Inde: 56 tués par 12 attentats simultanés

International - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest

Cinquante six personnes ont été tuées et plus de 300 blessées jeudi par douze attentats quasiment simultanés dans plusieurs départements du nord-est de l'Inde, une action attribuée à une puissante rébellion séparatiste qui a pourtant démenti.

Les 12 bombes ont secoué à partir de 11H20 (05H50 GMT) et en l'espace d'une heure l'Etat de l'Assam et sa ville principale Guwahati, elle-même cible de six engins explosifs qui ont tué 27 personnes, selon le gouvernement régional.

Trois autres départements de cet Etat reculé ont été visés avec une trentaine de victimes.

Le bilan total provisoire est "de 56 morts et de plus de 300 blessés, parmi lesquels 70 sont dans un état critique", a déclaré le ministre de la Santé de l'Assam, Himanta Biswa Sarma.

Personne n'a revendiqué, mais les autorités estiment que seule la guérilla du Front de libération de l'Asom (ULFA) en lutte armée depuis 1979 pour l'indépendance de l'Assam, peut être derrière ces attaques coordonnées.

"La suspicion pèse sur l'ULFA qui, dans le passé, a perpétré de tels attentats en série", a accusé le ministre Sarma, précisant que des bombes étaient accrochées à des vélos et bourrées de produits inflammables.

Plus prudent, le Premier ministre indien Manmohan Singh a dénoncé "des actes barbares, désespérés et lâches visant des hommes, des femmes et des enfants innocents", sans accuser personne.

D'autant que l'ULFA a vite affirmé n'être "en aucune manière impliqué dans ces explosions".

A Guwahati, "le quartier grouillait de passants, employés de bureaux, commerçants et vendeurs ambulants lorsqu'une énorme explosion a retenti", a raconté Arindam Das qui faisait ses courses. "J'ai vu au moins six cadavres et plus de 30 personnes en sang gisant sur la chaussée", a-t-il soufflé.

Des survivants ont raconté avoir été pris de panique et vu des corps mutilés, des dizaines de blessés acheminés vers des hôpitaux au milieu de carcasses déchiquetées et fumantes de voitures et de motocyclettes.

Plusieurs heures après les attentats, une épaisse fumée noire s'élevait encore au-dessus d'immeubles de Guwahati.

Juste avant le déjeuner, un marché municipal de fruits et légumes a été dévasté, tout près des bureaux du gouvernement et de l'assemblée de la province. Une autre explosion est survenue devant le tribunal départemental, tuant cinq personnes aux "corps carbonisés et méconnaissables", selon un policier.

Un couvre-feu diurne a été imposé à Guwahati: des habitants en colère face à l'absence de mesures de sécurité anti-terroristes commençaient à mettre à sac des autobus et des voitures de la police.

Le nord-est de l'Inde forme une enclave nichée entre le Bhoutan et la Chine au nord, la Birmanie à l'est et le Bangladesh à l'ouest.

Ces Etats indiens de Manipur, Nagaland, Assam, Meghalaya, Tripura et Mizoram sont à des degrés divers le théâtre d'insurrections séparatistes et de violences intercommunautaires qui ont fait quelque 50.000 morts depuis l'indépendance de l'Inde en août 1947.

Dans l'Assam, réputé pour ses magnifiques plantations de thé à flanc de colline, les violences ont fait 10.000 tués en vingt ans.

Mais la guérilla de l'ULFA, un temps populaire, a perdu le soutien de l'ensemble de la population depuis que des attentats dans des lieux publics ont fauché des civils.

L'Assam, peuplé de 26 millions d'habitants, compte un quart de migrants d'autres Etats de l'Union fédérale indienne, dont 800.000 Indiens du Bihar voisin. Les tensions inter-régionales y sont fréquentes. Un attentat attribué à l'ULFA a fait 62 morts en janvier 2007, surtout des travailleurs immigrés parlant le hindi et non le dialecte local.

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi