Chagall dans une nouvelle lumière à Baden-Baden

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                       Chagall dans une nouvelle lumière à Baden-Baden
 
 
chag.jpgBADEN BADEN - On croyait avoir tout vu de Marc Chagall, mais la rétrospective que lui consacre jusqu'au 29 octobre le musée Frieder Burda, à Baden-Baden (Allemagne), nimbe d'un jour nouveau l'art du peintre-poète. Jean-Louis Prat, commissaire de l'exposition, est parvenu à réunir 100 toiles extraordinaires, couvrant tout la période productive du peintre (1887 - 1985), notamment les chefs d'oeuvre des débuts peu montrés hors de Russie.

Les plus grandes institutions ont joué le jeu, du Musée d'Etat russe de Saint-Pétersbourg à la Galerie Tretiakov à Moscou, du Centre Pompidou au Musée Marc Chagall à Nice en passant par le Thyssen-Bornemisza de Madrid. Certaines oeuvres proviennent également de collections privées.

A prêts exceptionnels, il fallait un lieu exceptionnel. Inauguré il y a 18 mois, le musée de Friederchag2.jpg Burda, un des héritiers du groupe d'édition allemand, mais avant tout collectionneur éclairé, est devenu le point de mire de ce hâvre boisé qui abrite la plus forte concentration de millionnaires du pays. Plus de 270.000 visiteurs s'y sont déjà pressés, tant pour la collection d'art moderne et contemporain de son fondateur que pour l'architecture confiée au new yorkais Richard Meier. Un sobre et lumineux parallélépipède blanc aux larges baies ouvertes sur la nature et ses frondaisons centenaires.
Serti dans la prestigieuse Lichtentaler Allee, il a fallu batailler ferme pour imposer un bâtiment qui ne dépare pas un environnement au charme surrané du début du XXe siècle, typique d'une ville d'eaux avec ses thermes, son casino ou son théâtre. C'était méconnaître Frieder Burda, 70 ans, dont la simplicité -ni cravate ni chaussettes- a bien peu à voir avec sa fortune. Même s'il avoue avoir un faible pour son Falcon 2000 qui lui permet de rallier en un rien de temps sa maison de Mougins, près de Cannes, "il reste, dit-il, que je préfère l'art aux yachts". Le musée qu'il lèguera à la ville avec 700 oeuvres d'art -dont des Picasso, des Rothko, des expressionnistes allemands, comme des contemporains (Baselitz, Richter)- témoigne du souci de se fondre plutôt que de se démarquer. Une passerelle le relie ainsi à la Staatliche Kunstalle, la grande galerie d'art voisine, déjà centenaire, et l'on retrouve chez l'un et l'autre de discrètes correspondances. L'accrochage de l'exposition Chagall s'inspire de cette aspiration vers la lumière et la nature.
Au dernier niveau -au plus près du ciel- volettent les fiancés des années 1914/18 ("Au-dessus de la ville", "La promenade"), culbutent les accrobates des panneaux exécutés en 1920 pour le Théâtre Juif de Moscou. Plus bas, on navigue encore dans cette Arche de Noé céleste du peintre, avec les aquarelles et gouaches illustrant les Fables de La Fontaine. Où "Le chat et les deux moineaux" le disputent au "Geai paré des plumes de Paon" (1925-1927). On découvre çà et là, note Jean-Louis Prat, les différents messages transmis par le cubisme, le suprématisme, le constructivisme ou les débuts de l'abstraction, lors des séjours de Chagall à Paris, Berlin, Moscou ou Vitebsk (Russie). "Mais c'est toujours à la lueur de la poésie, du monde onirique et des couleurs de l'enfance que Chagall les interprète. Dans des bleus inusités -azur, indigo, cobalt, outremer, lavande-, des verts émeraude ou Véronèse, des rouges intenses ou des blancs lestés d'ivoire". (Museum Frieder Burda, Lichtentaler Allee 8b, 76530 Baden-Baden, www.museum-frieder-burda.de, tél: 0049-7221-97372-11, du mardi au dimanche de 10h à 18h, mercredi jusqu'à 20h, fermé le lundi).

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