La France inquiète du satellite lancé par l'Iran

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Article paru sur "Leparisien.fr"

La France, et l'ensemble de la communauté internationale, s'inquiètent. La République islamique d'Iran a en effet annoncé avoir placé en orbite son premier satellite, de fabrication 100% iranienne. Selon le quai d'Orsay, ce type de satellite est en effet d'une technologique très similaire à celle des missiles balistiques.

«C'est le premier satellite a être lancé dans l'histoire de notre nation et il était porté par la fusée Safir-2», a rapporté mardi l'agence Fars.
 Si la mise en orbite d'Omid est confirmée, l'Iran serait le deuxième pays de la région, après Israël, à disposer d'une capacité de lancement de satellites.

«Les activités satellitaires de l'Iran (étaient) uniquement destinées à la paix»

L'Iran a tâché de se montrer rassurant sur ses intentions. Le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki a assuré, en marge d'un sommet de l'Union africaine à Addis Abeba, que «les activités satellitaires de l'Iran (étaient) uniquement destinées à la paix. Nos capacités militaires ont des visées défensives».

Mais le message de paix et d'amitié lancé le président Mahmoud Ahmadinejad n'a pas vraiment suffi à rassurer les occidentaux. Pas plus que le nom du satellite, baptisé Omid («Espoir»). On craint en effet que ce programme spatial ne serve avant tout à développer ses capacités balistiques. En France, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères s'est dit «inquiète» par la mise sur orbite d'un satellite par l'Iran, car la technologie employée est «très similaire» à celle des missiles balistiques.

Théoriquement capable de frapper Israël et le sud-est de l'Europe

Les fusées Kavoshgar (lancée en novembre dernier) et Safir (en août) semblent en effet dérivées du missile balistique Shahab-3, le plus performant de son arsenal, avec une portée déclarée de près de 2000 km. Cet engin, issu du No-dong nord-coréen, peut donc théoriquement frapper Israël et le sud-est de l'Europe.

Les autorités iraniennes et les agences de presse ont rapidement salué le succès de l'opération. Il a «des communications avec une station à terre pour effectuer des mesures d'orbite et de télémesure», selon l'agence Irna. Mais les experts et pays occidentaux accueillent généralement les annonces iraniennes dans ce domaine avec un certain scepticisme. La France avait mis en doute l'annonce en février dernier du lancement dans l'espace de la fusée Kavoshgar-1, estimant qu'un tel engin «ne disposait pas de capacités extra-atmosphériques».

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