7 octobre : Trois ans après, aucun terroriste de la Nukhba inculpé

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7 octobre : Trois ans après, aucun terroriste de la Nukhba inculpé

Terroristes du 7 octobre : pas un seul acte d'accusation en trois ans / Nukhba : le premier jugement n'est pas attendu avant 2030

Pas un seul acte d'accusation. Trois ans après le massacre, les quelque 400 terroristes de la Nukhba détenus par Israël n'ont toujours pas été inculpés, et le premier jugement n'est pas attendu avant 2030.

Par Claudine Douillet I 7 octobre

Ce mercredi, pendant qu'Israël se recueille, une commission de la Knesset se réunit une nouvelle fois sur le sujet. Autour de la table, le Trésor, le parquet, la police, l'administration pénitentiaire, Tsahal. Et un constat que révèle Walla : trois ans après le pogrom, aucun acte d'accusation n'a été déposé contre les terroristes du 7 octobre.

Un tribunal qui n'existe que sur le papier

Environ 400 membres de la Nukhba et civils gazaouis impliqués dans le massacre sont détenus en Israël. Le tribunal militaire spécial censé les juger n'a pas encore vu le jour. Aucun juge, aucun procureur n'a été nommé. Des centaines de postes restent à pourvoir. L'informatique, la sécurité et la logistique sont encore en chantier.

La loi n'a été votée qu'en mai 2026, par 93 députés et sans aucune voix contre. Elle prévoit un tribunal militaire spécial à Jérusalem, des audiences filmées et diffusées, et la possibilité de la peine de mort. Un budget de 2 milliards de shekels sur cinq ans a été voté. À ce jour, seuls 68 millions ont été débloqués, et un conflit social oppose l'État au syndicat des procureurs.

Les otages, puis l'inertie

Dans les premiers mois, la prudence se justifiait. Des centaines d'otages étaient à Gaza et l'ouverture des procès, surtout avec la peine de mort en jeu, risquait de les mettre en danger. Mais le travail de préparation aurait dû avancer en parallèle. Les derniers otages vivants sont rentrés en octobre 2025. La loi n'est arrivée que sept mois plus tard.

La députée Yulia Malinovsky (Israël Beitenou) porte le dossier depuis novembre 2023, avec Simcha Rothman (Sionisme religieux), président de la commission des Lois. Elle ne mâche pas ses mots. Selon elle, le gouvernement ne voulait pas s'en occuper, car un procès de la Nukhba aurait fonctionné comme une commission d'enquête. Elle raconte qu'un ministre lui a demandé pourquoi tant d'argent, quand une balle à un shekel suffirait. Simcha Rothman défend une autre lecture : selon lui, le politique poussait et l'administration freinait.

2030, au mieux

Le calendrier donne le vertige. Le parquet espère déposer les premiers actes d'accusation début 2027. Au parquet militaire, on juge même cette date irréaliste : l'appel d'offres pour recruter juges et avocats vient seulement d'être lancé. Il faudra 15 juges en appel et 46 en première instance. Le premier jugement de première instance n'est pas attendu avant 2030, près de sept ans après le massacre.

Le premier accusé pourrait être Mu'in Muhammad al-Arabid, ancien chef de la sécurité intérieure et du renseignement du Hamas, capturé et transféré en Israël.

Un procès qui manque au monde

Le retard a aussi un coût diplomatique immense. Au moment où Israël est accusé de génocide, un procès public, appuyé sur les vidéos, les témoignages et les preuves des viols, des tortures et des meurtres, montrerait au monde ce qui s'est passé le 7 octobre. Le temps joue contre la justice : les témoins vieillissent, les souvenirs s'effacent. Yulia Malinovsky rappelle qu'au procès Eichmann, le gouvernement suivait chaque détail, jusqu'au réquisitoire du procureur.

Sources : Walla

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