Néguev : le chef du Shin Bet, David Zini, alerte sur des « bataillons » armés liés au Hamas

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Néguev : le chef du Shin Bet alerte sur des « bataillons » armés liés au Hamas

David Zini : des milices de type militaire se forment dans le Néguev / Armes, drones, Hamas : le Néguev, nouveau front intérieur d'Israël

Des infrastructures militaires se construisent à quelques kilomètres de Beer-Sheva. Devant le cabinet de sécurité, le chef du Shin Bet, David Zini, a décrit des tentatives de former des bataillons armés dans les localités bédouines du Néguev, avec des liens avec le Hamas.

Par Claudine Douillet

L'avertissement a été lancé lundi, lors d'une réunion du cabinet politique et sécuritaire consacrée aux menaces venues de Gaza et de Judée-Samarie. David Zini a décrit une situation sécuritaire grave dans le Néguev. « Il existe, dans les localités bédouines, des zones dotées d'infrastructures militaires et des tentatives de créer des bataillons de type militaire. C'est un phénomène très inquiétant », a-t-il déclaré. Selon lui, le Shin Bet démantèle ces réseaux en permanence.

Des liens familiaux avec Gaza

Ces groupes se forment à quelques minutes de Beer-Sheva, de Dimona et des localités voisines. Selon le chef du Shin Bet, leurs liens avec le Hamas passent notamment par les mariages : nombre de leurs membres épousent des femmes originaires de Gaza ou de Judée-Samarie. Un procès en cours à Beer-Sheva illustre ces connexions. Sabah Haniyeh, sœur du chef du Hamas éliminé Ismaïl Haniyeh, y est poursuivie pour des messages glorifiant son frère après le 7 octobre.

Les services de sécurité décrivent, selon le Jerusalem Post, un glissement inquiétant. Des organisations criminelles, nées du racket et des trafics, se radicalisent et retournent leurs armes vers le terrorisme. La propagande du Hamas et de l'État islamique sur les réseaux sociaux pousse des jeunes à créer des cellules locales sur le modèle de celles de Judée-Samarie.

Un déluge d'armes

Le carburant de ce phénomène, ce sont les armes. Elles entrent par les frontières égyptienne et jordanienne, à pied ou par drone. Le procureur Assaf Bar Yosef, spécialiste de ces dossiers, parle de quantités énormes. Les prix en témoignent : un pistolet Glock coûtait 50 000 shekels en 2020, il en vaut aujourd'hui 25 000. Un fusil M16 est passé de 100 000 à 60 000 shekels. Des mitrailleuses MAG arrivent désormais par drone.

La violence s'entend jusque dans les meetings. Dimanche à Rahat, des rafales ont interrompu une réunion de Yoav Segalovitz, numéro deux de la liste Ra'am. La veille, des tirs avaient retenti pendant huit heures d'affilée dans la ville.

Une alerte contestée à trois semaines du scrutin

L'ancien général Ofer Winter, chef du parti Amcha Yisrael, interpelle le gouvernement : sous vos yeux se forment des milices armées capables de massacrer des citoyens israéliens. Les responsables bédouins contestent. Le président du conseil local de Hura, Habes al-Atawna, nie tout phénomène terroriste et s'étonne du calendrier, à trois semaines des élections du 27 octobre. Le Conseil régional des villages non reconnus accuse David Zini de faire de la politique.

Les faits restent têtus. Itamar Ben Gvir avait promis en 2022 de « rétablir la gouvernance » dans le Sud. Depuis, les records de criminalité et d'homicides tombent les uns après les autres.

Sources : Ynet, Jerusalem Post

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