juif, et que le texte lui-même admet que le lieu restera inconnu jusqu'à la fin des temps.

HYPOTHÈSE 3 — Éthiopie, Aksoum

Probabilité historique : FAIBLE — Force traditionnelle : TRÈS HAUTE

Selon la tradition éthiopienne codifiée dans le Kebra Nagast, des compagnons de Ménélik I — fils présumé de Salomon et de la reine de Saba auraient emporté l'Arche à leur insu lors du retour de Ménélik à Aksoum. L'Arche serait aujourd'hui gardée à l'église Notre-Dame de Sion à Aksoum par un moine unique, qui ne peut jamais quitter l'enceinte et est le seul autorisé à la voir.

Il est possible que cette tradition vienne d'une confusion entre l'Arche et son équivalent éthiopien : chaque église éthiopienne est construite sur le modèle du Temple de Jérusalem et possède en son centre un tabot, coffre en bois ou pierre contenant une réplique de l'Arche. Selon le témoignage de plusieurs gardiens, la relique conservée à Aksoum ne serait pas l'Arche originale, mais un tabot vénéré depuis des siècles.

Le second livre des Chroniques (35, 3) nous apprend que l'Arche se trouvait encore à Jérusalem au temps du roi Josias, qui régna bien après Salomon ce qui invalide chronologiquement la version du voyage de Ménélik.

HYPOTHÈSE 4 — Détruite ou emportée à Babylone

Probabilité historique : MOYENNE

L'Arche a probablement été perdue ou détruite lors du sac de Jérusalem par les Babyloniens en 587 av. J.-C. Si des Juifs l'avaient cachée, elle aurait certainement été utilisée dans le Second Temple or Josèphe précise explicitement qu'elle n'y était pas.

D'autres sources affirment qu'elle fut prise par Nabuchodonosor et portée à Babylone. On trouve dans le quatrième livre d'Esdras qu'elle tomba au pouvoir des Chaldéens lors du pillage du Temple.

Si elle avait été effectivement emmenée à Babylone, les Juifs exilés en auraient presque certainement fait mention dans leurs textes ce qui n'est pas le cas, rendant ce scénario moins convaincant.

HYPOTHÈSE 5 — Pharaon Sheshonq, Égypte, vers 930 av. J.-C.

Probabilité historique : FAIBLE

Une hypothèse suggère que c'est l'armée égyptienne du pharaon Sheshonq Ier, appelé Sisak dans la Bible, qui aurait emporté l'Arche lors de son expédition militaire en Judée
vers 930 av. J.-C.

Cependant, si Shishak avait réussi à prendre l'Arche, pourquoi Josias aurait-il demandé aux Lévites de la ramener dans le Temple ? Les Lévites ne l'auraient pas possédée et n'auraient pas pu la ramener. Cet argument logique disqualifie largement cette théorie, rendue célèbre par le film Les Aventuriers de l'Arche perdue mais historiquement peu défendable.

HYPOTHÈSE 6 — Les Templiers, Chartres, le Vatican

Probabilité historique : TRÈS FAIBLE

Certains chercheurs ont inspecté les moindres recoins de la cathédrale de Chartres parce qu'on y trouve une inscription mentionnant l'Arche, et parce que les Templiers ont été soupçonnés d'avoir dissimulé la précieuse relique dans cette enceinte.

D'autres suggèrent que l'Arche fut découverte par les Chevaliers Templiers pendant les Croisades et transportée en Europe, à Rosslyn Chapel en Écosse ou dans les archives secrètes du Vatican. Ces théories sont considérées comme relevant du complot, faute de preuves concrètes.

HYPOTHÈSE 7 — La colline de Tara, Irlande

Probabilité historique : INFIME

Entre 1899 et 1902, la British-Israel Association of London mena des fouilles sur la colline de Tara en Irlande à la recherche de l'Arche. Une enquête non invasive menée entre 1992 et 1995 par l'archéologue Conor Newman ne trouva aucune preuve de sa présence. Cette théorie, fondée sur une tradition irlandaise marginale, est aujourd'hui totalement abandonnée par la communauté scientifique.

HYPOTHÈSE 8 — Dans le ciel (perspective théologique)

L'Apocalypse (11:19) mentionne l'Arche comme se trouvant dans le temple céleste. Certains croient que Jean voit l'Arche terrestre que Dieu a préservée et emportée au ciel ; d'autres estiment qu'il s'agit de son équivalent céleste, l'Arche terrestre n'étant qu'une copie et une ombre du sanctuaire céleste, selon l'Épître aux Hébreux.

III. CE QUE L'HISTOIRE PERMET DE DIRE

Lorsque le roi Salomon édifia le Premier Temple, il fit construire une alcôve secrète dans les profondeurs du Mont du Temple, spécialement prévue pour y dissimuler l'Arche en cas de danger. Cette précaution, rapportée par les sources talmudiques, témoigne d'une volonté de protéger l'Arche bien au-delà de la durée du Temple lui-même.

Vers la fin de la période du Premier Temple, le roi Josias, entre 640 et 609 av. J.-C., retrouve l'Arche  vraisemblablement dissimulée depuis l'invasion du pharaon Sheshonq et restée cachée jusqu'à son règne et la dépose définitivement dans cette alcôve souterraine, pressentant la destruction imminente par les Babyloniens. Ce geste n'est pas une mise en danger : c'est une mise à l'abri permanente et intentionnelle, avant que l'ennemi ne puisse s'en emparer.

Après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor II en 586 av. J.-C., l'Arche disparaît des récits bibliques et n'apparaît dans aucune liste des objets pillés par les Chaldéens.

Ce silence est lui-même une confirmation qu'elle ne pouvait pas être trouvée. Mieux encore : le fait que le Second Temple soit resté sans Arche pendant cinq siècles, sans que le peuple juif ne proteste ni ne cherche à en fabriquer une nouvelle, est profondément révélateur. Ce silence n'est pas de l'indifférence c'est la marque d'une connaissance collective de sa cachette. On ne recrée pas ce que l'on sait être en sécurité.

Ce qui se passe ensuite relève d'un paradoxe historique majeur.

Le calife omeyyade Abd al-Malik fit ériger le Dôme du Rocher en 691 ap. J.-C.  soit plus de douze siècles après que l'Arche y aurait été dissimulée. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce choix d'emplacement n'est pas le fruit du hasard ni de l'ignorance.

Le lieu était délibérément choisi en raison de sa sacralité juive, associé à David et à Salomon, dont les vestiges des temples étaient encore présents. L'inscription extérieure longue de 240 mètres peut être lue comme un manifeste de la supériorité de l'islam sur les autres religions du Livre, et le prestige de Salomon et David rejaillit directement sur le calife qui bâtit en ce lieu.

Construire sur les ruines du Temple de Salomon était donc un acte pleinement conscient et délibéré un geste de souveraineté religieuse et politique sur le site le plus chargé de sens de l'histoire monothéiste. Le lieu avait été laissé à l'abandon par les chrétiens pour marquer leur triomphe sur le judaïsme et l'islam s'en empara à son tour pour marquer sa victoire sur le christianisme, tout en revendiquant une continuité avec les origines hébraïques.

L'islam savait donc parfaitement ce qu'il faisait en bâtissant là. Ce qu'il ne pouvait pas savoir — ce que personne ne sait avec certitude c'est que l'alcôve de Salomon pourrait encore reposer intacte dans les entrailles de ce même rocher.

La situation contemporaine est, elle, d'une clarté troublante.

Le Mont du Temple est le site le plus sacré du judaïsme et seulement le troisième lieu saint de l'islam. Il est pourtant placé sous administration exclusive du Waqf islamique, fondation religieuse sous juridiction jordanienne.
Depuis 1967, les non-musulmans sont tolérés sur l'esplanade à certaines heures, mais toute prière autre que musulmane y est interdite. La simple visite d'Ariel Sharon sur l'esplanade en 2000 fut jugée suffisamment provocatrice pour déclencher la Seconde Intifada.

Cette inversion de souveraineté produit des situations absurdes : des Juifs ont été filmés se déguisant en musulmans, portant tapis de prière et vêtements arabes, pour tenter de prier clandestinement sur le site le plus sacré de leur propre religion.
En 2025, près de 76 448 Juifs sont montés sur l'esplanade, soit une augmentation de 31 % par rapport à 2024.
En août 2025, le ministre israélien Itamar Ben Gvir pria ouvertement à voix haute sur le Mont du Temple lors de Tisha BeAv  jour de deuil commémorant la destruction des deux Temples  provoquant des réactions alarmées de la Jordanie et de l'Arabie saoudite.

Toute fouille archéologique est dans ce contexte strictement impossible.
L'endroit le plus probable pour la cachette de l'Arche d'Alliance est ainsi, par une ironie que l'histoire seule sait produire, le seul endroit au monde où il est interdit aux héritiers de ceux qui l'y ont cachée de poser les yeux et encore moins d'y chercher.

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