Artiste photographe juive : Sally Man dènouages des poncifs

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Sally Man est une photographe juive américaine

Sous le commissariat de Sarah Greenough et Sarah Kennel, l'exposition rétrospectives de Sally Mann aura été en 2019 le temps fort du Musée de Paume.

Originaire de Lexington (Virginie) s’appuyant sur un amour profond pour sa terre natale et de son propre héritage complexe elle n'a cessé de créer des photographies expérimentales à la beauté obsédante.

S'y trouvent repris et corrigés des thèmes majeurs : mémoire, désir, mort, liens familiaux à travers portraits, natures mortes, paysages du Sud des États-Unis.

Les visions d'enfants parfois nues de Sally Mann ne peuvent porter à confusion. En dépit ou à cause de l’absence de puritanisme - elles sont vues sans ambiguité.,Reste la présence d’éléments optiques denses qui interrogent et apostrophent. Le cliché devient la taupe faussement dormante capable de décrypter les messages stéréotypés des publicités ou de certains photographes mâles au regard bien plus pervers.

Sally Mann fait évoluer la photographique de fillettes pré-pubères selon un ordre de la disparition et de la renaissance. Un abécédaire obsolète s’évapore au contact d’un renversement plastique. D'une inspiration décalée surgit un vertige par permutations de la nudité vers un univers a priori scandaleux mais qui sollicite une autre logique accessible par l’audace de la photographe.

Elle poursuit et approfondit non seulement l’histoire de la nudité mais de son langage en tissant tout un réseau de correspondances poétiques. Nous assistons à un pythagorisme plastique incantatoire, presque hypnotique. Il dépasse la dichotomie signifiant/signifié, pour mettre en avant l’aspect «atomique» plus qu’anatomique du corps. A sa manière l’artiste redresse les alphabets tordus de la nudité, rompt la figuration admise pour la métamrphose. Une douce violence figurale exulte: non afin de crucifier le monde mais mettre en image une angoisse et une beauté.

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