Orphelins du 7 octobre : 20 enfants israéliens ont perdu leurs deux parents - l'appel d'Abigail 3 ans-

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Orphelins du 7 octobre : 20 enfants israéliens ont perdu leurs deux parents

Orphelins du 7 octobre : 20 enfants israéliens ont perdu leurs deux parents, l'État prévoit un suivi pour des années

Vingt mineurs israéliens ont perdu leur père et leur mère dans le massacre du 7 octobre et ses suites. Trois ans après, le ministère israélien des Affaires sociales les accompagne toujours, comme près de 2 000 proches d'otages, et prévient que cette prise en charge durera encore de longues années.

Vingt enfants sans père ni mère

Le chiffre est sorti par une demande d'accès à l'information. La division « Épées de fer » du ministère israélien du Bien-être et de la Sécurité sociale suit vingt enfants mineurs qui ont perdu leurs deux parents dans le massacre du 7 octobre 2023 ou dans ses conséquences directes. Le ministère a publié ce bilan mardi 6 octobre, à la veille du troisième anniversaire de l'attaque, a rapporté le site d'information Walla.

Derrière ce chiffre, il y a des familles détruites en une matinée, des enfants recueillis par des grands-parents, des oncles, des tantes, qui ont dû devenir parents du jour au lendemain. Le ministère a d'ailleurs ouvert des espaces communautaires spécifiques pour ces familles qui élèvent des enfants privés de leurs deux parents.

Abigail, le visage des orphelins

Le plus connu de ces enfants porte un nom que le monde entier a appris. Abigail Idan avait trois ans le 7 octobre. Au kibboutz Kfar Aza, les terroristes ont tué sa mère, Smadar, puis son père, Roy, photographe, qui la portait dans ses bras. La fillette a été enlevée à Gaza et a fêté ses quatre ans en captivité, avant d'être libérée fin novembre 2023, après cinquante jours. Elle est devenue le symbole d'une génération d'enfants que le 7 octobre a rendus orphelins.

Près de 2 000 proches d'otages toujours suivis

Le bilan du ministère dépasse largement le cas des orphelins. La division coordonne la prise en charge d'environ 2 000 proches du premier cercle des otages, parents, frères et sœurs, conjoints et enfants, en lien avec les services sociaux municipaux, les autres ministères et les associations.

Environ un quart des familles d'otages est suivi par les services sociaux locaux. Un chiffre révèle l'ampleur du choc : seules 30 % d'entre elles étaient connues de ces services avant le 7 octobre. Des familles sans histoire, basculées dans la détresse en une journée. Un tiers des bénéficiaires du premier cercle sont des enfants et des jeunes de moins de 21 ans, et près de 18 % ont 66 ans ou plus.

L'accompagnement mêle soutien psychologique, aide matérielle, accès aux droits et orientation vers les services de proximité. Il couvre aussi le logement, les difficultés éducatives et les tensions familiales que le traumatisme a fait naître.

Le deuil s'étend aux grands-parents et aux cousins

Le ministère a élargi son action au-delà de la famille proche. Environ 600 grands-parents, oncles, tantes, neveux et cousins de familles endeuillées ou touchées par les enlèvements ont bénéficié d'un soutien individuel, collectif ou communautaire. Ce programme est mené avec le fonds pour les victimes du terrorisme de l'Agence juive et les fonds de l'Institut national d'assurance, le Bituah Leumi. Des espaces dédiés ont également été créés pour les femmes revenues de captivité.

Former ceux qui soignent

Trois ans d'expérience ont été transformés en méthode. Avec l'Institut Haruv, spécialisé dans la protection de l'enfance, le ministère a conçu des protocoles pour l'accueil des otages libérés selon leur âge, pour la prise en charge des enfants exposés au massacre et pour l'accompagnement des familles en deuil. Un réseau de mentors a été mis en place pour les enfants revenus de Gaza, ainsi que des guides pour préparer les familles aux jours de commémoration.

En 2025, 170 sessions de formation et de conseil ont été organisées avec l'institut. Cent six concernaient l'encadrement des enfants revenus de captivité et des équipes qui les suivent, trente-cinq l'accompagnement des orphelins de père et de mère et des familles qui les élèvent. Quelque 170 travailleurs sociaux spécialement formés sont mobilisés. Pour éviter leur épuisement, le ministère leur propose supervision, conseil et ateliers de résilience, en partenariat avec la Coalition israélienne contre le traumatisme.

« Le traumatisme ne s'arrête pas avec l'urgence »

Le ministre Haïm Katz a assuré que l'engagement de l'État envers les victimes du 7 octobre et leurs familles restait profond et durable, et qu'il continuerait d'investir pour leur permettre de se reconstruire à leur rythme. Le directeur général du ministère, Yinon Aharoni, a reconnu que trois ans plus tard, les familles vivent toujours avec des conséquences lourdes au quotidien. Les enfants grandissent, les otages revenus reconstruisent leur vie, les familles apprennent à vivre avec la perte : le ministère se prépare donc à un accompagnement de très longue durée.

La responsable de la division, Or Tzuberi, résume l'enjeu en une phrase : les effets du traumatisme « ne s'arrêtent pas quand l'urgence s'arrête ». Ils changent de forme avec le temps. Pour les vingt orphelins du 7 octobre, le combat ne fait que commencer.

Avec Walla

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