Tsahal : Les réservistes atteints de stress post-traumatique bientôt renvoyés

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Tsahal : Les réservistes atteints de stress post-traumatique bientôt renvoyés

Tsahal face aux traumatismes de guerre : les soldats réservistes atteints de troubles mentaux bientôt démobilisés ?

L’armée israélienne amorce un tournant : les réservistes présentant une invalidité psychique supérieure à 30 % pourraient être renvoyés chez eux. Mais sur le terrain, la méthode choque, la douleur remonte, et les témoignages affluent.

C’est une décision longtemps différée qui commence à se concrétiser dans les rangs de Tsahal. Après plusieurs mois de coordination entre l’état-major et le ministère de la Défense, l’armée israélienne a enclenché une procédure visant à démobiliser les soldats réservistes souffrant de troubles psychiques sévères, notamment de stress post-traumatique, dès lors qu’une invalidité supérieure à 30 % leur a été reconnue.

Selon des sources militaires confirmées par Ynet, la mise en œuvre a débuté en toute discrétion à la fin de la semaine dernière. Chaque soldat de réserve concerné reçoit désormais une convocation pour passer un examen médical auprès d’un médecin militaire. Ce dernier devra juger de sa capacité à poursuivre son service actif ou à être radié. En cas de désaccord, une voie d’appel est prévue. Mais sur le terrain, la brutalité de l’annonce et le flou du processus ont laissé place à un profond malaise.

Un coup de fil en route pour Gaza

C’est ce qu’a vécu ce réserviste, toujours en service actif, qui a confié à Ynet : « Soudain, ils m’ont appelé depuis les détachements pour m’informer que je rentrais chez moi. Sans aucune explication ni préparation, sans la moindre sensibilité. » Il venait d’être mobilisé pour Gaza. Ce combattant, marqué par plus de 400 jours de réserve depuis le début de la guerre, peine à comprendre : « Le 7 octobre, nous avons sauté de nos lits pour aller sur le terrain, et depuis, nous avons tout donné. Aujourd’hui, ils estiment que nous avons assez servi, qu’ils peuvent se débarrasser de nous. »

Une guerre trop longue, des soldats brisés

Malgré la douleur, ce soldat reconnaît que la décision, sur le fond, est juste. « Je ne me serais jamais alarmé moi-même, affirmant que je ne pouvais plus continuer. Mais dans mon état, ils auraient dû me libérer. Ce n’est pas la bonne manière de le faire. » Ce qu’il redoute désormais, c’est le silence de ceux qui, comme lui, souffrent en silence. « J’ai un soldat pour qui ce serait la pire chose : il ne dira rien, il ne se soigne pas, parce qu’il sait que cela pourrait le faire exclure. »

Une mécanique administrative trop tardive ?

Du côté de Tsahal, on insiste : il ne s’agit pas d’une réaction à la hausse préoccupante des suicides parmi les soldats – bien que cette réalité hante désormais tous les états-majors – mais d’un processus de longue haleine longtemps bloqué par l’absence de synchronisation entre les fichiers du ministère de la Défense et ceux de l’armée.

Mais ce décalage, qui touche le cœur du vécu des combattants, provoque de vives critiques. « Deux ans après le début de la guerre, on en est encore à découvrir les invalidités par téléphone ? », s’indigne un autre réserviste. « Une mesure aussi importante aurait dû être mise en œuvre bien plus tôt et avec bien plus d’humanité. »

L’appel glaçant d’un psychologue militaire

Autre voix, autre choc. R., réserviste d’une unité spéciale, souffre d’un stress post-traumatique aggravé par une blessure physique. Lui aussi a reçu un appel : « Avant même que mon taux d’invalidité ne soit établi, le chef d’état-major qui m’avait diagnostiqué m’a recommandé de continuer le service. Pour moi, c’était vital. Comme remonter dans une voiture après un accident. » Aujourd’hui, il est sur la sellette.

Le sentiment d’incompréhension est palpable : « La moitié de mon équipe est dans le même cas. Si l’objectif de l’armée est d’éviter des suicides, cela va produire l’effet inverse. Des soldats vont rentrer chez eux, seuls avec leur douleur, et sombrer. » Il prévient : « On camoufle le problème au lieu de le traiter. Et cela ne peut que l’aggraver. »

Utilisés puis rejetés ?

Lui ne rejette pas l’idée d’un examen médical individuel approfondi, bien au contraire. Mais il exige que l’armée reste capable d’accompagner ceux qui veulent encore servir malgré leurs blessures. « Je connais des soldats lourdement handicapés qui sont pourtant essentiels au système. Ils ont risqué leur vie. Aujourd’hui, on leur tourne le dos ? Les utiliser puis les jeter ? Cela va les détruire. »

Des appels sans explication, des décisions floues

Un autre réserviste, actif depuis des années, a lui aussi été contacté par le psychologue de son unité, sans qu’aucune explication ne lui soit donnée. Idem pour un autre soldat, qui a appris par téléphone que son statut de réserviste allait être réexaminé. L’armée israélienne reconnaît que ces cas peuvent être des « incidents isolés », mais refuse de parler de procédure automatique, insistant sur le caractère individualisé des décisions.

Une guerre sans fin, une société au bord du gouffre

Dans les rangs, l’inquiétude grandit. « Aujourd’hui, nous sommes en uniforme, nous tenons le coup. Mais demain ? Quand nous rentrerons chez nous ? On retrouvera des maisons détruites, des emplois perdus, des familles brisées. Ce seront les conséquences invisibles de cette guerre. »

Et cette phrase, lâchée comme un cri : « De leur point de vue, c’est une guerre sans fin. Mais avec qui ? Il ne reste plus rien. »

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