Actualité Internationale : Les deux boîtes noires du vol Rio-Paris ont été repêchées

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boitenoir.jpgPrès de deux ans après l'accident du vol AF447 qui avait fait 228 morts, les deux boîtes noires ont été repêchées dans l'océan Atlantique. Le gouvernement et Air France se réjouissaient mardi de cette "avancée" dans l'enquête sur le crash du Rio-Paris.

La première boîte noire, qui conserve les paramètres techniques du vol (Flight Data Recorder, FDR), avait été récupérée dimanche. La seconde, qui enregistre les conversations dans la cabine de pilotage (Cockpit Voice Recorder, CVR), a été localisée lundi soir et remontée mardi matin, selon le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) de l'Aviation civile.

Placés sous scellés, ces enregistreurs devaient être convoyés à Cayenne en Guyane française à bord d'un patrouilleur de la Marine nationale, puis transférés par avion au siège du BEA au Bourget (Seine-Saint-Denis).

L'Airbus A330-200 d'Air France qui reliait Rio de Janeiro à Paris s'est abîmé dans l'océan Atlantique le 1er juin 2009, quelques heures après son décollage, tuant ses 216 passagers et 12 membres d'équipage. Le BEA estime que la défaillance des sondes Pitot, qui mesurent la vitesse de l'appareil, a pu jouer un rôle dans l'accident mais qu'elle ne peut pas en être la cause unique.

"Si les boîtes noires sont lisibles, dans trois semaines on peut espérer connaître une partie de la vérité", a commenté le secrétaire d'Etat aux Transports Thierry Mariani mardi matin sur RTL. "Les deux enregistreurs se complètent", a souligné de son côté le directeur du BEA Jean-Paul Troadec. Leur analyse permettra donc "de comprendre la correspondance entre les paramètres de l'avion, la trajectoire de l'avion et les actions de l'équipage", a-t-il expliqué au micro de France-Info.

L'Airbus du Rio-Paris a touché l'océan cinq minutes après l'enregistrement de sa dernière position connue (LKP, Last Known Position). Il était entier lorsqu'il a heurté la surface de la mer. D'après sa vitesse, l'avion avait pu tomber n'importe où dans un rayon de 74km, ce qui représentait une superficie de 17.200km2.

Du 10 juin au 10 juillet 2009, des recherches acoustiques avaient été menées pour tenter de localiser les boîtes noires, dont les balises émettent pendant au moins 30 jours. En vain. Du 27 juillet au 17 août suivants, un navire avait essayé de localiser l'épave à l'aide d'un sonar. Encore sans succès.

Pour la troisième phase, les enquêteurs avaient réduit la surface de recherches en modélisant les courants marins. Ils avaient ainsi concentré leurs efforts sur une zone de 2.000km2, qui avait été ensuite élargie pour finalement couvrir, d'avril à mai 2010, un peu plus de 6.000km2. Or les scientifiques avaient ensuite établi que les courants dans cette zone étaient tourbillonnants et ne pouvaient donc être modélisés.

Les familles des victimes du vol AF447 avaient demandé que la quatrième phase de recherches explore en priorité la zone autour du LKP, ce qui a été fait lors de cette quatrième campagne lancée à la mi-mars. L'épave a finalement été localisée il y a trois semaines par 3.900m de fond.

Après la découverte de la seconde boîte noire, le directeur général d'Air France-KLM Pierre-Henri Gourgeon a salué mardi la persévérance du BEA et des autorités "dans ces difficiles recherches". "Au nom d'Air France, je souhaite ardemment que les données de ces enregistreurs de vols puissent être exploitées", écrit-il dans un communiqué.

Airbus et Air France ont été mis en examen pour "homicides involontaires" respectivement les 17 mars et 18 mars derniers.

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