La Palestine sera-t-elle juive ou arabe

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La Palestine sera-t-elle juive ou arabe

 

Il fallait en finir. L'affaire palestinienne est confiée à un comité des Nations unies. La consultation des intéressés laisse entrevoir de nombreuses difficultés : du côté juif, on invoque les droits historiques du peuple hébreu sur la Terre sainte et la déclaration Balfour. Au besoin, on souligne que seuls les colon,sionistes ont pu, mettre en valeur un pays jusque-là désertique. Enfin, on en appelle à l'émotion, et à la solidarité humaine pour mettre un terme à lerrance bi-millénaire d'un peuple. Du côté arabe, on invoque les droits imprescriptibles des musulmans sur une terre occupée depuis l'an 637 et considérée, elle aussi, comme sacrée. On en appelle au droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, rejetant par là toute idée de solution apportée de l'extérieur. Enfin, on revendique la création immédiate d'un État indépendant, qui tiendrait compte de la minorité juive de Palestine, et le départ des Anglais.

Réflexion d'un observateur indépendant, qui résume l'opinion générale : « La thèse des Arabes est la bonne. Dommage que celle des Juifs soit la plus forte. » Fi nalement, après trente- deux séances de travail, la commission de l'O.N.U. se prononce pour la création de deux États indépendants un juif et un arabe --et d'une zone internationale, placée sous le contrôle de l'O.N.U., à Jérusalem. Le 29 novembre 1947, cette décision est ratifiée par les deux. tiers de l'assemblée générale des Nations unies.

En Palestine juive, c'est le triomphe. En Palestine arabe, C'est la colère. Jérusalem, ville sacrée pour les deux communautés, est une épine dans chaque coeur. Trop heureuse de se dégager enfin d'un tel fardeau, la Grande-Bretagne annonce qu'elle abandonnera la Palestine le 15 mai 1948.

La course à la guerre commence. Dès l'annonce de la résolution des Nations unies, dans les capitales arabes des pays limitrophes de la Palestine, les manifestations commencent. On lève une Armée de libération de la Palestine, placée sous les ordres de Fawzi el-Kaoukji, un homme qui a passé sa vle à guerroyer contre les Anglais et qui a reçu la Croix de fer de deuxième classe au cours de la Première Guerre mondiale.

A Jérusalem même, les attentats contre les maisons juives commencent. D'autres attentats, cette fois contre les quartiers arabes, leur répondent. Dans les campagnes, les kibboutz sont attaqués et doivent renforcer leurs défenses. Surtout, il importe de protéger l'accès à Jérusalem, pour éviter que la communauté juive soit isolée, encerclée et détruite.

Pour la Haganah, c'est la course aux armements. Les dirigeants hébreux ont pris la décision de se défendre et de fonder un État, conformément aux voeux de l'O.N.U. Ils envoient des « acheteurs » dans toute l'Europe pour se procurer des fusils, des armes lourdes et des munitions. Un seul problème : les usines d'armement ne peuvent vendre qu'à des États, jamais à des particuliers. Divers subterfuges seront trouvés : faux papiers à en-tête de petits États sud-américains, stockages en attendant l'indépendance ou, tout simplement, « détournement ». Pour les Palestiniens arabes, la tâche est plus facile : ce sont les pays-frères, ceux de la Ligue arabe, qui font les achats.

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Ci-dessus, le docteur Chaïm Weizmann (1874-1952). Le premier président de l'État d'Israël passe en revue une troupe de volontaires.

Ci-dessous, l'une des raisons qui peuvent expliquer le succès final des Juifs réside dans leur capacité à se doter d'une infrastructure logistique supérieure à celle de leurs adversaires. C'est ainsi qu'ils ouvrirent des routes et « bricolèrent » des blindés et des véhicules de fortune.

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