Artiste juive : Anna Negro « Cuerpos Sole Cuerpos » - La juive errante

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Artiste juive : Anna Negro « Cuerpos Sole Cuerpos » - La juive errante

Pudeur et souffrance

Anna Negro « Cuerpos Sole Cuerpos », Galleria Nazli  Kalayci Art Dealer,  Buenos-Aires, 2026.

Ana Negro est une peintre d’exception. « Juive errante » comme elle le dit, elle est devenue Argentine quand sa famille a pu s’échapper du mal des forces nazies brunes.

Sauvée de la shoah elle écrit « je ne me sens pas victime, puisque j'ai survécu et j'ai les ressources nécessaires pour construire des êtres sur une toile. C'est plus que ce que la plupart des êtres ont. Le mal fait partie du passé, juste du passé. Ce que je peux en faire est mon défi et ma responsabilité. »

Dans les oeuvres d’Ana la douleur est toujours là. Pas de sourire possible. Pas de plaisir. Des corps ne reste qu'une chaleur humaine pour se sauver de la solitude. Mais les êtres sont déjà "hors sol" au-delà de tout principe d'éros ou de de plaisir.
Toutefois un tel art fait des hommes des corps parfois sublimes comme le furent dans la peinture religieuse les corps de Christ. Mais ici corps humains souffrant ne sont pas du ciel mais de la terre où chaque visage devient le portait sublimé d’Ana.

Au milieu de l'année 2025, tombant sur les images de Jonathan Martineau  quelque chose s'est déclenché chez l’artiste. Ces images ont pris corps avec un énorme écho personnel qui aboutit à cette exposition remarquable.. « Ce n'était pas dans mes plans, mais je n'ai jamais pu baisser les bras ». dit-elle. Et comme Sisyphe elle n’a  jamais pu m'empêcher de continuer à pousser le rocher.

Au cours de ces années, elle s’est souvent interrogée sur le sens de poursuivre une existence marquée par une souffrance aussi intense et prolongée. Mais en rien suicidaire, pour elle la condition de l’art et de la vie est absolument  liée à l'autonomie physique et psychique et à la dignité.

Depuis la Shoah l’artiste glisse de plus en plus vers la fin de la planète. En ce sens et ici pas de « disdascalies » visuelles pour signifier le corps. Il est là tel quel, nu sans la moindre ostentation obscène, toujours sur un plateau mental. Son œuvre, unique dans le genre, est la plus éclatante douloureusement sublime.

 

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