Claudine Douillet

Claudine Douillet parisienne et juive de naissance de parents profondément sionistes (un père sur l’Altaléna ça laisse des traces).

Fondatrice du premier magazine Juif sur le net, Alliance, en 1997, avant Google !
220 000 lecteurs uniques par mois à son actif.

En 1999 création Alliance-Hosting LLC , une "Web Agency » conceptrice de sites internet pour les entreprises et leur migration sur le net. Formation d’internet pour chefs d’entreprise.

Alliance-Hosting LLC a permis grâce ses moyens techniques la retransmission en directe des 4 radios juives de France 94.8 FM sur le net ,dés 2000, pendant 12 ans.

Experte en communication digitale avec Alliancefr.com, et radiophonique avec "Internet sans prise de tête" sur judaïques FM 94.8 depuis 2000, ma passion est née de la découverte, dés 1996, du plus important moyen de communication avec le monde, internet.

Mon expérience est le résultat de 17 années au service des entreprises désireuses de migrer sur le net et des médias.

Rendre réel ce monde virtuel c’est l’alliance du savoir faire et du faire savoir.

Les articles de Claudine Douillet

Elie Semoun revient sur Dieudonné....

Article paru le 09/09/08

Sur RTL, Elie Semoun est revenu sur la relation de Dieudonné avec Jean-Marie Le Pen.

Elie Semoun, qui cette fois semble déterminé à couper définitivement les ponts avec son ancien complice Dieudonné , est revenu sur RTL sur la relation du l'humoriste avec le leader du Front National Jean-Marie Le Pen, un sujet qu'ils ont souvent abordé.

"Sa relation avec Le Pen ? Je ne comprends pas. Je lui ai dit comme tout le monde : 'Mais qu'est-ce que tu vas foutre avec Jean-Marie Le Pen ? Qu'est-ce que tu vas aller bouffer avec un mec pareil ? Qu'est-ce que tu vas fréquenter un diable pareil ?' Sa seule réponse a été: 'Non, il faut voir tout le monde. C'est intéressant. C'est rigolo' " a expliqué Elie Semoun sur l'antenne de RTL avant de poursuivre "Je lui ai dit: 'Va rigoler tout seul, moi cela ne me fait pas rire'. En plus, Jean-Marie Le Pen et Dieudonné vont bien ensemble : ce sont des gens qui adorent faire parler d'eux et aller à contre-courant des choses. Ils détestent la pensée unique donc ils font tout ce qu'il faut pour qu'on parle d'eux et pour provoquer."

Contrairement à la plupart des gens, quand Elie Semoun a appris que Dieudonné avait choisi Jean-Marie Le Pen pour parrain de sa troisième fille, la petite Plume, il n'a pas vraiment été surpris.
"Je me suis marré. Je ne sais plus ce qu'il peut inventer, soit pour faire parler de lui, soit pour faire rire. Il a besoin d'exister mais je pense qu'on peut exister d'une autre façon" a expliqué Elie Semoun.

Quant à Dieudonné, contacté par de nombreux médias, il ne souhaite toujours pas faire de commentaire.

Une Libanaise découvre 26 perles dans une huître

TYR,le 09/09/08 - Trouver la perle rare est une chose, en trouver 26 en est une autre: une Libanaise a eu la surprise de sa vie en découvrant 26 graines nacrées dans une huître dans un restaurant de poisson et fruits de mer dans le sud du pays.

"Je n'en revenais pas", raconte à l'AFP Amale Salha, 50 ans, qui aidait son fils dans la cuisine de son restaurant "Al Fanar", sur le front de mer dans la ville de Tyr, à 85 km au sud de Beyrouth. "J'étais en train d'ouvrir les coquilles lundi soir lorsque j'ai vu dans l'une d'elles une multitude de perles blanches qui luisaient. J'ai crié sous l'effet de l'émotion", dit-elle.

Après le décompte, il s'agissait bien de 26 perles, de taille variable. L'huître miraculeuse est une Pinctada, un genre de huîtres perlières. Elle a été repêchée au large de la côte libanaise. "C'était tellement beau, elle ressemblait à une grappe de raisin", dit Amale.

Selon elle, ces huîtres sont très prisées des soldats français et italiens de la Finul, la Force intérimaire des Nations unies au Liban chargée d'observer le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah chiite dans le sud. "Nous achetons ces huîtres à 10 dollars le kilo", affirme Raymond, le mari d'Amale.

"Généralement, nous retrouvons une ou deux perles, mais 26 perles est un fait très rare", dit-il, espérant que cette huître "inestimable" allait entrer dans le livre Guiness des records.

Monique Ayoun, Mère à tout prix ?

monique_ayoun_portrait2.jpgPour découvrir son livre

Doit-on forcément devenir mère pour être soi ? C’est la question que pose la journaliste et romancière Monique Ayoun dans son roman Viens ! Carole, son héroïne, affronte seule un père riche et intrusif qui la veut enceinte avant la dead-line fatidique des quarante ans. Du coup, elle se débat avec un mari indifférent, doté de spermatozoïdes « paresseux » et un amant voluptueux. Quand l’ovulation reste sourde à la pression familiale, l’enfant ne vient pas…

Viens ! aborde un sujet de société encore tabou, le choix conscient ou pas de ne pas être mère. Qu’est-ce qui vous a inspiré ce roman ?

Beaucoup de choses autobiographiques dont la place du père dans la famille. Depuis des années, j’écris pour tenter de dénouer mes propres nœuds. Je n’ai pas d’enfant et comme mon héroïne, je n’aurais jamais osé penser qu’on avait le choix à ce sujet ! A cause d’une autocensure, je ne m’autorisais pas à penser que ce n’était pas mon désir. Il était évident qu’avec l’éducation que j’ai reçue, je devais avoir des enfants (au pluriel !). Et puis mon inconscient s’est révolté. Ce livre m’a aidé à comprendre pourquoi je n’avais pas fait d’enfant.

Peut-on aujourd’hui être une femme sans enfant et ne pas être jugée ?
Il y a encore du chemin. On se retrouve confronté à de la pitié, du mépris ou tout simplement un refus de comprendre ce choix de ne pas faire d’enfant. Au fond, on est obligés de dire qu’on n’a pas pu le faire, ce que fait d’ailleurs mon héroïne pour ne pas se sentir coupable.

Le père de Carole l’infantilise en l’entretenant financièrement. C’est d’abord lui qui souhaite cet enfant. Il veut même lui donner son nom. A-t-elle ainsi l’impression d’un inceste ?

Quand la pression paternelle est forte, que l’enfant est attendu, on ne le donne pas parce qu’il pourrait y avoir un sentiment incestueux. C’est très inconscient. Quand elle est à l’hôpital pour faire une fécondation in vitro, elle est encouragée par les médecins…et par son père !

Votre héroïne tente donc la fécondation in vitro (FIV) avec son mari. Une question décrite avec réalisme. Avez-vous rencontré des femmes qui ont vécu cette expérience ?

Oui. Dans le cadre de mon travail journalistique, j’ai vu énormément de femmes souffrir. Ces techniques de procréation médicale assistées sont dangereuses pour le couple. On ne le dit pas assez. J’en parlais avec Geneviève Delaisi, psychanalyste, et spécialiste de bioéthique. Quand un médecin vous dit comme dans le roman : « Les spermatozoïdes de votre mari sont paresseux, ils ne s’approchent pas de l’ovule », une femme le prend comme « mon mari ne veut pas de moi ! » Ca crée des conflits dans le couple dans la mesure où il y a une sorte d’identification. La parole médicale peut avoir un véritable impact. De plus, on ne parle que des cas de réussites, mais les trois quart des personnes qui font des FIV ressortent sans enfant.

Carole a des origines juives. Et son père incarne la loi juive. Les femmes juives sont-elles toujours plus soumises que d’autres à la pression familiale pour être mère ?
Effectivement, il n’y a qu’un père ou une mère juive pour faire peser cette pression ! Nous sommes une minorité et le devoir de procréation et de transmission est vraiment prioritaire.

De plus en plus de femmes juives militent pour le droit des femmes dans le judaïsme, notamment pour l’obtention du guet dans un divorce*. Que vous inspire ce débat ?

Je crois qu’il y a encore beaucoup de progrès à faire en France. Et cette histoire de guet me semble être du Moyen-âge ! Il y a encore un certain nombre de choses rétrogrades, comme les hommes et femmes séparés dans une synagogue, l’étude de la Torah réservée aux hommes… Je dois dire que si cela évoluait, cela me réconcilierait personnellement avec mon judaïsme. 

A la fin du roman, Carole connait l’épanouissement sans enfant. A quarante ans passés, elle se sent « enfin libre». Doit-on forcément devenir mère pour atteindre le bonheur ?

Non ! Néanmoins, cette pression de l’horloge biologique demeure forte. J’ai connu des femmes qui quittaient l’amour de leur vie pour faire un enfant parce que leur compagnon n’était pas prêt. Est-ce qu’il faut sacrifier sa vie à l’autel de la maternité ? Je ne le pense pas.

Propos recueillis par Paula Haddad

Monique Ayoun, Viens ! éditions Hugo&Cie

* Le guide du divorce religieux (« guet ») en France (Wizo France)

Monique Ayoun : Viens !

viens.jpgMonique Ayoun, Viens ! éditions Hugo&Cie ,cliquer ici pour commander

Interview de l'auteur par Paula Haddad

Carole,
ne parvenant pas à tomber enceinte de son mari, décide de prendre un
amant pour s'acquitter de la tâche. Mais rien ne se passe comme prévu :
l'amant s'installe, le mari s'incruste… et le bébé ne montre pas le
bout de son nez !...

Fable grinçante à l'adresse de toutes celles que l'horloge biologique a
déboussolé… et de tous ceux qui en ont fait les frais, Viens ! est
aussi un roman coup de poing sur ce sujet encore très tabou qu'est le
choix conscient ou non de ne pas être mère…
Et sur l'énorme pression sociale, familiale et médicale qui pèse sur les femmes qui approchent de la dead line des 40 ans .

Monique Ayoun, réconcilie dans ce roman, deux thèmes habituellement antagonistes dans l'imaginaire collectif : celui du désir d'enfant et du désir tout court .
Racontée sur le mode burlesque, la névrose familiale se marie ici à l'érotisme le plus brûlant .Ce roman singulier, soulève des questions de société auxquelles les femmes contemporaines sont confrontées, mais lève un tabou sur la manière de les aborder.

 

 

I have a dream

Ahmadinejad (président iranien) appelle Bush et lui dit : « Président Bush, je vous appelle parce que j'ai eu un rêve. »

Bush : Qu'avez-vous rêvé , Ahmadinejad ?

Ahmadinejad : J'ai rêvé que les Etats-Unis étaient reconstruits et sur le toit de chaque maison il y avait un drapeau.

Bush : Qu'est-ce qui était écrit sur le drapeau ?

Ahmadinejad :  Allah est grand, Allah est grand ! ! !

Bush :  Vous savez Ahmadinejad, j'ai aussi fait un rêve étrange. Dans mon rêve, Téhéran a été reconstruit et sur le toit de chaque bâtiment il y avait aussi un drapeau.

Ahmadinejad : Qu'est-ce qui était sur les drapeaux ?

Bush :  Je ne sais pas, je ne sais pas lire l'hébreu !!!

Un Bouddha de 19 mètres découvert près de Bamiyan

KABOUL,le 08/09/08 - Des archéologues ont découvert une statue de Bouddha longue de 19 mètres dans le centre de l'Afghanistan, près des ruines des deux Bouddhas de Bamiyan détruits il y a sept ans par les taliban.

"Au total, 89 vestiges, des pièces, des céramiques et une statue de 19 mètres ont été mis au jour", a déclaré lundi Mohammad Zia Afshar, conseiller au ministère de la Culture.

Le Bouddha, en position allongée, est gravement endommagé. Les autres vestiges remontent à l'empire antique de la Bactriane, qui se situait aux confins de l'Afghanistan, de l'Ouzbékistan et du Tadjikistan, et aux civilisations musulmane et bouddhiste ultérieures.

L'équipe d'archéologues est toujours à la recherche dans la région d'un Bouddha immense de 300 mètres évoqué par un pèlerin chinois il y a plusieurs siècles, a précisé Afshar.

Située sur l'ancienne Route de la Soie, la ville de Bamiyan fut autrefois un centre bouddhiste actif.

Malgré les appels de la communauté internationale, les taliban firent exploser en 2001 deux Bouddhas géants gravés dans la roche, jugeant qu'ils offensaient l'islam.

Depuis le renversement la même année du régime radical islamiste, des travaux de restauration des deux statues géantes ont débuté. On estime qu'il faudra une décennie pour les reconstituer.

Israël: la fin de l'immigration de masse

TEL AVIV,le 08/09/08 - Tout au long de son histoire, Israël a connu de grandes vagues d'immigration: depuis la création de l'Etat hébreu, plus de trois millions de Juifs originaires d'une centaine de pays sont venus s'y installer. Ce flux s'est aujourd'hui tari. Ceux qui font l'"aliyah" (la "montée", en hébreu, le fait d'immigrer en Israël), sont désormais plus rares et leurs motivations plus intimes.

Le retour vers la Terre promise avait commencé avant la naissance de l'Etat d'Israël, il y a 60 ans. En cinq grandes vagues, des Juifs d'Europe étaient venus s'installer en Palestine, fuyant les pogroms russes puis l'Allemagne nazie. Si bien que la population juive était déjà de 600.000 personnes en 1948.

Plus de trois millions les ont rejointes ensuite. Dans les années 1950, fuyant l'hostilité des pays arabes après la création d'Israël, 765.000 Juifs ont émigré d'Afrique du Nord et de divers pays du Moyen-Orient. Ensuite, des dizaines de milliers d'autres ont quitté l'Europe de l'Est communiste. Un autre million a gagné Israël lors de l'effondrement de l'Union soviétique.

A partir des années 1980, l'Etat hébreu a commencé à accueillir les Juifs d'Ethiopie, organisant notamment des ponts aériens en 1984 - en pleine famine - et en 1991. En tout, 80.000 falachas ont émigré. Mais ce fut la dernière grande vague.

Aujourd'hui, sur les plus de 13 millions de Juifs à travers le monde, 5,5 millions habitent en Israël aux côtés d'1,4 million d'Arabes. La population juive d'Israël a dépassé celle des Etats-Unis pour la première fois en 2006.

"Il n'y a aucun autre endroit dans le monde où le nombre d'immigrés est cinq fois supérieur au nombre de gens qui y étaient présents à l'origine. C'est sans précédent", observe Sergio DellaPergola, démographe à l'Institut de planification de politique du peuple juif, un groupe de réflexion de Jérusalem.

Cependant, ce temps semble bien révolu. "Nous avons amené tous ceux qui en avaient besoin et la situation des autres Juifs est assez bonne", relève M. DellaPergola. "Il n'y a pas beaucoup de détresse au sein de la diaspora aujourd'hui".

La communauté juive américaine est l'un des plus grands soutiens à Israël. Pourtant, seulement 120.000 Juifs américains ont fait le choix de l'aliyah.

"Je vais détruire un mythe", confie Ori Konforti, de l'Agence juive: "les vagues d'immigration ne se sont pas produites en raison du pouvoir d'attraction d'Israël mais plutôt en raison du pouvoir de répulsion des pays d'origine".

Les Juifs des pays prospères ne ressentent en effet pas un besoin pressant d'émigrer. En outre, il est aujourd'hui bien plus facile qu'auparavant d'avoir une double nationalité et de vivre entre deux pays, quitte à prendre souvent l'avion. Les nouveaux riches de Tel Aviv plaisantent à peine lorsqu'ils disent se rendre plus souvent à New York qu'à Jérusalem...

Israël affiche à présent un solde migratoire proche de zéro, ceux qui partent étant quasiment aussi nombreux que ceux qui arrivent, ajoute DellaPergola. Parmi les nouveaux arrivant se trouvent certes des sionistes convaincus mais aussi de plus en plus souvent des non-Juifs originaires d'Afrique ou d'Asie venus là pour travailler. Ou encore, depuis le moins dernier, une poignée de Juifs de Géorgie fuyant la guerre russo-géorgienne.

Et aujourd'hui, dans un pays qui a quelque peu perdu de sa confiance en soi, entre occupation des territoires palestiniens et dirigeants politiques considérés comme corrompus, le départ ("yeridah", la descente) a perdu sa charge symbolique négative, autrefois très forte: les Israéliens qui quittent leur pays pour aller étudier ou faire plus d'argent à l'étranger ne sont plus considérés comme des parias.

Un canal entre la mer Rouge et la mer Morte divise

Article paru dans "Novethic", le 08/09/08
   
Le sort de la mer Morte inquiète depuis près d’un siècle. Pour éviter son assèchement, un canal pourrait être construit entre la mer Rouge et la mer Morte. Le projet, encore à l’étude, pourrait coûter jusqu’à 10 milliards d’euros. Entre intérêts économiques, enjeux locaux et inquiétudes écologiques, cette construction pharaonique pose de nombreuses questions.

La mer Morte est celle de tous les records. A 417m sous le niveau de la mer, c’est le point le plus bas du globe. C’est également le lac le plus dense et le plus salé : seuls des organismes microscopiques y survivent. Lieu hautement historique, la mer Morte est en phase de devenir le plan d’eau le plus convoité au monde. Un projet pharaonique est en cours d’étude, dans le but de freiner la baisse du niveau de l’eau (1 m/an). Il s’agit de creuser un canal entre la mer Rouge et la mer Morte, et d’y installer une centrale hydraulique et une usine de désalinisation d’une capacité de 850 millions de mètres cube par an. Estimé aujourd’hui à plus de 2 milliards d’euros, le projet pourrait coûter jusqu’à 5 fois plus.

Pourquoi investir une telle somme pour remplir un lac depuis longtemps inanimé ? L’argument le plus souvent avancé est environnemental. La diminution du niveau de la mer Morte entraîne la formation de crevasses dans les terres, surtout depuis les 30 dernières années. Apporter un nouvel accès à l’eau dans cette région semi-désertique ne serait pas négligeable. Le canal deviendrait ainsi une source d’eau potable, d’électricité et d’emploi pour Israël et la Jordanie, les deux pays bordant le tracé. D’un point de vue social, ce projet passe également pour une opportunité d’apaisement. Le « canal de la paix », comme il a été nommé, obligeraient les gouvernements jordanien, israélien et palestinien à travailler en collaboration. « Les gouvernements oui, mais pas les populations » affirme Anne Bringault, directrice des Amis de la Terre France. Comme de nombreuses ONG de la région, les Amis de la Terre Moyen-Orient (FOEME) sont plutôt opposés à un tel projet.

Un projet qui pourrait aggraver l’état de l’environnement

L’intérêt environnemental d’un canal mer Rouge-mer Morte était déjà remis en cause, alors même que l’étude de faisabilité n’avait pas encore commencé. Le tracé du canal doit longer le rift syro-africain ; or l’activité sismique de cette zone est considérable et pourrait compromettre la stabilité d’une telle construction. Le risque est très concret, à en croire une étude réalisée par le ministère de l’équipement israélien. En cas de séisme, l’eau salée de la mer Rouge pourrait inonder les nappes phréatiques d’eau douce alentours.

Plus simplement, mélanger deux eaux aux pH et aux composants si différents pourrait avoir des conséquences… chimiques. Outre le fait que la mer Morte se colorerait en rouge, par la présence de l’algue qui donne sa couleur à la mer Rouge, la chimie de la mer Morte sera modifiée. L’écosystème dans et autour de cette mer risque donc de connaitre un bouleversement total. « Mais, comme il y a très peu d’espèces vivantes, il n’y a pas de réelle volonté politique de sauver la biodiversité de la mer Morte » conclut Anne Bringault. Il s’agit pourtant d’un écosystème unique au monde. Selon la Royal Science Society de Jordanie, l’écosystème du golfe d’Aqaba, au Nord de la mer Rouge, pâtira très probablement de la construction du canal. L’Union israélienne pour la défense de l’environnement a rappelé l’importance de sauver la mer Morte, mais pas à n’importe quel prix.

Les vrais enjeux ne sont pas ceux que l’on croit

Plus que la biodiversité, c’est justement l’économie qui est blessée par la détérioration de la mer Morte. Le tourisme, l’agriculture et les industries extractives se partagent les ressources de ce lac biblique. L’étude de la Royal Science Society montre que 64% des industries présentes sur les bords de la mer Morte seraient contraintes de fermer si le niveau de l’eau continuait à baisser. Mais il s’agit là d’un cercle vicieux, à en croire plusieurs experts. Le Bureau pour la coordination des affaires humanitaires de l’ONU rappelle que l’exploitation excessive des ressources de la mer Morte la pousse à sa perte. En particulier, l’utilisation intensive de l’eau du fleuve Jourdain, seule source d’eau de la mer Morte, qui est responsable de l’assèchement du lac. Selon la Royal Science Society, seuls 10% de l’eau du Jourdain atteint effectivement la mer Morte.

« Lancer un projet aussi gigantesque permet surtout de ne pas se poser la question de l’exploitation du Jourdain » analyse Anne Bringault. De nombreux écologistes ont affirmé leur hésitation quant à l’efficacité d’un tel projet. Le sauvetage de la mer Morte ne préviendra pas l’assèchement du Jourdain, d’après l’ONG palestinienne Water and environmental development organization (WEDO). L’apport d’eau salée de la mer Rouge ne pourra pas remplacer parfaitement la source d’eau douce du fleuve biblique. L’option de réhabiliter le Jourdain n’est pourtant plus envisagée aujourd’hui, étant donnée l’importance économique et politique du cours d’eau.

Le projet de canal entre la mer Morte et la mer Rouge est, depuis peu, en cours d’étude. Après avoir été enterré plusieurs fois en cinquante ans, l’idée va finalement être analysée. Suez Tractebel a annoncé début juillet que sa filiale Coyne et Bellier réaliserait l’étude de faisabilité, qui devrait durer 24 mois. Elle sera financée par la France, le Japon, les Etats-Unis, les Pays-Bas et la Grèce. Le comité technique, composé de membres de la Banque mondiale et de représentants des gouvernements israélien, palestinien et jordanien est déjà critiqué. Les intérêts économiques d’un projet aussi massif prévalent sur les besoins environnementaux. Pour certains impatients, l’horizon 2010 (date de fin de l’étude de faisabilité) semble trop éloigné. « Des sociétés se positionnent, le gouvernement israélien aimerait aussi que les démarches aillent plus vite » explique Anne Bringault. Yitzhak Tshuva, un milliardaire israélien, a même affirmé au magazine Haaretz, en mars dernier, vouloir financer personnellement le « canal de la paix ». Et pour cause : son projet prévoit également la construction de parcs d’attractions, casinos et hôtels le long du canal, pour les 8 millions de touristes attendus.

Des apports économiques non négligeables

Le canal est une manne pour le tourisme de la région, mais également pour les industries, notamment extractives. Pour les populations, la construction d’un canal ou d’un pipeline reliant les deux mers seraient également d’une utilité certaine. Meilleure irrigation, accès à l’eau plus simple, mais surtout création d’emplois. La centrale hydroélectrique, qui utilisera la différence de niveau entre les deux mers pour produire de l’électricité, permettra à des millions de personnes de s’installer sur les bords du canal. Quant à savoir si les trois gouvernements impliqués collaboreront sans heurts, Shimon Pérès, le président israélien, grand partisan du projet, se dit confiant. En attendant, un sondage réalisé par la Royal Science Society montre que 81% des riverains de la zone du futur canal approuvent l’idée.