Le Concert, film de Radu Mihaielanu. Chronique de Claudine Douillet

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LECONCERT.jpgSortie en salle le 4 novembre

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De ceux qui ont vu le film "Train de vie" du même réalisateur,  ne seront  pas surpris par la réalisation de celui-ci, on y retrouve les mêmes ingrédients qui ont fait son succès.

Emporté par le côté burlesque, farfelue, de la première partie du film, on se demande comment va-t-on arriver à une sortie digne du scénario, digne de ce réalisateur...N'oublions pas le succés international de son film "Va,vis et deviens".

D'emblée, nous sommes envahis par une cacophonie, par des sons peu habituels, parfois brutaux de la langue russe qui est ici plus aboyée que parlée, des personnages plus vrais que nature, rien n'est épargné dans la caricature de cette troupe de "clochards" russes débarquant à Paris, l'histoire à se stade semble encore moins crédible...

Et puis, les morceaux se rassemblent, les personnsages s'apprivoisent, l'histoire se raconte au fil de leurs souvenirs, en filigrane, les feedback découvrent par petite touche une histoire que l'on croit comprendre mais que l'on sent bouleversante. On se rapproche lentement du sublime de la seconde partie du film.

Enfin ce concert, contre toute attente, se joue sans répétitions aucunes, et si les premiers accords nous font encore douter de tant d'insolence, progressivement on atteint l'harmonie.LECONCERT2.jpg

Cette harmonie qui signe la beauté du moment et des personnages, la musique emporte tout sur son passage :  nos doutes, nos questions, l'émotion est enfin présente, et pendant plus de 15 minutes on vibre sur les notes d'une violoniste virtuose, qui semble exprimer une histoire, son histoire ?, les mots ne sont plus utiles, la musique nous délivre son message avec pudeur.

Ce concert est la revanche de ces musiciens exclus de leur raison de vivre pendant toutes ces années. Il est aussi la réponse tant attendue par cette jeune femme Anne Marie, languie par des non-dits répétés qui ont fait d'elle un archétype de la finesse et de la sensibilité, extrême, au point qu'on se demande quel peut-être le lien avec cette troupe venue d'ailleurs...

Pourtant, elle va aller jusqu'au bout d'elle même, guidée par une force jusqu'alors inconnue.
Cette force qui sera dirigée, comme il y a 30 ans  par le Maestro.
Elle saisit alors  la puissance du message, l'absence des mots, restitue l'intégrité de son histoire, sans rien ajouter, ni retrancher.

Elle est enfin libérée et secouée par des sanglots à la fin du Concert, elle s'est reconnue.
A présent, elle sait qui elle est parce qu'elle sait d'où elle vient.

Ce que le réalisateur a réussi à faire, c'est nous faire croire que les miracles existent, tout comme le directeur de cette troupe de musiciens.

il a aussi réussi l'exploit d'une symbiose, entre ses spectateurs et cette musique dont la vibration exceptionnelle ne peut que transformer ceux qui eurent la chance de l'écouter.

Il faut porter en soi un chaos pour mettre au monde une étoile dansante. Nietzsche.
Une phrase qui pourrait traduire le dénouement de ce film et peut-être expliquer la source du talent de son réalisateur, Radu Mihaielanu.

Claudine Douillet


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La bande annonce originale  (cliquez sur lien)

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