Tsahal se prépare à une opération : cinq fronts sous haute tension

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Tsahal se prépare à une opération : cinq fronts sous haute tension

Tsahal se prépare à une opération : cinq fronts sous haute tension

Par Claudine Douillet I Le 6 octobre 2026

L'armée israélienne s'attend à lancer une opération sur l'un de ses fronts dans les prochains jours. Bab el-Mandeb, Gaza, la Judée-Samarie, la Syrie et le Liban : partout, le renseignement signale une menace.

Selon Avi Ashkenazi, correspondant militaire de Maariv, l'évaluation qui prévaut au sein de Tsahal est désormais claire : Israël devrait engager une opération sur l'un des théâtres du Moyen-Orient. L'armée doit relever sa vigilance face à toute une série de scénarios dans les jours à venir.

Les renseignements actuels restent larges et généraux. Ils ne désignent pas une cible précise, mais ils suffisent à imposer une hypothèse de travail sur chacun des fronts. Pour Tsahal, déjà déployée sur plusieurs théâtres, le défi est immense.

Le Yémen et le détroit de Bab el-Mandeb

Le front le plus éloigné est aussi l'un des plus explosifs. Au Yémen, la guerre civile a repris après quatre ans de cessez-le-feu. Selon Reuters, repris par Ynet, la coalition menée par l'Arabie saoudite a lancé lundi une vaste campagne aérienne sur la côte de la mer Rouge. Son porte-parole, le général Turki al-Maliki, affirme que 100 avions de combat appuient les forces gouvernementales yéménites.

Les Houthis, soutenus par l'Iran, ont pris début septembre la ville stratégique de Mokha et plusieurs îles de la mer Rouge. Ils contrôlent désormais la rive yéménite du détroit de Bab el-Mandeb, par lequel transite environ 12 % du commerce mondial. Ils menacent aussi Taëz, troisième ville du pays. Selon l'ONU, cette nouvelle flambée a déjà fait plus de 800 morts.

Gaza à la veille du 7 octobre

À Gaza, l'alerte est maximale. Le ministre de la Défense Israël Katz a ordonné à Tsahal de se préparer à des attaques du Hamas à l'occasion du troisième anniversaire du massacre. Le renseignement fait état de projets d'embuscade et de tentatives d'enlèvement de soldats.

Syrie : des approches suspectes près du Golan

En Syrie, deux incidents survenus en moins de 24 heures inquiètent l'armée. Dans la nuit de dimanche à lundi, un Palestinien de 22 ans vivant à Damas s'est approché d'un poste militaire près du village syrien d'al-Hamidiyah. Les soldats ont ouvert le feu. Il n'était pas armé et ne portait qu'un téléphone et de l'argent.

Lundi après-midi, deux Syriens à moto se sont approchés d'un autre poste, dans la région de Kuneitra. Ils ont été touchés par des tirs puis arrêtés. Aucun soldat israélien n'a été blessé. Selon Ynet, Tsahal se demande si ces hommes ne testaient pas la réaction des soldats sur deux positions distantes de quelques kilomètres seulement.

Les élus du Golan ont réagi vivement. Ouri Kellner, président du conseil régional du Golan, et Yehouda Doua, président du conseil local de Katzrin, refusent de revenir à la pensée d'avant le 7 octobre. Ils demandent au prochain gouvernement de rester dans la zone tampon et sur le mont Hermon.

Liban et Judée-Samarie

Le Sud-Liban figure lui aussi parmi les théâtres évoqués par l'armée. Le Hezbollah reste une menace permanente à la frontière nord. En Judée-Samarie, l'appareil de défense reste sur ses gardes à l'approche des dates symboliques, avec la crainte d'attentats.

L'ombre de l'Iran sur tous les fronts

Derrière ces fronts se dessine l'ombre de Téhéran. Selon Danny Citrinowicz, chercheur spécialiste de l'Iran à l'INSS, interrogé par la radio 103FM, la situation est dans l'impasse. Les Gardiens de la révolution ne reculent pas, malgré le blocus américain et les nouvelles sanctions. Selon lui, l'Iran mise sur les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre en espérant que Donald Trump y perde le contrôle du Congrès.

Le chercheur avertit que cette impasse risque de conduire à une escalade, en particulier dans le détroit d'Ormuz. Selon Walla, les États-Unis ont par ailleurs retiré douze bombardiers de Grande-Bretagne par crainte d'une attaque iranienne.

Une armée sous pression à trois semaines du scrutin

Tsahal doit gérer simultanément cinq fronts actifs, un manque chronique de combattants et des réservistes épuisés. Le tout à trois semaines des élections législatives du 27 octobre. Où frappera Israël ? L'armée ne le dit pas encore. Mais tout indique que le calme relatif de ces dernières semaines touche à sa fin.

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