Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 17 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Viva,Le Maroc

                                                            Le Maroc de Viva

 

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Viva , photographe et publicitaire, est née à Casablanca.
En 1968, sa famille quitte le Maroc pour le Canada. Elle y fait ses études de photo.
Retour au Maroc en 1984. Elle y retrouve la lumière éblouissante , les couleurs,
les odeurs orientales. Viva travaille actuellement au Maroc et en Espagne.

Certaines de ses photos sont retouchées digitalement, imprimées sur toile canevas
et rehaussées de peinture.

Si vous souhaitez contacter : Viva

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A la terrasse
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Chez Zora
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Conciliabules
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Couturières
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Conversation
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La chaise
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Fillettes marrakchies

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L'échappée
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La passante blanche
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La passante jaunechemin.jpg
Le chemin
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Mina au plomb
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Fenêtres
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Méditation

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Le balcon

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Rifaine

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apparition

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Ruines
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Porte rouge

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Porte de Marrakech

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Porte bleue
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Patio bleu
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Fenêtre jaune

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Constraste

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Rue du Marabout
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Rue de la lune                                               Rue du bain

Viva, suite de la galerie

                                                     La Galerie de Viva (suite)

 

Viva
Le Maroc de Viva

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Deux personnages, grand cimetière de Casablanca
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Vieil homme dans la maison des vieux de la communauté, Casablanca

Ihich, 70 ans, Agadir

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Solika et son amie ­ grand cimetière de Casablanca
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Saada, grand cimetière de Casablanca
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Deux amies, petit cimetière de Casablanca
Suite de la galerie de Viva

Viva, photographe, publicitaire au Maroc

                           Viva, photographe,publicitaire au Maroc

 

Viva , photographe et publicitaire, est née à Casablanca.
En 1968, sa famille quitte le Maroc pour le Canada. Elle y fait ses études de photo.
Retour au Maroc en 1984. Elle y retrouve la lumière éblouissante , les couleurs,
les odeurs orientales. Viva travaille actuellement au Maroc et en Espagne.

Certaines de ses photos sont retouchées digitalement, imprimées sur toile canevas
et rehaussées de peinture.

 

Si vous souhaitez contacter : Viva
Suite de la galerie de Viva
Le Maroc de Viva

 

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Esther , 90 ans , veuve d'un rabbin

 

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Esther , avec son petit panier, au cimetière de Casablanca

 

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Simy, le désespoir ­ Petit cimetière de Casablanca

 

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David, petite synagogue de Fes

Suite de la galerie de Viva

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Shalom, 75 ans - Petit cimetière de Casablanca

Situation des femmes

La situation des Femmes en Israël
Dossier et entretiens réalisés par Yona Dureau

 

Culture israëlienne et position des femmes
Position des femmes et violence des sociétés
Le rôle du gouvernement et les femmes
Les chiffres
Les agunot
Le droit et le viol
Interview de Marina Solotkin
Inteview de David Levy
Les femmes et le Judaisme

 

Culture israëlienne et position des femmes


La situation des femmes en Israël est alarmante. Sur ce point, tous les partis sont d'accord. La source des problèmes est identifiée de façon différente selon les tendences politiques et religieuses. Pour Sha'as, c'est un manque de Torah qui est la source de tous les maux. Il semblerait que ce parti soit d'ailleurs enclin à pardonner plus facilement la violence issue de milieux religieux :Sha'as vient, par l'intermédiaire d'un de ses ministres, de demander un allègement de la peine de deux parents violents rahidim qui frappaient leur enfant et qui avaient été condamnés par une cour de justice israëlienne.

Le recours a été rejeté. Pour les partis laïcs, la source de la violence contre les femmes serait une certaine conception de la femme véhiculée en grande partie par la position de la femme dans le judaïsme. Bien qu'il soit indéniable qu'une compréhension dégradée des sources juives puisse amener certains cas de machisme, il est cependant excessif de réduire la violence contre les femmes, ou le machisme israëlien à cette cause. On pourrait écrire un livre entier sur l'image de la femme dans les chansons israëliennes actuelles, et celles-ci sont loin de fonder leur idéologie sur la Torah.

Depuis la femme-nounou, consolatrice éternelle des chansons de Haïm Moshé, "Tni li Yad": tiens moi la main", aux chansons les plus érotiques réduisant la femme à un objet anonyme de plaisir sexuel, "Zé kara halaïla" ("ça" [l'acte sexuel] s'est passé cette nuit"), ou bien même aux chansons chantées par des femmes, qui nous renvoient une image effrayant des la position de la femme dans le couple, toujours sur la défensive, davant toujours veiller à ne pas être trompée ("Ani roah lekha ba aïnaïm, ani roah et hakol": je te regarde dans les yeux, et je vois tout..."), l'image de la femme idéal selon l'homme laïc israëlien n'est pas brillante, admettons-le. AUCUNE chanson actuelle ne lui confère une place de partenaire égale à l'homme et échangeant avec lui.

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Position des femmes et violence des sociétés

 

Les études sociologiques n'ont jamais approfondi la question de la violence des sociétés en relation à la position de la femme dans lesdites sociétés. Et pourtant le lien est évident, si on se penche quelque peu sur les liens étroits existant entre le développement psychique d'un enfant et son équilibre social, et l'image de la femme qui lui est renvoyée par son entourage. (On consultera à ce sujet l'ouvrage d'Annie Anzieu, La Femme sans Qualité, et concernant la psychologie de l'enfant et son développement, l'oeuvre passionante de Winnicot). Tout enfant a un besoin vital de se concevoir comme étant le fruit de l'amour de ses parents. Ainsi, une des erreurs fondamentales de certains parents, consiste à avouer à un enfant qu'il n'était pas désiré, qu'il n'a pas été conçu par amour, qu'il est le fuit d'un accident.


Ce genre de déclaration a un effet des plus destructeurs sur le développement psychique de l'enfant, car il le renvoit à une absence totale de causalité de sa propre existence. On peut aussi discuter de la validité de ces affirmations, car une des questions essentiels posées aux psychologues par les cas de stérilité féminine est le rôle joué par le corps et le psychisme dans la conception, et s'il est vrai qu'une femme violée ne souhaite pas consciemment engendre un fruit de ce rapport, il n'en demeure pas moins que son corps avait en lui un désir d'enfant : les femmes juives violées dans les camps de concentration n'ont jamais engendré. (Ce dernier point est bien sûr très contreversé selon les spécialistes, mais il mérite d'être considéré). Par conséquent, déclarer à un enfant qu'il est le fruit du hasard et qu'il n'est pas issu de l'amour de ses parents est une forme de mensonge tout autant qu'un meurtre psychique.


Les psychologues, mais aussi les rabbins, constatent quotidiennement les dégâts réalisés par de telles déclarations. Dans ce contexte, il est important de comprendre que cette affirmation claire et explicite est parfois implicite pour l'enfant lorsqu'il appartient à une société où la femme est maltraitée par le père, ou bien à un groupe social où les rapports sexuels et les mariages ne sont pas dictés par les sentiments mais imposés par le groupe social, et passent volontiers par la coercition. Prenez les groupes les plus extrémistes de l'orthodoxie religieuse, ou bien considérez la société arabe traditionelle, et vous constaterez dans les deux cas une violence inérente au groupe social, qui trouve une partie de ses fondements dans la représentation de soi que se fait l'individu, et ce sur le fondement même des rapports des deux parents. Il est donc vital de comprendre que la position de la femme dans la société est déterminante pour l'avenir même de cette société.

En d'autres termes, Israël restera toujours une société très violente intrinsèquement, et où s'exercent des rapports de force dans le moindre de ses échanges sociaux, si la situation de la femme n'évolue pas.

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Le rôle du gouvernement et les femmes

 

Le gouvernement de M. Ehud Barak avait promis aux mouvements oeuvrant pour l'amélioration de la situation de la femme dans la société un pourcentage égal de femmes et d'hommes au gouvernement. Sur 32 ministres, 2 femmes seulement ont été choisies. Il ne s'agit pas seulement de promesses électorales non respectées. Cela est malheureusement chose courante. Cet acte est un exemple du rapport de dérision avec lequel le gouvernement, en tant qu'émanation de la volonté des citoyens, tient la femme. On ne mesure pas à quel point une société est formée par la puissance intrinsèque de l'image que lui renvoit son gouvernement. En dédaignant les femmes, Ehud Barak a démontré que son gouvernement persiste dans une certaine optique de la femme, et par conséquent, autorise un certain comportement.

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Les chiffres

 

Les femmes israëliennes comptent 200 000 femmes battues. Entre 6 à 10 femmes meurent actuellement chaque année de la violence exercée par leur mari. Le nombre de femmes violées s'élève à 5000 viols déclarés (on double normalement ce chiffre pour évaluer le nombre effectif de viols, la déclaration d'un viol représentant toujours un traumatisme supplémentaire redouté par la victime). On ne lie pas toujours ces chiffres à celui des agunots, femmes mariées abandonnées par leur mari et ne pouvant se remarier, faute de guet. Pourtant ces phénomènes renvoient la même image dégradée de la femme d'une façon , hélas, cohérente.

La femme n'a pas le droit de décider de son sort dans ces trois cas de figure, elle est réduite au statut d'un enfant ou d'un objet que l'on utilise, que l'on brutalise, que l'on délaisse une fois l'envie de l'utiliser passée. Cette situation est donc catastrophique en termes de chiffres, mais aussi qualitativement, psychiquement, pour la nation israëlienne. Il n'est pas encore admis dans l'inconscient collectif majoritaire de ce pays qu'un individu né avec le sexe féminin soit un individu à part entière, dué de raison, de volonté, d'autonomie, et soit digne de respect. La différence des sexes est encore malheureusement confondue avec l'inégalité des sexes, ce qui est loin d'être le point de vue de la Torah pour qui 'égalité peut passer par la différence.


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Les agunot


Des précisions halahiques s'imposent. Un bait hadin séfarade ne peut, théoriquement pas, imposer à un mari de donner le guet à sa femme. Un bait hadin ashkénaze en théorie, le peut, si les circonstances le demandent. Dans certains cas précis, où le mari montre par son action, qu'il n'a aucune intention de revenir dans son foyer, les baité hadin israëlien ont depuis 1995 le droit, par le "hok hasanktzia" (loi de la sanction), la possibilité d'exercer une pression sur le mari par l'intermédiaire de la loi israëlienne, en confisquent par exemple toutes les cartes bancaires du mari, ou sa voiture, voire de lui couper sa ligne téléphonique si nécessaire.

Ces sanctions sont en général très efficaces, quand elles sont appliquées, et empêchent que des situations ne se créent où le mari utilise son droit de guet pour empêcher son ex-épouse de reconstruire sa vie, pendant que lui-même vit la sienne librement. Il faut noter que l'application du hok hasanktzia dépend encore beaucoup de la position du bait hadin, et par exemple, on a pû constater que depuis l'existence de cette loi, le bait din de Tel Aviv ne l'a appliqué que deux fois alors que celui de Haifa l'a déjà appliqué plus de soixante fois. Dans d'autres cas où l'un des deux membres du couple a quitté Israël, le bait hadin est obligé, s'il en a la possibilité, de faire tout ce qui est en son pouvoir pour forcer le mari à divorcer sa femme, car il y a alors un risque évident de "mamzerout", soit de bâtardise, (si la femme séparée de son mari avait un enfant), et une preuve indéniable de séparation du couple. Jusqu'à aujourd'hui, des cas existent où le mari transfuge a pû épouser une autre femme aux Etats Unis, la plupart des Etats Unis permettant le divorce en l'absence de la femme.

Dans le cas où l'un des deux membres du couples est un citoyen français, un accord juridique entre la France et les USA existe, contraignant les USA à transmettre l'information de ce divorce à l'état-civil français, dans ce cas précis, à Nantes. Cet accord juridique n'existe malheureusement pas en Israël, de sorte que de nombreuses femmes avaient été "divorcées" in absentia aux Etats Unis, alors que la loi juive les considérait toujours comme mariées. Bien que le mariage ou le divorce civils ne comptent pas aux yeux de la loi juive, il reste que la preuve d'un remariage du mari est suffisante pour donner aux beité hadin israéliens le droit de forcer le mari à donner un guet (mais qui ne pourra être appliqué en son absence de toute façon). Des efforts sont donc faits actuellement par certaines organisations des droits des femmes pour obtenir qu'un accord juridique semblable à la France contraigne les USA à transmettre toute information concernant les divorces in absentia.

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Le droit et le viol

 

La situation des femmes violées ne leur permettaient guère d'espoir dans le passé. La loi et son application était si laxiste, favorable aux hommes et considérant a priori qu'une femme violée avait dû à l'origine de l'incident, que la plupart des viols étaient rarement suivis d'une déclaration à un poste de police. Depuis deux ans, la lutte des femmes israëlienne dans le cadre juridique et dans le céancle de la knesset a obtenu que tout viol soit suivi d'un "onesh minimali [lehatkafa minit]" , d'une peine minimale d'emprisonnement, non contractable.

 

 


 

Interview de Marina Solotkin

Présentation:

 

Dr Marina Solotkine est née en 1952 en URSS. Mariée et mère deux enfants, elle monta en Israël en 1991, où elle vit depuis à Ashkelon. Docteur en histoire économique et sociale, Marina Solotkine parle l'hébreu, l'anglais, et le français. Elle est l'auteur d'un dictionnaire d'histoire économique (1995) et d'un livre d'analyse et de réflexion sur les juifs soviétiques en Israël et leurs difficultés : "Civiliztion Discomfort. Soviet Jewry in Israel in the 90's" (Tel Aviv, 1996). Dr Marina Salotkine représente le parti Israel Ba'alya à la 14e knesset.

Elle se bat pour les droits des femmes en Israël et pour les droits des olims hadashims, quelles que soient leur origine. Lorsque je demandais à son aide parlementaire de me fournir des exemples de situations résolues par Marina, Dvorah ouvrit une armoire remplie de dossiers : - Il y a là 2000 dossiers en hébreu, tous traités. Elle ouvrit le placard au-dessus de son bureau: - En voici à peu près autant, en russe. D'après quel critère dois-je choisir un cas? Aucun ne me paraît plus ou moins inextricable que le précédant. Aucun ne me paraît plus choquant.

Tous sont des exemples de cas graves. Graves, et banals en même temps. Mme Solotkine me reçut aimablement, et consacra une demi-heure d'un temps précieux à l'interview qu'elle accepta de donner pour Alliance:

Alliance: Que pouvez-vous dire sur la situation actuelle des femmes dans la société israëlienne?

M.Solotkin: Au début il n'y avait que neuf femmes dans toute la knesset. La situation s'est donc améliorée.

Alliance : mais quant à la situation juridique en général?

M. Solotkin: Depuis sept ans existe à la knesset une commission pour la situation des femmes, qui traite des difficultés économiques des femmes, de la violence dont elles sont victimes, des droits des femmes. Ainsi que vous le savez, 200 000 femmes sont battues par leur mari en Israël, des dizaines ont été tuées, et beaucoup de ces cas ont lieu dans le cadre des familles d'olims, russes, éthiopiens, mais aussi dans des familles arabes. Le problème de l'alyah et de l'intégration et le respect des olim est donc un facteur important qu'il ne faut pas négliger. Dans le cas des familles arabes où les femmes sont tuées, il s'agit souvent de cas de "kavod mishparti", de l'honneur de la famille. Si une femme veut aller travailler dans une autre ville, s'habiller de façon non traditionelle, avoir une part d'héritage, ou si elle a une aventure, cela suffit pour justifier son meurtre par sa propre famille, et pas toujours par son mari.

Alliance: Quelles sont les solutions que vous envisagez pour ces problèmes?

M. Solotkin: La knesset fonctionne en établissant des lois. Ces lois nous permettront de protéger les femmes. Nous avons ainsi obtenu la mise en place de la loi de la punitin minimale pour les agressions sexuelles (onesh minimal leatkafa minit), mais aussi l'interdiction de la ségrégation sexuelle dans le domaine du marché du travail, et des lois protégeant la femme du harcélement sexuel sur son lieur de travail.

Alliance : les salaires des femmes sont encore beaucoup plus bas, à travail égal, que ceux des hommes.

M. Solotkin: En effet, les femmes reçoivent en moyenne 40% de moins sur leur salaire, que les hommes.

Alliance: C'est vrai même dans les bureaux des ministères. A la sécurité sociale, par exemple. Comment expliquer cela? peut-on espérer changer la société quand les emplois directement dépendants du gouvernement n'appliquent pas ces principes égalitaires?

M. Solotkin: La société n'est pas encore prête. Il faut qu'une prise de conscience ait lieu. C'est aussi un des effets du travail que nous accomplissons dans le lieu même de la knesset. Du point de vue effectif et pratique, nous nous efforçons de tisser un réseau de lois liées entre elles. Il faut faire évoluer toute une mentalité.

Alliance: Du point de vue pratique, que faites-vous pour les femmes en tant que parlementaire du parti Israël Baalyah?

M. Solotkin: J'aide toutes les femmes qui s'adressent à moi, sans distinction. Les cas les plus graves sont ceux d'harcélement sexuels, soit à peu près six cas par ans. Je les adresse à des organisations des droits des femmes, ou je les aide personnellement. Mais nous avons baucoup de cas qui sont liés à la situation des olims, et qui sont la majorité de mon travail.

Alliance : Vous avez parlé de changer les mentalités. Pouvez-vous nous donner un exemple important à vos yeux?

M. Solotkin: Le cas le plus grave et récurrent d'un problème des mentalités concerne les assistantes sociales. Elles ont été modelées par la société à favoriser les hommes, à pousser les femmes à faire des démarches qui jouent en définitive en leur défaveur, allant jusqu'à faire comparaître les enfants devant les tribunaux, à les confier à des familles d'accueil ploutôt qu'à la mère si la mère n'était pas assez pratiquante ou surtout si elle étit olah radasha. Il faut tout reprendre à la base, leur faire prendre conscience des situations ingérables qu'elles créent souvent pour les femmes, et aussi pour les enfants!...

Alliance: Israel Ba'alyah a souvent été assimilé à un parti pour russes.

M. Solotkin: C'est une image complètement fausse. Lors de la dernière knesset le parlementaire classé troisième de notre parti était canadien. Le huitième était éthiopien. Les éthiopiens ont beaucoup de problèmes qui nous concernent, à l'armée, mais aussi dans le cas des femmes.

Alliance: Est-ce que nous assistons à une fermeture progressive d'Israël aux olims hadashim, commes les Etats Unis, après leur ouverture du XVII et XVIIIe siècle, se sont progressivement fermés? La loi de sécurité mise en place depuis 1997 interdit par exemple à un oleh hadash de moins de cinq ans dans le pays, de travailler dans une institution gouvernementale, ce qui n'était pas le cas avant...

M. Solotkin: Vous avez tout à fait raison. Les institutions se ferment, le pays se ferme. Les partis, jusqu'à l'organisation du notre, se fermaient aux nouveaux venus, d'où la naissance incontrôlable d'une multitude de mini-partis inefficaces. Dans le cadre scientifique, on assiste à la même chose. Il n'y a pas d'intégration des savants nouvellement arrivés par les anciens, mais rejet pur et simple. C'est pour cela que notre slogan est "shilouv révrati vémiktsoï", soit "intégration sociale et professionelle". Nous avons à présent une alyah très importante à gérer, et nous constatons que tous les prétextes sont bons pour ne pas prendre un oleh radash à un emploi donné.

Alliance : Je vous remercie de cette interview pour Alliance.


Marina Solodkine a ete nommee la semaine derniere vice-ministre de l'Integrationvous pouvez consulter sa fiche sur le site de la Knesset http://www.knesset.gov.il/asp/mk/mk_eng.asp?ID=91
Nous remercions Denis Kassel de IFI pour cette information
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Interview d'Alliance de M. David Lévy, ministre des affaires étrangères d'Israël:Jérusalem, le Dimanche 1er Août.

 


Alliance: M. Lévy, que pouvez-vous nous dire des derniers dévelopements de rencontres entre le gouvernement israëlien et les Palestiniens?

M. David Lévy: Nous avons eu une discussion entre M. Arafat et le premier ministre. Ils [Les Palestiniens] ont eu le temps de réfléchir.

Alliance: Il y a eu ausi une rencontre entre M. Yasser Arafat et M. Mubarak. Est-ce que cette rencontre a porté des fruits?

M. David Lévy: Il se peut que cela ait aidé. La rencontre a été très cordiale, presque intime. Les relations entre Israël et l'Egypte sont bonnes.

Alliance: Que pouvez-vous nous dire de votre rencontre historique avec M. Bouté Frika, le premier minsitre algérien?

M. David Lévy : Une nouvelle aire s'est ouverte, et cette rencontre en est la preuve. Il faut discuter, et se tourner vers l'avenir. J'ai eu aussi deux interviews avec des journalistes étrangers à qui j'ai expliqué cela.


Alliance : Sur le plan de l'Europe, comment envisagez-vous l'avenir?

M. David Lévy: Toutes ces ouvertures politiques sont très importantes pour Israël, mais aussi pour Israël et ses relations avec l'Europe. Nous pensons développer de nombreux liens.


Alliance: concernant un tout autre sujet, sur lequel persone ne vous a encore posé de questions: Quelle est votre position quant au problème actuel de la situation des femmes en Israël, et au sujet de la crise récente du gouvernement concernant les postes promis avant les élections aux femmes par M. Barak et non accordés une fois le gouvernement établi?

M. David Lévy: Ma position est favorable. Il Faut donner une place aux femmes.


Alliance: Comptez-vous des femmes dans votre propre ministère?

M. David Lévy: Oui, il y en a quelques unes. Mais le problème n'est pas seulement un problème restreint au seul gouvernement. Les femmes doivent se battre. Elles doivent s'organiser pour obtenir ce qu'elles méritent.


NRDL : sans commentaires

La Femme et le Judaïsme
par Yona Dureau

Beaucoup ont déjà écrit sur le thème de la femme dans le judaïsme. Il nous a paru essentiel, en parallèle avec le dossier concernant la situation de la femme en Israël, de rappeller le statut de la femme selon les sources juives, et en opposition avec le statut qui peut lui être accordé, lorsque ces sources sont oubliées ou dégradées.

Rappellons tout d'abord, concernant l'expression de la féminité dans le judaïsme, que le féminin est loin d'être associé à une forme plus basse ou plus dédaignable que le masculin.

Dans les prières les plus essentielles, comme par exemple dans le Birkat Hamazone, on trouve des formes grammaticales féminines et masculines associées à l'expression de la divinité. Les sages ont expliqué ces emplois différenciés depuis l'époque du Talmud, en précisant que les formes féminines concernaient le Olam Habah (le monde qui vient), plus spirituel, alors que les formes grammaticales masculines concernaient le Olam hazé (ce monde-ci) plus matériel.

La kabbalah enseigne dans ce même sens que le monde fut crée par D. en deux temps. Une matière informe fut créee du néant, qui était féminine, qui fut ensuite mise en forme, et devint masculine.

Le masculin et le féminin réapparaissent selon la même logique dans l'ordre des sephirot, puisque les sephirot les plus hautes parmi les sephirot inférieures accessibles à l'homme sont aussi de l'ordre du zahar, masculin issu de l'émanation d'une sephira nékéva, féminine. La quête de l'unité du zahar et du nékhéva, le zon, pour reconstruire l'unité séphirotique et des valeurs nous enseigne, au coeur de la partie la plus chère du judaïsme, le caractère irremplaçable de ces deux pôles, quui ne sont pas à placer l'un au dessus de l'autre, mais bien à concevoir comme des parties différentes et complémentaires, nécessaires à la construction et au tikoun du monde, et bien évidemment, du bonheur.

Ces thèmes de féminin et de masculin réapparaissent dans un certain nombre de mots essentiels du judaïsme et selon la logique immuable énoncée ci-dessus. Rouakh, le vent, l'esprit, peut être féminin ou masculin. Kisse, le siège, le trône, peut être masculin ou féminin. Kos, la coupe, peut être masculin ou féminin. Min haolam habah, le mot sera féminin. Min haolam haze, il sera masculin.

Rappelons que les chérubins de l'arche étaient féminin et masculin, et que leur position en face à face symbolisait l'harmonie entre le divin et l'humain. Rappellons que cette harmonie est censée se refléter dans le couple, puisque les lettres différenciant le mot de ish (l'homme) et celui de isha (la femme) composent le mot ya, soit le début du nom de D., alors que les lettres communes qui demeurent lorsque les composantes de cette complémentarité disparaissent forment alors le mot esh, le feu.

Loin de nous de prétendre donc remplacer un premier déséquilibre par un autre, en plaçant la femme au dessus de l'homme comme d'autres ont placé l'homme au-dessus de la femme. La situation actuelle préoccupante en Israël est effectivement celle de la destruction du feu, car la complémentarité a été niée dans l'harmonie naturelle du couple.

 

Jean Zacklad, dans son ouvrage, étudit la féminité dans la Torah, comme un pôle en tension constructive avec la masculinité, tension à travers laquelle s'exprime le devenir du peuple juif comme du monthéisme. C'est ainsi que selon lui, les Pères ne pouvaient jouer leur rôle et remplir la fonction historique que leur confie la divinité. Sans ces deux pôles, pas de progression hors de la barbarie par une dialectique entre autorité et générosité. Sans ces deux pôles, pas d'élaboration d'une culture monothéiste et d'un peuple portant ce monothéisme.

Pour en savoir plus : voir l'ouvrage de Jean Zacklad "Pour une éthique . L'Etre au féminin"

 

La femme et l'étude juive

La femme est complémentaire de l'homme, ce qui ne signifie pas que l'homme puisse s'adjuger le droit de lui nier toute pensée, toute réflexion, toute autonomie. Si la femme est effectivement "ezra kenegdo", aide contre l'homme, selon la Torah, les commentateurs expliquent que la femme sera opposée à l'homme (contre lui) si l'harmonie ne règne pas. Elle sera aide, mais la Torah n'a jamais incrit cette aide dans l'enceinte d'une cuisine.

La femme selon le judaïsme le plus original de la Torah, peut être prophète comme l'homme (cf Dvorah), et sa prophétie est parfois supérieure à celle de l'homme (comme par exemple Sarah, dont il est dit qu'elle voyait l'avenir). La Torah n'a donc jamais tenté de nier ou de réduire le statut de l'intelligence ou de la perception féminine. Cette perception et cette intelligence ont souvent été qualifiées par le terme d'intuition féminine, mais encore faudrait-il pouvoir définir avec précision le sens que les anciens donnaient aux différences qu'ils établissaient entre la sensibilité intellectuelle féminine et masculine, afin de pouvoir comparer cette définition avec les termes modernes d'intuition féminine. On sait par exemple que l'étude de la guémarah est censée correspondre plus adéquatement à l'esprit masculin, mais cela ne signifie peut-être pas que la femme ne puisse s'y prêter, mais que l'homme a plus besoin de cet exercice que la femme. De nombreux instituts religieux à Jérusalem enseignent actuellement la guémarah aux femmes. Les chiffres sont mêmes impressionants au point de constituer un phénomène rapporté par le Jérusalem Post il y a deux mois. Dans le seul institut de Matan, fondé il y a seulement deux ans, près de 2000 femmes étudient actuellement le Talmud chaque semaine à un niveau équivalent selon les rabbins à n'importe quelle yéshiva. "Ezra kénégdo", ces femmes 'appliquent sans doute à devenir celles qui, demain, seront les meilleurs compagnons d'étude de leur mari, ainsi que le rav Kook l'avait enseigné : le meilleur havekh de hevrouta, disait-il, c'est encore ta femme.

Et que dire de plus sinon que l'image d'une femme capable d'étudier, de réfléchir, et de progresser avec son mari sur le chemin de la Torah nous semble effectivement une image d'harmonie et plus fondatrice de paix que celle d'un déséquilibre du couple ou l'un des deux partenaires ne serait que l'artisan du monde matériel alors que le second serait détaché de tout souci et plongé dans l'étude? Quel échange réel imaginer dans un tel couple? Quelle image de la femme ce couple transmet-il à ses enfants, sinon l'image d'une femme nécessairement inférieure à l'homme, puisque toute notre culture prône l'importance de la Torah. Certes, de belles âmes tenteront de répondre que l'acte compte autant que l'étude, et que la cuisine de la mère vaut l'étude du père. Il reste que ce discours ne correspond plus à ce que la société toute entière ressent quant à l'étude, la Torah, et les tâches ménagères. Pourquoi poursuivre une dichotomie qui était justifiée par le passé par une partage des tâches reflétant un ordre social inévitable, où les femmes ne pouvaient avoir de place. Sans rejeter les tâches imposées par la maternité, la femme juive d'aujourd'hui peut, et veut, étudier, et nous ne pouvons que souhaiter que cette évolution se poursuivre, afin de permettre une union encore plus forte des couples autour du judaïsme et de son sens.

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Esoterisme,hébraïsme....

Esotérisme, hébraïsme, et fonction de l'identité hébraïque dans l'Angleterre de la Renaissance.

Yona Dureau (Université Jean Monne
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II eme Partie 


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Médaille frappée par Henry VIII en 1545 à L'occasion du dizième anniversaire de sa prise de position à la tête de l'Eglise. La souveraineté du roi sur l'Eglise est énoncée en grec, en latin et en hébreu.


Hébreu exotérique et identité : l'Angleterre verus Israel
La fondation de l'Eglise d'Angleterre et de son identité sur le retour au texte original hébraïque
L'enseignement de l'hébreu dans les écoles et les universités
L'éducation noble
Les écoles
L'espoir d'une "langue et religion commune" pour lier catholiques et protestants
L'hébreu, l'hébraïsme, et la cabbale chrétienne comme émergence d'une troisième force
L'affaire de l'hostie et le problème de la transsubstantation : une prise de position protestante
Une atmosphère propice à l'attente des catholiques et des puritains
Les fervents lecteurs de Reuchlin et de Pic de la Mirandole
Le cas des traducteurs de Kabbalah et de Cabbale en Angleterre.
L'étude de la kabbalah et de la cabbale chrétienne
L'écriture ésotérique et l'hébraïsme : modèle identitaire ou protection vitale?
Correspondance ésotérique et étude cabbalistique : l'ésotérisme camouflage identitaire
Etude et tétragrame: l'ésotérisme hébraïque et son identité intrinsèque
Conclusion
ANNEXE

 

Il peut sembler paradoxal d'évoquer la question de l'ésotérisme et de sa liaison avec l'hébraïsme - en tant que culture, mais aussi en tant qu'identité associée à l'étude de textes hébraïques- lorsque l'on contemple des images aussi étonnantes que cette médaille frappée en 1545 par Henry VIII, où la souveraineté du roi sur l'Eglise est gravée en grec, en latin, mais aussi en hébreu . L'hébreu et l'identité juive sont en effet empruntés par la couronne britannique comme par beaucoup de monarchies de la Renaissance pour fonder la légitimité d'une dynastie et d'une foi. Mais dès lors qu'ils sont utilisés par l'un des discours officiels pour servir le pouvoir, l'hébreu et l'identité juive n'en deviennent que davantage porteurs d'un enjeu politique et religieux.

A côté de l'enseignement d'un hébreu officiel, et d'un hébraïsme de bon ton se développe un enseignement hébraïque qui échappe au contrôle du pouvoir, et qui, d'une certaine façon, menace ses fondements, par des intérêts différents, sinon divergents. L'intérêt pour l'hébreu dans l'Angleterre de la Renaissance n'émane pas seulement du pouvoir. L'hébreu, l'hébraïsme, la culture et l'identité juive, fascinent un grand nombre d'intellectuels, catholiques comme protestants, bien avant que le pouvoir royal, Henry VIII, puis Elisabeth, ne voient en ces éléments un fondement d'une nouvelle religion, et d'une nouvelle identité. Il nous est apparu important, après l'étude de textes ésotériques et exotériques rédigés parfois par les mêmes auteurs, de tenter d'émettre ici quelques hypothèses de lecture de ces formes différentes.

Les questions de l'identité juive usurpée, puis de l'identité hébraïque dissimulée d'un texte, ou d'une référence, sont de fait au coeur de ce débat, et chacune des parties de cette étude s'interrogera sur ces thèmes. Le caractère ésotérique de textes hébreux ou hébraïques prend ainsi une triple dimension. La cause peut en être religieuse, mais aussi politique, avant d'être identitaire et épistémologique. Notre étude commencera par un historique bref de la question de l'usurpation identitaire du verus israël anglais, avant de voir comment la cabbale chrétienne a pu être vue avec méfiance par le pouvoir, puis de considérer l'écriture ésotérique comme l'expression épistémologique hébraïque par excellence.

 

I. Hébreu exotérique et identité : l'Angleterre verus Israel
 
 
L'étude de l'hébreu en Angleterre n'est pas née à la Renaissance. Il faut rappeller que les ordres missionnaires, et en particulier les Dominicains, avaient toujours prôné l'étude de l'hébreu, mais dans le but explicite de la conversion des Juifs. Le premier grand enseignant de l'hébreu en Angleterre fut Robert Grossetête (1175-1253), qui devint plus tard évêque de Lincoln, et l'un de ses plus éminents élèves fut Roger Bacon (c.1210-1290), qu'il enseigna à Oxford .
 
L'un des élèves de Bacon fut Nicholas de Lyra (c. 1270-1340), dont les commentaires montrent une parfaite connaissance des commentateurs juifs, dont Rashi . L'influence des études d'hébreu à Oxford eut un impact sur les couvents franciscains de Cambridge. Henry de Costesy fut nommé lecteur à l'Université vers 1326 pour l'hébreu et le grec. Il faut enfin nommer parmi ces érudits franciscains Richard Brinkeley, qui résida à Cambridge de 1480 à 1518.
Retenons de ce chapitre historique que les Dominicains, premiers hébraïsants en Angleterre, sont porteurs du paradoxe de la relation du pouvoir royal anglais à l'hébreu, soit une utilisation méfiante et contrôlée de cette langue. Les Dominicains prônent en effet l'étude de l'hébreu... mais pour convertir les Juifs. En Europe, cet ordre conseille l'étude du texte hébraïque, mais la destruction du Talmud. Rappelons que sous les pontificats de Grégoire IX et Innocent IV, ils ont été à l'origine des auto-da-Fé de Talmud à Paris.
 
L'utilisation de l'hébreu par le pouvoir royal s'inscrit donc dans une tradition, mais en apportant le changement du sens de l'étude de cette langue. Il ne s'agit plus d'étudier l'hébreu pour convertir, mais pour fonder le pouvoir. Le changement majeur dans les relations de cette langue au pouvoir est établi par l'Acte de scission d'Henry VIII d'avec l'Eglise catholique. Cet acte, en plaçant le roi à la tête de l'Eglise anglaise, va mêler indissociablement tout acte religieux à la politique. Revenons un instant sur cette médaille frappée en l'honneur d'Henry VIII, "roi d'Angleterre et d'Espagne". L'avant dernière et la dernière ligne énoncent : "mitahat hamashiah rosh elion" : sous le messie tête suprême. L'énonciation en hébreu est, certes, la traduction du grec "ipo christo", mais simultanément, et chaque langue reflètant une idéologie différente, elle prend le sens hébraïque du terme massiah, et confère une dimension messianique, futuriste, au roi Henry. De plus, l'hébreu vient conférer une dimension sacrée à l'énoncé, puisqu'il évoque le texte biblique, original.
 
L'acte de suprématie d'Henry VIII se cherche une légitimité avec ce retour aux origines, et l'utilisation de l'hébreu sur une médaille commémorant cet acte n'est pas un hasard. Simultanément, cette médaille résume l'ambigüité de l'utilisation de l'hébreu et montre qu'elle ne peut être réduite à un emprunt. Le sens des mots hébreux est encadré par les termes grecs sur le verso et latins sur la face de cette médaille. Il y a là la métaphore de l'utilisation de cette langue, et de la reprise de l'identité hébraïque par le pouvoir royal. L'hébreu est une langue de référence, si elle sert le sens latin du texte/de la religion/du pouvoir.
 
 
1. La fondation de l'Eglise d'Angleterre et de son identité sur le retour au texte original hébraïque
 
La fondation de l'Eglise d'Angleterre s'énonce dans un mouvement général de retour aux sources. Tout d'abord, il faut garder en mémoire que la défense du roi Henry VIII auprès des autorités ecclésiastiques avait été menée par Wakefield, un éminent hébraïste de Cambridge, sur la base des sources rabbiniques de commentaires bibliques . La dispute du roi l'avait donc entraîné de prime abord sur le terrain de l'érudition biblique et des sources hébraïques, et la question de sa légitimité, de celle de son divorce et de son remariage se confondait ainsi avec la question des textes originaux et de la primauté du texte hébraïque. Rappelons aussi le motto fameux "ad fontes" repris à la fois par les catholiques et les protestants de la Renaissance.
 
Rappelons l'injure de "prostitute of Babylon" qui résonne dans toute la Renaissance anglaise. Ce faisant, les humanistes insistent sur l'importance du travail de traduction, sur la nécessité d'un retour aux textes originaux, et se renvoient réciproquement l'injure de mauvais traducteurs d'hébreu . Après l'Acte de Suprématie, Henry VIII se voit porté naturellement au même mouvement que ces humanistes de tous bords, et l'Eglise d'Angleterre s'énonce elle aussi comme un retour au texte.
 
 
C'est sans doute ce qui justifie la présence d'un Talmud parmi les biens personnels du souverain. Bien qu'il n'y ait pas de preuve, actuellement, que ce talmud ait effectivement servi à l'enseignement de ses filles par un rabbin, il reste des traces d'une éducation hébraïque de Mary Stuart, dont le psaultier porte en marge des commentaires en hébreu de sa main, et on sait par la gouvernante Baltheva Makvi que la reine Elisabeth parlait parfaitement l'hébreu. Sous Elisabeth, l'édification du pouvoir à partir de l'hébreu s'accentue, au même rythme que se durcit l'opposition papale. La bulle d'excommunication du pape en date du 25 Février 1570, Regnans in Excelsis, ne laisse aucune place au doute ni au compromis. La reine est excommuniée, c'est-à-dire déclarée hérétique, et mise au ban de la communauté de l'Eglise.
 
La traduction de la Bible se fait sous le contrôle royal, et on notera que Parker remet la traduction à William Cecil pour la remettre à la reine Elisabeth avec la liste des traducteurs, ce qui peut être interprété comme une marque d'honneur ou bien comme une volonté de contrôle de cette traduction par le pouvoir. Cet intérêt pour l'hébreu, mais aussi pour les sources juives dans la famille royale crée, sans doute possible, un mouvement en chaîne chez les intellectuels de la période élisabéthaine. On en voit des traces dans la dédicace de la traduction biblique latine de Tremelius à la reine Elisabeth. Cette traduction avait la particularité de se fonder sur de très nombreux commentateurs rabbiniques pour résoudre les problèmes de sens. Tremelius, double converti du judaïsme au catholicisme, puis au protestantisme, effectue dans sa vie individuelle un mouvement de retour au texte original, par les traductions, mais aussi aux sources, qui le met en péril auprès des autorités catholiques (de la reine Mary).
 
Cette référence aux sources reste source de polémiques même auprès des autorités protestantes: la dédicace à Elisabeth est sans doute plus qu'un hommage, et elle remplit certainement la fonction d'une demande de protection comme c'était souvent le cas à cette époque. Il faut insister sur l'oeuvre de Tremelius et sur cette traduction en particulier, car elle montre que le mouvement de retour au texte hébraïque, qui trouve sa consécration avec la traduction de James en 1611, commence très tôt, et exprime le besoin du pouvoir royal de consolider une légitimité après l'acte de scission religieuse, puis, avec l'accession au trône d'Elisabeth, et l'édification de l'Eglise anglicane. Si les traducteurs encouragés dans cette voie collaborent avec le pouvoir dans cet acte de légitimation par l'hébreu et les sources hébraïques, on constate que le pouvoir élisabéthain fut particulièrement actif dans l'édification de la connaissance de l'hébreu.
 
 
2. L'enseignement de l'hébreu dans les écoles et les universités Les universités
 
 
Après la scission d'Henry VIII d'avec l'Eglise catholique romaine, le roi s'empressa de mettre en place des édits visant à contrôler les universités. Ces édits interdisaient d'une part "toute cérémonie, constitution ou coûtume qui empêchait qu'un enseignement correct ait lieu", ("all ceremonies, constitutions and observances that hindered polite learning" ), mais, de plus, instituait deux "conférences"/cours par jour ("lectures"), l'une en latin, l'autre en grec. A Cambridge, Thomas Leigh institua pour sa part une conférence publique soit en hébreu, soit en grec, aux comptes de l'université, et la remise des comptes au pouvoir royal.
 
Thomas Cromwell accorda de ne pas lever de taxe sur Cambridge et Oxford, à condition que soit établie une conférence gratuite et publique au nom du roi Henry VIII qui soit dans l'une des trois langues, latin, grec ou hébreu . En 1540, la charge financière de ces postes passent sur le budget de la cathédrale de Wesminster et le nombre de conférences/cours tenues par les universités passe à cinq, incluant la théologie (divinity), la loi (civil law), la mèdecine, le grec et l'hébreu. Westminster devait alors payer 400£ par an pour payer ces enseignements. Cette phase dura jusqu'en 1546 lorsque Trinity College fut fondée à Cambridge et Christ Church à Oxford. Les professeurs de théologie, grec et hébreu devaient être à la charge des nouvelles fondations, et les autres à la charge de l'état. Ces mesures marquèrent le triomphe de l'humanisme, tout en scellant la main-mise royale sur l'enseignement de l'hébreu dans les Universités, alors que la garantie du salaire par le pouvoir royal et les universités assura un essort sans précédent à tous les enseignements.
 
Le lecteur royal de Cambridge est en hébreu, celui d'Oxford en théologie (divinity), et il semblerait que le lecteur de 1536 de Cambridge n'ait été autre que le frère cadet de Robert Wakefield, (Thomas), dont on a vu l'importance dans la dispute royale avec la papauté et le recours aux textes hébraïques. La fondation des Trinity College par Elisabeth contribue à l'essor de l'hébreu, et la reine elle-même devait à la fois connaître cette langue et lui accorder une certaine importance, puisque sa visite à Oxford en 1566, elle se voit accueillie par Thomas Neale qui lui lit un discours de quinze lignes en cette langue, suivi d'un poème de cinq strophes en hébreu (MS Bodleian 13). La reine procèdera aussi à un décret sur les grammar schools visant à l'enseignement de l'hébreu dans les écoles primaires, mais il semble que ce décret n'ait jamais pû être appliqué.
 
 
3. L'éducation noble
 
 
L'érudit florentin Petrucchio Ubaldini rapportait qu'en Angleterre "les riches font apprendre le latin le grec et l'hébreu à leurs fils et à leurs filles, car depuis que les tempêtes de l'hérésie ont envahi le pays, ils tiennent pour utile de lire les Ecritures dans les langues originales." Il est difficile de saisir l'importance de ce phénomène sur un seul témoignage, mais on trouve de semblables remarques dans l'oeuvre de Lawrence Humphrey dans The Nobles, Of the Nobility, qui recommande aussi l'enseignement de l'hébreu. Dans les royal wards des orphelins nobles, Bacon, puis Gilbert, s'efforceront à plusieurs reprises d'établir une éducation idéale comprenant l'enseignement de l'hébreu. Mais ce plan restera, en dépit de ces dispositions, inappliqué.
 
 
4. Les écoles
 
 
Le 27 Novembre 1539, Thomas Cromwell envoya à Crammer une lettre concernant la reconstitution de l'église de la cathédrale de Canterbury. L'acte du Parlement légalisait la saisie de l'argent des monastères, mais établissait une école attachée à cette église où avait lieu un enseignement de l'hébreu . Les revenus de la cathédrale devaient selon Cromwell payer l'enseignement de l'école. Un tel plan devait être appliqué à d'autres écoles de cathédrales, ainsi que le confirme le document King Henry VIII's Scheme of Bishoprics.. Dans les faits, ce plan ne fut pas appliqué, et il n'y a pas de preuve que l'hébreu ait en définitive été enseigné à Canterbury.
 
Sous Elisabeth, cependant, des écoles voient le jour où l'hébreu sera effectivement enseigné. The statutes of Merchant Taylor's School, approved by the governors in 1561, stated that the headmaster must be proficient in Latin and Greek, 'if such may be gotten'. There is no mention of Hebrew. Such an omission may be explained by the difficulty in finding anyone capable of satisfying the requirement, or by the dependence of the statutes on those drawn up by Colet for St Paul's School fifty years previously. But despite the lack of statutory provision, it is certai tha instruction in Hebrew was offered from the beginning.
 
The first three headmasters, Richard Mulcaster, henry Wilkinson and Edmund Smith, were all capable of giving it, and there is contemporary evidence that at least one of them did so. On 10 June 1572 an entrance examination to St John's College, Oxford, was held at the school. Two senior boys were to be elected. The examiners included Nowell, Dean of St Paul's, Watts, Archdeacon of Middlesex and Horne, Bishop of Winchester. 'Before this venerable assembly the head scholars of the school presented themselves for examination and after one of them had briefly enumerated the several books they were learning in Latin, Greek and Hebrew, the examination began ' (Jones 230) Hormis cette école, Jones cite encore St Paul's School, Westminster School, et Bedford School, où aurait été enseigné l'hébreu pendant le seizième siècle.
 
L'hébreu et la culture hébraïque participaient donc aux fondements de la nouvelle religion et de la légitimité du pouvoir royal. Il est remarquable de constater que cette question d'identité (juive), qui est à l'origine de cette étude, surgit dans l'histoire d'Angleterre à propos d'un problème d'identité (royale), et du problème de succession d'Henry VIII, avant de devenir le problème d'identité d'Elisabeth (la bâtarde), puis de l'Angleterre anglicane toute entière. L'identité (et selon l'éthymologie du terme "identitus", le modèle) hébraïque est empruntée pour faire opposition à une autre identité, romaine.
 
Cet ancrage identitaire est crucial à l'heure de la naissance des sentiments nationaux en Europe, et répond à la fois aux aspirations d'unité de son peuple pour la reine Elisabeth, et à l'attente messianique dépourvue d'objet des puritains et des catholiques, aspirations que nous allons évoquer rapidement.
 
5. L'espoir d'une "langue et religion commune" pour lier catholiques et protestants
 
 
On peut penser que cette insistance sur l'hébreu était une autre expression de la tactique subtile de la reine Elisabeth pour ne pas établir une Eglise qui serait ou protestante ou catholique, mais bien fonder une église anglaise originale unissant ses sujets. Le retour aux sources linguistiques et textuelles des deux religions éloignait le spectre de la St Barthélémy dont on sait qu'elle l'avait profondément affectée.
 
Une nouvelle église qui serait un compromis entre le protestantisme et le catholicisme lui permettait d'unir ses sujets en une religion, tout en offrant une solution aux catholiques, que la bulle papale d'excommunication de leur reine atteignait tout autant qu'elle. Etait excommuniée avec la reine toute personne acceptant de lui obéir, et la bulle invitait ainsi les croyants -les catholiques anglais- à rejeter l'autorité temporelle et spirituelle de leur reine. Cette bulle ne fut pas suivie par les catholiques, pour qui la fidélité au trône primait, et qui se trouvaient déjà isolés dans la société anglaise, sans secours réel de l'extérieur. La reine Elisabeth mena sans cesse une politique ambigüe, qui accordait, tour à tour, aux protestants et aux catholiques, sans que sa préférence fut perceptible, pour l'un ou l'autre camp.
 
En 1559, lors d'une messe dans la chapelle royale, les autorités de l'Eglise anglicane découvrirent avec horreur qu'un crucifix avait été placé dans la chapelle royale, et que deux chandeliers figuraient désormais sur la table, "standing altar-wise", c'est-à-dire placés ainsi que sur un autel, et ce, alors que la signification de la messe pour les réformés ne signifiait pas le renouvellement du sacrifice pascal, mais l'étude avant tout de la Bible. L'affaire prit immédiatement la dimension que souhaitait la reine, c'est-à-dire que cet acte fut interprété par les protestants comme un arrêt de la Réforme et par les catholiques comme une forme de conciliation destinée à leur faire accepter la religion réformée par la reine comme une religion, avant tout, nationale selon le vieux principe établi : cujus regio, ejus religio. Après ce qui paraît être une première prise de position religieuse, la reine prit à nouveau la parole dans ce domaine.
Sur le conseil de Richard Godrich, qui semble avoir écrit Device for Alteration to Religion (3) en réponse a une commande royale, Elizabeth manifesta à nouveau sa volonté et sa diplomatie religieuse concernant le dogme de la transsubstantation.
 
 
L'affaire de l'hostie et le problème de la transsubstantation : une prise de position protestante
 
In a dramatic episode she ordered Bishop Oglethorpe not to elevate the host; he refused, and when he reached that point in the mass Elizabeth rose and stalked from the chapel, making clear to all that she did not accept transubstantiation. (Norman L. Jones 32) A ce sujet la reine écrivit un texte, où elle exprimait de façon étonnamment claire un point de vue protestant en pratiquant à nouveau une politique d'actes provocateurs qu'elle laissait son public libre d'interpréter. As the members of Parliament gathered for the opening of the session, the Queen gave further indications of her religious intentions.
 
Elizabeth absented herself from the traditional mass of the Holy Ghost and when she was at Westminster Abbey by a procession of monks with lightes tappres, incense and holy water, she cried; 'Away with these torches, we see very well.' (Norman L. Jones 37) Sur tous les sujets brûlants de la religion, sur tous les thèmes enflammant les puritains et les réformés, la reine prenait la parole, sinon montait en scène, et occupait donc le premier rôle. On constate la même obstination quand elle obtint habilement la perte de la majorité catholique dans le Parlement suivant, lorsque les représentants catholiques se virent refuser le droit de réponse au représentant de la couronne dans la disputatio ouverte et apparemment libre.
 
Outrés, ils quittèrent le Parlement, perdant de facto la majorité, et permettant ainsi l'établissement des réformes auxquelles ils s'opposaient. Les historiens sont partagés entre l'interprétation d'une position royale imposée par la situation, par des déclarations protestantes dictées par les événements et la puissance menaçante des puritains, ou, au contraire, l'existence d'une politique religieuse tacite mais ferme, établissant une religion de la via media destinée à réunir tout un peuple. En fait, il semble bien que la reine, avertie par le règne sanglant de sa soeur et par la St Barthélémy des dangers des affrontements religieux, ait tout tenté pour créer une église de compromis destinée à unir ses sujets. Cette Eglise et sa nouvelle identité trouvait, elle aussi, sa légitimité dans un retour à l'hébreu.
 
 
Une atmosphère propice à l'attente des catholiques et des puritains
 
 
Enfin, l'attente qui caractérise le messianisme juif répond au sentiment d'attente des puritains et des catholiques. Les puritains attendent une réforme plus profonde de l'Eglise anglaise, et justifient ainsi son état auprès des protestants étrangers. Mais les catholiques sont aussi caractérisés par une attente indéfinissable, car ils voient dans les demi-mesures de la reine Elisabeth une volonté de tergiversation devant permettre ensuite un retour à l'église catholique. For the committed Catholic there was in these years always the hope that better days might come. Bishop jewel commented to Peter Martyr in 1562 that the Papists were thought to be 'expecting something, I know not what, no less than the Jews do their Messiah
 
Les textes hébraïques et la tradition qui les accompagne correspondent intimement à cette atmosphère, et favorisent ainsi l'efflorescence des mythes royaux élisabéthains de messianisme. L'hébreu et l'hébraïsme d'un premier type, encouragés par le pouvoir royal, correspondent à l'expression d'une identité d'emprunt visant à s'opposer à la légitimité romaine par une légitimité plus ancienne et ainsi plus vénérable, plus sacrée parce que biblique. Mais, parallèlement à ce premier type d'hébreu et d'hébraïsme, on trouve un hébreu et un hébraïsme liés à une expression ésotérique, et dont le sens et l'identité ne peuvent être mis en lumière que par contraste avec l'idéologie politique et religieuse du pouvoir.
 
 
II. L'hébreu, l'hébraïsme, et la cabbale chrétienne comme émergence d'une troisième force
 
 
Constatons que, face aux traductions commandées et contrôlées par le pouvoir royal, face aux institutions d'enseignement de l'hébreu mises en place par lui, nous trouvons l'initiative de traducteurs de cabbale et de cabbale chrétienne, les réunions et études spontanées de ces traducteurs, les échanges épistolaires de ces traducteurs et des écrivains, et enfin la réunion de groupes de cabbale chrétienne.
 
Or il est frappant de constater que l'hébraïsme, en tant que culture hébraïque perçue ici souvent par l'intermédiaire de textes commentateurs, voire de cabbale chrétienne, devient à nouveau une source d'identité, (au sens littéral du terme, c'est-à-dire un modèle), puisque ces groupes prennent ensuite le modèle ésotérique comme forme de leurs écrits. Il est clair alors que les études cabbalistiques et la cabbale chrétienne, qui avaient d'abord enthousiasmé les penseurs académiques les plus réputés de l'Angleterre, ont dû ensuite entrer dans la clandestinité. L'ésotérisme des textes inspirés par cet hébraïsme est donc de deux ordres : il peut s'agir d'un ésotérisme dû au contenu sacré ou divin du texte, mais aussi d'un camouflage de la clandestinité.
 
Nous verrons dans cette partie quel était l'historique de la réception de la cabbale à travers la cabbale chrétienne en Angleterre, avant de centrer notre analyse sur les traducteurs de cabbale chrétienne, puis de voir les diverses formes d'ésotérisme de leurs textes.
 
 
1. Les fervents lecteurs de Reuchlin et de Pic de la Mirandole
 
 
Reuchlin avait de nombreux admirateurs en Angleterre depuis le début du XVIe siècle. Sir Thomas More, l'évêque de Rochester, Fisher, l'érudit mèdecin Linacre, Grocyn, premier enseignant de grec à Oxford, Colet, Doyen de St Paul, Tunstall qui sera ensuite Evêque de Londres. On oublie d'autre part souvent que Thomas More est l'un des traducteurs de l'oeuvre de Pic de la Mirandole en anglais.
 
Parmi ces érudits, on trouve ainsi des universitaires. Il est évident qu'à son origine, l'intérêt pour la cabbale chrétienne ne se différencie pas fondamentalement de l'essor de la culture hébraïque exotérique, puisque c'est par exemple John Colet, à son retour d'Italie enthousiasmé par Pic de la Mirandole et l'oeuvre de Ficino, qui oeuvrera pour le développement des études bibliques et hébraïques à Oxford en 1496. Mais très vite, on voit se distinguer deux tendances, entre ceux qui pensent que l'étude de l'hébreu, des sources hébraïques, et de Reuchlin a des limites à ne pas franchir, et ceux que l'étude approfondie de tous ces textes tente.
 
Colet lui-même n'apprendra l'hébreu que fort tard, comme si Reuchlin, intermédiaire avec cette culture, lui avait suffit. Wakefield et Fisher ont un point de vue divergeant sur ce point qui pousse Wakefield à quitter Cambridge. En 1555, John Cheke le premier Regius Professor de grec à Cambridge écrit dans une lettre à Stephen Gardiner que l'hébreu a encore ses détracteurs et que l'étudier peut miner une réputation . On voit peu à peu se distinguer les études officielles des sources hébraïques de celles de la kabbalah, et de la cabbale chrétienne proprement dite.
 
2.Le cas des traducteurs de Kabbalah et de Cabbale en Angleterre.
 
L'étude de la liste des oeuvres traditionnellement considérées comme majeures par les Cabbalistes chrétiens français, traduites en latin ou en anglais, ainsi que de la liste des oeuvres de Cabbalistes chrétiens français traduites en anglais, nous permet d'établir la liste de traducteurs anglais d'ouvrages de Kabbalah ainsi que de Cabbale que nous reproduisons en annexe. Les traductions de textes cabbalistes, ne sont pas le fruit du hasard.
 
Elles suivent la logique permettant la récupération de certains thèmes messianiques et royaux, en abandonnant ceux qui seraient trop centrés sur le sentiment national français. Les traducteurs montrent des liens entre eux que nous avons donc résumé dans le tableau suivant : Schéma des liens existant entre les traducteurs et quelques intellectuels anglais contemporains Dans ce schéma, nous avons résumé les relations et liens entre des traducteurs en prenant pour principe supplémentaire qu'un traducteur s'intéresse à une traduction d'un ouvrage du même auteur, ou au même ouvrage traduit par un autre traducteur. Les flèches figurant ce type de lien sont donc surmontées de la mention "double traduction", suivie du nom du Cabbaliste chrétien traduit ainsi par deux traducteurs différents.
 
Les relations personnelles des traducteurs entre eux -celles du moins dont nous possédons une trace- sont représentées par des flèches. Ces relations personnelles mettent en évidence la centralité du personnage de John Dee dans ce réseau. Enfin, quand un traducteur avait été suivi par sa famille ou une partie de sa famille dans son engouement pour la Cabbale chrétienne, le nom des membres de sa famille figurent alors en groupe en-dessous ou immédiatement à côté du sien. En ce qui concerne les traducteurs pour lesquels nous ne connaissons pas un lien quelconque avec d'autres traducteurs ou d'autres mentors, nous avons symbolisé ce manque d'information par un point d'interrogation.
 
Enfin, nous avons reproduit à droite de ce tableau et reliés entre eux par des traits droits les intellectuels figurant dans la liste des membres connus de l'Areopagus. Certaines relations ont pu exister, du moins la déduction logique nous pousserait à les voir en filigrane dans des idées communes : John Colet intéressé au plus haut point par l'hermétisme et par la théorie héliocentrique a pu fort bien rencontrer John Harvey, traducteur de l'Hermes Trismegiste, ou son frère William, qui appliquait cette théorie à la médecine (il avait écrit également un ouvrage sur la circulation sanguine,De Motu cordis), comme Colet .
 
Nous sommes malheureusement réduits à des suppositions pour cette relation et cet échange, et nous n'avons donc pas établi de lien certain entre eux. Des dédicaces tendent à montrer qu'un lien existait également entre Shakespeare et ce groupe. Il est à peu près certain que la liste des membres de L'Areopagus ainsi que des adeptes qui gravitaient autour de ce groupe n'est pas représenté de façon exhaustive dans ce schéma, même si nous pouvons à présent élaborer avec plus de fermeté l'hypothèse d'un groupe de Cabbalistes chrétiens anglais, fondé à l'instar de celui de la cour de France sur la traduction - appropriation des textes considérés comme majeurs par ce groupe .
 
En fonction du nombre de relations individuelles centrées sur la personne de John Dee, on peut également affirmer que ce groupe était "dirigé" par John Dee, et entrevoir là l'organisation d'un groupe de traducteurs-écrivains devant propager une certaine idéologie. Ces auteurs ne semblent pas montrer pour la plupart de connaissance de l'hébreu, mais leur intérêt pour la mystique hébraïque est évident. Cet intérêt les lie de façon pratique, puisqu'on s'aperçoit que ces traducteurs étudient ensemble les textes de cabbale chrétienne de l'Europe de la Renaissance. Une analyse plus approfondie de leurs thèmes d'étude met en évidence l'importance de la tradition hébraïque dans sa forme ésotérique au centre de l'étude de ce groupe.
 
3. L'étude de la kabbalah et de la cabbale chrétienne
 
Le groupe de ces traducteurs étudie autour de John Dee, et il semble possible de les identifier avec le groupe de l'Aeropagus dont parle la correspondance de Spenser et Gabriel Harvey sur la base des personnes citées nommément dans ces lettres. Une lettre de Spenser à Gabriel Harvey nous informe que Sidney et Dyer ont fondé un groupe nommé Areopagus, et que ce groupe est "destiné à compter les syllabes les lois et les quantités des vers anglais": [Philip Sidney and Edward Dyer] have proclaimed in their Areopagus, a generall surceasing and silence of balde Rymers, and also of the verie beste to : in steade whereof, they have by authoritie of their whole Senat prescribed certaine Lawes and rules of Quantities of English sillables, for English Verse : having had thereof already great practise, and drawen mee to their faction.(Gabriel Harvey, Letter Book)
 
Cette lettre montre que Gabriel Harvey n'était pas seulement le frère d'un traducteur de Cabbale chrétienne, mais qu'il correspondait avec Spenser, qui appartenait à un groupe intellectuel dont le noyau unificateur semble bien avoir été ce type d'études. Peter French considère le groupe de l'Areopagus et le limite aux personnes citées par Spenser, ( Sidney, Dyer Greville, Daniel Rogers et Dee) tout en élaborant la thèse que ces études qui ne traitaient certainement pas seulement de versification étaient le fondement d'un groupe hermétique.
 
Il est évident d'après la contradiction même dans la lettre de Spenser qu'il ne s'agit pas que d'un groupe de versification. Spenser nous informe simultanément de la fondation d'un groupe établissant de nouvelles règles de versification pour annoncer ensuite qu'il a été admis dans ce groupe pour être instruit en cet art par ses membres si doctes et déjà expérimentés. Gabriel Harvey comprend à demi-mot puisque sa réponse indique qu'il honore plus ces hommes et ce groupe que deux cent Dionisii Areopagitae. D'autre part, il n'est pas contradictoire d'associer l'étude de la versification avec celle de la mystique si l'on garde à l'esprit la thèse de Léon l'Hébreu concernant les fondements de l'écriture ésotérique et l'importance de sa forme rimée .
 
Notre thèse est que ce groupe était beaucoup plus important, qu'il comportait un ensemble d'écrivains et de traducteurs, et que leurs études, même si elles utilisaient les thèmes grecs ou hermétiques, et comportaient l'étude de la versification, suivaient ces principes esthétiques et éthiques. Une lettre de Gabriel Harvey montre clairement que l'étude de ce groupe est la kabbalah, puisqu'il utilise les termes de "supernaturall philosophy" (après les avoir utilisé pour désigner la science de John Dee) qui sont à l'époque synonyme de cabbale: [ . . . ] in very deede the soverayne ladye and supreme goddesse of vertues and in a manner the only foundrisse and defenderesse as well of the theoricks as practicks in all sciences and professions, and namely the very mother and nurse of our most mysticall and profondist morall naturall and supernaturall philosophy.[ . . . ] (Letter-Book, 73)
 
Pourtant ce groupe se cache. Spenser et Harvey ne l'évoquent qu'à mots couverts. Et les textes écrits par les auteurs de ce groupe donnent un statut variable à l'hébreu, tout en affichant tour à tour un ton ésotérique ou exotérique. La forme ésotérique du texte dans son rapport à un contenu est indissociable de la question de l'identité, ainsi que nous allons le voir dans la partie suivante.
 
 
III. L'écriture ésotérique et l'hébraïsme : modèle identitaire ou protection vitale?
 
Ainsi deux formes d'ésotérisme apparaissent après deux mouvements hébraïstes différents. L'ésotérisme des lettres entre Gabriel Harvey et Spenser répond sans nul doute à la nécessité de se cacher et de se protéger, alors que l'ésotérisme des textes de cabbale chrétienne reflète un sens épistémologique propre autant que la crainte d'être dévoilé.
 
1. La problématique des sources cabbalistiques et juives chez les frères Harvey : le tournant de l'hébraïsme exotérique à l'hébraïsme ésotérique Une question récurrente obsède Gabriel, John, et Richard Harvey. Il s'agit de la conjonction de Saturne et de Jupiter. Cette conjonction fait référence, on le sait, à la prophétie de Guillaume Postel selon laquelle Jésus étant né peu de temps avant cette conjonction, la septième conjonction verra le retour du messie.
 
Dans la correspondance qu'il échange avec Spenser, Gabriel Harvey parle de cette conjonction à mots couverts, par allusion, sans décrire les éventuelles catastrophes du déluge de feu censées l'accompagner.Harvey rappelle un sujet de discussion de leur dernière rencontre, mais ne le mentionne pas explicitement. Ces détours embarrassent la compréhension même du texte. Harvey sollicite un conseil après avoir mentionné la conjonction de Saturne et de Jupiter et demandé, comme nous l'avons déjà dit, du poil de sa barbe à Spenser.
 
 
In ye meane space I knowe you maye for your hability, and I praesume you will of your gentlenes, affourde me so mutch of your stoare other wayes as shall reasonablely serve to be imployed on so avayleable and necessary uses. Rather than fayle, I request you most humbly let me borrowe them bothe uppon tolerable usurye. I am forthwith to give you my obligation for repayment of the principalls with the loane at the daye appoyntide, contrived in as forcible and substantiall manner as your selfe or your lernid counsel can best devise. (Gabriel HarveyLetter-Book 74 Folio 40,41, et 41b)
 
Tout porte alors à penser que Gabriel cache ses sources et ses conclusions pour éviter d'être associé ouvertement à des études de cabbale si la lettre était découverte. Il cherche en effet à être admis dans les cercles établis de Pembroke Hall, et sa crainte montre donc que les études de cabbale chrétienne étaient de mauvais ton. La datation précise de la lettre n'est pas possible, mais elle est postérieure à 1575 d'après les lettres antécédentes. En 1583, John Harvey publie une éphéméride dans laquelle il prédit les catastrophes devant suivre ladite conjonction de Saturne et de Jupiter. Le texte de John Harvey (la prédiction de 1583) s'intitule &laqno;prophétie».
 
Il annonce une fin du Monde tout en notant que les plus pieux seront peut être sauvés. Mais par son titre même, il situe son texte, et les intertextes qu'ils citent, sur le même plan que l'Apocalypse. Ce texte cite implicitement Postel. Le texte de John Harvey, après sa dédicace habituelle à un protecteur, commence par une dédicace et une adresse à son frère aîné, Gabriel. John commence par justifier ses études en astrologie en espérant montrer, par son ouvrage la valeur et le sérieux de cette science. Aussi bien, dit-il, les controverses de Pic de la Mirandole, d'Agrippa, et de bien d'autres, ont trouvé leurs réponses depuis longtemps (4-5).
 
Ce faisant, John semble justifier son intérêt pour l'astrologie en se défendant bien de ne pas toucher à la cabbale, ce qui est assez singulier. Il cite ensuite de grands gentilhommes fort sages s'adonnant à cette étude, dont Thomas Eliot, Thomas Smyth, Recorde, Dee, Digges, Securis, Buckmaster, Mounflowe, Twyne, Baro, et Foster.
 
Dans cette liste, Eliot, Dee, et Digges, qui étudient la cabbale chrétienne, sont ainsi mêlés à des intellectuels moins compromis. Se défendant d'être confondu avec un faux prophète, John aspire, comme Richard, à être considéré comme chercheur d'une science centrée sur un phénomène de la nature, dont l'influence est trop importante pour être délaissée par l'étude. John annonce ensuite que l'année 1583 sera marquée par une conjonction funeste de Saturne et de Jupiter. Mais son annonce prend un caractère particulier.
 
Elle est faite en référence au calendrier hébraïque, (utilisé par tous les frères Harvey pour vérifier leurs calculs et pour dater le monde), et s'inscrit en contrepoint du rapport temporel habituel avec le déluge, comme avec les grands événements des civilisations de l'Antiquité : In this year ensuing, 1583, which from the creation of the world is 5545 (to overpasse other needeless computations and Chronologies : as how long from Noahs flood. how far from the destruction of Troy? how many years from the Assirian, Persian; (Macedonian monarchie, and so forth). The 28 of April beeing Sundaye, about high noone, there shall great and notable Coniunction of the two superiour and weightye Planets Saturne and Iupiter, which coniunction shall be manisfested to the ignorant sort, by many fierce and boysterous winds then sodenly breaking out and continuing certaine daies before, and certaine daies after the same Coniunction Enfin John cite le pseudo prophète Elias et la prophétie talmudique des 6000 ans du monde.
 
En 1583, le monde n'ayant pas connu le déluge de feu annoncé, il est certain que Richard Harvey se doit de prendre une autre démonstration lorsqu'il prend la plume à son tour. En 1588, Richard Harvey commet un nouvel ouvrage consacré au même thème, dans lequel il réfute une à une toutes les prophéties en vogue à son époque, allant jusqu'à retranscrire la prophétie d'Elias en lettres latines pour la réfuter : TANA ABE ALIAHU SESETH ALAPHIM SHANA HAVE HAOLAM SENE ALAPHIM TOHU: VSNE ALAPHIM THORA: USNE ALAPHIM IEMOTH HAMASHIHI VBA HAVENOTHEMA SHERABU IASHU MEON MASCIAS.
 
 
Richard dénonce cette prophétie en opérant une curieuse et brutale transposition de ces données dans le calendrier chrétien. Richard reprend la prophétie de Guillaume Postel, mais il ne cite pas ce dernier, et il se montre fort virulent vis-à-vis des sources juives, comme Léon l'Hébreu en citant cette fois-ci une prophétie de celui-ci concernant la Fin du Monde au bout d'un cycle de 50 000 ans fondé sur un calcul multipliant le chiffre sacré des jubilés. Richard ne semble pas savoir que cette prophétie dissocie, en fait, les temps messianiques et Fin du Monde, et il en conclut que cette prophétie ne peut que se tromper, car il est évident selon lui, que les signes sont clairs et que la venue du messie est proche.
 
La différence de traitement des sources juives et cabbalistiques entre les trois textes des frères Harvey est frappante. Le texte de Richard, qui est le plus tardif, montre un effort permanent d'orthodoxie chrétienne, et un rejet des sources juives, qu'il ridiculise au même titre que les autres prophéties issues d'autres cultures. Il critique Reuchlin pour son attirance pour la synagogue et se défend d'appuyer son discours sur sa prophétie, alors que nous savons que la prophétie de Guillaume Postel avait surtout été diffusée par Reuchlin. Ce rejet est concommitant du rejet des textes cryptés en général, puisque c'est l'argument clé de son refus ou de son accord de certaines prophéties .
 
Le texte de John s'appuie sur des sources hébraïques et les cite ouvertement, tout en insistant sur l'importance de l'astrologie et des calculs auxquels il a procédé. Le texte de Gabriel Harvey, qui semble être le premier chronologiquement, reste le plus allusif. Nous en concluerons que l'hébraïsme en tant que culture indépendante du pouvoir était associé à l'ésotérisme, et à une identité religieuse hérétique, ce qui explique la prise de distance officiellement affichée par le dernier texte.
 
Le texte de John Harvey de 1583 est le plus audacieux, sans doute parce que son auteur espérait démontrer avant tout la fiabilité de l'astrologie qu'il considérait comme une science. L'absence de réalisation des événements prédits, associée à ses citations très libres expliquent le retournement conservateur du texte de Richard en 1588, qui joue sa réputation et celle de son frère, puisqu'il imprime à la fin de son texte un poème de John sur les miracles attendus avec cette apocalypse. Dans le contexte historique de cette fin de siècle, le thème de ces textes, (le déluge de feu), n'est sans doute pas non plus anodin, et on peut imaginer sans difficulté que ce genre de prédiction n'était pas perçu d'un très bon oeil par le pouvoir royal alors que se multipliaient les excès de prédicateurs et des millénaristes.
 
Esotérisme et hébraïsme, sont ainsi de plus en plus associés à une identité interdite de sorte que le ton allusif de la correspondance de Gabriel Harvey et de Spencer se comprend mieux à la lumière de leur intérêt commun pour la cabbale.
 
2. Correspondance ésotérique et étude cabbalistique : l'ésotérisme camouflage identitaire
 
La correspondance de Gabriel Harvey et Spenser prend progressivement un ton ésotérique dont on perçoit par le nombre de précautions requises de Spenser par Harvey qu'elle émane d'un besoin de sécurité, dans un contexte dangereux. Harvey demande ainsi à Spenser de détruire ces lettres où il semble plaisanter en lui demandant de lui vendre quelques poils de barbe, en insistant sur le fait qu'il ne faut pas qu'elles soient trouvées.
 
Un vocabulaire précis de connivence s'établit entre les partenaires, dont nous ne percevons que progressivement et partiellement les éléments. Et c'est bien de connivence qu'il s'agit, dans le terme même de "conceit", qui, de fait, désigne certes une figure de style comme l'indiquait son sens étymologique italien, mais aussi un code, entendu. Ces codes sont préétablis par le groupe, de sorte que même si le lecteur les cerne, il ne lui est pas toujours possible de les élucider. Quelques lignes plus loin, toujours dans la même lettre, c'est là le voeu explicitement énoncé par Gabriel Harvey à Spenser : communiquer et être compris de lui seul. " I beseeche, you in good ernest, have speciall regarde to the praemisses, and whatsoever I communicate privately with yowe or howe merrely so ever I write unto you, lett it be Mum to all the world beside, and rekonid in secretis non revelandis." (Letter-Book, 76).
 
Plus loin encore, il parle de "secret tuition" (instruction secrète). Gabriel Harvey semble bien vivre une forme d'initiation, initiation d'une écriture qui serait elle-même divine, messianique, puisqu'il précède des "conceitid letters" qu'il soumet au jugement de Spenser de la phrase "From my chamber the daye after mye victorye", sans qu'aucun événement relaté dans la lettre ne nous donne à penser qu'il s'agisse là d'une allusion à des faits purement matériels. Dans une lettre ultérieure, il cite enfin ses philosophes, évoquant après les "active philosophers les "contemplative philosophers", Philibert de Vienne, Galatro, Balthazar Castiglione, Stephan Guazzo, Paolo Javio, Plutarque, Frontini, Polaenus, Guicciardini, et enfin Jean Bodin et Louis Le Roy, "or sum other like Frenche or Italian Politique Discourses". Les sources cabbalistes chrétiennes lui sont donc connues, et Harvey les cite comme réflexion historique, et métaphysique.
 
Dès lors, on comprend son enthousiasme à l'annonce de la création de l'Aréopagus par Spenser, cette "riminge schoole". L'école d'écriture de l'Aréopagus était bien une école de Cabbale chrétienne, et il nous faut revenir un instant sur l'importance particulière donnée aux lettres comme signifiantes, et sur l'allusion à une découverte de la prononciation du tétragrame. Enfin l'orientation chrétienne de certains textes permet de déterminer avec certitude l'identité de ce groupe d'étude.
 
3. Etude et tétragrame: l'ésotérisme hébraïque et son identité intrinsèque
 
 
Le texte des lettres de Spenser et de Gabriel Harvey mérite à nouveau d'être cité, car il montre une progression du texte vers une dimension ésotérique qui tient à son sujet plus qu'au seul contexte. Dans cette une lettre à Spenser, Gabriel Harvey annonce dès l'introduction qu'il s'agit d'une "conceitide letter", c'est-à-dire comme nous l'avons vu d'une lettre codée. Puis il prétend que ces lettres ont été recopiées, qu'elles émanent d'un meunier qui les aurait écrites à une jeune fille.
 
Le procédé est assez commun. Il est même habituel chez Harvey, qui prétend ainsi avoir des textes de More que le pauvre Thomas n'a certainement jamais vus de ses yeux, mais qui permettent à Harvey de s'innocenter si ces lettres sont prises.
 
The letter to my selfe verbatim, as it was deliverid unto me in an Inne of Courte in his owne hande. I shalbe contente after a newe fashion to lende you the choyce of as many wordes and loovely termes as we in Inglande use to deliver ower thankes in . Choose whether you will have them given or yeeldid, renderid or recontid, impartid or repayde, kutt owte of the whole cloathe, or otherwise powrid owte in the bravist most gallant phraces that ar ether nowe allreddy takkin upp or shall hereafter be devised amongst the finest discoursinge tunges. A rehitall not so phantasticall in shewe as playne and simple in deede. The very paymente of a bankrowte ; and the only token you are like to receive from me at this presente besides a farewell or twoe of the largist size. A mystical and thrise happy worde, wherein is cowshid the mightiest and sovraingist name (Ell ye name of God) under and above the heavens. One of the hightest and divinist poyntes, that I lernid out of Aggruppaes supernotable fourthe bokke de Occulta Philosophia. And saye nowe, I have once in my life bestowid uppon the a Byenote for thy lerninge ; and so once again take Ell with the. He that is faste bownde unto the in more obligations then any marchante in Italy to any Jewe there. (Letter-Booke, 72-73)
 
Il est évident que cette lettre fait allusion à l'enseignement de la prononciation du tétragramme, et ne laisse guère de doute sur le thème de leurs échanges. Le codage de la lettre répond ici à une esthétique autant qu'à l'épistémologie intrinsèque à l'étude cabbalistique, puisqu'il s'agit de l'étude du divin et de ses faces cachées. Cette forme d'ésotérisme est à distinguer de l'ésotérisme que nous qualifierons de "vital", ésotérisme visant à protéger ses membres, et qui s'illustre par l'anonymat presque total du groupe de l'Aeropagus.
 
Pour les cabbalistes, l'ésotérisme des textes touchant au divin est une part intrinsèque de l'étude et de la représentation des concepts divins. La dimension ésotérique tient au processus de lecture et de dévoilement nécessaire qui participent à l'ordre du sens caché de la divinité dans l'univers. Le monde est constitué de moustar, de caché, et de Orot Hakedousha, lumières de sainteté, qui sont des étincelles de la spiritualité encore présentes dans le monde, et qui sont de l'ordre du dévoilement. Les éléments empêchant le dévoilement ou appartenant au monde matériel éloigné de la spiritualité sont appelés des klippots, des coquilles ou bien des couches superposées, et la tâche spirituelle de l'homme consiste à percevoir, dévoiler au-delà de ces couches superposées la volonté du créateur, les étincelles spirituelles permettant la réparation du monde.
 
Pour les cabbalistes chrétiens s'ajoutait une conception issue de la confusion originelle entre le mot et la chose, par le sème de davar : écrire les choses leur confère une existence, et écrire la messianité proche de la reine Elisabeth pouvait permettre la réalisation de cette utopie identitaire.
 
 
Conclusion
 
Les craintes du pouvoir vis-à-vis de l'hébraïsme comme forme d'hérésie sont sans doute la cause essentielle de la clandestinité des études de ce groupe. La cause première est donc religieuse, et on gardera en mémoire la triste fin de Thomas More ou de Thomas Elyot pour imaginer le risque que prenaient ceux que l'on pouvait taxer d'hérésie. Une autre cause se profile cependant qui semblerait plus politique.
 
La liste des fervents admirateurs de Reuchlin est assez hétéroclite pour montrer que ce courant de pensées traversait les divisions religieuses habituelles : la cabbale risquait bien de former une troisième force, concurente des efforts royaux pour unifier l'Eglise d'Angleterre. Enfin, Ficino, la cabbale chrétienne française, et même Reuchlin, représentait des courants culturels venant du continent, et par l'intermédiaire desquels on pouvait craindre une influence extérieure, voire latine ou romaine. Au contre-modèle hébraïque fondant l'identité anglicanne s'opposait un modèle latinisé dont les limites n'étaient pas claires, une identité qui, à l'instar de la religion universelle dont rêvait Bodin, dépasserait les nations et les rois.
 
ANNEXE
 
Thomas More (traducteur His life by his nephew Giovanni Francesco Pico : also three of his letters; his interpretation of Psalm XVI ; his twelve rules of a Christian life ; his twelve points of a perfect lover ; and his deprecatory hymn to God 1510 ? de Pic de la Mirandole en anglais) __ The XII Propertees or Condicyons of a Lover. By Johan Picus, Erle of Myrandula.... Expressed in balade by Sir T. More. Sir Thomas Elyot (traducteur de Pic de la Mirandole, Regulae XII. partim excitantes, partim dirgentes hominem in pugna spirituali... The Rules of a Christian Lyfe...) 1534. Octo, réimprimé 1585, 1615 Partridge, J. traducteur de Hermes Trismegisti libelli et fragmenta... ordine scientifico disposita (éditions vers 1679 et reproduites ici pour montrer la pérennité du mouvement) . __ Poemender (Hermes Trismegiste). Sermo sacer. _ Clavis. - Sermo ad filium. _ minerva mundi, etc. Hermes, his Centiloquium, or, his hundred aphorisms rendered into English by Partridge, J : or an Astrological vade mecum. . __ The treasuries of hidden secrets, ouvrage qui semble sinon une traduction du moins une forme de plagiat de l'oeuvre de Louis Le Roy.
 
 
Louis Le Roy, répétons-le, n'était pas un cabbaliste mais sa pensée fut reprise par les cabbalistes pour prouver la supériorité d'un royaume (de France ou d'Angleterre selon les cas), son élection divine et la fonction messianique de son monarque. La traduction ou le plagiat de ses oeuvres n'est donc pas sans portée pour le courant de pensée associant en Angleterre comme en France sentiment national, messianité, et culte de la personne royale. Nous relevons aussi la traduction suivante, de traducteur inconnu mais montrant l'engouement pour ce texte : The Book of quinte essence or the fifth being. A tretice in English brevely drawe out of the book of quintis essenciis in latyn, that Hermys the prophete. . . hadde by revelacioun of an aungil. . . Edited from . . . MS Sloane 73 about 1470-70. John Harvey, traducteur de The learned worke of Hermes Trismegistus, Intituled : Iatromathematica, that is his phisical Mathematiques, or Mathematical Phisickes, directed unto Ammon the Aegyptian... Lately Englished by Iohn Harvey, etc, 1983. Octo. Les textes de Hermes Trismegiste ont un tel succès qu'une traduction latine d'Albumassar est même attribuée à Hermes Trismegiste : De Revolutionibus Nativitum, incerto interprete, 1559. fol. R. Bacon, traducteur d'une autre oeuvre d'Hermes Trismegiste, The Smaragdine Table of Hermes Trismegistus, The mirror of Alchemy, etc, 1597. Quatro.
 
Bacon n'est pas un auteur contemporain du groupe de penseurs cabbalistes anglais ou même français. Mais la Renaissance voit un engouement pour ses oeuvres qui sont redécouvertes. Bacon avait été en effet un des premiers penseurs anglais à s'être intéressé à l'ésotérisme, à la kabbalah, et à l'hermétisme. Cette réédition d'une traduction de Bacon est donc particulièrement significative. Bacon est donc perçu comme un des premiers cabbalistes chrétiens, comme l'initiateur d'un mode de pensée qui commence par la traduction d'oeuvres et leur transposition dans un cadre de pensée religieuse chrétienne. François Secret montre ainsi dans son dernier ouvrage sur la cabbale chrétienne, que Roger Bacon utilisait déjà des thèmes caractéristiques de la cabbale chrétienne, tel que l'introduction du Shin au sein du tétragrame pour prouver la divinité de Jésus. (François Secret, Hermétisme et Kabbale. 43)
 
Cet engouement survivra au règne de la reine Elizabeth, puisqu'on trouve des traductions encore ultérieures, par les derniers cabbalistes chrétiens anglais, dont Nicholas Culpeper, qui publie sa traduction avec ses conclusions et déductions médicales sur la base de ce texte [Semiotica Uranica] Astrologicall judgement of diseases from the decumbiture of the sick much enlarged. . . Whereunto is added . . . Hermes Trismegistus upon the first decumbiture of the sick, etc 1655. La même logique guide William Salmon, M.D. lorsqu'il écrit son ouvrage de médecine encore plus tard. Synopsis Medicinae. Or a compendium of astrological, Galenical, & chymical physick. Philosophically deduced from the principles of Hermes and Hippocrates. In three books, etc. 1671. John Dee traducteur de Monas Hieroglyphica, Antwerp, 1564, et de Muhammad al-Baghdadi. De superficierum divionibus liber Machometo Bagdedino ascriptus nunc primum Ioannis Dee . . . & Frederici Commandini . . . . opera in lucem editus, etc 1570. Quatro.
 
Version anglaise de cette oeuvre publiée en 1661. John Dee traducteur de Louis Le Roy (voir plus bas) Traducteur de Louis Le Roy : Robert Ashley. Of the interchangeable course, or variety of things in the whole world, and the concurence of armes and learning, through the first and famourest nations : from the beginning of civility, and memory of man, to this present . . . turned into English by R. Ashley, London, C. Yetweirt, 1594. Traducteur de la République de Jean Bodin : Richard Knolles. The six bookes of a commonweales. Written by I. Bodin. . . Out of the French and Latine copies, done into English, by Richard Knolles (1550?), impensis G. Bishop, 1606 (réimpression?)
 
Traducteur de Philippe de Mornay, Seigneur de Plessis-Mornay : Sir P. Sidney . A Woorke concerning the trewnesse of the Christian Religion against Atheists, Epicures, etc . . . Begunne to be translated into English by Sir P. Sidney . . . and . . . finished by A. Golding. London, 1587. Quatro. Réimprimé 1646. Il convient d'ouvrir à nouveau une parenthèse. Philippe de Mornay n'est pas un cabbaliste chrétien, bien qu'il soit classé comme tel par François Secret.
 
Sa présence dans la liste que nous avions choisie de prendre comme guide justifie tout d'abord notre propre recherche. Mais d'autre part, il convient de préciser que bien que ne mentionant jamais ni millénaire ou apocalypse, Du Plessis était perçu comme un auteur précurseur d'un âge messianique en Angleterre, probablement parce que sa démonstration concernait la supériorité de la religion chrétienne et sa victoire future, dans un pays qui recherchait avidement des arguments pour énoncer sa foi et son identité particulière.
 
Dans le contexte de l'Angleterre, l'athée est le catholique, et la vraie foi le protestantisme. Autres traductions de Du Plessis . __ The Defence of Death. Containing a moste excellent discourse of life and death, written in Frenche . . . and doone into English by E[dward] A[ggas], London, 1577. Octo. Traduits tous deux en un seul ouvrage par la Comtesse de Pembroke, et publié à Londres en 1592. . __ Discourse of Life and Death. . __ Antonius, a Tragedie John Feilde : . __ Christian Meditations, vpon the sixt, twentie five, thirtie, and two and thirtie Psalmes . . . and moreover vpon the 137. [or rather, 127] Psalme by P. Pilesson . . . translated . . . by Iohn Feilde, London, [1587?] . __ A Treatise of the Church , in which are handled all the principall questions, that have bene moved in our time concerning that matter. London, 1579. Octo. Traducteur de Etienne Pasquier (Monophylo) A Philosophical Discourse, and Division of Love... : Geffrey Fenton (1572) Gabriel Simon & William White, traducteurs de A Treatise of Melchisedek, proving him to be Sem, the father of all the sonnes of Heber, the first king, and all kinges glory, London, 1591. Quatro. Traducteur de livres bibliques, Hugh Broughton Daniel,. Daniel his Chaldie Visions and his Ebrew : both translated . . . and expounded [ by Hugh Broughton], 1596. Quatro. Oeuvres citées Gundesheimer, Werner L. The Life and Works of Louis Le Roy. Genève: Droz, 1966. Hailperin, H. Rashi and the Christien Scholars (Pittsburgh: Pa) 1963. Heywood, J Collection of Statutes for the University and Colleges of Cambridge, (London:1840) Lloyd Jones G. The Discovery of Hebrew in Tudor England. Manchester U. P., 1983. Mc Grath, Patrick. Papists and Puritans under Elizabeth I. London: Blanford Press, 1967. 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Plaidoirie pour la parole divine

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BIBLE DIVINE OU BIBLE DES HOMMES QUE CHOISIR ?
PAR CHALOM GABAY
REFERENCES BIBLIQUES IMPORTANTES BAFOUEES PAR LA THORA ORALE DEMONTRANT LE REJET D'IMPORTANTES LOIS DIVINES prescrites par MOÏSE


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Dans son livre (appelé Thora écrite) et remplacées par des lois (appelées Thora orale) inventées par des hommes et imposées au peuple d'ISRAËL en les prétendant DIVINES, alors qu'elles contrarient et méprisent avec insolence LA PAROLE DE DIEU béni soit-il.
Pour commencer, il faut savoir que Moïse notre Maître, fut nommé par DIEU b.s.i. en tant que serviteur intime et interprète direct entre lui et son peuple, et que le livre (nommé Thora écrite, Bible ou Pentateuque) qu'il a écrit, lui fut dicté par le Divin devant tout le peuple des enfants d'Israël pour témoin,
AFIN QU'IL NE PUISSE ETRE CONTESTE A JAMAIS.

bg_ball.gif LA TORAH MESSAGE DIVIN
bg_ball.gif N'AJOUTEZ RIEN NE RETRANCHEZ RIEN
bg_ball.gif TRANSGRESSIONS DES COMMANDEMENTS PAR LA LOI RABBINIQUE
- Rosh Hachana et kippour à pessah

bg_ball.gif LES CYCLES DE SEPT
bg_ball.gif DES HOMMES EN ONT DECIDES AUTREMENT
bg_ball.gif APPELE LES MOIS PAR LEUR CHIFFRE
bg_ball.gif LES ARGUMENTS DES HOMMES NON ACCEPTABLES
bg_ball.gif UN ORDRE CHRONOLOGIQUE
bg_ball.gif CHAVOUOT ou la FETE DES SEMAINES
Chavouot un mercredi ...
bg_ball.gif QUI EST ISRAELITE ?!
bg_ball.gif APPARTENANCE A UNE TRIBU D'ISRAEL
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LES CONVERSIONS
l'aberration des conversions
bg_ball.gif EPOUSER UNE FEMME ETRANGERE
bg_ball.gif GENEALOGIE PATERNELLE

la semaine prochaine
LA THORA OUBLIEE ET EGAREE


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LA TORAH MESSAGE DIVIN


Ce LIVRE, est un véritable et incontestable
MESSAGE DIVIN à son peuple, dont il aura la charge d'en être le porteur et le témoin devant les nations, afin d'aider et faciliter l'évolution de l'humanité dans les meilleures conditions de vie possible, grâce à son enseignement couvrant en premier :
a) L'histoire de la création du monde (qui sera plus tard une aide précieuse à la recherche scientifique).
b) Les notions du bien et du mal.
c) Les débuts de l'histoire humaine dont les péripéties sont une expérience enrichissante pour notre sagesse.
d) L'éthique et les lois morales, nous protégeant contre l'avilissement de l'intellect humain et favorisant notre épanouissement intellectuel, nous permettant ainsi, l'accès à l'appréciation de la beauté du monde et de la vie. DIEU b.s.i. connaissant parfaitement la psychologie humaine et les faiblesses de son peuple, nous prescrira deux lois importantes
" afin de nous mettre en garde contre toutes affirmations d'hommes qui pourraient nous égarer du chemin qu'Il nous a tracé.
La PREMIERE de ces deux lois, que nous trouvons dans le livre de l'Exode-Michpatim chapitre 23-2 :
NE SUIS POINT LA MULTITUDE pour mal faire ; et tu ne te prononceras pas sur un litige EN SUIVANT LA MAJORITE, pour faire pencher le jugement.


Cette loi, veut bien dire ce qu'elle veut dire et nous met en garde de ne pas se comporter comme des moutons, de faire ce qui est raisonnable et juste, en s'obligeant à une réflexion personnelle, afin de ne pas s'écarter de ce que DIEU b.s.i. nous a ordonné pour notre bien et le bien général et ce, quelles que soient les paroles de notoriétés que nous pourrions entendre si elles sont en contrariétés" avec les ordres Divins que nous a prescrit Moïse notre Maître dans son livre.
Ce qui nous évitera ainsi de nous égarer, comme l'histoire de notre peuple nous le montre, car celui-ci suivant l'exemple des monarques et des prêtres (cohanimes) eux-mêmes attirés par les murs et croyances perverses des peuples voisins, adoptèrent l'idolâtrie en abandonnant (comme l'histoire nous l'enseigne) la Thora Divine (qui interdisait de telles croyances aberrantes), entraînant par leur exemple d'hommes de notoriété (donc considérés comme les représentants de la sagesse face à un peuple naïf car pratiquement sans instruction et ignorant) les enfants d'Israël qui se perdirent aussi dans l'idolâtrie, provoquant la colère de DIEU b.s.i qui les abandonna et les exila de la terre sainte.


Moïse notre Maître sachant que certains hommes, éblouis par le pouvoir que leur confère leur notoriété, se laisseraient tentés de remanier certaines lois Divines en, par exemple, modifiant ou y ajoutant d'autres lois qui seraient contraires à la volonté Divine, prétendant pour se justifier, que leurs paroles étaient d'inspiration Divine ou provenant directement de Moïse par masoreth (tradition orale enseignée de génération en génération jusqu'à eux).


N'AJOUTEZ RIEN NE RETRANCHEZ RIEN


Pour nous protéger contre de telles aberrations, il ordonna cette
SECONDE loi dans : Deutéronome-Waêthanane chapitre 4 : Maintenant donc, ô Israël ! écoute les lois et les règles que je t'enseigne pour les pratiquer, afin que vous viviez et que vous arriviez à posséder le pays que l'Eternel, DIEU de vos pères, vous donne.
N'AJOUTEZ RIEN à ce que JE VOUS PRESCRIS et N'EN RETRANCHEZ RIEN, de manière à observer les commandements de l'ETERNEL, votre DIEU, tels que JE VOUS LES PRESCRIS.
Ainsi que dans Vayelekh, chapitre 31-7 : Alors Moïse appela Josué et lui dit en présence de tout Israël :
Sois fort et vaillant !


Car c'est toi qui entrera avec ce peuple dans le pays que l'Eternel a juré à leurs pères de leur donner, et c'est toi qui leur en fera le partage. L'Eternel lui-même marchera devant toi, lui-même sera à tes côtés, il ne te laissera fléchir ni ne t'abandonnera : sois donc sans peur et sans faiblesse !" Moïse mit par
ECRIT " cette doctrine et la confia aux pontifes, descendants de Lévi, chargés de porter l'arche d'alliance du Seigneur, et à tous les anciens d'Israël.


Et Moïse leur ordonna ce qui suit : A la fin de chaque septième année, à l'époque de l'année de relâche, lors de la fête des tentes, alors que tout Israël vient comparaître devant l'Eternel, ton
DIEU, dans l'endroit qu'Il aura élu, tu feras lecture de cette doctrine en présence de tout Israël, qui écoutera attentivement. Convoques-y le peuple entier, hommes, femmes et enfants, ainsi que l'étranger qui est dans tes murs, afin qu'ils entendent et s'instruisent, et révèrent l'Eternel, votre DIEU, et s'appliquent à pratiquer toutes les paroles de cette doctrine " ; et que leurs enfants, qui ne savent pas encore, entendent aussi, et qu'ils apprennent à révérer l'Eternel, votre DIEU, tant que vous vivrez sur le sol pour la possession duquel vous allez passer le Jourdain.

"Nous avons vu et nous devons comprendre, qu'à travers ces commandements ci-dessus, Moïse notre Maître SAVAIT que dans l'avenir, des hommes imbus de leur pouvoir sur le peuple ignorant, ne résisteraient pas à la tentation de changer, modifier, ajouter ou retrancher certains de ses enseignements et de ses lois, en donnant notamment une interprétation différente des textes originaux, écrits de façon claire et net.

C'est pour cela qu'il nous a donné ces commandements, qui sont de véritables avertissements, nous apprenant que TOUS SES ENSEIGNEMENTS FURENT MIS PAR ECRIT, ET QUE RIEN, NE DOIT AVOIR LE POUVOIR DE LES CONTRARIER.


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TRANSGRESSIONS DES COMMANDEMENTS PAR LA LOI RABBINIQUE


Nous allons constater ci-dessous, que l'histoire a malheureusement confirmé ses craintes. Nous allons exposer quelques exemples
EPOUSTOUFLANTS de commandements Divins importants, entrant dans le cadre de la transgression des commandements de Moïse cités ci-dessus et qu'il est absolument nécessaire de bien garder en mémoire pour être conscient de la gravité de ce qui va suivre.


ROCH HACHANA ou TETE DE L'ANNEE Nous allons voir à travers ce premier exemple extraordinaire qui est un défi à toute logique et à l'intelligence humaine, que le PREMIER MOIS DE L'ANNEE, qui est le mois de Pâque (début du printemps), ordonné par DIEU b.s.i. aux enfants d'Israël avant la sortie d'Egypte, a été rejeté et ignoré par le calendrier israélite qui nous fait COMMENCER L'ANNEE LE SEPTIEME MOIS " qui a été nommé par les responsables religieux du nom araméen Tichri: Voir Exode-BO chapitre 12. (texte ci-dessous nous informant de l'ordre de DIEU b.s.i. donné à Moïse juste avant la sortie d'Egypte au début du printemps) : L'ETERNEL parla à Moïse et à Aaron, dans le pays d'Egypte, en disant : Ce mois-ci est pour vous le COMMENCEMENT des MOIS ; il sera pour vous le PREMIER des mois de L'ANNEE ".


Concernant le
JOUR DE L'AN ou premier jour du premier mois de l'année, tel que stipulé dans la Thora de Moïse, Exode-Peqoudé chapitre 40 :
L'ETERNEL parla à Moïse en disant :
A l'époque du
PREMIER mois, le PREMIER jour du mois, tu érigeras le Tabernacle de la Tente d'assignation. Concernant le premier jour du septième mois appelé Tichri et converti par le rabbinat en jour de l'an " (c'est-à-dire roche hachana » en hébreu,): que dit la Thora qui appelle ce jour JOUR DE LA FANFARE " dans Lévitique-Emor chapitre 23 à partir des paragraphes 23-24 :
L'Eternel parla à Moïse en disant : Parle aux enfants d'Israël disant : Au
SEPTIEME mois, le premier jour du mois, aura lieu pour vous un repos solennel ; commémoration par une fanfare, convocation sainte. Vous ne ferez aucun travail, et vous offrirez un sacrifice à l'Eternel.


AVEC QUOI ET COMMENT TOUTE FANFARE (ou sonnerie du choffar) DOIT SE FAIRE, d'après l'ordre donné par DIEU b.s.i. à Moïse notre Maître : Nombres chapitre 10 : L'Eternel parla à Moïse en ces termes :
"Fais-toi deux trompettes d'
ARGENT, que tu façonneras d'une seule pièce ; elles te serviront à convoquer la communauté et à faire décamper les légions. Quand on en sonnera, toute la communauté devra se réunir auprés de toi à l'entrée de la Tente d'assignation. Si l'on ne sonne que d'une seule, ce sont les phylarques qui se rendront auprés de toi, les chefs des groupements d'Israël. Quand vous sonnerez une fanfare, les légions qui campent à l'orient se mettront en marche. Vous sonnerez une seconde fanfare, et les légions campées au midi se mettront en marche : une fanfare sera sonnée pour les départs, tandis que, pour convoquer l'assemblée, vous sonnerez, mais sans saccades.


Ce sont les
FILS D'AARON, les COHANIMES, qui sonneront de ces trompettes. Elles vous serviront, comme institution perpétuelle, dans vos générations.
Quand donc vous marcherez en bataille, dans votre pays, contre l'ennemi qui vous attaque, vous sonnerez des trompettes avec fanfare ; vous vous recommanderez ainsi au souvenir de l'Eternel votre
DIEU, et vous recevrez assistance contre vos ennemis. Et au jour de votre allégresse, dans vos solennités et vos néoménies, vous sonnerez des trompettes pour accompagner vos holocaustes et vos sacrifices rémunératoires ; et elles vous serviront de mémorial devant votre DIEU.

Je suis l'Eternel votre DIEU." Qu'avons-nous vu à travers ces premières lois Divines, que nous avons lu ci-dessus ! ? Premièrement, qu'avant même que DIEU b.s.i. nous fasse sortir d'Egypte, Il enseigne et ordonne à Moïse et à Aaron (messagers de DIEU b.s.i. auprés de son peuple) que ce premier mois de printemps où a lieu la sortie d'Egypte et la délivrance de son peuple, sera désormais et à jamais le commencement des mois de l'ANNEE , c'est-à-dire (et Il le spécifie bien) LE PREMIER MOIS DE L'ANNEE ! c'est-à-dire en hébreu, le ROCHE HACHANA des mois de l'année, ce qui veut bien dire LE DEBUT DE L'ANNEE que DIEU b.s.i. NOUS ORDONNE D'ADOPTER SANS AUCUNE CONTESTATION POSSIBLE !


Le commandement suivant ci-dessus, que nous apprend-il ?
Il nous apprend que, pour honorer son peuple, de sa présence en son sein, DIEU b.s.i. ordonne à Moïse, que, pour le
PREMIER JOUR DE L'AN (ou ROCHE HACHANA en hébreu) et Il le spécifie bien, c'est-à-dire, à l'époque du PREMIER MOIS, le PREMIER JOUR DU MOIS, c'est-à-dire le premier jour de l'année ou en hébreu le ROCHE HACHANA des jours de l'année qu'on appelle aussi le JOUR DE L'AN de la nouvelle année, tu érigeras le Tabernacle de la Tente d'assignation, c'est-à-dire le Sanctuaire Divin.


Nous avons vu là la volonté de DIEU b.s.i. de nous honorer de sa Présence pour le jour commençant la
NOUVELLE ANNEE, ou ROCHE HACHANA selon LUI. (Certaines personnes, pour justifier la non-application de cette ordre Divin de commencer l'année le mois de pâque, le qualifie de spirituel !
Les ordres de DIEU b.s.i. ne sont-ils pas force de
LOI tel que Kippour, Chavouoth, les dix commandements etc ? ? ?). Le commandement suivant, à la suite de celui-ci ci-dessus, que nous apprend-il ? Il nous apprend que, DIEU b.s.i. ordonne à Moïse et aux enfants d'Israël que le PREMIER jour du SEPTIEME MOIS (nommé mois de Tichri par le rabbinat) sera un jour chômé solennel, commémoré par une fanfare et à l'occasion duquel sera offert un sacrifice à l'Eternel. Comment devons-nous comprendre ce commandement ?


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LES CYCLES DE SEPT


C'est simple, car il faut savoir que
TOUS LES CYCLES DE SEPT nous ont été ordonnés par DIEU b.s.i. comme une obligation de les fêter ou de les commémorer ; pour les citer, nous commencerons par :

LE SHABATH, qui est le septième jour de la semaine.
CHAVOUOT, qui est la fête des semaines et est fêtée à la fin de sept semaines entières à partir du Omer au lendemain du shabath.
LE JOUR DE LA FANFARE ou en hébreu Yom Téroua, qui est fêté le premier jour du septième mois QUI EST UN MOIS SAINT car au cour de ce même mois nous célébrons aussi le jour du GRAND PARDON le 10 et le 15 nous fêtons SOUKOT. L'ANNEE DE LA SHMITA, qui est une année shabathique et qui a lieu tous les sept ans. ET L'ANNEE DU JUBILE, qui a lieu tous les sept fois sept ans.


Nous ne pouvons que constater, qu'à travers ces commandements cités ci-dessus, Dieu b.s.i. sacralise le chiffre
SEPT et notamment les cycles qui y correspondent et qui sont consacrés pour la commémoration de la délivrance, le repos, le recueillement, marquant ainsi périodiquement un rappel à notre devoir de reconnaissance et d'obéissance à DIEU b.s.i. en honorant ses commandements et en Lui montrant la reconnaissance et le respect que nous lui devons pour son amour et sa bonté qu'Il nous a prodigué.


Ce commandement s'associe bien avec le suivant qui concerne justement la trompette ou le cor (en hébreu hatsotsrotte ou choffar) pour sonner la fanfare et dont DIEU b.s.i. nous ordonne catégoriquement, que cet instrument devant être utilisé pour se remémorer à LUI, ne peut être qu'en
ARGENT MASSIF et ne peut être en AUCUNE AUTRE MATIERE, car nous devons comprendre que la pureté de l'instrument et de celui qui en sonne (car IL NE PEUT ETRE SONNE QUE PAR UN COHEN) doit être de rigueur.


On ne peut, au nom du peuple, se remémorer à DIEU b.s.i. par n'importe QUI et n'importe QUOI, comme Il nous le fait comprendre. Cette sonnerie, est de
MEME IMPORTANCE que LA BENEDICTION DES COHANIMES. Il faut savoir que le COHEN GADOLE (le grand prêtre), lorsqu'il devait se présenter à DIEU b.s.i. dans le Saint des Saints (le sanctuaire où se trouvait le Tabernacle et où la présence de DIEU b.s.i. était manifeste) pour lui adresser ses prières pour le peuple, il lui était interdit de porter quoique ce soit d'origine animal, son habillement ne pouvait être que de matière végétale où minérale (tel que par exemple, du lin de l'or ou des pierres précieuses) aucune matière de source animal ne pouvait être tolérée par DIEU b.s.i. ( voir Lévitique chapitre 16-4, Exode chapitre 29-4 à 9), c'est ainsi que nous pouvons comprendre que lorsque le COHEN devait adresser une sonnerie du cor à DIEU b.s.i., CE COR NE POUVAIT ETRE EN MATIERE ANIMALE (comme une corne de bélier par exemple, qui est une corne de cadavre utilisée dans les synagogues) car évidemment impure pour s'adresser à DIEU b.s.i. au nom du peuple, comme le commandement Divin nous le fait comprendre.


Ce commandement sacré, dont seul le COHEN avait droit (sonner du cor vers D) devait donc être d'un très haut niveau de pureté, mais le peuple qui n'avait pas accès au Sanctuaire et dont le rôle n'exigeait pas une telle pureté, lui, pouvait porter du cuir et utiliser du parchemin, comme nous le fait comprendre la THORA en consacrant ce très haut niveau de pureté uniquement au COHEN quand il doit s'adresser à DIEU b.s.i. pour le peuple d'Israël. A la suite de ce que nous venons de voir ci-dessus, il faut savoir, que : dans le
LIVRE SACRE DE MOÏSE, ces COMMANDEMENTS DIVINS, qui sont CLAIRS ET NETS, ne sont pas CONTRARIES ou REMIS EN QUESTION à quelque endroit que ce soit par d'autres commandements ; il serait injurieux et irrespectueux de dire ou de prétendre que DIEU b.s.i. se contrarie à lui-même.


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DES HOMMES EN ONT DECIDES AUTREMENT

MAIS, voilà que des hommes, responsables du culte, vont en décider autrement, et, contrairement à ce que nous a ordonné Moïse, de suivre son Livre à la lettre, comme nous l'avons vu plus haut, vont enseigner au peuple, que la Bible ne peut être interprétée à la lettre, sans leur assistance, car eux seuls, étant inspirés du Divin, possèdent la bonne interprétation, et eux seuls décident des lois.

Tant que leurs enseignements et les lois qu'ils décident, ne sont pas en contrariété avec le Livre Divin, et sont d'un bon intérêt pour le peuple, en ne risquant pas de provoquer des problèmes graves, alors leur responsabilité est une très bonne chose. Mais, malheureusement, l'ignorance du peuple leur donnant un tel pouvoir, qu'ils en arrivent à des débordements graves, comme nous le verrons encore dans les textes qui vont suivre.


Il est indéniable, qu'il faut se sentir très imbu de son pouvoir, pour avoir l'audace, de non seulement contrarier et mépriser les Lois divines que nous avons vu plus haut, mais c'est aussi un défi à DIEU b.s.i. et à l'intelligence humaine, pour décider que le
JOUR DE L'AN ou ROCHE HACHANA en hébreu, soit fêté le SEPTIEME MOIS (Tichri) ! alors que pour DIEU b.s.i., ce jour n'est rien d'autre que le JOUR DES FANFARES (ou YOM TEROUA en hébreu) pour nous remémorer à LUI, en entrant dans ce septième mois Saint où nous fêtons aussi le jour du grand pardon qu'est Kippour ainsi que la fête des cabanes Soukoth.


Et en plus, pour couronner le tout et sans obligation d'être un Cohen (alors que le Divin a ordonné que le choffar ne doit être sonné que par un Cohen) on sonnera du choffar dans une corne de cadavre animale (corne de bélier qui ne peut être pur parce qu'issue de cadavre), formellement interdit par DIEU b.s.i. comme nous l'avons vu plus haut, où il nous ordonne de sonner que dans un instrument pur c'est-à-dire en argent massif, pour se rappeler à LUI qui est Kadoch c'est-à-dire Saint.

Ce qui a facilité cette grave transgression à l'ordre Divin, et permis de tromper le peuple sans difficulté, a été tout d'abord, le rejet de l'appellation Divine des Mois par leur chiffre, qui permettait de les situer tout le long de l'année, afin d'éviter toute erreur concernant l'ordre de leur situation.
C'est-à-dire, comme les jours de la semaine que DIEU b.s.i. a chiffré, 1er 2em 3em jours etc jusqu'au Shabath qui est le 7em et dernier jours de la semaine, sans aucune erreur possible.


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APPELE LES MOIS PAR LEUR CHIFFRE


Donc, pour éviter toute erreur possible, DIEU b.s.i. a
APPELE LES MOIS PAR LEUR CHIFFRE CORRESPONDANT, c'est-à-dire 1er 2em 3em mois etc, afin de nous permettre de nous situer facilement dans l'année, sans possibilité de se tromper. En effet, si les responsables de cette transgression, avaient osé ordonner de fêter la Tète de l'année le SEPTIEME MOIS DE L'ANNEE » ! ! ! le peuple se serait sûrement rendu compte d'une telle aberration, et se serait demandé si ces responsables du culte avaient bien toute leur tète !

Mais, le fait, d'avoir rejeté l'appellation Divine des mois par leur chiffre, en leur donnant des noms Araméens, comme le faisaient les Babyloniens idolâtres et sur qui ils copièrent (car la nomination des mois, fut progressivement instaurée, après la destruction du premier Temple, après le retour d'exil de Babylone. Avant ces événements, il faut savoir que ni la période des juges ni celle des rois n'avaient changé l'appellation Divine des mois par leur chiffre.).


Les mois donc, accablés de leurs nouveaux noms, leur situation dans l'année étant mise sous silence, il devint facile de dire au peuple que le mois de Tichri est le premier mois de l'année (alors qu'il est le SEPTIEME), que le 1er jour de ce mois, sera fêté le Jour de l'An, et que le calendrier d'Israël commencera ce jour là, contrairement donc à l'ordre Divin qui stipule de commencer l'année, les premiers jours du printemps, comme nous l'avons vu plus haut ! Quels sont les principaux arguments, que les responsables du culte vont développer, pour se défendre ? !



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LES ARGUMENTS DES HOMMES NON ACCEPTABLES


Nous allons voir qu'ils ne sont pas défendables, étant donné qu'ils sont le pur fruit de leur imagination, car ils ne peuvent être justifiés nul part dans le livre Divin de Moïse, et il faut nous rappeler que dans ce livre Divin, JAMAIS, DIEU b.s.i., NE CONTRARIE le moindre de ses commandements.
Leur principal argument,
PRETEND QUE : le 1er jour du septième mois (qu'ils ont nommé en langue païenne araméenne : le mois de Tichri), serait, la date anniversaire de la création de l'homme ? ? ?
Réponse : tout d'abord, jamais DIEU b.s.i., ne créa sur une période qui tombe sur un chiffre SEPT, comme stipulé dans la Bible, le septième jour il se reposa (Shabath).
Il n'est nul part mentionné, que la création de la nature et de l'homme, fut achevée au début de l'hiver, qui est la période où la nature s'endort et où les rigueurs de l'hiver s'installent, ce qui serait illogique et insensé, car DIEU b.s.i. n'est ni illogique, ni insensé, comme nous allons pouvoir le voir et vérifier dans ce qui va suivre.
Donc, qu'est-ce que DIEU b.s.i. nous dit après avoir créé l'être humain à son image, le sixième jour ?
Il est écrit dans la Genèse chapitre 1-29 :
Dieu ajouta : "Or, je vous accorde tout herbage portant graine, sur toute la face de la Terre, et tout arbre portant des fruits, qui deviendront arbres par le développement du germe. Ils serviront à votre nourriture. Et aux animaux sauvages, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui se meut sur la Terre et possède un principe de vie, j'assigne toute verdure végétale pour nourriture."
Et il en fut ainsi. Dieu examina tout ce qu'il avait fait : c'était éminemment bien.
Le soir se fit, puis le matin ; ce fut le sixième jour. Ainsi furent terminés les cieux et la Terre, avec tout ce qu'ils renferment.


Dieu mit fin, le septième jour, à l'oeuvre faite par lui ; et il se reposa, le septième jour, de toute l'oeuvre qu'il avait faite. Dieu bénit le septième jour et le proclama saint, parce qu'en ce jour il se reposa de l'oeuvre entière qu'il avait produite et organisée. Telles sont les origines du ciel et de la Terre, lorsqu'ils furent créés ; à l'époque où l'Eternel-Dieu fit une terre et un ciel. Or, aucun produit des champs ne paraissait encore sur la terre, et aucune herbe des champs ne poussait encore ; car l'Eternel-Dieu n'avait pas fait pleuvoir sur la terre, et d'homme il n'y en avait point pour cultiver la terre. Alors, une exhalaison s'éleva de la terre et humecta toute la surface du sol.


L'Eternel-Dieu façonna l'homme, - poussière détachée du sol, - fit pénétrer dans ses narines un souffle de vie, et l'homme devint un être vivant. L'Eternel-Dieu planta un jardin en Eden, vers l'orient, et y plaça l'homme qu'il avait façonné. L'Eternel-Dieu fit surgir du sol toute espèce d'arbres, beaux à voir et propres à la nourriture ; et l'arbre de vie au milieu du jardin, avec l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et un fleuve sortant de l'Eden, pour arroser le jardin. "

Qu'est-ce que ce texte ci-dessus nous apprend et nous permet de comprendre ?


Après nous avoir fait un résumé des six jours de la création, il nous apprend que, avant que l'homme ne fut formé, et mis en vie, tous les éléments de la création étaient mis en place, mais que rien ne bougeait, tout était figé, que les lois qui régissent la nature n'étaient pas encore mises en route, que la saison des pluies qui se fait en orient, en automne ou en hiver, pour humidifier la terre, n'ayant pas encore
EXISTE, il était évident que la terre était sèche et qu'elle ne pouvait donc pas nourrir les graines.


Or, comme nous le savons tous, que l'éveil et l'épanouissement de la nature ne peut se faire qu'au printemps (où les pluies sont plus rares) et que c'est en cette période du printemps, que la rosée humecte et nourrit les sols, permettant ainsi le
REVEIL de la nature, sous un CLIMAT FAVORABLE.


C'est pour cela que DIEU b.s.i. dans sa grande bonté, nous PRECISE ", dans le texte que nous avons vu : que les pluies n'ayant pu avoir lieu, et étant hors saison, car la mise en route des lois de la nature la faisant vivre en la mettant en marche (c'est-à-dire le mouvement qui démarre ce que nous appelons le temps), devait concorder avec le moment de son réveil et de son épanouissement, c'est-à-dire au printemps, c'est pour nous le faire comprendre que DIEU b.s.i. nous informe donc, que les pluies n'ayant pas eu lieu, il mit en route les lois de la nature, dont l'évaporation des eaux et leurs retombées pour humecter les terres, c'est-à-dire
LA ROSEE, qui correspond à la saison du réveil de la nature, ou elle peut s'épanouir et montrer toute sa beauté à l'homme, qui va se réveiller sous un CLIMAT DE DOUCEUR " dans ce cadre merveilleux du printemps de la création, comme il nous le fait comprendre dans les textes. .

En dehors de ces explications, et sachant que DIEU b.s.i., EST LOGIQUE ", on voit mal le réveil de l'homme et de la nature au début de l'hiver ! ! !", c'est-à-dire au moment le plus triste et froid de l'année ! ! !
Ce serait une insulte, à DIEU b.s.i., de faire une telle supposition insensée. Certains osent prétendre, pour se justifier, que le début de l'année au printemps, ordonné par DIEU b.s.i., serait l'année des Rois ! ! !
Il faut savoir que cette supposition est totalement insensée, car, au moment de la sortie d'Egypte, les Rois n'existaient pas encore en Israël et le premier Roi ne fut élu que bien après Moïse et seulement après la période des juges, avec une certaine réticence de DIEU b.s.i., qui aurait préféré être considéré par son peuple, comme leur seul Roi possible.


En dehors de toutes ces considérations, il est insensé de vouloir prétendre qu'il puisse y avoir deux années ? dans la même année ? une pour le Roi ! et une autre pour le peuple ! ! ! (jusqu'où va l'imagination ! ! !).
Il y en a même qui ose prétendre qu'il y a quatre jours de l'an dans l'année ! ! !



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UN ORDRE CHRONOLOGIQUE

Mais de quelle année s'agit-il ? ? ? Et où ont-ils pêché une telle aberration ? ? ? Il faut savoir aussi, et ceci est très important, que toutes les fêtes désignées par DIEU b.s.i., SUIVENT UN ORDRE CHRONOLOGIQUE dans l'année, en effet, elles commencent au printemps, c'est-à-dire à la sortie d'Egypte, qui est le début de l'année que le Divin a ordonné, et finissent à la fin de l'été avec la fête de Soukot. Or, d'après les responsables du culte, leur chronologie serait de fêter Soukot qui est la commémoration de l'installation du peuple d'Israël dans le désert, AVANT MEME, DE FETER SA SORTIE D'EGYPTE ! ! ! (ce qui non seulement n'est pas chronologique donc pas logique, mais a en plus l'audace de contrarier la logique DIVINE INCONTESTABLE ! ! !).

QUEL CALENDRIER DEVONS NOUS CHOISIR?


A la suite de tout ce que nous venons de voir ci- dessus, QUEL CALENDRIER " devons nous choisir ?
celui que DIEU b.s.i. nous a ordonné, qui commence au printemps, c'est-à-dire au moment où la nature se réveil et s'épanouit, ou celui des hommes qui commence le SEPTIEME mois, au début de l'automne, au moment ou la nature se déshabille et s'endort sous un climat de froideur ? ! ! !
Il faut ajouter, que nous devons faire confiance en l'intelligence et la logique Divine, car, le fait que DIEU b.s.i., aie choisi le premier mois de l'année qui est au printemps, pour nous sortir d'Egypte, c'est certainement pour faire concorder la naissance de son peuple avec la naissance de la création, comme il a été expliqué ci-dessus et qui est, on ne peut plus logique " .

D'autant plus qu'il faut être conscient que le choix de cette période, qui est le début de l'entrée de la saison chaude, en plein désert, où il fait alors des températures autour de 45° à l'ombre, y marcher avec familles et bagages dans ce désert torride, alors que DIEU b.s.i. aurait pu choisir une période plus facile à supporter, tel que l'automne, où la température dans le désert est plus clémente et plus facile pour le traverser, nous montre donc, que cette sortie d'Egypte, à cette période difficile, est un choix voulu par DIEU b.s.i. pour faire concorder la naissance de son peuple, avec le début de l'année, qui doit être aussi celui de la création.
L'intelligence de l'homme serait-elle supérieure à celle de DIEU b.s.i. pour oser le contrarier ? !


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CHAVOUOT ou la FETE DES SEMAINES

Comment DIEU b.s.i. nous ordonne de fêter la septième semaine qui est la fête des semaines; Lévitique chapitre 23-9 à 16 : L'Eternel parla ainsi à Moïse : Parle aux enfants d'Israël et dit leur :
Quand vous serez arrivés dans le pays que je vous donne, et que vous moissonnerez votre moisson, vous apporterez un ômer des prémices de votre moisson au pontife, lequel balancera cet ômer devant le Seigneur pour vous le rendre propice ; c'est LE LENDEMAIN DU SHABATH (c'est-à-dire le premier jour de la semaine qui est Dimanche) que le pontife le balancera.

Vous offrirez, le jour du balancement de l'ômer, un agneau sans défaut, âgé d'un an, en holocauste à l'Eternel. Son oblation : deux dixièmes de fleur de farine pétrie à l'huile, à brûler en l'honneur de l'Eternel comme odeur agréable ; et sa libation, un quart de hîn de vin.
Vous ne mangerez ni pain, ni grains torréfiés, ni gruau, jusqu'à ce jour même, jusqu'à ce que vous ayez apporté l'offrande de votre Dieu ; statut perpétuel pour vos générations, dans toutes vos demeures.

Puis, vous compterez chacun, depuis LE LENDEMAIN DU SHABATH, depuis le jour où vous aurez offert l'ômer du balancement, sept semaines (ce qui est une mauvaise traduction car le texte original en hébreu dit sept Shabaths), qui DOIVENT ETRE ENTIERES ;
jusqu'au lendemain du septième SHABATH vous aurez compté cinquante jours, et vous offrirez à l'Eternel une oblation nouvelle. Verset 21 : Et vous célébrerez ce même jour ; ce sera pour vous une convocation Sainte, où vous ne ferez aucune uvre servile ; statut invariable, dans toutes vos demeures, pour vos générations.

Que veut dire ce texte Divin ?

Il nous apprend que DIEU b.s.i. nous ordonne, qu'au début des premières moissons du printemps, qui ont lieu au début de la fête de Pâque, nous devons apporter la première mesure (ômer) de la première moisson, le lendemain du premier Shabath " (et non pas de la fête comme il est prétendu dans la traduction) de Pâque (c'est-à-dire le premier jour de la semaine qui est Dimanche), au Cohen pour qu'il le balance devant l'Eternel, et qu'à partir de ce premier jour de la semaine (donc Dimanche), nous devons compter SEPT SEMAINES ENTIERES, où plus précisément sept SHABATH complets, et ce n'est que le LENDEMAIN DU SEPTIEME SHABATH , c'est-à-dire le cinquantième jour qui est donc un premier jour de la semaine (Dimanche), que nous devons fêter CHAVOUOT ou la FETE DES SEMAINES.


CHAVOUOT UN MERCREDI...


Or, nous pouvons constater que le calendrier hébraïque 1996-1997 nous a fait fêter Chavouot le Mercredi 11 juin 1997, c'est-à-dire le QUATRIEME jour de la semaine, contrairement à L'ORDRE DIVIN, comme nous l'avons vu plus haut, où Chavouot ne doit être fêtée que le premier jour de la semaine, afin de clore la période de SEPT SEMAINES ENTIERES (comme il est clairement stipulé) qui doivent démarrer le premier jour de la semaine (Dimanche) au LENDEMAIN DU SHABATH.
Il faut savoir que la traduction française originale de ce texte (que j'ai corrigé) a supprimé le mot Shabath et l'a remplacé par le mot fête, ce qui permet de cacher la réalité du texte au lecteur qui ne connaît pas l'hébreu, et évite ainsi le risque de questions embarrassantes.
Quand donc devons-nous fêter CHAVOUOT ? La parole de DIEU b.s.i. n'est-elle pas assez claire ? ?
Alors à vos calendriers Messieurs ! ! !


QUI EST ISRAELITE ?


ISRAËL QUI EST ISRAELITE ou plus exactement BEN ISRAËL.
C'est-à-dire ENFANT DE NOTRE PERE JACOB-ISRAËL.
Au début des années 90 lors de la forte émigration des israélites de l'Union Soviétique vers Israël, j'entendis sur radio juive qu'en Israël ils avaient de gros problèmes graves pour savoir qui était Israélite et qui ne l'était pas. Ce fut pour moi un choc terrible, dont j'en souffre encore aujourd'hui, car pour moi ce problème est inconcevable étant donné que le livre de Moïse notre Maître élucide ce problème très clairement, comme nous allons le voir ci-dessous.
Avant d'entrer dans le vif du sujet, citons quelques textes Divins, dont l'éloquence est très significative.


L'élection et la Sainteté des enfants d'Israël, Exode-Yithro chapitre 19 :
A la troisième néoménie depuis le départ des Israélites du pays d'Egypte, ce même jour, ils arrivèrent au désert du Sinaï. Partis de Refidim, ils entrèrent dans le désert du Sinaï et y campèrent : Israël y campa en face de la montagne. Et Moïse monta vers le Seigneur ; et le Seigneur l'appela du haut de la montagne, pour lui dire : Ainsi tu diras à la maison de Jacob, et tu proclameras aux enfants d'Israël : Vous avez vu ce que j'ai fait à l'Egypte ; et je vous ai portés sur des ailes d'aigles, et je vous ai amenés à moi. Et désormais, si vous écoutez bien ma voix, si vous gardez mon alliance, vous serez pour moi un trésor entre tous les peuples ! Car toute la Terre est à moi, et vous, vous serez pour moi une dynastie de pontifes et une nation sainte. Voilà les paroles que tu diras aux enfants d'Israël. "


Moïse vint et convoqua les anciens du peuple, et leur transmit toutes ces paroles comme le Seigneur le lui avait prescrit. Le peuple entier répondit unanimement : Tout ce qu'a dit l'ETERNEL, nous le ferons ! "
Et Moïse rapporta les paroles du peuple au Seigneur. L'Eternel dit à Moïse : Voici, moi-même je viendrai à toi dans l'épaisseur de la nuée, afin que le peuple entende lorsque je te parle, et qu'en toi aussi ils aient foi constamment. "


APPARTENANCE A UNE TRIBU D'ISRAEL


Appartenance à une tribu d'Israël, Lévitique d'Elie Munk, Emor chapitre 24 page 234 :
Le fils d'une femme Israélite, référence au Sifra, à la question d'où est-il sorti ? "
il répond : du tribunal de Moïse "
Car il avait voulu planter sa tente dans un camp de la tribu de Dan.
A quel titre, lui demanda-t-on, planterais-tu ta tente parmi les camps de Dan ? - Je descends de Dan par des femmes ", répondit-il.


On lui répliqua que le texte précise : "Chacun sous sa bannière d'après les signes de sa maison paternelle, ainsi camperont les enfants d'Israël "(Nbr.II,2).
Il s'adressa au tribunal de Moïse, qui le condamna. C'est alors qu'il aurait blasphémé. (Et fut condamné à mort à la suite de ce blasphème contre DIEU.)




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CONVERSIONS :

voir Zohar-Béréchit édité par Verdier, page 85, 8ème commandement disant que les âmes d'Israël ne peuvent se confondre avec celles des nations.
Extrait ci-dessous : Le huitième commandement prescrit d'aimer le prosélyte qui vient se faire circoncire pour être introduit sous les ailes de la Présence.
Elle accueille sous ses ailes les hommes qui se sont écartés de l ' autre côté
" impur et se sont rapprochés d'elle, ainsi qu'il est écrit : Que la terre fasse émerger l'individualité vivante selon son espèce "(Gen.1 :24). Mais si tu crois que cette individualité vivante "(néfech haya) qui constitue Israël est destiné à tous les peuples, détrompe-toi !
La suite du verset précité porte la restriction suivante : Selon son espèce ".
Il existe en effet plusieurs corridors et maints compartiments, les uns à l'intérieur des autres, qui font partie de cette terre " appelée Force de vie ", sous ses ailes.

L'aile droite qui comporte deux corridors se déploie en direction de deux peuples étrangers, proches d'Israël sous le rapport de l'Un, afin de leur faire intégrer ces compartiments.
Sous l'aile gauche l'on compte encore deux corridors tendus vers deux autres peuples, Amon et Moav. Tous ces peuples sont désignés par le terme d'individualité vivante ".
Chacune des ailes contient en outre d'innombrables compartiments fermés et des Palais sans nombre d'où s'échappe des souffles destinés aux gentils qui se sont convertis et qui prennent ainsi le nom d' individualité vivante " mais selon son espèce ".Tous : entrent sous les ailes de la Présence et pas plus loin, tandis que l'âme d'Israël provient du corps même de cet arbre d'où elle s'est envolée vers cette terre " pour entrer au plus profond de ses entrailles.

Un verset indique ce secret : Car vous serez une terre désirable " (Mal.3 :12).
C'est pourquoi Israël est le fils chéri qui émeut les entrailles de la Présence.
Un verset dit des enfants d'Israël qu'ils sont portés dans mon ventre" (Es.46 :3) et non pas dans les ailes de l'extérieur.
De plus, comme les prosélytes n'ont pas part à l'arbre suprême, ils n'ont pas de part à fortiori dans son corps même.Ils ont cependant les ailes en partage et pas davantage.

Le prosélyte loge donc sous les ailes de la Présence et les justes convertis (guéré ha-tsédek) y résident aussi et s'unissent là à la présence mais ne pénètrent pas au plus profond, comme il a déjà été expliqué. Pour cette raison Que la terre fasse émerger l'individualité vivante selon son espèce » (Gen.1 :24),c'est à dire le bétail, les reptiles, les animaux terrestres selon leur espèce ",
qui tous aspirent leur individualité de cette Force de vie, mais chacun selon son espèce, comme il lui convient en propre.

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L'ABBERATION DES CONVERSIONS

Un autre exemple très grave, aberrant et insensé, LES CONVERSIONS " :
Dans la Thora de Moïse, DIEU b.s.i. fait toujours la distinction entre les étrangers qui ont adopté la foi thoraïque c'est-à-dire les prosélytes, qu'IL appelle en hébreu les guérimes et les enfants d'Israël qu'IL appelle en hébreu les bnei Israël (enfants d'Israël), et ce, afin de ne pas faire de mélange, car pour DIEU b.s.i. Israël est un peuple Saint et doit être pour LUI un royaume de prêtres parmi les nations, car, l'objectif Divin et Messianique, est que toutes les nations du Monde adopteront la foi en la Thora de Moïse (comme cela a déjà commencé avec la chrétienté et l'islam qui croient en la Thora de Moïse de façon imparfaite encore, mais ça s'arrangera dans un future proche) sans pour cela se mélanger aux bnei Israël qui devront rester les prêtres et les guides des nations par leur exemplarité (comme nous l'avons vu plus haut).


Donc, nous n'avons pas le droit de nous mélanger, car ou sinon, demain nous n'existerons plus en tant que peuple particulier de DIEU b.s.i. et famille descendant direct (comme le nom l'indique) de Jacob-Israël notre père, c'est-à-dire enfants d'Israël. Or, que va faire la loi rabbinique !? Non seulement elle va aller contre l'enseignement de DIEU b.s.i. et contre l'esprit de la Thora de Moïse, mais elle va décider et faire l'aberration la plus incroyable qu'on ne pourrait même pas imaginer, tellement c'est insensé, et que même les nations du Monde entier n'auraient oser envisager, tellement c'est idiot et fou.
En effet, chez les peuples étrangers, si par exemple, un chinois veut devenir musulman, c'est-à-dire adopter l'Islam, dont la paternité revient aux ismaëlites, c'est-à-dire aux Arabes, il ne deviendra pas pour autant un Arabe ! Si un Arabe veut devenir Chrétien, il restera toujours un Arabe !

Or, qu'est-ce que dit la loi rabbinique ! ?


Que celui qui veut adopter la foi Thoraïque (qu'on peut aussi appeler Judaïsme) devient Israélite, c'est-à-dire enfant d'Israël et ses enfants seront des bnei Israël ! ce qui veut dire, que le pouvoir de ces rabbins est si grand, qu'il a dépassé le pouvoir Divin, car eux, lorsqu'ils font une conversion, ils sont capables de changer toute la personnalité du converti, depuis son âme, jusqu'à l'hérédité-même de sa génétique ! et lui font incorporer, de par leur volonté, une nouvelle âme et une nouvelle génétique, en provenance directe de notre père Jacob-Israël ! ! !(il faut le faire !)
C'est comique, mais le résultat est triste.


Rien n'empêche un étranger, s'il le désir, d'adopter le judaïsme ; c'est même une bonne chose, puisque l'objectif Divin Messianique, est l'adoption de la foi en la Thora de Moïse par toutes les nations ; mais, ils ne deviendront pas pour autant des enfants d'Israël, qui devront eux, rester le peuple prêtre parmi les nations ; donc, pas de mélange, et moralité, on ne doit pas dire qu'un étranger à notre peuple, qui adopte la foi en la Thora, devient un enfant d'Israël, son adoption sera uniquement spirituelle, comme un africain adopte la foi de l'Islam sans pour autant devenir Arabe.
Pour nous résumer, si nous demandons à un rabbin (qui adhère donc fermement à cette loi de conversion,) s'il verrait d'un bon il que sa fille se marie avec un converti, il répondrait sûrement NON " (car, il sait très bien au fond de lui-même que cette loi est un non-sens); mais par contre pour ses frères (c'est-à-dire son peuple), il ne verrait aucun inconvénient à ce que leurs progénitures se perdent, et ce, en toute bonne conscience !


Comment peut-on tolérer une si cruelle indifférence, de la part des responsables spirituels du peuple, prétendument gardiens de la Thora de Moîse et de la moralité, qui savent pertinemment, que cette loi de conversion est aberrante, mauvaise et dangereuse pour leur peuple et qui la maintiennent malgré tout sans aucun scrupule.

Il faut être conscient, que ces lois insensées de conversions et de généalogie par la mère, ont permis et favorisé plus de cinquante pour cent de mariages mixtes et différends mouvements, tels que Copernic ou autres libéraux ou réformateurs, qui n'existent que grâce à l'exploitation de ces lois inventées et insensées, qui font leur force et dont ils en tirent profits sans aucun scrupule, devant l'ignorance et la naïveté de ceux qui viennent à eux en toute innocence et dont le rabbinat consistoriale, se fait complice par le maintien de ces lois, en affichant un je-m'en-foutisme total devant les drames familiaux terribles et la perte d'une énorme partie de notre peuple, qu'elles engendrent. Il faut donc, que les Rabbins prennent conscience de leurs erreurs, se réunissent et décident d'arrêter d'appliquer ces lois insensées et les ANNULENT ".
Et ce, pour le bien de leur peuple, s'ils veulent bien se montrer raisonnables et s'ils ont du ceour.
Il est à parier que le Messie n'en ferait sûrement pas autrement.Car, il est évident que LUI sera raisonnable.


Alors, autant essayer de commencer à lui faciliter la tâche. Seul, le respect de la parole Divine, permettra et fera l'union du peuple d'Israël derrière son DIEU b.s.i. Ainsi soit-il. Rappelons ce commandement du Roi David ci-dessous qui est très éloquent car il nous rappelle que seul la Thora Divine de Moïse notre Maître a force de loi et qu'elle ne peut en aucun cas être contrariée par des hommes quelque soit leur notoriété.


Etude de la Tora de Moïse ordonnée par le Roi David à Salomon, I Roi :2 : Les jours de David approchant de leur fin, il dicta ses volontés à Salomon, son fils, en ces termes : Je suis près d'aller où va toute chose terrestre ; prends courage et sois homme ! Obéis fidèlement à l'Eternel, ton DIEU, en marchant dans ses voies, en observant ses lois, ses préceptes, ses règles et ses statuts, tels qu'ils sont écrits dans la loi de Moïse, afin que tu prospères dans toutes tes oeuvres et dans toutes tes entreprises ; afin que l'Eternel accomplisse la parole qu'il m'a adressée, savoir : Si tes fils sont attentifs à leur voie, marchant devant moi avec droiture, de tout leur coeur et de toute leur âme, nul des tiens, je te le promets, ne sera enlevé au trône d'Israël. "


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EPOUSER UNE FEMME ETRANGERE

Epouser une femme étrangère : Deutéronome Ki-Tetsé.21 :10 : Quand tu iras en guerre contre tes ennemis, que l'Eternel, ton DIEU, les livrera en ton pouvoir, et que tu leur feras des prisonniers ; si tu remarques, dans cette prise, une femme de belle figure, qu'elle te plaise, et que tu la veuille prendre pour épouse, tu l'emmèneras d'abord dans ta maison ; elle se rasera la tête et se coupera les ongles, se dépouillera de son vêtement de captive, demeurera dans ta maison et pleurera son père et sa mère, un mois entier.


Alors seulement, tu pourras t'approcher d'elle et avoir commerce avec elle, et elle deviendra ainsi ton épouse.
S'il arrive que tu n'aies plus de goût pour elle, tu la laisseras partir libre de sa personne, mais tu ne pourras pas la vendre à prix d'argent : tu ne la traiteras plus comme esclave, après lui avoir fait violence.
Peuple qui ne se confond pas avec les nations, peuple solitaire : Nombres-Balak.23 :9 :
Il me fait venir d'Aram, Balak roi de Moab ; il m'appelle des monts de l'orient ; Viens maudire pour moi Jacob ! Oui, viens menacer Israël ! "
Comment maudirais-je celui que DIEU n'a point maudit ? Comment menacerai-je, quand l'Eternel est sans colère ? "
Oui, je le vois de la cime des rochers, et du haut des collines, je le découvre : ce peuple, il vit solitaire, il ne se confondra point avec les nations.
Qui peut compter la poussière de Jacob, nombrer la multitude d'Israël ?
Puissé-je mourir comme meurt ces justes, et puisse ma fin ressembler à la leur ! "


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GENEALOGIE PATERNELLE


Généalogie paternelle : Nombres-Bamidbar.1 :18 : Puis ils convoquèrent toute la communauté, le premier jour du second mois ; et on les enregistra selon leurs familles et leurs maisons paternelles, en comptant par noms ceux qui avaient vingt ans et plus, chacun individuellement, ainsi que l'Eternel l'avait prescrit à Moïse.
Leur dénombrement eut lieu dans le désert de Sinaï. Les textes que nous avons vu ci-dessus, doivent nous faire conclure incontestablement que : Dans la Thora de Moïse la généalogie et l'appartenance héréditaire à une famille, à une tribu, ou peuple d'Israël appelé dans la Bible enfants d'Israël, ne peut se faire que par le père.

Exemple : si le père est Gabay l'enfant sera Gabay et appartiendra à la famille Gabay, si le père est Cohen l'enfant appartiendra au Cohen et pourra avoir le privilège de la bénédiction des Cohanimes pour le peuple, même si la mère s'appelle Sitruk, si le père appartient à la tribu de Dan quelque soit la mère, l'enfant appartiendra aussi par hérédité paternelle à la tribu de Dan . Donc, d'après la Thora de Moïse, l'appartenance à la tribu ou à la famille des Cohen, des Lévy ou d'Israël, sera toujours une appartenance par hérédité ou par généalogie PATERNELLE ".

Lorsqu'une femme épouse un homme, elle appartient désormais à la famille de son mari, non seulement elle prend le nom de celui-ci auquel elle appartient, mais elle a aussi l'obligation d'adopter les us et coutumes de son époux ainsi que ses enfants, et elle a l'obligation de renoncer à son ancienne appartenance familiale d'origine, ainsi que leurs us et coutumes. Si son mari s'appelle Lévi ou Azoulay elle s'appellera désormais Madame Lévi ou Madame Azoulay ainsi que ses enfants qui seront les enfants héréditaires de la famille de leur père, dont ils portent le nom et à laquelle ils appartiendront d'une façon indélébile par hérédité paternelle. Ce qui veut dire que, si nous appartenons à la famille d'Israël, c'est parce que notre père s'appelait Jacob nommé par DIEU b.s.i. Israël QUI EST DONC NOTRE NOM DE FAMILLE A LAQUELLE NOUS APPARTENONS PAR NOS PERES et non pas par nos mères, qui n'étaient pas toujours des filles d'Israël comme la Thora et l'histoire de notre peuple nous l'enseignent.

Or, voilà que, la loi rabbinique elle, a décidé du contraire (ce qui est une insulte et un grave mépris à la loi Divine de la Thora de Moïse), c'est-à-dire que, si la mère appartient à la grande tribu d'Israël, son enfant aussi appartiendra à Israël et ce, quelque soit le père, qu'il soit Mohamed ou Christian ; ce qui veut dire, que pour la loi rabbinique, la généalogie doit se faire par la mère ! ! !
et non par le père, comme DIEU b.s.i. nous l'a enseigné.
Or, nous devons savoir que si cela était, le peuple d'Israël n'existerait plus aujourd'hui, car, il faut savoir que la grande partie des Rois d'Israël étaient issus de mères étrangères (comme par exemple le Roi Roboam, fils d'une femme Amonite et du Roi Salomon) et qu'une bonne partie des mères d'Israël aussi étaient étrangères. Cette loi rabbinique est tellement illogique ", qu'elle est prise dans son propre piège, et se voit obligée » de faire une dérogation pour les Lévy et les Cohen, car là, ils sont coincés, et n'acceptent la généalogie paternelle » que pour eux. Ce qui voudrait dire, que pour les inventeurs de cette loi, Israël n'est pas un peuple Saint » contrairement à ce que DIEU b.s.i. dit dans la Thora de Moïse, voir : Exode Yetro chapitre 19-6 : Et vous me serez un royaume de prêtres et une nation sainte.

Nous avons vu là l'aberration de cette loi insensée imposée au peuple d'Israël grâce à sa naïveté et son ignorance qui l'ont obligé à faire confiance en leurs guides spirituels qui les ont trompé sans remords, pour l'orgueil de leur pouvoir ou parce qu'ils n'ont rien compris, ce qui est très grave pour la conduite d'un peuple qui se fie à son guide spirituel.