L'année où j'ai vécu selon la Biblede A.J. Jacobs

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bible1jpg.jpgVoici l'épopée de ce journaliste laïc , juif et  new-yorkais qui entreprend une aventure folle celle de vivre selon les préceptes du judaïsme, en ne faisant l'économie d'aucun des aspects, ni vestimentaire, ni alimentaire, ni même sur les sanctions à encourir en cas d'oubli, ou de transgressions, le résultat donne des pages savoureuses  emplies d'un humour qui souligne notre particularité (la seule qui a mon sens mérite d'être signaler) l'auto-dérision.

Tenu comme un journal de bord, il nous rapporte les curieux changements qui s'opèrent en lui, autour de lui, dans sa structure de pensée, dans son comportement, dans ses échanges, son regard sur l'autre.

L'obligation de la pensée correcte, des paroles correctes,  la prise de contrôle sur les actes anodins de la vie quotidienne, tel que de ne plus répondre à tous les caprices de son fils afin d'avoir la paix, apprendre  et savoir appliquer l'autorité, quelque soit la puissance des cris du petit tyran.

il comprend que tous ces préceptes dégagent paradoxalement une nouvelle liberté celle de ne plus avoir à choisir, une ligne toute tracée qui nous oblige a être totalement conscient du moindre acte de notre vie de tous les jours.

Un livre surprenant, qui fait encore la Une de la Fnac, que je vous conseille vivement de lire, surtout si vous hésitez  à devenir religieux (se), ce n'est pas un rabbin qui vous parle mais un laïc farouche, bien moins farouche à la fin de cette fameuse anné.

Voici un extrait à l'issue du 366 eme jour et qui est aussi le jour de la circoncision de ses jumeaux :

(sic)

" Là sur un carré de gaze blanche , se trouve un morceau de mon fils. Il a sacrifié une partie de son corps pour rejoindre une communauté ancestrale. Lew lit une prière photocopiée "Puisse Celui qui a béni nos pères, Abraham, Isacc, Jacob Moïse et Aaron, David et Salomon, bénir ce tendreenfant..." Ce ne sont plus de simples noms dénués de sens. Ce sont les hommes avec qui j'ai passé l'année. Abraham, Isaac, Jacob. Une chaîne qui, si Lew avait continué à débiter des noms pendant des heures, serait probablement arrivée jusqu'à Charles Jacobwitz, Arnold Jacobs, et A.J. Jacobs. Qui suis-je pour interrompre une tradition plus que millénaire ? La circoncision est un rite fou, irrationnel. Seulement voilà : c'est le rite fou, irrationnel que j'ai reçu en héritage. Alors mieux vaut peut-être ne pas le rejeter."

Cet extrait exprime l'impact de cette année "sabbatique" sur ce fanatique de laïcité surpris lui même de cet impact, et pour finir dans un éclat de rire en voici un second que je peux m'empêcher de vous faire lire :

Il apprend qu'une de leur voisine vient de mourir seule dans son appartement:

(sic)

" Au lit, ce soir-là, Julie* et moi sommes trop épuisés pour lire.

- Peut-être pourrions nous ...dire une prière.

Julie me regarde comme si je venais de lui proposer un plan à trois avec la serveuse de la Colombus Bakery.

- T'es sérieux ?

- Une prière d'action de grâces. ça aide, je trouve. On n'est pas obligés d'appeler cela une prière. On ne fait qu'exprimer notre reconnaissance."

* sa femme.

Si vous avez lu ce livre, n'hésitez pas à votre tour, d'ajouter votre avis , votre réflexion, car si la religion ne rassemble pas toujours, en tout cas elle nous relie à notre partie la plus subtile, à l'essentiel.

Claudine Douillet

 

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