L'épidémie de choléra en Haïti menace Port-au-Prince

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HaitiChildren.jpegL'épidémie de choléra qui a fait plus de 200 morts dans le centre d'Haïti menace Port-au-Prince et ses camps de fortune, où vivent des centaines de milliers de rescapés du séisme du 12 janvier dernier. La maladie a été confirmée chez au moins cinq personnes arrivées dans la capitale samedi en provenance de la région de l'Artibonite.

Les autorités sanitaires faisaient désormais état d'au moins 208 décès du choléra et 2.674 malades. L'épidémie frappe principalement le département de l'Artibonite, au nord de Port-au-Prince, mais le nombre de cas augmente dans les villes proches de la capitale.

"Si l'épidémie atteint Port-au-Prince, où des enfants et des familles vivent dans des camps surpeuplés et sans installations sanitaires correctes, le résultat pourrait être désastreux", estime le Dr Estrella Serrano, responsable de la santé et de la nutrition pour l'organisation humanitaire World Vision.

Des patients seraient venus se faire soigner dans des hôpitaux plus proches de la capitale parce que celui de Saint-Nicolas à Saint-Marc, au bord de la mer, est débordé, selon Margaret Aguirre, porte- l'agglomération, mais les vérifications officielles étaient encore en cours. "L'enfant était très faible. Elle ne pouvait pas se lever. Elle ne pouvait même pas parler", a déclaré le Dr Willy Lafond Edwight à l'Associated Press, convaincu que "si on trouve un premier cas, de nombreux autres vont apparaître".

Les autorités ont confirmé au moins cinq cas de choléra à Arcahaie, près de Port-au-Prince, et quatre autres à Limbé, petite commune du nord.

Dix cas ont également été signalés à Gonaïves, la plus grande ville du département de l'Artibonite, selon l'organisation humanitaire Partners in Health, qui devait former des employés lundi pour les envoyer à Port-au-Prince. A la prison de Mirebalais, au nord de Port-au-Prince, 50 détenus sont malades, selon le ministère de la Santé.

Des experts examinaient aussi des cas possibles de choléra à Croix-des-Bouquets, un faubourg de la capitale par lequel la maladie pourrait se répandre car il possède une gare routière très fréquentée, a estimé Paul Namphy, de l'agence nationale de l'eau en Haïti. "C'est un pays très mobile. Cela peut se répandre comme une traînée de poudre", a-t-il ajouté.

Le choléra étant une infection propagée par un bacille présent dans l'eau ou des aliments contaminés, l'agence de l'eau a presque doublé la quantité de chlore, désinfectant, dans l'eau potable.

Des organisations humanitaires fournissent du savon et des comprimés de purification de l'eau et enseignent aux habitants de Port-au-Prince l'importance de se laver les mains. Ils sont également en train de former du personnel supplémentaire à la lutte contre le choléra et pour qu'ils sachent aiguiller les personnes présentant des symptômes.

Cela fait des dizaines d'années qu'Haïti n'a plus connu d'épidémie de choléra et beaucoup de gens ne connaissent pas la maladie. Elle provoque des diarrhées aiguës et vomissements qui peuvent entraîner une déshydratation et la mort en quelques heures (l'incubation ne dure que de deux heures à cinq jours). Le principal traitement est la réhydratation.

Une porte-parole de la Croix-Rouge, Julie Sell, a déclaré que des équipes commenceraient lundi à expliquer aux réfugiés du tremblement de terre dans les camps comment se prémunir contre le choléra.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) formait aussi du personnel avant de dépêcher 64 employés dans les camps lundi, selon sa porte-parole Sabina Carlson, qui a précisé que l'OIM avait commencé par envoyer des messages par SMS sur les voies de propagation et de prévention du choléra. "C'est une maladie très nouvelle en Haïti. Nous devons nous assurer d'avoir toutes les informations en bon ordre", a-t-elle souligné.

Mark Schuller, un employé humanitaire travaillant pour International Action Ties, a déclaré qu'il avait, avec d'autres collègues, rencontré des réfugiés dans les camps depuis vendredi et qu'ils s'inquiétaient du fait que "beaucoup de ces gens ne savent même pas qu'il y une épidémie de choléra".

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