L'état de Bavière poursuivi en justice par les héritiers de Alfred Flechtheim

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Les héritiers du collectionneur et marchand d’art juif Alfred Flechtheim ont annoncé qu’ils poursuivaient en justice l’état de Bavière. La plainte a été déposée à New York.
Selon eux, la région allemande ainsi que la Bayerische Staatsgemaldesammlungen (Collection de peintures de l’État de Bavière) ont refusé de leur restituer huit œuvres, signées de la main de Paul Klee, Max Beckmann ou Juan Gris. Certaines sont exposées à la Pinacothèque d’Art Moderne de Munich.

Le collectionneur, fervent défenseur de l’art moderne, aurait été obligé de laisser ses précieuses possessions au moment de fuir l’Allemagne en 1933. Quelques mois après l’accession au pouvoir d’Adolf Hitler, il avait été forcé de quitter le pays pour rejoindre la France.

Selon des documents de l’époque, il était très régulièrement ciblé par la propagande fasciste, non seulement parce qu’il était juif, mais aussi parce qu’il vendait ce qui était considéré par les nazis comme de l’art “dégénéré”.

L'exposition "art dégénéré" organisée en 1938 à Munich par les nazis

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Couverts par la politique d'”aryanisation” des commerces juifs, certains de ses anciens collègues ont ensuite dispersé ses toiles et repris sa galerie. Il ne les a par la suite jamais récupérées. Elles pourraient valoir aujourd’hui près de 20 millions d’euros.

Les descendants de Flechteim, Michael et Penny Hulton, semblent par ailleurs penser que la collection aurait passer entre les mains d’Hildebrand Gurlitt, devenu célèbre après la découverte de son “trésor nazi” en 2012.

Parmi les 1406 pièces saisies chez Cornelius Gurlitt, des œuvres de Chagall

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L’état de Bavière a désormais soixante jours pour répondre à la plainte. Les autorités se sont défendues de l’affaire par le passé en expliquant que les toiles avaient été vendues en 1933 en toute légalité avant d’être données à l’état en 1974 par le marchand d’art Günther Franke.

En juin dernier, la Bavière avait déjà fait l’objet de révélations accablantes. On avait appris que certains objets d’arts spoliés et récupérés par les “Monuments Men” américains n’avaient pas été rendus à leurs propriétaires par les autorités bavaroises à la fin de la guerre. À la place, elles avaient été exposées ou vendues aux enchères.

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