7 octobre à New York : Mamdani attaqué par Israël et conspué par les pro-palestiniens

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7 octobre à New York : Mamdani attaqué par Israël et conspué par les pro-palestiniens

Par Claudine Douillet

Mamdani accuse Israël de « génocide » le 7 octobre, puis se fait traiter de « traître » par les manifestants pro-palestiniens

Le maire de New York a choisi le troisième anniversaire du massacre du 7 octobre pour accuser Israël de « génocide » à Gaza. Le soir même, à Union Square, les manifestants pro-palestiniens l'ont accueilli aux cris de « traître ». Zohran Mamdani a voulu parler à tout le monde. Il s'est fait attaquer des deux côtés.

Un hommage aux victimes, puis l'accusation

Mercredi 7 octobre, Zohran Mamdani publie un communiqué construit en deux temps. Il commence par les victimes israéliennes : une journée « profondément douloureuse pour tant de New-Yorkais », trois ans après les « horribles crimes de guerre » du Hamas, plus de 1 100 Israéliens tués et 251 personnes enlevées. Le bilan réel dépasse en réalité les 1 200 morts.

Puis le maire bascule. La souffrance, écrit-il, « n'a ni commencé ni pris fin ce jour-là ». Il accuse le gouvernement israélien de mener un « génocide dévastateur et continu à Gaza », avance le chiffre de plus de 74 000 Palestiniens tués, accuse Israël de bombarder des ambulances et de cibler des journalistes, et conclut que l'argent des contribuables américains « finance ces crimes de guerre ». Il dénonce enfin « l'occupation et l'apartheid » et la « complicité » de Washington à chaque livraison d'armes.

Israël rejette catégoriquement l'accusation de génocide et affirme que son armée vise le Hamas et les groupes terroristes en cherchant à limiter les pertes civiles. Les chiffres cités par Mamdani proviennent de son propre communiqué.

Danon : « Comme faire du 11 septembre un jour de deuil pour al-Qaïda »

La riposte israélienne est immédiate. L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Danny Danon, dénonce un « mamdanisme » : « une tentative de détourner l'anniversaire du 7 octobre pour en faire une nouvelle attaque de propagande contre Israël. C'est comme transformer le 11 septembre en journée de deuil pour les terroristes d'al-Qaïda. »

Le consul général d'Israël à New York, Ofir Akunis, est tout aussi cinglant : le maire « devrait avoir honte ». « Le jour où les monstres du Hamas ont assassiné, violé et brûlé vifs les nôtres, voilà comment Mamdani répond. » Il l'invite à venir voir le soir même la projection des images des atrocités : « Il n'est pas trop tard pour venir voir la vérité. »

Le contraste avec la gouverneure de l'État, Kathy Hochul, est saisissant. Elle a consacré son message aux seules victimes : « le jour le plus meurtrier pour le peuple juif depuis la Shoah ». Donald Trump a lui aussi salué la mémoire des victimes et promis que l'Amérique se tiendrait toujours « contre la terreur et le mal ».

Union Square submergé par des centaines de manifestants

Le soir, Mamdani se rend à Union Square pour une veillée organisée par Israelis for Peace, un groupe de gauche, présentée comme un temps de « recueillement silencieux » pour les morts du 7 octobre et les victimes de la guerre. Des centaines de manifestants pro-palestiniens envahissent l'espace prévu. Les organisateurs doivent déplacer la cérémonie derrière des barrières de police, et les orateurs peinent à se faire entendre.

Dès que la présence du maire est connue, la foule scande « Traître ! » et « Zohran, combien de bottes as-tu léchées aujourd'hui ? ». Un manifestant lance aux organisateurs : « On ne veut pas la paix avec les Israéliens ! On a envoyé les vôtres en enfer le 7 octobre. » Un autre brandit un portrait de Yahya Sinwar, l'architecte du massacre, à côté d'un drapeau du Hamas. Certains s'emparent des bougies électriques et chantent « Hava Nagila » par dérision.

Plus tôt, devant l'hôtel de ville, les mêmes cortèges scandaient « Vive le Hamas », « Mondialisez l'intifada » et « Mort à Tsahal », en reprochant à Mamdani d'avoir cédé à la « pression sioniste ». Un manifestant le qualifie d'« ambassadeur du sionisme ».

Un maire muet face à la foule

Mamdani est resté debout, impassible, sans prendre la parole ni répondre aux manifestants. Brad Lander, candidat démocrate au Congrès, a lu le témoignage de la mère d'un jeune homme de 20 ans assassiné au festival Nova, visiblement ébranlé par le vacarme. La veillée s'est achevée par le Kaddish, sous les cris de « Mort à Tsahal ». Aucune arrestation n'a eu lieu.

Interrogé par la chaîne NY1, le maire a assuré que toute critique d'Israël n'était pas de l'antisémitisme, mais que les actes antisémites ne seraient « jamais tolérés » dans la ville.

L'impossible équilibre

En voulant concilier le deuil des victimes du Hamas et l'accusation de génocide contre Israël, Mamdani n'a convaincu personne. Pour les diplomates israéliens, il a profané une date de deuil. Pour la rue pro-palestinienne qui l'a porté, il est déjà un renégat. Le 7 octobre 2026 à New York a surtout montré une chose : trois ans après le massacre, une partie des manifestants ne cache plus qu'elle le célèbre.

Sources : Ynetnews, The Jerusalem Post, JTA

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