Point de vue sur la Presse par Valérie Karsenti : Lettre à Dror Warschawski et décryptage du langage médiatique...

Revue de Presse de Valérie - le - par .
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Je comptais vous parler du Kinnereth qui s'est élevé de 2 mètres depuis le début de l'hiver et des 50 centimètres qu'on attend  en plus grâce à la fonte des neiges (grâce à D.)…de Bibi qui ,pour s'adresser aux jeunes s'est rendu dans une célèbre discothèque de Tel Aviv avec ses deux fils (son intervention a d'ailleurs été très applaudie),du festival du vin kasher qui se tiendra à Jérusalem ,au palais des congrès(Biniane Haouma) du 28 au 30 janvier, du festival de la glace qui débutera le22 février et de la patinoire géante installée chaque année sur l'emplacement de l'ancienne gare de Jérusalem ,de la multitude d'activités créatives pour les enfants ,partout à travers le pays , à l'occasion de Tou Bishevat ….(il ne s'agit plus uniquement de partir en forêt et de planter des arbres!),du célèbre Festival de Jazz d'Eilat(Red Sea Jazz Festival) et de bien d'autres choses encore!

C'est vrai, je comptais pour une fois vous faire partager le quotidien des israéliens d'une façon plus souriante…mais une fois de plus l'actualité nous rattrape!

Par exemple, en fait de Festival de Jazz de Eilat, on assiste à une polémique, générée par "l'activisme"  qui se trompe une fois de plus de cible, il faut le souligner, de BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions ou encore en anglais Boycott, Disvestment and Sanctions, ce qui signifie en gros boycotter TOUS les produits israéliens ou "suspectés" comme tels pour lutter contre la politique d'apartheid en Israël).

Mais je vous explique de quoi il s'agit:

Vous avez sûrement entendu parler d'artistes qui devaient se produire en Israël et qui, à la suite de messages sur les réseaux sociaux et pour certains de lettres de menaces explicites, ont renoncé à se produire en Israël. 

L'année dernière ça a été le cas, entre autre, pour Vanessa Paradis! 

Et bien maintenant c'est au tour d'artistes de Jazz qui ont été invités au Festival de Jazz d'Eilat de recevoir des messages de toutes parts, leur expliquant combien il serait mal venu de se produire en Israël  dans la mesure où cet Etat  a mis en place un régime d'apartheid (comme tout le monde a pu le constater ,lorsqu'on se rend  en Israël!) et combien il leur serait nuisible de cautionner un tel régime!

En général, j'évite de lire moi-même des articles qui traitent de "l'apartheid "en Israël, parce que je suis incapable d'absorber une telle quantité  de  mensonges en une seule fois ! J'ai déjà du mal en doses thérapeutiques…alors!

Mais dans ce cas, je vous fais profiter de ce "feu d'artifice" parce que la personne qui a écrit ce "coup de gueule "(Christophe Deguelt, qui est producteur de musiciens de Jazz et organisateurs de Festivals) répond de manière si  juste aux attaques minables  des militants du BDS, que je trouve que ça vaut la peine de diffuser sa réaction le plus largement possible!

Voici l'article en question cliquez-ici

Depuis quelques temps, les artistes invités à faire des concerts en Israël sont systématiquement interpellés par des associations les priant ne pas se produire dans ce pays, et ne pas soutenir le gouvernement actuel et sa politique, estimant que l’Etat d’Israël pratique un Apartheid, une politique de colonisation et des crimes de guerre envers les Palestiniens. 

Il est évident que dans cette région du monde, dans une guerre sans répit, longue et violente, le débat est extrêmement animé et complexe. 

La Culture semble être aujourd’hui un enjeu, voir un nouveau champ de bataille de ce bien triste conflit.

Depuis quelques jours, deux artistes de jazz, Erik Truffaz et Jacky Terrasson sont pris à parti dans une polémique féroce, via facebook, les réseaux sociaux, les sites internet, débat qui déchaine les passions par leur venue au Red Sea Jazz Festival, à Eilat en Israel ce mois ci. 

Ces deux artistes sont connus et reconnus pour leur talent, leurs qualités humaines, leur grande ouverture d’esprit, leur position pacifiste et leur générosité.

Voici donc, dans ce post notre position sur ce débat. Pour essayer de sortir d’une polémique difficile, et d’éviter les pièges du manichéisme, de l’aveuglement, de la manipulation et de l’intolérance.

Pour situer le contexte, tout d’abord voici un bref historique. 

Le 12 Décembre 2012, nous concluons un contrat pour deux concerts au Red Sea Jazz Festival de Jacky Terrasson en trio avec les organisateurs du festival.

Le 2 Janvier, nous recevons un courrier du BDS France (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) nous demandant de boycotter ce concert. Voici cette lettre cliquez-ici .

Je prends contact avec le représentant de cette association, Monsieur Dror Warschawski. Nous parlons une bonne heure au téléphone, nous essayons d’expliquer pourquoi nous avons accepté de jouer en Israël et notre refus d’être instrumentalisé dans ce conflit, et notre refus de boycotter ce festival et nos fans en Israël tout en expliquant notre sympathie envers la cause Palestinienne, notre tristesse dans cette guerre féroce, et notre mission première, à savoir de délivrer un message de paix.

Dans le même temps, la RTS (Radio Suisse) organise un débat le dimanche soir en direct, au sujet de la présence d’Eric Truffaz au Red Sea Jazz Festival (son animateur nous ayant contacté dans le week-end, mais nous n’étions pas disponibles pour participer à ce débat). 

Nous constatons que les murs facebook des pages de fans d’Erik et de Jacky sont envahis de commentaires, de pressions, pas par nos fans habituels, mais des militants. Certains commentaires sont franchement désagréables, et c’est vraiment du harcèlement et du dénigrement caractérisé. Les murs deviennent des champs de bataille entre les militants activistes du boycott, les fans et les israéliens et pro-israéliens. 

Quelle tristesse !

Le 7 Janvier, nouvelle communication du BDS, cette fois ci par émail. Se faisant plus pressante. Le festival est marqué par “le sceau de la honte”. Voici cet émail cliquez-ici MailBDS

Ce sont à présent des émails directement envoyés à notre bureau, aux artistes, de personnes inconnus, et c’est un vrai raz de marée.

 Face à cette pression et ce harcèlement nous avons décidé de répondre, de publier cette réponse sur notre blog et nos réseaux sociaux et de défendre notre position. Je pense que notre réponse montre une troisième voie, plus juste, plus tolérante pour sortir de ce conflit où l’on souhaite instrumentaliser les artistes.

 La Voici:

Cher Dror Warschawski, 

Comme je vous l'ai indiqué au téléphone, nous ne partageons pas vos méthodes de "pression sur les artistes", votre Boycott Culturel

Nous refusons d'être instrumentalisés et nous ne céderons pas à vos pressions par courrier, par mail, par téléphone et sur facebook.

Jouer en Israël ne veut pas dire que nous approuvons la politique de son gouvernement, et ne veut pas dire que nous ne comprenons pas le désarroi et la souffrance de la population palestinienne. Votre tentative d'enfermer les artistes dans un dilemme manichéen est une malhonnêteté intellectuelle

Prétendre que soit nous jouons au Red Sea Jazz Festival donc nous soutenons la politique d'Israël ou soit nous annulons et nous montrons notre compassion pour le peuple Palestinien est une attitude bien trop réductrice, et nous refusons de rentrer dans aucune de ces deux cases là.

1/Jacky n'a pas joué en Israël depuis plus de 15 ans, et nous avons de nombreux fans qui se réjouissent de sa venue. Nous aimons les êtres humains, qu'ils soient israéliens, palestiniens, juifs, musulmans, et nous jouerons toujours pour l'humanité. 

Nous ne faisons pas de ségrégation de notre audience et de nos fans.

2/ Nous ne faisons pas de politique et nous jouons de la musique, et nous portons une parole de paix et d'amour. Le conflit Israelo-Palestinien est extrêmement complexe, nous désapprouvons tout acte de violence, de part et d'autre et sommes profondément attristés par ce conflit et ses conséquences dramatiques.

3/ Si le Festival d'Eilat est financé en partie par le gouvernement israélien, c'est un signe d'ouverture vers la culture et le jazz, et cela ne peut être que bénéfique pour confronter nos cultures. Une dictature n'invite pas les artistes étrangers, bien au contraire. Les fans de Jacky en Israël sont comme tous les fans de jazz des gens humains, pacifistes, et qui espèrent la paix dans cette région du monde. Ils sont vos meilleurs alliés et vous semblez vouloir les punir. De plus le festival d’Eilat est un festival internationalement reconnu pour sa qualité et son ouverture sur le monde.

4/ Boycotter le festival, c'est un message injuste envers l'ensemble de la population israélienne, envers nos fans et nos amis, et c'est stigmatiser une population et un pays au lieu d'apporter une contribution pacifique et un message d'espoir. Nous sommes libres en Israël d'exprimer nos convictions, et j'en ai parlé avec les organisateurs du festival.

 Poussons votre raisonnement jusqu'au bout, plus aucun artiste étranger ne vient se produire en Israël... plus de festival de jazz... qui aura gagné ? Où est l'ouverture, la liberté ? La possibilité de porter une culture différente ? D'exprimer nos opinions ? Que dire de la politique artistique en Iran, en Syrie, au Mali aujourd'hui ? Plus aucun artiste étranger n'est invité. 

Est ce là votre sens de l’ouverture et du Dialogue ? 

5/ Vous nous dîtes que certains Palestiniens ne pourront pas assister au concert de Jacky, c'est effectivement bien triste, mais nous serons heureux de jouer en Palestine si on nous y invite (ce qui n'a pas encore été le cas). Nous ne sommes pas responsables de cette situation et ne pouvons que la déplorer. Le chemin est long vers un monde meilleur.

6/ Nous rejoignons Eric Truffaz dans sa réponse, si nous devions être d'accord avec les politiques des gouvernements des pays qui nous invitent, nous n'aurions pas beaucoup d'endroits où nous jouerions. Notre mission est ailleurs, dans la musique et dans l'espoir de porter un message de paix et de tolérance aux peuples de notre planète.

7/ Votre activisme et votre intolérance sont insupportables. De "faux fans facebook" publient des messages demandant expressément aux musiciens de ne pas jouer en Israël, et c'est bien du harcèlement que vous faîtes auprès des artistes

C'est d'ailleurs très étonnant car ces fans qui prétendent influencer les artistes ne sont pas de vrais fans, mais simplement votre armée de petits soldats qui viennent polluer un espace paisible et positif que sont les murs facebooks des artistes.

8/ Lors de notre conversation téléphonique, vous avez insinué assez sournoisement que vous êtes un grand fan de Jacky Terrasson et que vous achetiez ces disques et veniez à ces concerts, mais que vous allez y réfléchir à deux fois maintenant que vous savez qu'il joue pour Israel. Ces propos contestables comme le ton de votre dernier mail ne changeront pas nos convictions. Je ne crois pas un seul instant que vous soyez fan de Jacky Terrasson.

9/ Ce qui me dérange le plus dans votre démarche... c'est la haine d'Israël que vous avez, une haine maladive, aveugle et bien sur dissimulée par du "politiquement correct". Par vos actions, ce ne sont pas les Palestiniens que vous aimez et que vous défendez, ce sont les Israéliens que vous haïssez. En d'autres temps, on sait très bien où cette folie à pu conduire notre monde. Vous êtes antisionniste et sournoisement et paradoxalement antisémite (vous le petit fils d'un rabbin connu pour ses positions humanistes), vous le dissimulez sous un prétexte d'organisation humanitaire, et de justicier du monde.

10/ Si Stanley Jordan, le Portico Quartet ont annulé leur concert au Red Sea Jazz Festival, c'est leur choix, que nous respectons. Certains de nos artistes refusent de jouer en Israël. Ce sont leurs convictions politiques et nous vivons en démocratie, et nous respectons sincèrement toutes les opinions. Mais respectez les nôtres, nous pensons être plus utile en étant invité à exprimer notre musique pour le peuple israélien plutôt qu'à refuser de venir jouer dans un pays dont nous désapprouvons les décisions gouvernementales. Libre à Jacky Terrasson de se faire sa propre opinion, après sa venue. Ne forcez pas les gens à penser ce que vous souhaitez qu'ils pensent... c'est de la dictature intellectuelle et de la manipulation, celle là même que vous prêtez aux dirigeants israéliens.

11/ La Palestine a besoin de soutiens internationaux, d'actions positives, de paix et ce n'est pas en prônant la violence (intellectuelle et verbale) et l'intolérance, que vous aiderez la Palestine. Je me suis moi-même rendu à Ramallah, pour y produire un concert gratuit de Shakti, soutenu par les Nations Unies, et nous avons aidé à financer une école de musique pour les enfants victime de la guerre. Voilà des actions positives, pacifistes qui ont un sens, de l'humanité. Mettre dos à dos les deux camps, ce n'est pas œuvrer pour la Paix, c'est mettre de l'huile sur le feu.

12/ Votre comparaison avec l'Apartheid en Afrique du Sud est fausse. L'Apartheid en Afrique du Sud fut condamnée par les Nations Unies et se définie par une ségrégation raciale, qui donna lieu dès le 2 Décembre 1968 à une recommandation de suspendre tous les échanges culturels, éducatifs et sportifs avec l'Afrique du Sud, et dès 1973 par la résolution 3068 de l'ONU. Nous ne serions pas aller jouer en Afrique du Sud... et je pense que la couleur de peau de Jacky Terrasson (que vous ne semblez décidément pas connaître, cela en devient risible) ne nous aurait bien évidemment pas permis d' y être invité. Le régime en Afrique du Sud était un régime totalitaire, illégitime, anti-démocratique et raciste. A ce jour l'ONU n'a pas appelé publiquement ou par résolution au boycott d'Israël, ni la France, ni les Etats-Unis qui sont les deux pays de Jacky Terrasson. Si tel était le cas, nous n'irions pas jouer en Israël.

Dans mon agence, je représente des artistes musulmans, des artistes israéliens, beaucoup de religions différentes, de nationalités, et c'est un espace de tolérance, de paix, de dialogue. J'ai produit plus de 3000 concerts dans le monde, et c'est la première fois que je reçois autant de missives désagréables.

Vous l'homme de science, vous devriez faire confiance à la rigueur de l'analyse au lieu de rentrer dans un conflit ouvert avec les artistes.

Je terminerais par cette citation de Koffi Annan, "la Tolérance est une Vertu qui rend la paix possible".

Bien Cordialement,
Christophe Deghelt,

En lisant le mail et la lettre du BDS, je me suis demandé comment on pouvait en arriver là? Comment on pouvait avec aplomb, affirmer tant de bêtises, sans sourciller .

Je vous propose donc un article qui montre "en 10 leçons" de quelle façon le choix des termes et le discours modifient la perception de la réalité (toujours utile quand on regarde les news et qu'on a besoin d'outils de décryptage pour évaluer objectivement ce qu'on entend et qu'on voit).

10 leçons

Les écrivains et les orateurs emploient souvent des stratagèmes rhétoriques cachés pour discuter de questions politiques sensibles — surtout lorsqu’il s'agit d'Israël. 

Et la vaste majorité de leur public n’en est nullement consciente. Voici donc une liste des stratagèmes les plus répandus. Entraînez-vous à les déceler et vous aurez un mal fou à ne pas remettre en question votre vision du discours politique !

Les euphémismes

Une façon d'influencer subrepticement votre public est d’excuser un comportement en utilisant pour le décrire des termes anodins alors qu’il est loin de les mériter.

Exemple : Qu’appelle-t-on un terroriste ? De nombreux médias n'ont aucune difficulté à qualifier des groupes comme Al-Qaïda de « terroristes », mais rechignent à décrire comme tels ceux qui tuent des civils innocents en Israël, préférant le terme de « militants ».

L’inverse de l’euphémisme est le dysphémisme, une technique consistant à durcir l’aspect négatif d’une chose ou d’une idée en l’exprimant de façon plus critique.

Exemple : Ceux qui ne peuvent supporter de prononcer le nom « Israël » utilisent l’expression menaçante de « l'entité sioniste », trahissant ainsi leur véritable attitude face à son droit d’existence.

Jérusalem, la capitale d'Israël, Jérusalem, peut devenir « la Jérusalem arabe illégalement occupée » pour ceux que la présence juive dans cette ville dérange, tandis que les Israéliens se voient qualifiés de « colons ».

Les stéréotypes

Les stéréotypes constituent un autre moyen sournois de tromper l’auditeur. Des termes empruntés au langage animal comme « meute » ou « infester » pour décrire des personnes contribuent à minimiser leur humanité

Exemple : Martin Linton, membre du Parlement Britannique a récemment comparé ses concitoyens pro-israéliens à « ces longues tentacules d'Israël » qui gagnent la Grande-Bretagne.

La présélection des données

Quand une tendance est, dans l’ensemble, à la baisse, on peut présenter à tort une légère hausse isolée comme la preuve que la tendance est à la hausse, bien que ce ne soit pas le cas.

Exemple : Dans un article datant du 3 avril 2010 sur l'organisation terroriste du Hamas, le magazine The Economist écrit : « Selon certains économistes, la croissance de la bande de Gaza est plus rapide que celle de la Cisjordanie dirigée par l’Autorité Palestinienne, rivale du Hamas. » Je n’ai pas la compétence nécessaire pour vérifier cette allégation (et je doute que qui que ce soit puisse le faire vu le manque de transparence de la situation économique dans cette zone), mais elle me semble fragmentaire et très suspecte.

Les pseudo-preuves

La pratique consistant à citer des « experts » douteux ou fabriqués de toutes pièces pour donner une légitimité à une affirmation qui pourrait être considérée comme outrancière.

Exemple : Regardons de plus près la déclaration de The Economist susmentionnée : « Selon certains économistes ...» Qui sont ces économistes ? Et si cette déclaration est commune à « certains » économistes, cela signifierait-il que beaucoup d'autres économistes ne partagent pas cet avis ? L'utilisation de pseudo-preuves est clairement un drapeau rouge indiquant qu'une déclaration peut être controversée voire carrément mensongère.

L’étiquetage

Les annonceurs publicitaires ont constaté que l’ajout du mot « fantastique » sur l'emballage, susciterait de meilleures réactions de la part des consommateurs.

On peut faire la même chose dans un discours politique, attribuant des traits positifs ou négatifs à des groupes politiques ou des idées.

Exemple : En avril 2010, l'éminent évêque italien Giacomo Babini a affirmé que les « sionistes » étaient à l'origine des nombreux rapports d'abus par des prêtres, sapant et rongeant l'Eglise Catholique, parce que les Juifs sont « les tueurs de Dieu ». Ces remarques sont pour le moins bizarres, mais peuvent malgré tout - surtout si elles sont répétitives - subtilement teinter les impressions que se font les gens des Juifs et d'Israël.

La caricature

Si vous pouvez réduire un point de vue ou des arguments auxquels vous vous opposez à une caricature simpliste et ridicule, il est alors facile de les ignorer.

Exemple : Dans la pièce tristement célèbre de Carol Churchill (et très critique de l’existence même d'Israël) Seven Jewish Children, le passage provoquant le plus grand éclat de rire est celui dans lequel un personnage juif tente d'expliquer le lien essentiel, éternel des Juifs avec la Terre d'Israël à travers l'histoire.

Tout ce que put faire Churchill, fut de dire qu'une fois – elle ne sait pas bien quand exactement – un ancêtre vécut en terre d’Israël. C'est un moment hilarant pour la grande majorité du public, et qui s’avère efficace (bien qu’erronée) pour ridiculiser la dévotion millénaire des Juifs envers la Terre d'Israël, la faisant paraître stupide

Churchill choisit délibérément d’ignorer le fait qu’il y eut une présence juive continue en Israël pendant des milliers d'années, d’occulter le fait que la plupart de la terre de l'Israël moderne fut en fait achetée par les résidents juifs dans les années qui ont précédé la création de l'État, et de rejeter la réalité de la politique d'Israël aujourd'hui.

La caricature est l’outil de celui qui cherche à manipuler et non pas à débattre.

La source du financement

Qui finance ce que vous lisez et ce que vous écoutez ?

Exemple : En Israël de nos jours, on a beaucoup parlé du financement par l'Union Européenne de certains groupes israéliens de droits civils d'extrême-gauche (qui sont souvent extrêmement critiques de la politique israélienne). 

Certains Israéliens pourraient se montrer favorables à de tels programmes et partager ces points de vue, mais ils mériteraient dans ce cas de savoir qui finance la diffusion de ces opinions.

Un autre exemple : Il y a quelques années, les participants au Festival de Culture Arabe de Chicago, furent extrêmement surpris lorsque des tracts antisémites et anti-israéliens furent distribués. Il s'est avéré que cette initiative ne provenait pas de la communauté locale, mais avait été financée par le gouvernement libyen.

L'analogie rhétorique

Les analogies fournissent un raccourci mental. Il existe des idées qui sont si étroitement liées au mal, comme le nazisme et l'apartheid, que s’en servir de nos jours pour les comparer à un groupe politique entache sa réputation et le rend coupable par association. Malheureusement, ces deux régimes infâmes sont aujourd'hui régulièrement évoqués lorsque l’on parle d’Israël.

Exemple: Des milliers d'étudiants à travers le monde ont récemment, participé aux activités organisées par la « Semaine contre l'apartheid israélien » qui se déroule chaque année. Cet événement ne favorise pas la recherche, la connaissance des faits mais contribue à les voiler, obscurcir la vérité.

Si les étudiants avaient véritablement accès à l’information, ils pourraient apprendre qu’Israël est une démocratie moderne dynamique et vibrante qui accorde les pleins droits politiques à tous ses citoyens, sans distinction de religion ou d'origine ethnique. 

Combien de participants à la « Semaine contre l'apartheid israélien » savent-ils qu'Israël a accordé l'asile politique aux musulmans persécutés fuyant la guerre au Soudan ? La réalité d'Israël ne correspond pas aux analogies souvent rhétoriques faites à son encontre.

Comparer Israël à l'Allemagne Nazie ou à l’Afrique du Sud de l’Apartheid est non seulement injuste et scandaleux, mais minimise les souffrances des personnes ayant été persécutées sous ces terribles régimes.

Les mensonges éhontés et les distorsions

Enfin, et peut-être la rhétorique plus difficile à contrer, est tout simplement le mensonge éhonté.

Exemple: En Septembre 2000, la télévision française diffusa une vidéo montrant un garçon terrifié se faire tuer par des soldats israéliens que l’on ne pouvait voir sur l’image. Le garçon, Mohammed al-Dura, devint immédiatement un symbole. Des terroristes (dont ceux qui ont assassiné Daniel Pearl) ont expressément cité Mohammed al-Dura pour justifier le meurtre de Juifs.

Pourtant, il s’est avéré des années plus tard que la vidéo d'al-Dura n’était qu’une mascarade, mise en scène par des activistes locaux, et soigneusement éditée par la chaine française de télévision France-2, qui refuse jusqu'à ce jour de produire la vidéo dans son intégralité, avant montage, en dépit des demandes du juge français.

Face à de tels mensonges, de déformations si éhontées de la réalité, que pouvons-nous faire? Heureusement, un certain nombre d’organismes combattent et exposent certaines calomnies parmi les plus courantes à l’encontre d'Israël. Honest Reporting et Camera ar exemple, nous tiennent informés de certains des mensonges les plus vicieux et des insinuations les plus viles sur Israël.

En fin de compte, c’est à nous qu’incombe la responsabilité de nous éduquer. Plus nous lirons d’articles sur d'Israël, plus nous nous y rendrons, plus nous parlerons avec des personnes bien informées, plus nous serons en mesure d’identifier ces ruses rhétoriques et pourrons mieux y résister.

Valérie Karsenti 

 A bon entendeur….Salut!

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