Israël reconsidère ses projets nucléaires civils et se prépare aux séismes

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JERUSALEM — Alarmé par les catastrophes qui ont semé la désolation au Japon, Israël a décidé de reconsidérer un projet de centrale nucléaire civile et de se doter d'un système de préalerte aux séismes.

"Je ne crois pas que nous allons poursuivre un programme d'énergie nucléaire civile dans les prochaines années", a affirmé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans une récente interview, faisant allusion au projet d'installation d'un réacteur nucléaire dans le désert du Néguev (sud) pour le compte de la compagnie nationale d'électricité.

Israël n'est pas signataire du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et dispose d'une centrale nucléaire construite avec l'aide de la France à la fin des années 1950 à Dimona dans le Néguev.

Les activités de cette centrale, entrée en service en 1964, sont couvertes par le secret défense. Un gros laboratoire de recherches nucléaires est également établi à Nahal Sorek, à 30 km au sud de Tel-Aviv.

Les médias israéliens s'inquiètent régulièrement de la sécurité de ces installations qualifiées d'"obsolètes".

Cité vendredi par le quotidien économique TheMarker, le professeur Uzi Even, un expert nucléaire, assure que le réacteur de Dimona est "dangereux".

Un rapport de Greenpeace, également mentionné par TheMarker, note que "tout accident, provenant d'une erreur humaine, d'une catastrophe naturelle ou d'une attaque de missiles, comporterait un danger de radiations sur un rayon de 400 km, couvrant Israël, les Territoires palestiniens, la Jordanie et Chypre".

En outre, le territoire israélien se trouve sur la grande faille sismique syro-africaine: "Il y a en moyenne un séisme par jour en Israël, et une secousse tellurique majeure par siècle", souligne Rami Hofstetter, directeur de l'institut géophysique de Lod (sud).

En 1995, un séisme d'une magnitude de 7,2 sur l'échelle de Richter a secoué la région d'Eilat (sud) sans faire de victime, son épicentre se trouvant en mer Rouge. En 1927, des centaines de personnes ont péri à Jérusalem quand la terre a tremblé avec une magnitude de 6,25.

Un siècle auparavant, en 1837, un tremblement de terre avait détruit la ville de Tibériade et celle de Safed, en Galilée, faisant un millier de victimes.

L'historien juif Flavius Josèphe raconte qu'en 31 avant JC, une secousse tellurique dans la région de la mer Morte a coûté la vie à 30.000 personnes. Des tremblements de terre sont évoqués à plusieurs reprises dans la Bible.

Pour tenter de prévenir un tel scénario catastrophe, Benjamin Netanyahu a ordonné la mise en place d'un dispositif technologique permettant d'alerter la population via les médias et par textos de l'imminence d'un séisme environ 5 à 35 secondes avant qu'il ne se produise.

A titre de précaution, depuis 30 ans une loi impose des normes de construction antisismiques pour tous les bâtiments en construction. Mais cette mesure ne concerne pas les édifices érigés avant cette date. Un plan national prévoit de les renforcer. Mais ce programme devrait prendre des années.

De fait, en cas de séisme majeur, ces mesures pourraient s'avérer dérisoires car la population israélienne (7,5 millions) se concentre surtout dans les villes côtières, Haïfa, Hadera, Tel-Aviv, Ashdod, Ashkelon, à proximité de sites industriels potentiellement dangereux (raffinage, pétrochimie, plastiques, cimenteries, ammoniaque).

Selon le quotidien Yédiot Aharonot, Israël dispose d'un système capable de déclencher l'alerte entre 30 minutes et une heure avant un tsunami. Un raz-de-marée a inondé Saint-Jean d'Acre en l'an 1300.

Le risque de tsunami en Méditerranée est d'ailleurs considéré comme sérieux. Un centre d'alerte pour l'Atlantique nord-est et la Méditerranée occidentale (CENALT) doit commencer à fonctionner mi-2012 à Bruyères-le-Châtel, en région parisienne.

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