L'ex-présidente des Galeries Lafayette attaque HSBC, qui lui a vendu du "Madoff"

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hsbc.gifArticle  paru dans LE MONDE
L'identité des grandes fortunes françaises victimes de Bernard Leon Madoff, escroc new-yorkais des temps modernes soupçonné d'une gigantesque fraude à la Bourse, est un secret bien gardé. Mais de loin en loin, des noms "fuitent".

Ainsi, on avait appris que Liliane Bettencourt, héritière du groupe L'Oréal et 21e fortune mondiale, s'était laissée abuser et risquait d'y perdre de 10 à 20 millions d'euros (Le Monde du 23 janvier). Dans son édition du 15 novembre, Le Journal du Dimanche (JDD) révèle que c'est aussi le cas de Léone-Noëlle Meyer, la veuve de l'ex-PDG des Galeries Lafayette, Georges Meyer, devenue elle-même présidente des célèbres grands magasins parisiens à la mort de son mari en 1998, avant de céder ses parts en 2005 pour gérer sa fortune.

Des montres incrustées de diamants au blouson en satin frappé à son nom, l'escroc Bernard Madoff aimait le luxe clinquant : quelque 200 objets personnels ont été exposés vendredi à New York, à la veille d'une vente aux enchères des biens du milliardaire attribués par la justice.

Mme Meyer a perdu 7,5 millions d'euros dans des investissements réalisés par la banque HSBC (ex-CCF) pour son compte dans des titres Madoff. Et à son insu, affirme-t-elle. L'ex-patronne des Galeries Lafayette porte l'affaire devant les tribunaux.

Confirmant l'information, l'avocat de Mme Meyer, Henri Brandford-Griffith, conseil de personnalités et de grands patrons du CAC 40, précise que sa cliente engage une action en dommages et intérêts à l'encontre de la banque HSBC. L'assignation a été faite, le 16 novembre, devant le Tribunal de grande instance (TGI) de Paris. "C'est l'histoire de Monsieur Tout-le-monde avec son banquier : de l'argent a été donné, il a été mal placé et la banque ne dit pas la vérité, explique Me Brandford-Griffith. Ma cliente a été blessée, cette affaire est pour elle moralement épouvantable compte tenu des liens ancestraux entre sa famille et la banque. Pendant la guerre, pour protéger la famille juive, cet établissement était devenu le propriétaire intérimaire des magasins."

Tombée des nues

L'histoire paraît simple. Lorsqu'elle revend ses parts des Galeries en 2005, Mme Meyer se retrouve à la tête d'une fortune de plus de 900 millions d'euros. Pour la gérer, cette femme d'affaires - diplômée de Sciences Po Paris et médecin, elle exerça longtemps en temps que pédiatre et participa à des missions humanitaires -, constitue une équipe de gérants professionnels. Ils créent des Sicav (instruments financiers pour investir en Bourse), dont ils confient la gestion à plusieurs banques. Ils placent une centaine de millions d'euros chez HSBC.

Mais en décembre 2008, la banque avertit sa cliente que 7,5 millions d'euros se sont évaporés dans des titres Luxalpha, la Sicav luxembourgeoise pilotée par M. Madoff. Mme Meyer tombe des nues. Elle n'aurait jamais été avertie qu'elle détenait de tels titres. S'ensuit une négociation ardue avec HSBC pour récupérer ses fonds, qui échoue finalement.

Interrogée lundi, HSBC a refusé de commenter ces informations. La banque précise qu'elle doit garder le silence, alors qu'une enquête sur cette fraude présumée est en cours aux Etats-Unis. HSBC se dit, par ailleurs, tenu au secret professionnel sur ses clients. Mme Meyer est cliente de la partie "banque privée" de l'établissement.

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