Interview d'Ornella Muti pour la pièce

Femmes de paroles - le - par .
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orne07.jpgL’actrice et comédienne Ornella Muti va monter pour la première fois sur les planches à l’Espace Cardin dans Le Juif, une oeuvre forte, dramaturgique et politique d'envergure sur l’une des pages les plus sombres de l’histoire de l’Italie. Elle a répondu aux questions d’Alliance.

Vous allez faire vos premiers pas sur les planches à Paris, à l’espace Cardin. Qu’est-ce que cela représente pour vous ?

Etre sur scène à Paris est un challenge pour moi d’autant plus grand que les théâtres font partie de l’âme de Paris. Le théâtre représente une activité culturelle majeure à Paris. C’est un beau défi pour moi avec la peur vissée au ventre car je vais jouer dans une langue qui n’est pas ma langue maternelle mais je suis servi par un texte exceptionnel. Ma venue à Paris à la fois me terrifie et m’excite profondément. Cela restera un moment fort émotionnellement parlant de ma carrière et de mon chemin artistique.

Vous n’êtes jamais encore montée sur scène. Pourquoi avoir autant attendu ?

Jusqu’à maintenant, je ne me voyais qu’actrice. Je ne voyais ma carrière qu’à travers le cinéma. Il fallait cette rencontre avec un grand rôle et ce personnage d’ Immacolata m’a séduit d’emblée pour ne plus me lâcher. Je me demande même parfois si je vais en sortir tant l’emprise qu’il a sur moi est fort. Cette expérience théâtrale m’a vraiment changée car endosser un pareil rôle si profond exige d’y laisser un peu de soi. On ne sort pas indemne d’un tel personnage. C’est un rôle très prenant et très fatiguant qui vous habite même en journée.


Cette pièce a embrassé un grand succès en Italie. Pour quelles raisons selon vous ?

Parce qu’elle aborde une période tragique de l’histoire de l’Italie, à savoir la promulgation de lois raciales, contre les personnes de religion juive pendant la période du régime fasciste. Et surtout, il s’agit d’un pan souvent méconnu de notre histoire car il faut savoir qu’à l’occasion des lois sur la discrimination raciale promulguées par le régime fasciste, de nombreux Juifs présageant un sort incertain, avaient pensé mettre à l'abri leurs richesses d'une probable expropriation, en les mettant au nom d'un homme de paille de confiance de race aryenne. C’est un texte à la fois fort, dramaturgique et politique d'envergure sur l’une des pages les plus sombres de l’histoire de l’Italie.

Pourquoi avoir choisi de jouer dans une pièce traitant de ce thème et qui a encore de fortes résonances ?

Cette page de notre histoire m’intéresse et me touche. On ne peut qu’être touché dans sa chair et sa sensibilité contre toute violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d'un individu ou d'un groupe d'individus inspirée par des motifs raciaux ou religieux. Je pense que  le seul hommage qu’on puisse rendre à tous les morts qu’il y a eu consiste à être plus vigilants que par le passé sur les violations des droits de l’homme et la culture permet d’y contribuer. Cette pièce permet en outre d’occulter d’autres complexités de l’âme humaine comme le fait de montrer le degré et les paroxysmes d’aberrations et d’actions viles qu’un être humain peut faire pour ne pas renoncer à ses privilèges. Dans le présent, le proche avenir et le futur lointain, il faut être vigilant pour qu’une récidive de cette monstruosité inhumaine ne soit plus possible.

Quel regard  portez-vous sur ce passé trouble de l’Italie ?

L’histoire italienne est un sujet complexe car il y a des différences fondamentales relatives à l’attitude empruntée dans le passé à l’égard des Juifs. 
Avant la prise du pouvoir par Mussolini, les Juifs d’Italie étaient l’une des communautés les mieux intégrées d’Europe. Les Juifs étaient des Italiens comme les autres. Tout a changé avec les lois sur la discrimination raciale promulguées par le régime fasciste. Cette pièce permet en outre d’ausculter d’autres complexités de l’âme humaine. La psychologie de mon personnage m’a intéressé en tant que comédienne. Même si je déteste cette femme manipulatrice, inculte, retorse,  ancienne bonne qui s’accroche à sa situation, j’adore l’interpréter.

Quand ? A partir du 7 mai 2011 jusqu'au dimanche 22 mai 2011 à 20h30  et le Dimanche à 15h30, à l’Espace Cardin, 1, avenue Gabriel  75008 Paris. RELACHES LES 12, 18 ET 20 MAI 2011. Location : O1.53.10.23.40 et O9.53.95.46.06 (prix d’un appel local).

Les TARIFS :
Carré or : 57 euros
1° catégorie : 47 €
2° catégorie : 34 €
3° catégorie : 22 euros

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