Paracha de la semaine : MIKETZ CHABBAT – HANOUKA

Judaïsme, Paracha de la semaine - le - par .
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Hannouka en Israël à bnei brak

MIKETZ CHABBAT – HANOUKA

Pendant huit jours nous évoquons l'époque héroïque de Mattatias, prêtre de Modine et de ses cinq fils, libérateurs du sol d'Israël au 2e siècle avant notre ère.

Chaque soir, les petites lumières de Hanouka nous rappelleront le miracle de la fiole d'huile qui présymbolise le miracle de la survie du peuple juif.

Contrairement à toutes les lois de la nature, une infime quantité a alimenté la lampe du Temple pendant huit jours.

De même, Israël, condamné à mourir rapidement par toutes les lois de l'Histoire, a survécu à toutes les catastrophes.

Ezékiel, le prophète de l'exil, l'avait bien prédit. Parfois même contre sa propre volonté, Israël a gardé son identité propre, a été sauvé du suicide et de la disparition. "Quant au rêve qui hante votre esprit, il ne se réalisera pas ; quand vous dites: nous serons comme les nations, comme les tribus des pays étrangers pour servir le bois et la pierre".

A Hanouka, nous sommes tout à la joie. Mais cette allégresse ne doit jamais dégénérer en béatude aveugle. Dans le domaine du religieux et du spirituel, la parole de nos maîtres: "Riche est celui qui est content de son sort" se situe à l'antipode de la vérité.

Même Hanouka exige un examen de conscience collectif. La Hagada de Pessah nous enseigne qu'il ne suffit pas d'évoquer la fête et sa signification historique, mais qu'il faut la vivre.

Pour Hanouka, cela ne présente aucune difficulté. On peut aisément transposer le drame des Juifs plongés dans la civilisation grecque et l'accommoder à notre situation. Certains chapitres du Livres des Maccabées auraient pu être écrits hier:

(I Mac. 1/11): "En ces jours-là surgit d'Israël une génération de vauriens qui séduisirent beaucoup de personnes en disant: Lions-nous aux nations qui sont autour de nous, car depuis que nous sommes séparés d'elles, bien des maux nous sont advenus",

(II Mac. 4/14-17): L'hellénisme atteignit une telle vigueur et la mode étrangère un tel degré que même les prêtres ne montraient plus aucun zèle pour le service du Temple.

Ils se hâtaient de prendre part aux excercices prohibés par la Loi.
Ne faisant aucun cas de l'honneur de leur peuple, ils estimaient au plus haut point les gloires helléniques.

C'est bien pour ces raisons qu'ils se trouvèrent ensuite dans des situations pénibles et qu'en ceux-là mêmes dont ils cherchaient à adopter les façons de vivre et auxquels ils voulaient ressembler en tout, ils rencontrèrent des ennemis et des bourreaux".

Ces textes deux fois millénaires parlent d'eux-mêmes

La tradition liturgique fait coïncider chaque année la lecture de cette sidra avec la fête de Hanouka. En même temps que nous célébrons la victoire des Hasmonéens et le miracle de la lumière, nous rappelons le récit haut en couleurs de l'ascension de Joseph et sa résistance à l'attraction, à la pression de la civilisation égyptienne.

Hanouka et Joseph vont de pair nous rappelant combien brille la flamme de la foi et de l'enthousiasme au milieu de nous. Mais les Hasmonéens et le fils de Jacob sont pour nous l'image vivante qu'il suffit d'une volonté décidée pour traverser les périodes d'oppression ou de séduction du monde hellenistique. Joseph était seul en son temps, seul avec l'image de son père. Juda Maccabi et ses frères formaient déjà un groupe convaincu et leur victoire sauvera Israël tout entier.

Nous ajouterons pour terminer quelques lignes sur la lecture prophétique de ce Chabbat-Hanouka. Au début du chapitre 4 du prophète Zacharie, quand dans un rêve le prophète vit un candélabre d'or, il entendit ces mots: "Voici la parole de l'Eternel à Zeroubabel: ni par l'armée, ni par la force, mais par mon esprit, dit l'Eternel Tsevaot".

Zeroubabel, au temps de Zacharie était l'homme qui, au plan politique, devait restaurer l'Etat juif.
L'enseignement du prophète est dénué de toute ambiguité. L'Etat ne sera juif que s'il favorise l'esprit par rapport à la force brutale.

En fixant cette lecture prophétique, les rabbins ont cherché sans aucun doute, à marquer leurs distances à l'égard de la dynastie des Maccabées. Celle-ci. au début, avait lutté - ce fut le but même de la révolte - pour que l'esprit de la Torah puisse de nouveau éclairer la terre d'Israël. Mais dans un second temps l'esprit devenait l'instrument de la force brutale et d'ambitions politiques, considérées comme une fin en soi.

Notons encore qu'au jour où les fondateurs de l'Etat d'Israël choisirent comme emblème de l'Etat le candélabre du Temple, ils se référaient également à l'enseignement du prophète Zacharie

CLAUDE LAYANI

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