Actualité Israël : Israël a commémoré les cinq ans de captivité de Gilad Shalit

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SHALIT0.jpgArticle paru dans "Le Monde"

Capture écran d'une vidéo livrée par le Hamas à Israël, vendredi 2 octobre 2009, montrant le jeune soldat israélien Gilad Shalit, otage depuis juin 2006.

Israël commémorait, samedi 25 juin, le cinquième anniversaire de la capture du soldat Gilad Shalit, détenu dans la bande de Gaza alors que des appels venus du monde entier exhortent le Hamas à le libérer ou, à défaut, fournir une preuve de vie du Franco-Israélien de 24 ans.

La famille Shalit et des anonymes devaient se rassembler en fin de matinée dans le sud d'Israël, à la lisière de la bande de Gaza, où le jeune soldat avait été enlevé le 25 juin 2006 par un commando de trois groupes armés palestiniens de Gaza, dont l'un relevant du Hamas au pouvoir dans ce territoire. "Nous resterons ici tant que nous en aurons la force", promet Noam Shalit, le père.

Vingt-quatre personnalités israéliennes devaient également se relayer, passant chacune symboliquement une heure dans une cellule pour exhorter Israël à accepter un échange de prisonniers avec le Hamas contre la libération de Gilad Shalit. "Le message est : oui à un accord, non à l'indifférence. Gilad doit rentrer à la maison", ont annoncé dans un communiqué les organisateurs de l'événement.

De son côté, le Hamas a également marqué l'événement à Gaza, en construisant une fausse cellule où était enfermé un homme déguisé en soldat israélien devant un gâteau, planté de cinq fleurs, une pour chaque année de détention. Un haut-parleur a diffusé l'enregistrement du soldat Shalit suppliant le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, de tout faire pour le libérer dans une vidéo diffusée en octobre 2009 qui constitue la dernière preuve de vie du soldat.

"7 000 PALESTINIENS DÉTENUS DANS LES PRISONS ISRAÉLIENNES"

"La Croix-Rouge demande la libération de Shalit, nous demandons à la Croix-Rouge si elle a entendu parler des 7 000 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes", annonçait une banderole au-dessus de cette cellule. La Croix-Rouge, qui n'a jamais pu rencontrer à Gilad Shalit, a accès aux détenus palestiniens.

Certains militaires redoutent que Shalit, qui avait le grade de caporal lors de son arrestation, ne connaisse la même fin que Ron Arad, navigateur de l'armée de l'air israélienne, capturé au Liban en 1986. Les efforts diplomatiques et militaires avaient été vains. Aujourd'hui, il est considéré comme mort, même si son corps n'a jamais été retrouvé.

Son sort, largement médiatisé, est devenu un symbole fort au sein de la société israélienne, en particulier pour les jeunes Israéliens appelés à faire leur service militaire obligatoire. Au moment de sa capture, il avait 19 ans. De même, le sort des prisonniers palestiniens retenus par Israël est un sujet sensible dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, où ils sont souvent considérés comme des héros de la cause palestinienne.

PLAINTE À PARIS

D'autres événements ont été organisés à travers le monde. L'ONU ainsi que de nombreux Etats, notamment les Etats-Unis et la France, ont appelé le Hamas à libérer Gilad Shalit. A Paris, un portrait du jeune homme devait être installé tout le week-end sur la façade de l'Hôtel de ville. A la demande de sa famille, l'installation de ce portrait, qui doit rester tout le week-end, ne fera pas l'objet d'une cérémonie particulière, dit la municipalité dans un communiqué. Gilad Shalit a été fait citoyen d'honneur de la Ville de Paris en 2009.

Toujours à Paris, où la famille Shalit a déposé plainte début juin, un juge sera nommé "dans les prochains jours", estime l'avocat Shalit. Il y aura "probablement deux" juges d'instruction désignés, a-t-il précisé Me Patrick Klugman. Noam et Aviva Shalit, les parents du jeune soldat, ont décidé de porter plainte avec constitution de partie civile, pour "enlèvement et séquestration", avec comme circonstances aggravantes que leur fils est "retenu en otage" et qu'il a pu "subir des actes de tortures ou de barbarie". La plainte n'est pas déposée explicitement contre le Hamas mais elle identifie clairement le mouvement islamiste comme ravisseur du jeune soldat.

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