Anne Frank aurait raconté des contes de fées aux enfants à Bergen-Belsen

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annefrank.jpgUne rescapée de la Shoah qui dit avoir vécu avec Anne Frank dans le camp de concentration de Bergen-Belsen raconte une histoire étonnante: l'adolescente juive, morte du typhus en déportation en mars 1945, racontait des contes de fées aux autres enfants du camp. Un récit qui suscite le scepticisme.

Dans ses mémoires publiées fin mars en néerlandais, "Ma vie après Anne Frank", Berthe Meijer, 71 ans, raconte qu'elle se trouvait à Bergen-Belsen, à l'âge de six ans. Elle se souvient qu'à l'époque, Anne Frank essayait d'égayer les autres enfants du camp en leur racontant des contes de fées.

"Cela semble trop beau pour être vrai", observe David Barnouw, de l'Institut néerlandais sur la guerre, qui a étudié Anne Frank pendant une trentaine d'années. Selon lui, l'adolescente juive était probablement trop affaiblie par la faim et la maladie pour raconter des histoires, peu avant sa mort. Et ce serait, ajoute-t-il, une étonnante coïncidence que Mme Meijer se souvienne de quelqu'un qui n'est devenu célèbre que bien des années plus tard.

Anne Frank avait commencé à écrire son journal intime peu avant de se cacher avec sa famille dans un appartement secret d'Amsterdam, en juillet 1942. Dénoncées, l'adolescente et sa famille ont été arrêtées par la police allemande en août 1944. Elle mourut du typhus à 15 ans avec sa soeur Margot, en mars 1945, sept mois après leur arrestation, deux semaines avant la libération du camp de concentration. Son journal avait été découvert après la guerre et publié.

C'est la première fois qu'une rescapée du camp affirme que l'adolescente racontait des histoires aux autres enfants. Mais Hannah Pick-Goslar, une amie d'enfance d'Anne Frank, qui l'avait également rencontrée à Bergen-Belsen, doute des souvenirs de Berthe Meijer. "Dans une telle situation, vous étiez presque mort. Vous n'aviez pas suffisamment de force pour raconter des histoires", confie-t-elle.

Même scepticisme de la part du réalisateur Willy Lindwer, auteur d'un documentaire sur Anne Frank. Il avait interviewé Mme Meijer pour son film et jugé son récit peu convaincant. "Berthe (...) n'avait qu'un très vague souvenir du camp de concentration. Elle garde l'image d'une fille plus âgée qui racontait des histoires à des enfants plus jeunes. C'était peut-être Anne Frank, mais peut-être pas non plus".

Dans ses mémoires, Berthe Meijer évoque la manière dont le traumatisme lié au camp, y compris la mort de ses deux parents en janvier 1945, a influé sur sa vie. Elle décrit sa rencontre avec Anne Frank dans un des premiers chapitres. "J'ai été claire dans mon livre: certaines choses sont vagues, d'autres sont parfaitement claires", souligne-t-elle. "Pour moi, les souvenirs vont de pair avec les émotions qui les accompagnent". Elle explique qu'Anne Frank était très malade, mais trouvait la force de raconter de petits contes de fées. Elle s'en souvient car ces histoires lui donnaient l'impression d'échapper à l'horreur qui les entourait.

Selon le Musée Anne Frank à Amsterdam, ses historiens ont interrogé Meijer et disent n'avoir aucune raison de douter de la véracité de son histoire. Même si elle est invérifiable.

Des archives de la fondation Yad Vashem montrent que Berthe Meijer se trouvait effectivement à Bergen-Belsen pendant 13 mois, jusqu'à la libération du camp en avril 1945. Elles montrent également que sa famille vivait dans la même rue que l'école élémentaire où Anne Frank a suivi des cours. La septuagénaire affirme que les deux familles se connaissaient. Pour les psychologues, si Berthe Meijer a rencontré l'adolescente avant la guerre, il est possible qu'elle en conserve le souvenir après Bergen-Belsen, même à un très jeune âge.

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