La revue de presse israèlienne de Valérie Karsenti :Boshra Khalaila Arabe Laïque et Patriote

Revue de Presse de Valérie - le - par .
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                                                                                                                                                                                        ב"ה 

 L'automne  a commencé depuis quelques jours. Mais surtout n'allez pas vous imaginer que le mois de novembre ressemble à celui que vous connaissez, celui qui va de pair avec les arbres déjà dénudés et la pluie qui vous fait frissonner .Non!

A Jérusalem, l'automne c'est la fraicheur le soir, la nuit qui tombe très vite, les arbres encore verts qui prennent lentement la couleur du caramel et surtout la limpidité du ciel et de la lumière.

J'avais envie de vous envoyer un peu de cette lumière, c'est pourquoi j'ai choisi des histoires plutôt gaies pour cette troisième revue de presse.

J'avoue que je prends un plaisir particulier à vous faire découvrir -ou en tout cas, c'est de cette manière que je l'imagine -des aspects d'Israël qui ne vous étaient pas très familiers.

 

Voilà pour l'introduction …et maintenant en route pour la Galilée, lieu de résidence d'une jeune femme, 

Boshra Khalaila qui est maintenant en Master à l'université de Tel Aviv. 

 

Elle est arabe, laïque et patriote !

Boshra qui est née dans le village arabe de Deir Hana défie les stéréotypes .En effet, elle est arabe, laïque et patriote!

Son patriotisme se traduit par des actes concrets. 

Elle participe, en tant que volontaire à un programme coordonné par le ministre des Affaires Etrangères :

"panim chel Israel"(visages d'Israël) qui se propose de présenter Israël de manière positive et d'expliquer sa position particulière au cours d'interviews, de conférences de presse, et de rencontres .

Ces rencontres se déroulent partout à travers le monde. 

Pour sa première "mission", Boshra a été envoyée en Afrique du Sud, et en particulier à Johannesburg et Cape Town, pour rencontrer les intervenants et les étudiants présents à la semaine intitulée :"Israel Apartheid Week" (semaine contre" l'apartheid israélien") .

Elle a donné quatre conférences dans les universités les plus importantes de ces deux villes, cinq interviews à la radio et plusieurs dans les journaux locaux et nationaux. 

Durant cette semaine, Boshra était accompagnée de quatre autres volontaires dont un Druze et un Arabe/Israélien .

Le groupe a eu à faire face à l'hostilité ambiante et aux attaques de toutes parts contre Israël, ainsi qu'aux idées préconçues, généralement générées par la propagande anti israélienne, devenue (helas!) si ordinaire et attendue à l'heure actuelle. 

Boshra et deux des membres de l'équipe bénéficiaient cependant d'un atout non négligeable : leur langue maternelle l'arabe comme  vous l'aviez compris .Cet avantage" stratégique", leur a permis, aux dires de Boshra de retenir l'attention ou en tout cas, d'initier une ébauche de dialogue avec ceux qui pensaient que tous les israéliens,sans exception, étaient  des meurtriers et/ou des usurpateurs .

Le challenge était d'autant plus difficile ,que les étudiants pro-palestiniens avaient accroché sur tous les murs ou surfaces disponibles des photos montrant des enfants palestiniens ,blessés ,ou morts ,suite aux tirs israéliens,ainsi que l'indiquaient les légendes qui figuraient sous ces photos (selon les affirmations des étudiants pro palestiniens) .

Comme on peut s'en douter cette propagande avait fait beaucoup de mal et créer  une brèche dans ces certitude.

Une gageure pour Boshra et son équipe .

Bien plus ,leur double identité ou appartenance arabo/israélienne déconcertait complètement ces étudiants pour lesquels un tel concept était une abomination .

Bien sûr, Boshra et les membres de son équipe furent accusés d'être juifs,l'insulte suprême ,dans la bouche de ces étudiants.

.Ils furent également accusés d'être vendus ,de travailler pour l'état israélien ,d'être des espions qui se renseignaient sur d'éventuelles cellules terroristes etc…Boshra a dû lutter pour se faire entendre. 

Personne n'était prêt à accepter ses dénégations quant aux mesures de ségrégation pratiquées en Israël. 

Jusque-là, ces étudiants étaient persuadés que les juifs et les arabes ne montaient pas dans les mêmes bus, qu’ils ne faisaient pas leurs courses dans les mêmes supermarchés ou qu’ils ne fréquentaient pas les mêmes institutions académiques

Boshra leur a affirmé le contraire en allant plus loin: elle a  déclaré son attachement et son engagement pour son pays : Israël.

A  un  étudiant en doctorat originaire de Gaza, qui lui rappelle tous les" crimes perpétrés par l'armée israélienne", elle rétorque  qu’elle n’apprécie pas particulièrement lorsque les soldats israéliens attaquent et qu’il en résulte la mort de civils, mais elle ajoute qu’il en va de même, lorsque une pluie de roquettes et de Kassam s’abat sur Netivot ou Sderot

Elle souhaite bien entendu que les Palestiniens aient un Etat, mais elle rappelle à cet étudiant que les conflits qui opposent le Hamas à l’Autorité Palestinienne rendent impossible toute tentative de progression vers un règlement du conflit et que finalement ce sont les Palestiniens eux-mêmes qui  en paient le prix.

Paradoxalement, comme elle le confie elle-même, et souvent après avoir rappelé à ses interlocuteurs  qu’elle n’est qu’une étudiante, venue pour défendre son pays et pas un agent du gouvernement, ces entretiens se terminent par des mains serrées  et des accolades.

A la faveur des remous provoqués par ces affirmations, elle est invitée  à répondre aux questions d’un présentateur d’une radio islamique en arabe de Johannesburg. 

Il commence par lui demander pour quelle raison les autorités israéliennes n’autorisent pas les musulmans à se rendre la mosquée d’Al Aqsa pour y prier et pour quelle raison seuls les Juifs en Israël sont autorisés à pratiquer leur religion.

Boshra lui répond que dans son relativement petit village, il n’y a pas une, mais deux mosquées et deux imans qui sont rémunérés par l’Etat d'Israël et que par ailleurs, il est loisible à tous de se rendre à la mosquée d’Al Aqsa, tout à fait librement.

 

Le présentateur n’en croit pas ses oreilles. Comme elle sent sa  réceptivité, elle poursuit à propos des droits des citoyens  arabes en Israël. Elle lui demande par exemple si les femmes ont le droit de passer leur permis de conduire en Arabie Saoudite ou au Koweit, si elles peuvent fréquenter le jeune homme de leur choix avant le mariage ou si on les force à se marier dès leur plus jeune âge etc…Chaque question est suivie d’un silence embarrassé du présentateur .

Autre sujet épineux : celui du blocus de Gaza. Le présentateur a du mal à croire Boshra lorsqu’elle lui explique qu’Israël réapprovisionne régulièrement Gaza, tandis que l’Egypte ferme hermétiquement ses frontières (résultat : du côté de la frontière égyptienne l’embargo est total).

 

Lorsqu’elle rentre en Israël, elle a à faire face aux menaces et injures de certains habitants de son village qui ne comprennent pas sa démarche et lui reprochent aussi d’être à la solde des israéliens. 

Ces accusations lui font mal, mais renforcent sa conviction que beaucoup de travail reste à faire. Quand on lui demande ce qu’elle gagne à essuyer critiques et à être l’objet de menaces, elle répond que son action est à la fois en faveur du pays qu’elle habite et où elle a ses racines  et également qu’elle veut faire progresser le statut de la femme dans sa propre communauté. 

Elle n’a pas l’intention de faire de la politique, mais désirerait qu’il existe une télévision israélienne qui montre une autre réalité. Elle se voit bien parlant de coexistence, de paix, d’unité .Elle aimerait construire des ponts entre le monde arabe et les autres civilisations.

Je souhaite quant à moi, qu’elle ait un jour les moyens de réaliser son rêve.  

Source: Times of Israel

http://www.timesofisrael.com/boshra-khalaila-telling-israel-like-it-is-in-arabic/

 

 

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