Le gouvernement grec remanié, le cap budgétaire maintenu

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Grece_moderne.jpgLe Premier ministre grec, George Papandréou, a remanié mardi son gouvernement afin de mieux gérer la crise de la dette dans son pays mais a laissé entendre qu'il maintiendrait sa ligne budgétaire en conservant le même ministre des Finances.

Moins d'un an après son arrivée au pouvoir, Papandréou a redistribué les portefeuilles davantage qu'il n'a bouleversé son équipe, où apparaissent peu de nouvelles têtes.

Il entend ainsi donner une nouvelle impulsion aux ministères dans la quête d'un retour de la croissance et mieux appréhender certains problèmes chroniques, comme la santé et la sécurité sociale.

"Le nouveau gouvernement sera investi à midi", a déclaré le porte-parole, George Petalotis, qui a annoncé le remaniement à 01h35 du matin, après de longues heures de délibérations.

Des modifications s'imposaient en raison des candidatures de trois vice-ministres aux élections municipales du 7 octobre et Papandréou en a profité pour procéder à un remaniement plus vaste.

Cela ne devrait cependant pas infléchir sa politique d'austérité budgétaire, supervisée au ministère des Finances par George Papaconstantinou, qui reste à son poste.

Au bord de la faillite lorsque les socialistes sont arrivés au pouvoir, la Grèce a dû se résoudre à des mesures de réduction des dépenses et de hausse des impôts pour obtenir une aide de 110 milliards d'euros du Fonds monétaire international et de l'Union européenne.

Les changements opérés au gouvernement visent en revanche à stimuler d'autres pans de la politique économique et sociale en difficulté et apaiser la population, qui a très mal digéré le plan d'austérité.

CHAISES MUSICALES

Le remaniement consiste pour l'essentiel en un grand jeu de chaises musicales.

La ministre de l'Economie Louka Katseli hérite du Travail, où elle succède à Andreas Loverdos, nommé à la Santé.

La ministre de l'Agriculture Katerina Batzeli cède sa place à un cadre du parti socialiste, Costas Skandalidis. Le ministre de la Police Mihalis Chrysochoidis obtient l'Economie.

"Je ne suis pas sûr que ces changements de ministères soient productifs après moins de 12 mois", a observé Costas Ifantis, politologue à l'université d'Athènes.

Les analystes notent que Papandreou était tiraillé par des forces contraires.

Le monde des affaires réclamait de la continuité et un remaniement important si précoce sera perçu et exploité par ses adversaires politiques comme un aveu de faiblesse.

"Il a seulement fallu 11 mois et une longue nuit (...) au Premier ministre pour admettre l'échec de son gouvernement", a déclaré Panos Panagiotopoulos, porte-parole du principal parti d'opposition, Nouvelle démocratie.

Mais les sondages montraient de leur côté que la population attendait des changements dans une période très difficile même si Papandréou demeure plus apprécié que les conservateurs.

Après être entrée en récession pour la première fois en seize ans, l'économie grecque devrait plonger de 4% cette année, les baisses de salaires et hausses d'impôts rognant sur la consommation. Le chômage et l'inflation, eux, galopent.

Le gouvernement redoute un épisode d'instabilité sociale au sortir de l'été et de nombreux analystes disent s'attendre à des troubles avant un hiver économique qui s'annonce rude.

De nombreuses manifestations ont été organisées au printemps et ont pris, en mai, un tour violent, faisant trois morts.

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