Chronique de Har Homa. Voir Israël autrement avec Valérie. La femme israèlienne à l'honneur.

Revue de Presse de Valérie - le - par .
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Valerie_Karsenti.jpgJe m’appelle Valérie Karsenti et j’habite en Israël depuis 20 ans et à Jérusalem depuis 18 ans. Claudine Douillet m’a très gentiment  proposé de collaborer à la newsletter diffusée par le magazine Alliancefr pour offrir à ses lecteurs la possibilité de connaitre de manière un peu différente la société israélienne.
Cette perspective constituera donc la ligne directrice de ces chroniques  qui sauront, je l’espère susciter votre intérêt, tout autant qu’augmenter votre attachement à Israël.

J’ai choisi tout d’abord de vous parler de deux familles qui ont fait récemment leur alyah.
Leurs points communs : leur décision assez inattendue  de faire leur alyah et  leur pays d’origine : les Etats Unis.

Une Alya Quick et Kosher !

Jamie Geller, 34 ans, mère de famille et auteure à succès  de plusieurs livres de cuisine cachère a fait son alyah le 13 Aoûtt dernier, grâce à l’organisation Nefesh be Nefesh (qui représente l’équivalent de l’agence juive dans les pays anglophones).
L’histoire de Jamie est remarquable à plus d’un titre.
Tout d’abord, elle travaillait comme productrice à CNN (chaine de T.V), lorsqu’elle a commencé à  se rapprocher de la tradition juive.
Au début cela ne lui posait pas de problème, mais lorsqu’elle a décidé de respecter le Chabat, elle s’est vue contrainte de démissionner pour ne pas avoir à produire des émissions le vendredi ou le samedi.
Tout de suite après, elle s’est envolée pour Jerusalem, afin de participer à un séminaire sur le judaïsme.
Durant le séminaire, elle a reçu un coup de fil de la direction de la chaine HBO qui lui proposait de travailler sur le tournage de la série  « Sopranos ».
Elle a accepté et est donc retournée aux Etats Unis.
Durant un certain temps, elle a réussi à concilier les exigences de sa carrière professionnelle et sa vie privée.
Toutefois, après la naissance de son premier enfant, elle a décidé de changer d’orientation  professionnelle.
C’est ainsi qu’elle a écrit son premier livre sur la cuisine rapide et cachère : Quick and Kosher.
Jamie confie à un journaliste qui l’interview à propos de ce changement radical que sa première année de mariage  était un fiasco complet d’un point de vue culinaire.
Elle a donc glané des recettes simples  et cachères  autour d’elle, et a réuni ces recettes en un livre.
Comme elle n’était pas « sponsorisée » elle a mis ses connaissances de productrice  au service de son nouveau projet et son « bébé » a fini par voir le jour.
Le succès du premier livre l’a amené à en écrire 2 autres : Quick and Kosher :Meals in Minutes (« rapide et cacher : comment réaliser des plats cuisinés  très rapidement ») et tout récemment :Joy of Kosher qui livre des recettes de cuisine pour les  fêtes .
Jamie a également ouvert un site (Joyofkosher.com) visité par plus de 80000 personnes durant les fêtes (juives) et produit une émission consacrée à la cuisine sur une chaine câblée :
Jewish Life Television.
Si l’histoire s’arrêtait là, on pourrait penser qu’il ne s’agissait que de la reconversion professionnelle réussie d’une jeune femme juive américaine.
Mais comme vous vous en doutez (sinon je ne vous aurais pas rapporté cette histoire), il n’en n’est rien !
Cette fois ci, l’initiative vient du mari  de Jamie qui désirait depuis toujours faire son alyah. Jamie, quant à elle était plus réservée. Mais l’enthousiasme de son mari a fini par payer : toute la famille s’est envolée le 13 aout dernier pour  Beit Shemesh, ville qui se situe à mi-chemin entre Tel Aviv et Jérusalem.
Jamie est ravie. Elle avoue qu’elle ne s’est pas encore mise à l’hébreu, mais que pour l’instant ça ne constitue pas un véritable obstacle à sa carrière professionnelle puisqu’elle travaille avec les Etats-Unis,  principalement online .
Par contre, lorsqu’elle écrit des mots d’excuse pour ses enfants, elle s’applique à  les écrire en hébreu (fautes d’orthographe incluses !)
Incorrigible, elle a décidé, de filmer sa propre alyah, en commençant par les rencontres avec les cadres de Nefesh Be Nefesh et au fur et à mesure jusqu’à son installation à Beit Shemesh. Elle dit avoir tenté par ce reality show d’une nature un  peu spéciale, pour démystifier le processus de l’alyah et de faire partager  son enthousiasme.
Et là encore c’est une réussite, puisque la série complète sera diffusée au festival du film juif à Jerusalem au mois de décembre. Mazal tov!
Source Jerusalem Post

Une Alyah active à plus de 80 ans ? c'est possible !

A première vue, on serait tenté de croire que le salon de Yakov et Moshet Pedagogue a été  aménagé spécialement en vue d’un repos bien mérité  après une longue carrière professionnelle. Les fauteuils moelleux, l’air conditionné et la vue panoramique dégagent une telle sensation de calme et de sérénité qu’il est difficile d’imaginer Yakov et Moshet autrement qu’en train de lire ou de regarder la T.V sirotant  une grande tasse d’une boisson chaude à leur portée.
Oubliez vos idées reçues : malgré leur âge :Yakov a 85 ans et Moshet , de 3 ans sa cadette, les Pedagogue n’ont pas l’intention de se reposer…bien au contraire !
Ils viennent de faire leur alyah et fourmillent de projets.
Entre autre, et compte tenu de leur formation, ils envisagent de rédiger ensemble des articles destinés à des revues scientifiques, tout en apprenant l’hébreu et en étant  des membres actifs de la communauté reformée de leur quartier.
Mais pour mieux apprécier ce que cette histoire a d’exceptionnel, il faut en  préciser le contexte particulier.
Yakov qui a toujours été un sioniste convaincu et très actif est veuf depuis 7 ans.
Quant à Moshet, qui avait suivi son fils aux Etats Unis, après avoir vécu 47 ans en Russie et avoir renoncé (momentanément, la suite nous le confirme) à son projet d’alyah, elle est également veuve depuis de nombreuses années.
Apres plusieurs années de solitude, les deux se sont  rencontrés  sur Jdate et ont décidé  de se marier.
Ensuite ils ont  réalisé  le projet qui leur tenait tant à cœur depuis de si nombreuses années :
ils ont fait leur alyah ! Seule ombre au tableau : leurs enfants sont restés  aux Etats Unis et ont eu du mal à comprendre et accepter la décision de leur parent respectif. La séparation est difficile, mais les Pedagogue sont courageux et déterminés.
Pour ma part je leur souhaite longue vie et Mazal tov !
Source timesofisrael

Femmes Combattantes en Israël :
A l’heure du voile et de l’intégrisme qui confine les femmes chez elles et les  contraint à devenir invisibles, en Israël on prend le contrepied.
On pense que les femmes sont non seulement partie intégrante de la société et que leur contribution est indispensable, mais que parfois même, elles réussissent là ou des hommes auraient échoué.
Ainsi, il y a de plus en plus de femmes qui servent dans l’armée en tant que combattantes. D’autres, qui ont des aspirations différentes, se voient enfin ouvrir l’accès aux études talmudiques, jusqu’ici réservées aux hommes.
D’autres enfin choisissent des voies plus secrètes mais tout aussi efficaces  pour offrir leur contribution.
L’enrôlement des femmes dans les unités combattantes n’est pas un phénomène nouveau.
En effet dès la période de l’indépendance de l’Etat d’Israël, l’armée comptait dans ses rangs des  soldates dans l’infanterie, les chars et même des pilotes dans l’armée de l’air.
Pour ne citer qu’un exemple parmi les plus connus, en 1956, lors de la campagne du canal de  Suez, (désignée en hébreu comme l’opération Kadesh) une pilote de l’air parachute un bataillon au-dessus des lignes égyptiennes.
Elle s’appelle Yaël Rom et a terminé sa formation de pilote, seconde de sa promotion.
Elle participe à d’autres opérations d’envergure telles différentes opérations de sauvetage de blessés et parachute d’autres soldats au-dessus du Sinaï.
De nos jours, s’il n’y a pas de combattantes dans  les unités  traditionnelles de l’infanterie, les soldates sont bien visibles dans les unités créées depuis une dizaine d’années.
Ainsi cette infirmière, Liat, qui sous le feu ennemi  a pu évacuer et sauver des combattants blessés au sud Liban.
Ainsi également, le sergent major Keren Tendler, première femme mécanicienne  sur un hélicoptère, qui fut tuée lorsque l’hélicoptère sur lequel elle volait fut abattu  au cours de la seconde guerre du Liban.
D ‘ailleurs, au cours des 10 dernières  années, de plus en plus de femmes qui ont terminé avec succès leur formation de pilote participent à des vols réels, des attaques et des opérations de sauvetage.
 Source mako.co.il


Femmes talmudistes :

Les communautés orthodoxes de stricte observance sont encore très réticentes à l’idée que les femmes puissent étudier  le Talmud, comme il est enseigné  traditionnellement  dans les yechivot (les écoles où l’on enseigne et transmet la tradition juive écrite et orale).
Cependant, il n’est pas rare de voir assis côte à côte et penchés sur une page d’un traité  du Talmud, garçons et filles dans les universités moins orthodoxes du nord est des Etats Unis.
Cette tendance à l’ouverture gagne Israël, où certaines écoles proposent des cursus d’études aux filles  semblables à ceux proposés traditionnellement aux étudiants de yeshiva.
Fait exceptionnel au mois d’aout dernier, certaines  étudiantes de l’institut Matan, qui se définit comme un institut féminin pour l’étude de la Torah a célébré son premier « siyoum ha shass »
Qu’est-ce que ça signifie ?
Le Talmud comprend 2711 pages  (approximativement la taille de l’Encyclopedia Britannica) qui traitent aussi bien de la loi canonique juive dans son acceptation la plus large, que de philosophie, de métaphysique, et de morale.
Le « siyoum ha shass » est une célébration qui vient clôturer le cycle du « Daf Hayomi » c’est-à-dire l’étude du talmud (shass en hébreu) à raison d’une page recto verso par jour.
Le cycle dure 7 ans.
Cette année, et c’est une grande première depuis la création en 1923 de ce cycle d’études, c’est la première fois que des femmes complètent le cycle.
L’affaire a fait grand bruit dans la presse, bien que ces étudiantes n’aient pas participé aux multiples réjouissances organisées en Israël et partout à travers le monde pour célébrer la fin du cycle d’étude du Talmud.
Une autre institution fait figure de pionnier dans l’étude du Talmud pour les femmes.
Pardes, c’est le nom de l’institut est dirigé par le Rav Daniel Landes qui est un fervent partisan de l’étude du Talmud pour les femmes.
Il explique que cette possibilité donnée aux femmes représente un enrichissement et un élargissement des perspectives.
Il cite en exemple un des cours qu’il a donné.
Ce cours était mixte et le sujet traité était le viol d’un point de vue juridique (statut de la victime, statut du violeur, responsabilité, réparation etc.).
Les garçons qui étaient présents ont demandé des éclaircissements sur des questions (juridiques) précises.
Tout à coup, une jeune fille a demandé de quelle manière la victime du viol et le responsable se réintégraient dans la société. Le Rav était surpris car il n’avait jamais considéré la question sous cet angle !
Petit à petit, l’idée fait son chemin et aujourd’hui , de plus en plus de jeunes filles (appartenant au public national religieux) en Israël, consacrent un an ,entre la fin de leur année de terminale et leur service volontaire ,à  l’étude de la Torah et deviennent ensuite des enseignantes.
Pour l’instant il s’agit plus de pensée juive que de Talmud, mais qui sait ?
Source Jerusalem Post

Femmes du Mossad :
Pour clore cette première chronique avec panache, j'aimerais reproduire ici quelques passages d'une interview qui est parue en hébreu dans le magazine Globes.
Cette interview constitue un scoop.
En effet pour la première fois, 5 femmes de l'ombre autrement dit des espionnes parlent de leur métier et de la façon dont il était exercé au sein du Mossad.
Toutes ont un grade qui équivaut à celui de colonel dans l'armée.
Certaines dirigent même un service particulier.
Aucune n'est une novice, c'est ce qui rend l'interview si intéressante.
Quand on leur demande ce qui les différencie des hommes, elles répondent qu'il est courant d'avoir recours à des méthodes qui incluent la séduction et que de cette manière  elles obtiennent des renseignements "tout en douceur".
Toutefois, elles précisent qu'il n'est jamais question "d'aller plus loin".
Le Mossad, en effet, interdit les rapports de ce genre.
La plupart sont célibataires, mais certaines, plus âgées sont mariées et ont des enfants.
La pression est telle qu'il y a peu de femmes qui exercent ce métier.
Toutes savent parfaitement que  si elles se font prendre et qu'on découvre leur véritable identité, elles risquent d'être emprisonnées, torturées, voir exécutées.
Mais la motivation et le sentiment de contribuer à la sécurité de l'Etat d'Israël et d'assurer ainsi la sécurité de leurs propres enfants est la plus forte .C'est d'ailleurs leur mantra, lorsqu'elles sont face au danger. Il ne s'agit pas de naïveté, ni d'héroïsme, mais plutôt d'une conscience maternelle exacerbée, et ce qui les rend si attachantes et si humaines.
Source timesofisrael

Sélection, traduction et mise en page par Valérie Karsenti.

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