Epargné par les roquettes, le sud d'Israël revit

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nahal.jpgIl y a moins d'un an, mieux valait éviter Nahal Oz, en permanence sous la menace des roquettes palestiniennes. Depuis, dix nouvelles familles sont venues grossir la population du village, aujourd'hui fort de 320 habitants.

Cette soudaine poussée démographique symbolise la renaissance du sud d'Israël, qui s'épanouit à la faveur de la trêve observée par les militants palestiniens après l'offensive sur la Bande de Gaza. A présent, les prix de l'immobilier grimpent, des centres commerciaux sortent de terre et la population augmente.

L'opération "Plomb durci", lancée par l'armée israélienne le 27 décembre 2008, a tué des centaines de civils palestiniens en trois semaines de combats, suscitant un déluge de condamnations internationales. Mais, pensent beaucoup d'Israéliens, c'était le seul moyen de mettre un terme à huit années de tirs de roquettes sur Nahal Oz et les villes et villages avoisinants.

Quand le mari de Ronit Goldberg a perdu son emploi dans la haute-technologie, la vie dans le centre du pays est devenue trop chère pour la famille. Avec leurs deux enfants, le couple a voulu prendre un nouveau départ. Et c'est à Nahal Oz qu'il a en trouvé l'occasion l'été dernier.

Autrefois, peu de jours s'écoulaient sans que les habitants n'aient eu à se précipiter dans les abris anti-aériens. Aujourd'hui, c'est un village tranquille avec des grands espaces et des logements abordables. Tout ce que Ronit entend en provenance du territoire palestinien, c'est l'appel du muezzin depuis les mosquées de Gaza.

"Le centre d'Israël est devenu un endroit pour riches. Le sud, c'est une région où vous pouvez vous développer, un endroit qui a du potentiel", explique cette Israélienne de 39 ans, berçant son nouveau-né de deux mois, Noam, né à Nahal Oz. Depuis la fin de l'offensive sur Gaza, 105 familles se sont installées dans 11 communautés du sud d'Israël, selon Michal Shaban-Kotzer, porte-parole du conseil régional. Avant la guerre, les nouveaux arrivants étaient rares.

Sarit Artzi, 34 ans, s'est installée en juillet dans le village de Kfar Aza avec son mari et ses trois enfants. D'après elle, beaucoup d'autres aimeraient suivre, mais n'arrivent plus à trouver de logement. "Il y a peu de place", dit-elle. "Nous avons été attirés ici par la qualité de vie, comme beaucoup de jeunes couples".

Il y a un an, Oded Etinger, 46 ans, avait préféré emmener sa famille loin de Kfar Aza, se réfugiant six mois dans un autre village, hors de portée des roquettes. La goutte d'eau avait été une attaque au cours de laquelle il avait perdu son fils de dix ans, qui s'était en fait réfugié dans un abri. Aujourd'hui, la famille est revenue, et profite du calme. "On apprécie davantage maintenant ce que cet endroit peut offrir, le confort, le sentiment d'être chez soi", explique Oded.

Non loin de là, dans la ville de Sderot, qui était la principale cible des attaques, commerces et marchés sont bondés et les enfants, habitués à ne pas s'éloigner de chez eux, jouent librement dans les rues. Une porte-parole de la ville, Sima Gal, fait état d'une hausse de 20 à 30% des prix de l'immobilier.

Selon Yoav Lapidot, chargé de l'urbanisme, la construction de 1.400 nouveaux logements vient d'être approuvée, après des années sans chantiers.

La vitalité retrouvée du Sud israélien côtoie la souffrance de la Bande de Gaza, où 1,4 million de Palestiniens peinent à se remettre de la guerre, étouffés par un embargo israélien qui empêche la reconstruction. Les Gazaouis, contrôlés par les islamistes du Hamas, s'enfoncent chaque jour davantage dans la pauvreté et une nouvelle vague de violence peut déferler à tout moment.

"En ce moment, on se sent optimistes. Mais on sait très bien que cela pourrait ne pas durer longtemps", reconnaît Carolina Aram, habitante de longue date de Nahal Oz. D'ailleurs, des militants palestiniens ont tiré deux roquettes sur Israël tôt dimanche matin, sans faire de blessés. "La menace existe, mais c'est dangereux partout", juge-t-elle, fataliste. "Le pays tout en entier est une frontière géante".

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