Quel est le lien entre les pirates et les Templiers du 14ème siècle ?

Actualités, Coup de coeur, Culture - le - par .
Transférer à un amiImprimerCommenterAgrandir le texteRéduire le texte
FacebookTwitterGoogle+LinkedInPinterest
Diego el mulato pirate juif des caraïbes

QU’EST-CE QUI RAPPROCHE LES PIRATES DES 15E ET 16E SIECLES DES TEMPLIERS DU 14E SIECLE, PUIS DE LEURS HERITIERS FRANC-MAÇONS ?

Lire notre article 

Pour commander ce livre envoyez votre chèque à Auteurs du Monde, 54, rue des Mèches - 94000 CRETEIL Tel : 09 50 52 53 05
Site : www.auteursdumonde.fr
auteursdumonde@free.fr

pirates francs-macons

pirates francs-macons

Vous le saurez en lisant DIEGO EL MULATO, EL ZORRO DEL MAR (Le Renard de la Mer) et le blog http://piratesjuifsdescaraibes.blogspot.fr/

Bientôt sortie le 1er Novembre 2015 du roman Diego El Mulato, de Yves-Victor Kamami et Sylvia Cornet, aux Editions Auteurs du Monde.

Tout d’abord on peut constater des points communs : un refus de tous les dogmes, un amour de la liberté de penser et d’agir, des rituels chez les Templiers et Francs-maçons et un code chez les pirates, et tant d’autres choses….

Cependant, il est vrai que l’association pirates / templiers et franc-maçons pourrait paraître saugrenue. C’est pourtant une thèse du livre de Robert Charroux « Trésors du Monde » s’appuyant sur un document intitulé : Cryptogramme du forban.

Cryptogramme du forban

Cryptogramme du forban

 

Ce texte a été écrit dans un alphabet apparenté à celui des templiers et de la franc-maçonnerie par le pirate Olivier Le Vasseur dit La Buse.

L’alphabet des pirates, représenté par R. Charroux, contient partiellement des inversions de l’alphabet maçonnique, dérivé du système d'encodage de Heinrich Cornelius Agrippa (cf. De occulta philosophia, Cologne, 1533, li. 3, ch. 30) mais aussi des caractères de l’alphabet secret templier(ci-dessous).

Aux 15e et 16e siècles, les pirates prirent les noms de boucaniers ou de flibustiers. Dans ce nom de flibustier on peut trouver un début d’explication allusif à la franc-maçonnerie.

Flibustier viendrait de l’anglais free (franc ou libre) et booter (pillard) [1]. On le fait également dériver du néerlandais vrijbueter signifiant « celui qui prend librement son butin ».

De l’autre côté, l’appellation anglaise de franc-maçon est free-masson (ou maçon libre), nom d’origine des tailleurs de pierre et architectes regroupés en confrérie dès le Moyen Age dans toute l’Europe.

Dès l’Antiquité, la piraterie s’est organisée en société secrète comme ensuite les templiers et les franc-maçons modernes observant des rituels spécifiques.

Aux 15e et 16e siècles, des causes politiques et sociales peuplèrent la mer méditerranée et les Caraïbes de pirates. Ils s’agissait principalement de réfugiés, de libres penseurs exilés, de personnes opprimées et persécutées fuyant les inquisiteurs, les colonisateurs et les esclavagistes espagnols. C'était comme une vengeance et une réaction des protestants et juifs fuyant l’Inquisition et des esclaves indiens et noirs fuyant les marchands d'esclaves. Les forbans affectèrent un mépris insultant pour les catholiques espagnols et portugais, dont le nom seul les avait fait trembler jadis.

En Afrique du Nord

Au Moyen Age, il existait des ordres de piraterie à l’instar des ordres de chevalerie[2].
L’Ordre du Temple pratiquait la piraterie, en bons corsaires chrétiens, quand le besoin s’en faisait sentir en Méditerranée contre les bâtiments mahométans qui écumaient de la même manière la mer intérieure. Cette situation perdura encore bien longtemps après la chute des Templiers.

Ce fut sur des bateaux de pirates que les premières formes démocratiques de gouvernement furent institués avec chaque membre du navire ayant une voix égale. Tous étaient éligibles d'indemnisation en cas de blessure. Les marins pouvaient voter pour élire un "capitaine" ou décider de le démettre s’il se révélait incompétent.

Ainsi, le Code de conduite des pirates a de nombreux points communs avec les bonnes mœurs prônées par les rituels templiers et maçons.

Après leur expulsion de France par Philippe le Bel, en 1307, les templiers ont pris la mer à bord d’une importante flotte basée à La Rochelle, la plus grande flotte privée jamais connue, surtout vers le Portugal et l’Ecosse. Seraient-ils devenus pirates ?

Selon Baigent et Leigt, dans « The Temple and the Lodge », ils auraient recréé un Ordre, l’Ordre du Christ, au Portugal et se seraient mis au service de Robert Bruce, en Ecosse, en 1314, 7 ans après leur expulsion de France.

Le roi anglais Edouard Ier ayant l'intention d'écraser les Ecossais et les forcer à se soumettre affronta l’armée écossaise en infériorité numérique lors de la fameuse bataille de Bannockburn. Les Ecossais étaient sur le point de plier sous le poids de l'armée anglaise lorsqu’apparut une autre troupe en provenance du Nord, qui n’arborait pas les couleurs écossaises, mais de chevaliers qui savaient manifestement comment se battre, car en quelques heures, ils réussirent à défaire toute l'armée anglaise.

Ainsi, à partir de l’Ecosse, ils commencèrent à hanter les eaux européennes avec, selon certains, le fameux crâne surplombant des os entrecroisés

Les Templiers du Portugal qui avaient changé leur nom pour celui de Chevaliers du Christ (le roi du Portugal ayant refusé de les persécuter), continuèrent à naviguer sur toutes les mers en arborant la fameuse croix pattée des templiers, comme d’ailleurs les navires de la plupart des explorateurs portugais comme Vasco de Gama et Christophe Colomb parti à la découverte de l’Amérique. Certaines légendes auraient peut-être un certain fond de vérité.

Le symbole du crâne surmontant des os entrecroisés était déjà utilisé dans la Grèce antique, n’était pas un symbole typiquement templier, mais il cherchait surtout à inspirer la peur.

Le bassin méditerranéen, berceau du commerce du Monde occidental, fut l’un des plus anciens théâtres de la flibuste. Ce n’était qu’un vaste champ de bataille où les califats nord- africains, faisaient régner la terreur, sur les mers par la piraterie et sur les terres par des pillages incessant intertribaux.

L’esclavage était d’usage dans toute l’Afrique du Nord, et cela bien avant la colonisation par les Européens. Ainsi, des pirates juifs comme Sinan ou Samuel Palache pouvaient ils se venger de leurs anciens persécuteurs à l’aide des troupes maures et barbaresques.

En Europe et aux Etats-Unis

En Scandinavie à Iombsbourg, au Xe siècle, on vit apparaître une confrérie de pirates organisée pratiquant des rites assez particuliers. Les membres y étaient admis qu'après avoir donné des preuves éclatantes de courage dans les expéditions maritimes. Il leur fallait faire le vœu de venger la mort de leurs frères restés aux combats.

Les femmes n’étaient pas reçues dans l'enceinte du fort. Palnatok, prince danois, fut pendant longtemps le chef de cette fraternité Viking. Styrbjorn dit Bjorn-le-Fort, fils d'Olaus, roi de Suède, organisa une expédition de soixante-dix navires contre Palnatok. Il mena cette opération rondement et le fort d’Iombsbourg fut détruit. Les raids Vikings ne cessèrent pas pour autant. Le chef des pirates danois avait réussi à s’en sortir.

En 1856, dans son livre intitulé « Travel in the West », rétrospective des "Voyages occidentaux", Hariett Martineau rapporte l’anecdote suivante :

« Le capitaine L.... commandait un navire commercial. Un jour, attaqué par des pirates, il fut pris, dépouillé de tout ce qu'il possédait et déposé avec son équipage, sans eau, sans provisions, sur une île déserte et complètement stérile.

Là, pendant trente-six jours, ses compagnons et lui ne purent se procurer que quelques coquillages en quantité insuffisante pour apaiser leur faim. Presque tous les matelots périrent. Lui-même il allait expirer, lorsque le dévouement maçonnique lui apporta un secours inespéré.

Parmi les pirates se trouvait un Ecossais, franc-maçon comme le capitaine L... Ils avaient échangé des signes au moment de la capture du navire. Le pirate n'avait osé, en cet instant, intervenir en faveur de son frère ; et l'eût-il fait, il n'aurait pu qu'exciter davantage la férocité des misérables auxquels la violence seule avait uni son sort.

Il reprit donc la mer avec eux, mais, dès lors, il chercha le moyen de leur échapper, afin de pouvoir à son tour arracher à la mort un infortuné qu'un serment mutuel et sacré désignait à sa protection.

Après de nombreuses tentatives qui avaient successivement échoué, il parvint enfin à se saisir furtivement d'un canot avec lequel il erra quelque temps sur la mer, dans le but de découvrir l'île fatale où il avait laissé un frère sous la seule garde de Dieu.

Lorsqu'il l'aperçut, trente-six jours s'étaient écoulés, et il avait perdu l'espérance de retrouver vivant le capitaine. Débarqué sur l’île, les premiers objets qui frappèrent ses regards furent les cadavres décharnés de plusieurs matelots. Il appelle, et l'écho du rivage répond seul à ses cris. Emu, désolé, il avance, et bientôt il rencontre le capitaine, mais privé de connaissance et sans mouvement. Cependant il respirait encore. Il lui verse quelques gouttes de vin dans la bouche, et, par ce moyen, il réveille en lui un reste d'existence. Les soins dont il l'entoura depuis ce moment, lui et les rares matelots qui avaient survécu, leur rendirent à tous assez de force pour qu'il pût, deux jours après, les recueillir dans son embarcation et les conduire dans un lieu habité. De retour en Angleterre avec son libérateur, dont il ne voulut plus se séparer, le capitaine l'établit dans sa maison, et l'y garda jusqu'à sa mort, dont il est inconsolable[7].»

En Angleterre, un règlement en usage au XVIIIe siècle plus particulièrement chez les corsaires démontre que les loges prenaient de plus en plus d’importance sur « les pontons ». On y remarque l'exclusion de toute affaire politique ou religieuse. Il ne s'agit, en effet, que d'entraide[8] et de véritable fraternité, comme le démontre le récit précédant.

Aux Etats-Unis, dans le journal du marquis de Lafayette nous pouvons lire une conversation avec un citoyen américain. Celui-ci s’exprime ainsi : « Mes compatriotes sont, comme vous le savez, grands voyageurs surtout par mer. Ils courent souvent, par conséquent, le risque de tomber entre les mains des pirates qui infestent les parages des Antilles que nous visitons beaucoup.

Ces pirates, qui pillent et pendent tout le monde sans distinction de croyances religieuses, ont un respect particulier pour les francs-maçons qu'ils traitent presque toujours en frères. Je pourrais vous montrer, sans sortir de Richmond, un grand nombre d'individus qui n'ont dû le salut de leur vie et de leur fortune qu'à un signe maçonnique fait à propos sous le cimeterre des écumeurs de mer. » — Je compris alors la vénération et le zèle des américains pour la franc-maçonnerie[9], dit Lafayette pour conclure.

s
[1] Curiosités historiques, par une société de gens de lettres et d’érudits, éd. Paulin & Le Chevalier, Paris, 1855, p.137.

[2] Choses du nord et du midi, Emile de Montaigut, 1886, p.16.

[7] L'Orient: revue universelle de la franc-maçonnerie, T.1, par Bègue-Clavel, 1845, p.145.

[8] Histoire des corsaires, par Jean Merrien, p.212.

9] Lafayette en Amérique, en 1824 et 1825: ou Journal d'un voyage aux États-Unis, par Auguste Levasseur, 1829, p.460.
<Couverture DIEGO_1ere couv imprimeur_Definitive.pdf>

Vos réactions

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

A voir aussi