Législatives en Israël: des tandems parfois surprenants

Insolites - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Même en Israël, où 34 partis sont officiellement inscrits pour les élections législatives du 10 février, certaines formations sont plus étonnantes que d'autres.

Mardi dernier, un parti représentant les rescapés de l'Holocauste a fait cause commune avec le Parti de la Feuille Verte, qui milite pour... la légalisation de la marijuana. L'improbable tandem se présente aux législatives et a lancé sa campagne dans une discothèque de Tel Aviv. Son programme: aider financièrement les rescapés de la Shoah -âgés et souvent démunis- et légaliser la consommation de cannabis.

Si l'attention se focalise sur les trois principaux partis israéliens, le Likoud (droite), Kadima (centristes) et le Parti travailliste, nombre d'Israéliens envisagent de voter pour de petits partis, certains parfois assez biscornus... Pour obtenir un siège au Parlement, un parti doit recueillir 2,5%, soit environ 70.000 voix.

La plupart des partis en lice n'atteindront même pas ce seuil. Mais la loi électorale leur a permis de financer une campagne de publicité, notamment à la télévision. Cela leur donne l'occasion, depuis la semaine dernière, de présenter des projets et idées sortant un peu de l'ordinaire.

On a vu ainsi par le passé des mouvements prônant la construction des casinos ou l'abolition de tous les frais bancaires... Lors du dernier scrutin, en 2006, le parti des retraités a, contre toute attente, recueilli assez de voix pour obtenir sept sièges au Parlement.

Pour les législatives de mardi prochain, "Le pouvoir de changer", qui se bat pour les droits des handicapés, a entamé sa campagne en mettant en ligne sur Internet une vidéo représentant un couple au lit. Puis la femme se lève et tend à son partenaire ses membres artificiels. Le message: les handicapés font comme tout le monde.

Quant au rapprochement entre rescapés des camps et fumeurs de joints, chacun y trouve son compte. Les plus jeunes y gagnent en crédibilité, les plus anciens retrouvent un peu de vigueur et d'énergie. Yaakov Kfir, 74 ans, se dit heureux de voir tous ces jeunes gens militer pour les 350.000 survivants de la Shoah vivant en Israël.

M. Kfir, né en Yougoslavie, explique n'avoir jamais fumé de joint. Il ne détesterait pas essayer, "mais seulement si c'est légal". Les parents de Yaakov Kfir ont été tués lorsqu'il avait six ans. Il a émigré en Israël, est devenu officier dans l'armée de l'Air puis, plus tard, a milité pour les droits des rescapés.

"Ils savent ce que c'est d'être persécutés sans raison. Ils peuvent s'identifier avec nous", affirme Ohad Shem-Tov, 29 ans, le chef du parti.

"Nous voulons montrer que nous ne serons pas seulement élus par les fumeurs de joints du pays mais par des gens de tous âges et tous horizons", complète Michelle Levine, numéro trois sur la liste commune. "Nous ne renoncerons jamais à la question de la légalisation, mais le dossier des rescapés de l'Holocauste est plus urgent."

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi